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vendredi 30 juin 2017

Eté?


Le lac étendu rêve, ses pensées dérivent, il les laisse partir dans le ciel, et elles lui reviennent sous forme de reflets. Nous allons avoir une espèce d'été.
J'ai rencontré mon voisin de derrière, quand je revenais de promenade avec le monstre. Il était en train de creuser un caniveau devant mon portail nord, pour y mettre un tuyau et évacuer l'eau, ce que je comptais faire ultérieurement. En France, il serait venu me sommer de le faire, là, il retrousse ses manches et le fait lui-même. "Voulez-vous que je vous paie quelque chose?
- Mais non, passez plutôt nous voir, je m'appelle Vadim, et vous?
- Laurence.
- Ma femme sera là tout l'été, elle s'appelle Yana."
Mes voisins sont tous gentils, bien disposés, ils supportent même mon chien. C'est une chance, il peut y en avoir ici de très méchants, parfois.
Rosie est encore tombée dans la cave en poursuivant les chats à travers la lucarne qui débouche dans le jardin. Et au lieu de venir vers moi, quand je l'appelais, depuis la trappe, elle restait sur place à pousser des cris déchirants. Il m'a fallu descendre là dedans, avec des bottillons en caoutchouc, mais il m'aurait fallu des bottes d'égoutier. J'ai récupéré cette andouille qui n'a rien eu de plus pressé, le premier état de confusion passé, que de se précipiter sur mon lit, avec ses pattes immondes. Quand je pense que certains soupirent devant les chiots qu'ils ne devraient jamais grandir...
Le lit reste l'objet de toutes ses convoitises et elle cherche à en faire la conquête avec acharnement. Hier, j'ai laissé tomber, elle y est montée à cinq heures du matin, la lutte avec elle m'aurait interdit de me rendormir et je n'en peux plus. Elle m'a fait un câlin, sans mordiller. Je vais peut-être aller au compromis: interdit la nuit mais permis le matin, au réveil, en revanche pas au petit-déjeuner, privilège des chats, et puis un chien qui me saute dessus quand j'ai ma tasse à la main, merci.

Le lac par bouffées souffle au ciel ses anges
Qui passent lumineux au dessus des forêts
Du monastère lointain les cinq bulbes dorés
Font aux rives des prés des étoiles étranges

Dans les creux du chemin des flaques dispersées
Ouvrent des yeux d’azur dans les plis de la terre
Se déployant froissés sous la brise légère
Et fauchant au passage de grandes fleurs dressées.

Les nuées dans le nord sont nos seules montagnes
Aux blancs sommets d’argent sur des pentes obscures
Que le vent déplaçant sur les vastes campagnes
Ebranle et démolit au travers des ramures.

Je me souviens de vous, collines cévenoles
Sous le soleil brûlant votre encens balsamique
Que me paraissent loin dedans vos herbes folles

Les gais coquelicots et leurs rondes comiques.

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