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mercredi 7 janvier 2026

Joyeux Noël

 


Nini s’anime un peu, surtout en promenade. Ce n'est pas le chien le plus intelligent que j'ai vu de ma vie, elle me rappelle un peu Rantanplan dans Lucky Luke. Mais elle est très contente, et me regarde comme la source de tous les bienfaits qu'il ne faut pas lâcher une minute, de sorte qu'elle me suit comme mon ombre. 

  

Génia, l’organisateur des concerts du café, a fait une annonce pour le petit concert de Noël que je vais y donner, en faisant allusion à mon engouement pour Ivan le Terrible, et à mes romans, et aussitôt, dans les commentaires, est tombée bien odorante une merde lâchée par la fille qui ne me pardonne pas d’avoir « diffamé » les Basmanov dans mon roman et m'avait organisé un tribunal populaire à la bibliothèque locale. 

Ce matin, à l’aube, je suis allée à la liturgie de Noël à l’église du Signe, invitée par Katia, qui y chante, j’y suis allée aussi la veille, pour les vêpres. J’aime beaucoup les icônes, surtout celle du saint tsar Nicolas II, qui est vraiment magnifique, et l’ambiance de cette église contemporaine, mais de style plutôt médiéval, et elle était très bien décorée par la femme du prêtre. De ravissants sapins, et sur l’iconostase, une guirlande de toutes petites ampoules serrées, comme des perles ou des fruits de lumière, un simple toit de branches pour l’icône de la Nativité, et une très jolie petite crèche à l’occidentale, avec des santons, mais au lieu de papier rocher, des rameaux de thuyas. Les gens m’ont accueillie à bras ouverts : « Oh ! vous êtes revenue ! Vous allez venir chez nous, maintenant ?" me dit une vieille en me prenant par la main. Olga Viktorovna, que j’avais vue cet été, me demande si je la reconnais, et m'invite chez elle pour chanter. Puis je rencontre Tatiana, la femme du cosaque Dmitri, et elle se réjouit de même. Je m’enquiers : « Comment va votre mari ? 


- Toujours sourd d’une oreille, et son bras droit ne marche pas... »

Mais dans les circonstances, c’est un moindre mal, il est vivant, pas trop lourdement handicapé, et il est revenu chez lui...

 Même le recteur, le père Serge, me regarde avec émotion en me tendant la croix. C’est un dilemme pour moi, car j’aime aussi la cathédrale, et puis il y a le père Jean qui m’attend toujours plus ou moins à Glebovskoié...

Baignée par toute cette sympathie, je contemple les petites lumières dans la pénombre dorée, je me laisse bercer par les chants et les prières, le temps passe tout seul, et dans la joie. Après l’office, nous avons tous pris le thé ensemble dans le réfectoire de la paroisse. 

Je devais aller à Serguiev Possad, fêter Noël avec Aurélie et Hélène, la fille de la matouchka Alexandra, mais à cause du chasse-neige qui avait créé une congère devant mon portail, j’ai embugné ma voiture pour la troisième fois depuis qu’on me l’a fait n’importe comment il y a huit ans. Et le matin, il y avait tempête de neige. De sorte que j’ai fêté Noël avec Tania et Olga, qui sont devenues très copines, sur la base d’origines cosaques communes, bien que Tania soit née dans l’émigration.

Gilles m’a proposé de me payer en partie mon travail en me donnant six mois de consommations gratuites au café !


la cathédrale...


samedi 3 janvier 2026

Gloria in excelsis Deo

nouvel an chez le voisin

Horrible événement en Suisse, où une discothèque, à la suite de l'incurie de propriétaires cupides, a englouti dans un incendie la vie de plusieurs dizaines d'adolescents inconscients qui, au lieu de quitter les lieux au plus vite, filmaient avec leur téléphone. J'ai toujours détesté les discothèques, et plusieurs ont brûlé de cette manière, sans compter qu'on peut y faire de très mauvaises rencontres. Bref les fêtes pour la jeunesse devraient avoir lieu soit à domicile, soit sur les places des village ou dans les bals de quartier, à condition, bien entendu, que la racaille ne vienne pas coller la zone...

Dans le même temps, les Ukrainiens ont bombardé un café où de paisibles civils de la région de Kharkov (théoriquement, selon les médias occidentaux, pourtant leurs compatriotes) fêtaient le nouvel an. 

Bonne année...

Ils ont aussi bombardé la résidence de Poutine et les lieux stratégiques qui l'entourent, une tentative de plus pour entraîner la Russie à faire le premier pas dans la guerre nucléaire dont rêvent les parasites de Kiev et leurs sponsors. C'est justement parce qu'ils ne pensent qu'à cela et ne savent plus comment le provoquer qu'à mon avis, les Russes ne le feront pas. Mais comme tous les êtres vils et médiocres, pleins d'astuce mais dénués de réelle intelligence, notre caste de mafieux prend cela pour de la faiblesse. Sur une courte vidéo, un jeune Ukrainien, dans un français impeccable, demande à Macron de se mêler de ses affaires et de ne pas entretenir la guerre plus longtemps. Mais ses affaires sont celles de Black Rock, Soros, Rothschild qui ont des affaires partout et des rancunes immémoriales et inexpiables envers toute l'humanité. Philippe de Villiers a révélé que 200 députés européens étaient au service de Soros, ce crapaud qui bave de l'acide chlorhydrique et chie des billets de banque que nul ne peut toucher sans se transformer en larve infernale.

Le colonel Jacques Baud, personnalité impeccable et sérieuse, qui ne prend pour source de ses ouvrages de géopolitique que des sources ukrainiennes et occidentales pour ne pas être accusé de "diffuser la propagande de Poutine", ne peut plus franchir de frontière, pour retourner par exemple dans sa patrie en Suisse, ni tirer d'argent, et ceux qui se risqueraient à lui en virer seraient exposés à cinq ans de prison, on bloque même les commandes alimentaires que des gens compatissants essaient de lui envoyer. Ceci sur simple lettre de cachet. Dans la belle démocratie de l'UE, on ne vous enfermera plus en camp, on vous laissera mourir de faim enfermé chez vous. Ou bien l'on vous "suicidera" dans votre voiture. Dans le même temps, Macron déclare qu'il mourra peut-être d'une balle dans la tête. Les risques du métier. Mais à mon avis, il n'a rien à craindre, car il est déjà mort. Des yeux de veau en gelée, vides et fuyants, un sourire faux, une tronche en biais, c'est un remake de la Nuit des morts vivants que nous vivons, et du Bal des vampires. Bon, c'est sûr que ces morts-là, il faudrait les arrêter de nuire, mais ce n'est pas une balle qui le fera. Il faudrait un pieu, un crucifix et une gousse d'ail. Et un exorciste.

Je pense que le pouvoir de ces rats se lézarde, mais ils font tout ce qu'ils peuvent pour nous détruire à fond avant de s'en aller dans des résidences outre-mer, ruminer leur défaite sur tout ce qu'ils nous auront volé. J'ai peur qu'il ne reste pas grand chose de ce qu'on appelait la France, et que les vieillards emportent avec eux en mourant.Il me semble revivre ce qu'éprouvaient sans doute les émigrés russes dans le Paris des années vingt, autour de leurs paroisses, de leurs épiceries et de leurs restaurants. Ma soeur, en voyant les photos des panneaux du café, m'a dit: "Tu m'as filé une telle nostalgie, la bonne femme en robe à pois, sur le bord de la mer, me rappelle maman, et le berger, Pedro... 


Moustachon rêvasse...

Dans cette perspective nostalgique, je répète des noëls, dont le fameux Les anges dans nos campagnes, que tout le monde connaissait quand j'étais petite, et je l'ai soudain entendu résonner dans le vide, le vide de la désolation, de l'abomination de la désolation, ce qui m'a inspiré encore un poème.

Gloria in excelsis Deo

 

Et les anges dans nos campagnes

Ne trouvent plus de doux bergers,

De moutons blancs sur les montagnes

Sous le ciel vide électrisé,

D’étoile guidant les Rois mages,

D’orient venus vers l’Enfant né.

Personne ne rend plus hommage

Dedans nos lieux saints profanés. 

Personne n’entend plus, la nuit,

De chants ténus ni de bruits d’ailes,

Plus de cantiques à minuit,

Ni de cloches qui nous appellent.

 

Mais dans les fermes dévastées,

Meuglent les vaches effrayées

Par les moteurs et les jurons,

Les cris et les supplications.

 

Noël ne nous fait plus rêver

Ni prier, ni chanter au vent

Qui sur les champs allait courant

Après la file des bergers.

Les églises au ciel brûlant

Comme cierges devant Marie

Eclairent les démons hurlant

Qui planent sur notre patrie

 

Sortez la croix et la bannière

Pour du moins mourir en beauté,

Parmi les chants et les prières

Que l’on vous a fait oublier.

Et tant pis si sur vous ricanent

Des millions de possédés,

Passez par dessus les chicanes

Qui nous volent l’éternité.

 

Gloire à Dieu au plus haut des cieux,

Paix sur la terre aux courageux

Qui fêtent Noël en dépit

De tout ce noir charivari.




jeudi 1 janvier 2026

Bon courage




Ce matin, à l'aube tardive de cette nouvelle année, je suis allée promener Nini Peau d'chien, qui me donne l’impression d'avoir adopté un SDF autiste, mais après sept ans à la chaîne à prendre des torgnoles, elle apprécie beaucoup les virées dans le marécage enneigé, et gambade presque comme un jeune chiot. L'hiver est si merveilleux et si féerique que je me sens réconciliée avec cette saison habituellement difficile. Tout scintille sous un ciel rose tendu de brumes bleues et mauves, le soleil d'or se prend aux branchages enneigés et aux herbes hautes cristallisées par le givre, c'est la Reine des Neiges, je redeviens Gerda à la recherche de Kay, que je n'ai jamais trouvé. Il fait froid, mais c'est très supportable, et même vivifiant. Après quoi, je suis allée chez Vladimir et Mariana, au village de Dobrilovo, à travers une plaine immaculée et sans limites. Volodia m'avait réservé une suprise: son ami, le peintre Mark Margoulis, lui avait demandé de me transmettre le dernier exemplaire de son album sur sa collection de dessins d'enfants et un dépliant sur une exposition où figuraient des aquarelles qu'il m'avait prises autrefois et qu'il avait incluses, à mon insu total, dans une exposition à la galerie Tretiakov. Il m'avait fait participer autrefois à une exposition de travaux d'enfants où j'avais montré ceux des miens, car je partageais sa passion pour cette forme d'art méconnue. Sur l'album, il m'a mis une dédicace de dix kilomètres, et je suis vraiment extrêmement touchée et encouragée. Car aussitôt qu'il a compris que Volodia me connaissait, il s'est répandu en commentaires enthousiastes, il est allé chercher les aquarelles pour les lui montrer, et l'album pour me le transmettre.

Je suis tombée sur une citation, dans facebook, de Savitri Devi : « le divin dort dans la pierre, s’éveille dans la plante, sent dans l’animal et pense dans l’homme ». Cela me paraît d’une profonde vérité, c’est ce que je ressens en permanence. J’ajouterais que le divin, dans l’homme, crée. Peut-être même en premier lieu. En même temps, je me demande si cela est compatible avec le christianisme. Et pourtant, je crois que cela est vrai. De même que je suis tous les ancêtres qui m’ont précédée, je suis toute la Création, chaque être la récapitule en soi et est appelé à l'accomplir. Le grand péché de l’homme moderne est de ne plus ressentir cela, de se croire d’une autre essence, à qui tout est permis. Il se conduit envers le Vivant comme une cellule cancéreuse. Lorsque j’ai été si émue par l’écoute de la Mer de Debussy, j’ai senti que cette oeuvre dépassait largement son auteur qui en fut le médium doué. C’était la Mer qui chantait en lui, et en la Mer, le divin dont elle émane.

Les gens de Pereslavl, y compris moi-même, boycottent largement les parkings payants du gouverneur de Iaroslavl. Ils sont presque vides.  Mais quand il y a aura beaucoup de monde, cela va devenir invivable. D’abord, évidemment, les cours d’immeubles brusquement envahies vont se doter de barrières mobiles. On ne saura plus où se mettre. En hiver, parfois, c’est très glissant et je n’ai pas envie de faire du patinage artistique sur les trottoirs...

J’ai vu mes panneaux installés, au café, et je suis très fière de moi. Dany m’a dit que j’avais mis de l’âme dans cet endroit, Anne que c’était un morceau de France poétique dans la lointaine Russie. Le personnel du café est très enthousiaste, j’attends les réactions de la clientèle.

J’ai écouté les larmes aux yeux une déclaration de Philippe de Villers. Je ne sais pas s’ils ferait un bon président, mais à la différence de tous les autres politiciens, il sait parler avec poésie, passion et une apparente conviction de la France, dans ce qu’elle a de charnel et de spirituel, de sa civilisation, de nos lignées d’ancêtres, de nos héros, de nos saints, de nos génies, raison pour laquelle les tarés de la caste le traitent d’illuminé. Mais c’est de ce langage-là dont les gens ont besoin. Je croyais entendre parler un Russe de son pays, comme ils le font encore souvent sans complexes. Et tout de suite, on sent déferler le vent, on voit arriver la lumière, on sent circuler la vie. Les autres parlent géopolitique, économie, politique intérieure, et cela pue la mort.

J'ai parlé à Vladimir et Mariana de ce qui se passait en France, et ils étaient médusés: "On croirait les années vingt et trente en Russie... Tout cela est venu de chez vous, et puis maintenant, c'est retourné au point de départ. Mais les dégâts que nous avons subis sont tels que nous n'en sommes toujours pas vraiment remis, beaucoup de savoir-faire ont été irrémédiablement perdus. Le plus sidérant, c'est qu'ils nous accusent nous, de ce que eux pratiquent chez vous! C'est d'une fourberie absolument confondante!"


Cette fourberie et cette mauvaise foi, cette profonde vilenie ont imprégné une grande partie de la population française, élevée dans ce triste esprit, et aussi cette mentalité systématique d'imprécateurs et de commissaires du peuple, toujours à juger et condamner. Certes, je me régale à lire beaucoup de commentaires pleins de verve et de lucidité sous les mensonges énormes de la presse aux ordres. Mais quand même, la secte a de nombreux zombies. Je le vois à propos de la mort de Brigitte Bardot qu'à peine refroidie, on s'empresse de couvrir de boue, parce qu'elle avait l'esprit beaucoup trop libre, et la parole trop franche pour le mougeon de service. Je n'en rafolais pas comme actrice, mais pour moi, c'est toute la France de mon enfance qui s'en va avec elle, assassinée aujourd'hui par ces gnomes, celle des paysans en béret, des mémés en robe de satin fermière parmi les géraniums des ruelles de pierre blonde, des magasins et des restaus du coin de la rue, des cafés du commerce, et de la "plage ensoleillée", avec ses coquillages et ses crustacés. Il paraît qu'elle était raciste, pourquoi? Parce qu'elle a traité de sauvages les réunionnais qui enfilent un crochet dans la truffe des chats et des chiens pour s'en servir d'appât à la chasse aux requins. Mais elle avait absolument raison, et ce n'est pas une
 question de couleur ou d'ethnie. N'importe quel sadique qui se livre à ce genre d'occupation, qu'il soit noir, blanc, rouge, jaune ou vert ne mérite pas d'autre qualificatif, sinon quelque chose de pire que cela, car les vrais sauvages ne sont pas aussi dégueulasses.

Nicolas Bonnal m'envoie cet article remarquable sur la paysannerie:

https://lesakerfrancophone.fr/michel-serres-et-le-monde-perdu-de-la-paysannerie

Cela ne m'intéresse pas de vivre dans un monde sans paysans, et je suis finalement soulagée de ne pas y laisser de descendants. Ce monde-là sera peut-être hautement technologique, si ne le frappe pas le feu du Ciel ou les conséquences de ses actes ignobles, mais il sera totalement moche, sinistre et inhumain, d'une cruauté et d'une bassesse sans aucun précédent, et cela ne m'inspire nulle admiration, juste un dégoût immense. Même la culture classique que respectaient encore les idéologues tarés du siècle dernier n'aurait pas existé sans la paysannerie. Elle y plongeait ses racines. Elle en était nourrie. Je ne pardonnerai jamais ce qu'ont fait les deux dernières révolutions, la française et la russe, à la paysannerie, et je ne pardonnerai jamais à notre caste criminelle de l'achever sous nos yeux de cette manière infâme.

 Chaque année, depuis presque une décennie, étant pire que la précédente, je me contenterai de souhaiter bon courage. Mais le pire n'est pas toujours certain... Je suis comme Léon Bloy, j'attends les cosaques et le Saint-Esprit.