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vendredi 10 avril 2026

Poésie

      


Dans le cadre des sinistres massacres de troupeaux qui font écho, en Sibérie, à ceux qui se pratiquent en France, a été assassiné le cerf apprivoisé d'une paroisse, où il était le favori des enfants. Parallèlement, les "écolos" gouvernementaux se demandent, chez Macron, s'il ne faudrait pas éliminer les chiens et les chats dont l'existence nuit à la planète. C'est-à-dire que tout ce qui gêne le business ou même utilise le même air, la même eau et le même espace qu'un certain type de gnomes doit être éliminé. En réalité, je pense que beaucoup de ces médiocres enragés qui arrivent aux postes de responsabilités un peu partout détestent la vie, surtout sous ses formes les plus belles, les plus nobles, et les plus innocentes. C'est pourquoi ils adorent la chasse aux bêtes sauvages. Et aux enfants.

Hier, j'ai passé presque toute la journée à l'église entre la liturgie de la Cène et la lecture des douze Evangiles. Pour l'office de la mise au tombeau, j'arriverai en retard, et lirai chez moi tout ce qui précède les stances, au moins, je comprendrai quelque chose. En fait, la lecture des évangiles, je la comprends pratiquement sans suivre le texte, mais ce soir, c'est plus compliqué.

J'ai vu un extrait d'interview de Philippe Jacottet sur la fonction spirituelle de la poésie.https://www.facebook.com/reel/1446169326979320 

J'ai une immense admiration pour ce poète, dont l'oeuvre s'évade en permanence dans "l'au-delà des choses" évoquée par Rilke. Je me suis fait la réflexion que c'était là mon élément. Je ne suis pas une ascète et beaucoup de textes religieux m'ennuient ("ils m'ennuient aussi", m'a dit un jour l'évêque en riant. Et pourtant, c'est certainement un ascète...), mon appréhension du divin est essentiellement poétique, c'est pourquoi je suis particulièrement sensible aux psaumes. C'est comme ça. Chacun son truc. Mais ce qui me donne le vertige, c'est de constater que la poésie, qui faisait partie de la vie des gens, dont regorgeaient leurs chansons, leurs contes, leurs objets quotidiens, a été presque complètement éliminée de leur vie, au point qu'ils ne savent absolument plus ce que c'est, et parallèlement, d'ailleurs, la spiritualité aussi. C'était un besoin autrefois, et pas seulement dans les cénacles intellectuels, il suffit d'écouter les chansons réalistes, les chansons traditionnelles, de regarder tout ce qu'on faisait et portait, et ce qui se passait quand on se réunissait à table ou au coin du feu, l'humanité éprouvait le besoin de transcender tout ce qu'elle vivait. Les iraniens, dont j'adore la musique extrêmement ancienne, raffinée et contemplative, ont gardé ce réflexe et je vois des musiciens jouer dans les ruines de leur école détruite, ou devant les infrastructures qu'ils voudraient protéger. De sorte qu'en fin de compte, sans être musulmane, je me sens beaucoup plus proche d'eux que de ce qu'est devenu l'occidental mutilé de tout ce qui faisait notre humanité, notre grandeur. Le monde occidental est si étranger à la poésie qu'on ne peut plus y respirer. Je n'exclus pas totalement la Russie du problème, car beaucoup de mal a été fait par les gnomes au pays des elfes.

Heureusement qu'il y a l'église. J'ai un peu de mal à y aller, c'est comme la gymnastique ou la natation, il faut se pousser mais quand on revient, on est très content. Chaque église qu'on restaure est un peu de spiritualité et de poésie retrouvées dans un monde qui les persécute et les exècre à divers degrés. Ainsi, dans le centre dévasté de Pereslavl, le bulbe de l'église Saint-Serge, qui fut longtemps le siège de la Sberbank, apporte-t-il tout-à-coup une touche réconfortante pour les yeux et pour l'âme. La promesse en bouton d'une fleur mystique...

Il y a dans les Evangiles de la Passion une vérité non seulement spirituelle mais quasiment médico-légale, c'est presque un reportage. Les Evangiles ne sont pas exempts de passages orientaux un peu mythiques sur les bords, d'exagérations épiques, mais là, tout sent fortement la réalité, et pourtant, avec des signes, des symboles, des repères. Et l'on voit les gnomes à l'oeuvre et Dieu muet devant eux. Il n'a rien à dire aux gnomes, car les gnomes sont sourds au langage de Dieu comme ils le sont à la poésie. Et à l'amour. Et à l'innocence, à la pureté. Enfin oui, pour faire court, au langage de Dieu.

Il a fait très mauvais le jour de la Crucifixion. Aujourd'hui, le vent souffle et apporte le soleil dans la froidure, comme un grand mouvement de l'Esprit qui se lève.

9 commentaires:

  1. Réponses

    1. Le Christ est ressuscité !
      Le Christ est ressuscité des morts, par sa mort il a vaincu la mort à ceux qui sont dans le tombeau il a donné la vie!
      Joyeuse et sainte Pâque ! ☦️

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    2. Oui. Il suffit juste de voir certaines séries comme les soeurs de la misecorde où à la fin, la fille d'un général du Tsar renié sa foi orthodoxe par amour d'un turc pour comprendre que certaines forces ont des leviers culturels très puissants...Christ est ressuscité

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  2. https://vkvideo.ru/video-166756519_456239253?t=5m11s

    A l'opposé, il faudrait voir plutôt ce chez d'oeuvre, крилы импери, les ailes de l'Empire

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  3. Bonjour Laurence. Aujourd'hui, bien-sûr, je suis allé à l'Église prêtée par les Catholiques du coin aux Ukrainiens du secteur pour l'office dominical orthodoxe.
    Le Prêtre, leurs trois enfants, sa femme qui chante comme les anges (c'est l'idée que je me fais) et donc, ils font comme un dialogue mais aujourd’hui, pour Pâques forcément, il y avait en renfort le couple Castro-Balbi, pianiste et violoniste internationaux et c'était divin, si je puis dire.

    Et plein d'enfants et de gens. C'est toute cette communauté, cette Vie, comme une Famille que j'aime retrouver.

    Et je pensais en anonnant Воистину воскрес, est-ce que je comprends ce que je réponds et pourquoi ce chandelier à 3 branches ?
    J'ai demandé à la plus calée certainement, la plus régulière, une italienne qui a eu un mari russe, comment elle comprends ces paroles, ce que veut dire Résurrection, Trinité...
    Elle m'a renvoyé aux Évangiles évidemment alors que je lui demandais plutôt son ressenti, pas une idéologie... A quoi ça lui sert en sommes, dans son quotidien, ses relations aux autres humains.
    J'ose vous demander, qui parlez ma langue mais vous pouvez me renvoyer dans les cordes !

    Il faudra donc que je vienne pour le tableau. Rendez-vous à La Forêt alors ! Respectueusement. Christian de Haute-Saône.

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    1. Le chandelier symbolise la Trinité, trois cierges distincts, une seule flamme. Pour ce qui est de la Résurrection, c'est totalement au-dessus de ma compréhension, et ce que je ressens est essentiellement indicible. Je fais confiance au Christ, et à ses apôtres. Car s'Il n'est pas ressuscité, c'est un imposteur, et eux aussi. Or tout le comportement du Christ, tout ce qu'Il dit et Son sacrifice final excluent pour moi la possibilité qu'Il soit un imposteur, et il en est de même pour ses apôtres, tous martyrs, à l'exception de Jean le Théologien. Si je me fiais à ma raison et à mon intellect plus qu'à leurs témoignages, je ne croirais pas, car ils sont mis à rude épreuve. En cela, votre Italienne a raison de vous renvoyer à l'Evangile; et je ne vois pas ce que cela a à voir avec l'idéologie. Vous trouvez que les Evangiles sont un texte idéologique? En soi, ils ont changé ma vie, car j'ai plus ou moins essayé de m'y conformer, bien que cela révolte ma raison, et dépasse ma compréhension. Mais il y a des gens qui sont allés beaucoup plus loin que moi en la matière et en ont laissé le témoignage oral ou écrit. Et pour vous dire, il y a beaucoup de questions que j'ai posées et qui sont restées sans réponses. Je fais avec. Et souvent, je n'en parle même plus. Je sais que c'est inutile.

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  4. "Les Evangiles ne sont pas exempts de passages orientaux un peu mythiques sur les bords"

    Il y a quelques années, l'Archeveque Michel Donskoff m'a repris quand je lui avait parlé du mythe de déluge. A juste titre, il m'a juste dit que celui qui emploi le mot mythe avec la bible était sur une mauvaise pente.

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    1. J'avais dit au père Placide que l'on ne trouvait pas de traces historiques du massacre des saints innocents, et il m'avait répondu que lorsqu'il avait été reçu par je ne sais plus quel ecclésiastique oriental, il l'avait présenté comme l'higoumène d'un monastère de soixante-quinze moines, ce qui était loin d'être le cas. Confus, il le lui avait reproché ensuite. Et l'écclésiatique lui avait répondu que soixante-quinze moines, cela faisait beaucoup mieux qu'une petite dizaine.

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