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vendredi 5 juin 2026

Vigie

 


Dernièrement, je discutais avec Lika, la femme de Gilles, et elle me disait exactement la même chose qu'Olivia quelques jours plus tôt: que ses pensées étaient paralysées par une espèce d'angoisse latente. A croire que nous en sommes tous là. 

En dehors de l'angoisse latente, c'est le dégoût qui me submerge, devant la totale vilenie dans laquelle s'abîme la France, avec la nef des fous sur laquelle elle est embarquée et que pilotent des serpents et des gargouilles. En tous cas, la France qu'on entend. L'autre n'a pas la parole. Mais parfois, les importés la prennent à sa place, et disent leurs quatre vérités à ceux qui les ont fait venir. C'est bien sympa de leur part, enfin c'est normal, c'est la réaction de gens qui ne sont encore ni complètement abrutis ni complètement pervertis. Mais même si l'on nous débarrassait de ceux qui attisent nos pires instincts, et nous installent le pire des régimes, je ne reviendrais pas au pays, car je n'étais déjà plus en phase dans ma jeunesse, et la Russie m'a accueillie, reçue, portée, aimée. La France dont je suis issue est au ciel. Je regarde avec mélancolie et émotion des vues d'Annonay, telle que je l'ai connu, quand ma grand-mère y faisait ses courses, que mon grand-père y tenait son magasin, de l'Ardèche, de la Drôme, les photos de famille... qu'est-ce que cette France-là, pourtant déjà rongée par les démons lâchés au moment de la révolution, a de commun avec celle d'aujourd'hui? Il reste le décor, que saccagent les gnomes, avec leurs zones pavillonnaires, leurs centres commerciaux, leurs éoliennes et leurs panneaux solaires. Si je compare, en outre, cette France avec celle du Moyen-Age, il m'apparaît que ce n'est plus le même peuple, et cela en dehors du métissage imposé par nos satrapes, qui la rendra totalement méconnaissable, c'est d'ailleurs le but de l'opération. Je regarde ces merveilles, ce sens inné de la beauté, de la noblesse, de l'équilibre, de l'harmonie: les gens qui produisaient cela n'ont vraiment pas grand chose à voir avec leurs descendants, qui ne produisent plus rien, avec les planteurs d'éoliennes et les vitrificateurs de forêts, les bétonneurs de terres agricoles, les massacreurs de troupeaux, les déconstructeurs de chefs d'oeuvre, les profanateurs de cathédrales, les violeurs d'enfants et les scieurs de croix. Dans le cas des Russes, le monde normal n'est pas si loin, mais leur révolution a quand même filé un fameux coup de hache sur les racines de leur arbre. 

Le lychage médiatique de la sympathique Xénia Fedorova me soulève le coeur. Régis de Castelnau dit à peu près tout ce qu'il faut en penser, mais quelles que soient les raisons mafieuses de ce règlement de compte, on ne peut y assister sans nausée, et l'on comprend comment ont pu se produire ceux de la Terreur et de la Libération, en un mot, fuyons cette société infréquentable, ce sabbat de sorcières.

https://regisdecastelnau.substack.com/p/la-caste-se-moque-bien-de-xenia-fedorova

Pour ceux qui sont curieux de nature, une vidéo tres instructive sur la guerre en Ukraine, ses causes, l’état d’esprit des Russes, du gouvernement russe et les possibles développement de l’affaire. Si une partie des francais a pris conscience de la realité, ils sont encore trop nombreux a crier bien fait quand les ukrainiens, selon une habitude deja ancienne, s’en prennent aux civils, car evidemment, avant l’opération spéciale, leur presse ne leur disait rien de ce qui se passait, et depuis l’opération spéciale, manie systématiquement l’inversion accusatoire. J’éprouve pour ces Francais-là un degout inexprimable. Et plus ils sont diplomés et théoriquement instruits, plus ils me dégoutent. Parce que leur esprit partisan démonise tout ce qui n’entre pas dans les catégories de leur secte. Le meme genre d’abrutis s’écriait, dans ma fac des années 70, que la fleur de l’intelligentsia russe massacrée par les bolcheviques était un tas d’inutiles. 


Mais sous les gros nuages sifflent des merles enivrés, extatiques. Le vent soupire les mots que comprennent les anges. La nuit les rossignols déroulent leurs roulades dans l’ombre translucide que tend quelques heures l’approche du solstice. Er la pluie intermittente et lustrale chasse loin d’ici les motos importunes.

Vigie

 

La boue se mêle au sang dans la mer ténébreuse

Qui m’apporte au matin toujours plus d’immondices,

Des nuées de démons en tournoyant se hissent

Au zénith éventré des échappées trompeuses.

 

Des fous gueulant, hurlant vont, titubants, noirâtres,

Crochus et claudicants, l’œil torve et vitreux,

Danser au gai pipeau de la mort marâtre,

Martelant les slogans que dictent de faux dieux.

 

Pourquoi,sous des haillons, cacher l’or de ton âme

A l’écart de la foule aveugle et ramollie,

Toi qui vois et comprends dans quel cloaque infâme

On la brasse et la noie, consentante, abrutie ?

 

Car elle n’entend plus, le fracas est trop grand,

Trop loin le bord certain de son digne passé,

Trop ardu le retour, le salut trop risqué,

Trop profond le sommeil, dans les draps de Satan.

 

Et tu restes pendue sur la falaise noire

A briller solitaire dans la brume et le froid,

Et volent quelquefois vers ta discrète gloire

Une insulte égarée, une pierre, un crachat.

 

C’est le temps du silence où tout va s’accomplir,

Ou pour tous ceux d’en bas, qui ne t’entendent pas,

Parler ne sert de rien et moins encor mourir,

Regarde enfin là-haut ce qui descend vers toi.

 

Il te faut dévoiler ce qu’il reste d’éclat

A ton cœur trop marri, pour guider vers la foi

Celui qui, comme toi, s’affiche écartelé,

Ou guette dans la nuit un rayon oublié.

 

Et garder pour cela l’eau pure de ta vie,

Chanter clair jusqu’au bout dans la cacophonie,

Tendre à celui qui cherche à déployer ses ailes

La lumière qu’il faut à la quête éternelle.


lundi 1 juin 2026

Trinité

 Pour la Trinité, j'ai eu la visite d'Emmanuel Leroy, devenu André dans l'orthodoxie, et d'Ivan et Irina, nos amis communs. Ivan est un rapatrié, un Russe né en Belgique, dans l'émigration. Nous avons beaucoup discuté de la France, de la Russie. Nous avons loué un pédalo pour descendre la rivière et dériver sur le lac, sous de superbes nuages.



Pour les vigiles de la fête, je suis allée à la cathédrale me confesser au père Andreï. J'avais appris que la ville devait être entièrement bloquée par la marathon annuel qu'on avait eu la bonne idée de prévoir juste le jour de la Trinité. Le père Andreï me dit que non, finalement, on pourrait passer. Mais le lendemain, dès sept heures, toutes les issues sur la rue principale barrées. Je me suis arrêtée à l'église de la Protection. Le prêtre était très gentil, mais cette église est petite, bondée, et il n'y a pas moyen de s'asseoir, je ne tiens plus le coup, quand je reste tout le temps debout. Ivan, Irina et André étaient allés la veille au monastère de la Trinité-Saint-Daniel, que je leur avais conseillé, car il est très beau et c'était la fête votive, ils y sont retournés le matin, car a l’inverse des eglises du centre, il leur était accessible depuis leur hôtel. Nous avons fini par nous retrouver, le marathon fini, au cafe francais. Ivan avait deja mangé les croissants qu’il voulait emporter a Moscou, il a du en acheter d’autres. La conversation a repris sur la revolution francaise, la revolution russe, les facheuses consequences dans les deux pays, et la dimension métaphysique du conflit actuel. Je leur ai parlé de Moisseiev et de sa certitude que la Russie serait sauvée par l’incapacite des prédateurs transnationaux à s’entendre  pour en partager et gérer l’espace: ils se boufferont forcement entre eux. "Je pense, leur dis-je, que les Russes finiront par triompher car ceux qu’ils affrontent sont tellement ignobles que Dieu ne peut pas les laisser gagner. Cela dépasse toute discussion sur la qualité morale du gouvernement russe: quel qu’il soit, en face, ils sont infiniment pires. Leur victoire serait la fin de tout, le naufrage définitif de la vie sur terre."

Je prie pour que Dieu nous donne un patriarche comme le défunt Elie de Georgie ou son successeur, qui a le visage et le charisme d’un prélat mediéval. Je ne doute pas une minute que si la Géorgie a si bien su se tirer des pattes des malfaiteurs de l’UE, c’est aux prières d'Elie qu’elle le doit. Et à son rayonnement sur ses fidèles. Et aussi a ses traditions encore vivaces. Et puis à l'intercession de saint Gabriel, qui priait également beaucoup pour la Russie et doit continuer à le faire. La malheureuse Arménie est tombée, et pour mieux l’achever, son propre personnel politique aux ordres lui annonce qu’il faut l’inonder de migrants pour casser son homogenéite ethnique, c'est-a-dire effacer sa longue histoire, sa mémoire, sa culture originale et sa foi; et introduire un facteur de division et de trouble permanent. Après le genocide violent des Turcs, le génocide sournois des mafieux en col blanc. En Europe, le processus est en voie d’achèvement. Je regarde ces hordes de démons qui se déchaînent sur Paris et que dénoncent leurs correligionaires sensés avec consternation. Pas de tirs de LBD dans leur face, pas d'hélicoptères, de blindés ni de robocops  guidés par un préfet inflexible. Ca, c'est pour les paysans, les gilets jaunes, les franchouillards. Des importés de service, on s'occupera plus tard. Quand ils auront fait leur job et qu'ils deviendront gênants. La sottise de certains commentaires, l'infâmie des acteurs principaux me donnent vraiment envie de vomir. Facebook me fait l'effet d'un océan de boue dont chaque vague me couvre d'ordures. Glucksmann appelant à couper le micro de "la Russe Feodorova". Avec son expression répugnante, ses yeux faux qui semblent toujours exulter de la satisfaction mauvaise de tout le mal qu'il fait, et son impudence de malfrat, sûr de son impunité de principe. Feodorova est bien plus sympathique. La France d'aujourd'hui, les Démons de Dostoiveski, à côté, c'est la comtesse de Ségur. 

Sur la page de l'ambassade de Russie consacrée au bombardement ciblé et vicieux d'un dortoir d'adolescents près de Lougansk, j'ai écrit: "Mes condoléances. Avec vous de toute mon âme". Un troll ukrainien a répondu: "T'inquiète, ton âme, elle y sera bientôt, avec eux." Je lui ai répliqué: "Eh bien j'y serai toujours mieux qu'avec vous en enfer". Dans cette vie ou dans l'autre.

Au stade où nous en sommes, il ne reste plus qu'à prier.