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mardi 28 juillet 2026

Soubotnik


 Marina avait invité tout le monde à un soubotnik à Faleleïevo. Le soubotnik, c'est quand les gens se rassemblent un samedi pour nettoyer leur quartier ou leur cour d'immeuble, ou y faire divers travaux, une habitude héritée de la période soviétique. A Faleleievo, c'est l'église et ses abords qui sont concernés. La journée à commencé par un office d'action de grâce célébré par un prêtre de Pereslavl.

J'avais préparé des crêpes, mais je n'étais pas partante pour le nettoyage et le bricolage, j'en ai assez chez moi. Tania avait fait un clafouti, délicieux. Sur place, le gardien des lieux, un ancien moine, Matveï, préparait un plof ou riz pilaf. Cat les gens qui bossent ont faim. Les autres aussi, d'ailleurs. 

Il pleuvait plus ou moins, mais on a fait don à Marina d'une tente de cocktail. Cependant, tente ou pas, l'atmosphère était très humide, quoique chaleureuse. J'étais épatée par le travail effectué en un an dans cette église par toutes les petites fourmis requises par Marina. Le bâtiment est fermé, nettoyé, on y célèbre déjà des offices, y sont apparus des icônes, des chandeliers, quelques sièges. J'espère qu'on pensera à garder des endroits pour les hirondelles, qui nichent sous la coupole et vont et viennent au-dessus des fidèles et des bénévoles.

J'ai fait la connaissance d'une jeune femme, Nastia qui fait et commercialise des bijoux et des coiffes dans l'esprit traditionnel. Je lui ai même acheté un collier, alors que je n'en porte plus guère, pour soutenir la cause. Les enfants de Marina s'intéressaient beaucoup à cet artisanat et aussi aux tableaux exposés depuis notre plein d'air d'il y a quelques temps. Comme quoi les enfants dont on ouvre l'esprit ne deviennent pas forcément de petits nuisibles au QI de moule.

Pendant le pique-nique, Matveï plaisantait avec beaucoup d'humour. Il était sonneur de cloches et nous a parlé de son art, et des magnifiques bourdons de Rostov qui datent du XVII° siècle. Pendant ce temps, une jeune femme brossait son énorme chienne, dont les yeux chaviraient de bonheur, et qu'il couvrait de mots doux. Marina me dit qu'elle était très contente de ma visite, car elle aimait "les gens chaleureux et profonds". C'est bien réciproque. Malgré la pluie, la sérénité du village et la gentillesse des bénévoles m'ont fait oublier les nouvelles horribles. Nous en étions tous bien loin, sous la tente, ou sous les voûtes de l'église et ses hirondelles. 

Ensuite, je suis passée chez Tania, qui aménage son appartement. Dans sa cuisine, on a l'impression de se trouver dans la véranda d'une datcha, car tout un mur est occupé par des fenêtres qui donnent sur le verger de l'isba voisine. 

A l'église, le lendemain, j'ai confessé un bon coup d'acédie. Aujourd"hui, un des ouvriers de Tania m'a parlé de la russophobie foncière de l'occident, et de la necessité pour les gens comme nous de choisir leur camp. D'une certaine façon, je l'ai choisi, car je déteste la politique infâme de celui d'en face, qui n'a aucune justification, sauf dans les mensonges dont il dissimule ses vraies intentions et ses véritables actions. Cependant, je suis bouleversée de ce qui arrive à la France, qui est aux mains de malfaiteurs d'une rare nuisance. Comme beaucoup de gens, je ne crois pas une minute que les feux qui ravagent le pays soient fortuits, ni même la canicule, et partout où ça brûle, on trouve à la base un projet de data center ou de panneaux photovoltaïques. Comment peut-on présenter ces panneaux, et les éoliennes, comme des projets écologiques, alors qu'ils vitrifient des milliers d'hectares de forêts et n'y laissent plus subsiter aucune vie? Et comment des imbéciles de vieux écolos peuvent-ils soutenir cela et ne pas voir où cela mène? C'est drôle, ici, pour l'instant, nous n'avons Dieu merci pas cela, nous n'avons même pas de chemtrails, même si beaucoup de gens en France considèrent le phénomène comme un fantasme de complotistes, je ne vois pas ici de ciel quadrillé dans tous les sens jusqu'à l'opacité, je vois de l'azur et des nuages. Et malgré le "réchauffement climatique", nous avons eu un hiver très froid et neigeux, notre été est frais et pluvieux, je l'aimerais un peu plus ensoleillé, mais avec ce qui se passe dans mon pays d'origine, je ne vais pas me plaindre, et pour ici, nous sommes dans la norme. Certes, les hivers russes ne sont pas du millefeuilles pour les personnes âgées, mais les étés torrides non plus. Mon été n'est pas torride.

D'autre part, la russophobie n'a pas toujours été si constante que le croit l'ouvrier de Tania. Certes, il y avait des frictions, on essayait déjà de convertir les Russes de force au temps d'Alexandre Nevski, les Polonais ont persécuté les orthodoxes du temps où ils étaient plus puissants que la Moscovie. Au XIX° siècle, les républicains français considéraient l'empire des tsars comme une tyrannie, et les catholiques étaient solidaires des Polonais, vaincus et annexés au XVIII°. Néanmoins, il y avait une grande fascination réciproque entre le monde russe et le monde occidental. Et de grands échanges culturels. Après la révolution, s'est formée en Europe une énorme diaspora russe qui a joué un grand rôle dans la culture des pays occidentaux et même dans leur spiritualité. Selon qu'on était sympathisants des communistes ou des émigrés tsaristes, on aimait les Russes rouges ou l'on aimait les Russes blancs, mais on ne peut pas dire qu'on détestait les Russes en tant que tels, on les trouvait séduisants, excentriques, on parlait de "charme slave"... Les choses ont changé à partir des années soixante-dix avec les nouveaux philosophes ancien trotskystes ou maoïstes, BHL et Glucksmann père, les dissidents russes, en majorité juifs, le mouvement des refuzniks qui voulaient rejoindre Israël et se heurtaient à la résistance du gouvernement soviétique.  On a commencé à démarquer la gauche du communisme russifié de Moscou, et du parti communiste français trop bêtement prolo, trop populiste, trop franchouillard. Après la Perestroïka, qui aurait dû calmer le jeu, c'est devenu pire, on s'est employé à mettre tous les crimes bolcheviques et staliniens sur le dos des seuls Russes, boucs émissaires pratiques pour les républiques ex soviétiques, et pour les partisans des idéologies marxistes de départ, qui, en Russie, étaient massivement non russes au moment de la révolution, et se sont rendus coupables ou complices de crimes abominables. J'ai vu s'installer toute cette imposture depuis 1990, j'en ai suivi toutes les étapes, jusqu'au maïdan et mon retour en Russie. 

Mon acédie provenait esssentiellement de la tristesse profonde où me plonge la guerre dans laquelle l'Occident a réussi à entraîner la Russie et l'Ukraine, et bien que j'ai vu chez les Ukrainiens des comportements détestables, je ne me réjouis vraiment pas de ce qui leur arrive, beaucoup d'entre eux sont victimes de la situation. Je note qu'à l'occasion de la commémoration des enfants du Donbass tués par les bombardements et les exactions ukrainiennes, des trolls ukrainiens reprochent leur mort aux Russes, c'est vraiment une sale manie de ces gens-là que l'inversion accusatoire... Car ce n'est vraiment pas ainsi que l'on m'a raconté ces événements au Donbass même, et le père Nikita m'emmenait dans tous les anciens points chauds discuter avec les habitants.

Elle provenait également de ce qui se passe en France, de la mauvaise foi et de la fourberie des autorités, de leur profonde vilenie. J'ai trouvé à ce propos un excellent texte:

Dans les flammes qui dévorent les forêts de France, ce n’est point seulement la nature qui se consume : c’est l’âme même de la patrie que l’on sacrifie sur l’autel de la corruption et de l’intérêt sordide.

Ô France malheureuse, gouvernée par des hommes sans honneur, où les feux de l’été deviennent le symbole tragique d’une nation livrée aux mains avides d’élites corrompues !

La filière bois, qui pèse près de soixante milliards d’euros et fait vivre près de quatre cent mille âmes laborieuses, est saignée à blanc.

Les massifs détruits privent les scieries et la construction d’un approvisionnement vital, tandis que l’État, ruiné par ses propres choix, ne possède plus que quatre Canadairs en état de voler.

Le reste rouille dans l’indifférence, car les milliards sont mieux employés, dit-on, à engraisser l’ami intime du président et son “Deep State” corrompu en Ukraine qu’à défendre le sol sacré de la patrie.

Les assurances, elles, augmentent sans pitié leurs primes, faisant peser sur le peuple le poids des sinistres répétés.

Quant au tourisme, joyau des régions du Sud et de la Gironde, il agonise :

campings évacués,

massifs fermés,

villages enveloppés de fumée,

tout un pan de l’économie populaire s’effondre dans les cendres.

Mais derrière ces ruines apparentes se cachent des intérêts bien plus noirs, car après l’incendie vient la curée :

le marché juteux de la reforestation,

les appels d’offres publics et privés distribués aux amis,

les pépiniéristes et les entreprises de travaux forestiers qui se partagent les milliards de la reconstruction.

Le bois brûlé, vendu à vil prix dans l’urgence pour éviter les scolytes (parasites), enrichit les industriels du granulé et de la pâte à papier.

Ainsi la tragédie devient-elle fructueuse pour quelques-uns seulement.

Cependant, la vérité,

cette flamme plus ardente encore,

perce le voile des mensonges officiels.

Ces feux ne sont point seulement le fruit du prétendu dérèglement climatique ou de l’imprudence de quelques promeneurs. Ils cachent, pour les esprits lucides, des manœuvres criminelles orchestrées par des élites financières sans foi ni loi.

La spéculation immobilière, ce cancer moderne, trouve dans les cendres son terrain le plus fertile. Des promoteurs sans scrupule, complices de municipalités corrompues, feraient allumer ces brasiers pour déclasser des zones protégées, transformer la forêt en terrain constructible et y élever des complexes touristiques ou des résidences de luxe réservées aux puissants.

La terre brûlée devient soudain négociable,

et le peuple perd à jamais ses forêts ancestrales.

Plus sordide encore est le complot des parcs éoliens et des champs solaires. Dans les Landes et ailleurs, les faits sont si criants qu’ils soulèvent le cœur.

Les incendies « nettoient » providentiellement des terrains sauvages pour y installer, au nom de la transition énergétique — ce nouveau dogme de la bêtise érigée en système —, des monstres d’acier et de verre subventionnés par l’État.

Ainsi, sous prétexte de sauver la planète :

on sacrifie la France profonde,

on enrichit les industriels du vent et du soleil,

et l’on transforme la campagne en un vaste champ de machines au service des grands fonds d’investissement.

Telle est la tragédie d’une France livrée à des corrompus :

ses forêts brûlent,

non par accident,

mais par calcul.

Chaque flammèche est un coup de poignard porté à son identité, à son économie réelle, à son indépendance. Pendant que le peuple suffoque dans la fumée, les puissants préparent les contrats, redistribuent les terres et célèbrent, dans l’ombre de leurs palais, la nouvelle frontière de leur enrichissement, comme à Hawaï.

Quand donc ce peuple, lassé d’être trahi, se relèvera-t-il pour exiger des comptes à ceux qui livrent son sol aux flammes et aux spéculateurs ?

Car dans ces incendies répétés se joue bien plus qu’une question écologique : c’est le destin même de la nation qui se consume.

Ô scandale des temps modernes, où la flamme qui dévore la forêt française n’est plus seulement l’instrument du ciel ou de l’imprudence humaine, mais l’arme froide et calculée d’un complot où se mêlent avidité financière, dogme écologiste et volonté de puissance !

Dans les cendres encore chaudes des massifs dévastés se cache une alliance ténébreuse entre les intérêts forestiers corrompus et les grands acteurs de la transition énergétique. Ce n’est point là une simple coïncidence du malheur :

c’est une stratégie concertée,

une œuvre de longue haleine ourdie par des élites qui ont fait de la destruction un marché

et de la « transition » un prétexte à l’enrichissement.

Les feux, soigneusement dirigés vers les zones les plus propices, « nettoient » la terre à moindres frais. Là où s’élevaient des forêts séculaires, fierté de la nation, surgissent bientôt les carcasses d’acier des éoliennes ou les champs monotones de panneaux solaires.

La forêt brûlée devient terrain vierge, débarrassée des protections environnementales qui entravaient jadis les appétits des promoteurs. Ainsi le complot forestier et énergétique révèle-t-il sa logique implacable :

sacrifier le vivant pour installer le mécanique,

remplacer l’arbre par la machine,

le bois par le métal, au nom d’une écologie de façade qui masque mal une nouvelle forme de spoliation.

Les industriels du vent et du soleil, soutenus par des fonds d’investissement internationaux et par un État captif, trouvent dans ces sinistres répétés un allié providentiel. Chaque incendie majeur ouvre des marchés publics colossaux :

déblaiement,

reforestation sélective,

installation d’infrastructures « vertes ».

Des milliards d’euros, prélevés sur le contribuable, sont ainsi redistribués aux amis du régime, tandis que les régions sinistrées voient leur paysage ancestral défiguré pour des décennies.

La Gironde,

les Landes,

la Provence

partout où la flamme a passé, les projets éoliens ou photovoltaïques progressent avec une rapidité suspecte.

Ce complot porte en lui une dimension plus profonde encore, presque métaphysique.

Il s’agit de briser le lien millénaire entre le Français et sa forêt, ce sanctuaire de mémoire et de liberté. En remplaçant les chênes et les pins par des totems d’acier tournant sans relâche, on impose une nouvelle religion :

celle du carbone et de la « neutralité », qui justifie toutes les profanations.

La nature n’est plus vénérée, elle est industrialisée.

La terre n’est plus mère, elle devient ressource monétisable.

Et pendant ce temps, les vrais coupables restent dans l’ombre.

Les enquêtes sérieuses sur les origines criminelles de certains départs de feu sont étouffées, les lanceurs d’alerte ridiculisés, les conclusions des experts indépendants jetées aux oubliettes, car reconnaître la main de l’homme derrière ces flammes, c’est risquer de dévoiler l’alliance contre nature entre certains grands groupes énergétiques, des promoteurs immobiliers et des décideurs politiques qui ont fait du chaos écologique un levier de profit et de contrôle.

Philippe A. Jandrok

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Écrivain, historien de la médecine, chroniqueur

Auquel j'ajouterai aussi ce post: 

■ Comprendra qui pourra 😬...
L'ambition stratégique qui se dessine en Gironde
Il n'existe pas, à ce jour, de document officiel présentant tous ces projets comme un programme unique. En revanche, lorsqu'on les analyse ensemble, ils convergent vers une même ambition :
«Faire de la Gironde, et plus particulièrement de la métropole bordelaise, un pôle stratégique européen réunissant la connectivité mondiale, l'intelligence artificielle, le calcul intensif, l'énergie bas carbone et les industries de haute technologie.»
Autrement dit, l'objectif est de construire un territoire capable de maîtriser toute la chaîne de valeur de l'économie numérique :
- connecter la Gironde aux grands réseaux internationaux ;
- faire entrer les données en Europe ;
- les transporter jusqu'aux infrastructures numériques ;
- les stocker et les traiter grâce à des centres de calcul de très grande puissance ;
- alimenter ces infrastructures avec une énergie abondante et décarbonée ;
- développer la recherche scientifique, l'innovation et les industries de demain.
L'ensemble de ces projets raconte une véritable stratégie territoriale.
🤐 Les grands projets qui participent à cette ambition
1. Le câble transatlantique AMITIÉ : la porte d'entrée numérique de la Gironde
Localisation : Le Porge (Gironde)
Objectif
Faire du littoral girondin une porte d'entrée stratégique des communications numériques entre l'Europe et l'Amérique du Nord.
Le câble :
- relie les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ;
- mesure environ 6 800 kilomètres ;
- offre une capacité pouvant atteindre 400 térabits par seconde ;
- est en service depuis 2023.
Pourquoi ce projet est-il fondamental ?
Le câble AMITIÉ constitue la porte d'entrée des données internationales.
Il ne transporte ni pétrole, ni gaz, ni électricité.
Il transporte :
- Internet ;
- le Cloud ;
- les échanges financiers ;
- les données scientifiques ;
- les services numériques ;
- les communications internationales ;
- les futurs échanges liés à l'intelligence artificielle.
Sans cette connectivité mondiale, les futurs grands centres de calcul perdraient une partie importante de leur intérêt stratégique.
La logique est la suivante :
Océan Atlantique → Le Porge → Réseau terrestre → Bordeaux → Data centers → Intelligence artificielle → Entreprises → Europe.
Le Porge devient ainsi un maillon essentiel de cette nouvelle architecture numérique.
2. Le campus IA BXIA : le cœur du calcul et de l'intelligence artificielle
Localisation : Bordeaux-Lac
Objectif
Construire l'un des plus grands campus européens dédiés à l'intelligence artificielle et au calcul haute performance.
L'ambition est de faire de Bordeaux un territoire capable d'accueillir les infrastructures nécessaires au développement de l'IA, du cloud et des futurs services numériques.
Caractéristiques annoncées
- Investissement estimé à environ 3 milliards d'euros.
- 5 bâtiments de data centers.
- 250 MW de puissance informatique.
- Environ 20 hectares.
- L'une des plus importantes capacités de calcul actuellement envisagées en France.
Pourquoi ce projet est-il si important ?
Les data centers sont les véritables usines du numérique.
C'est à l'intérieur de ces bâtiments que fonctionneront des dizaines de milliers de serveurs capables :
- d'entraîner des intelligences artificielles ;
- d'héberger des services cloud ;
- de traiter d'immenses volumes de données ;
- d'effectuer des calculs scientifiques ;
- de stocker les données des entreprises, des administrations et des laboratoires.
Autrement dit, sans centres de calcul, il n'existe pas d'intelligence artificielle à grande échelle.
Pourquoi nécessite-t-il autant d'énergie ?
Ces serveurs fonctionnent 24 heures sur 24.
Ils nécessitent :
- une alimentation électrique gigantesque ;
- des systèmes de refroidissement permanents ;
- une alimentation sécurisée ;
- des infrastructures électriques extrêmement robustes.
Cette consommation explique pourquoi les projets énergétiques deviennent indispensables.
3. HORIZEO : produire l'énergie nécessaire
Localisation : Saucats
Objectif
Construire l'un des plus grands parcs photovoltaïques de France.
Surface prévue
Environ 680 hectares.
Pourquoi ce projet est-il essentiel ?
L'intelligence artificielle ne fonctionne que si elle dispose d'une quantité considérable d'électricité.
HORIZEO vise à augmenter fortement la production régionale d'énergie renouvelable afin d'accompagner cette transformation.
Les principaux enjeux
- production électrique ;
- défrichement d'une partie de la forêt de production ;
- biodiversité ;
- prévention des incendies ;
- raccordement au réseau.
4. Le parc éolien offshore d'Oléron
Objectif
Renforcer la production d'électricité bas carbone alimentant le réseau national et régional.
Même situé au large de la Charente-Maritime, il participe à l'augmentation des capacités électriques disponibles en Nouvelle-Aquitaine.
5. Le projet industriel EMME
Localisation : Parempuyre – Blanquefort
Objectif
Développer une industrie stratégique destinée à la fabrication de matériaux pour les batteries électriques.
Ce projet participe à la réindustrialisation du territoire autour des technologies de demain.
6. Les pôles de recherche et d'innovation
Autour :
- de l'Université de Bordeaux ;
- d'Inria ;
- du CNRS ;
- des programmes CAP IA et AI par UBx.
Objectif
Former les ingénieurs, chercheurs, entrepreneurs et entreprises qui feront vivre cet écosystème numérique.
Une stratégie cohérente 🤫
Tous ces projets ne sont pas indépendants.
Ils constituent les différentes briques d'une même architecture :
1. Le Porge connecte la Gironde au reste du monde.
2. Bordeaux traite ces données grâce aux futurs data centers.
3. Les infrastructures énergétiques fournissent l'électricité indispensable à leur fonctionnement.
4. Les universités et les centres de recherche développent les compétences et les innovations.
5. Les nouveaux projets industriels viennent compléter cet écosystème de haute technologie.
Autrement dit, il ne s'agit pas simplement de construire un data center ou un parc solaire.
L'ambition est de faire émerger, en Gironde, un territoire capable de réunir les réseaux internationaux, les infrastructures numériques, l'énergie, la recherche et l'industrie, afin de devenir l'un des pôles européens majeurs de l'économie numérique et de l'intelligence artificielle.
■ Les conséquences environnementales d'un projet d'une telle ampleur
Faire de la Gironde un pôle majeur de l'intelligence artificielle, de l'énergie et des hautes technologies constitue une transformation territoriale sans précédent. Une telle ambition ne peut pas se réaliser sans modifier profondément certains milieux naturels.
1. Une réduction des espaces forestiers
L'implantation de grands projets industriels, énergétiques et numériques nécessite des surfaces importantes. Selon les projets, cela peut conduire au défrichement de secteurs forestiers ou à la conversion de terrains naturels ou agricoles.
Pour les zones concernées, cela signifie la disparition d'un couvert forestier installé depuis parfois plusieurs décennies.
Une forêt ne se résume pas à un ensemble d'arbres : c'est un écosystème complexe, dont la reconstitution demande des dizaines d'années, voire davantage.
2. Une perte d'habitats pour la faune et la flore
Lorsque des espaces naturels sont remplacés par des infrastructures, les espèces qui y vivent perdent une partie de leur habitat.
Certaines peuvent se déplacer, d'autres voient leurs populations diminuer localement lorsque les conditions nécessaires à leur alimentation, leur reproduction ou leur refuge ne sont plus réunies.
Les effets sont particulièrement sensibles pour les espèces les moins mobiles ou les plus spécialisées.
3. Une fragmentation des milieux naturels
Même lorsque toute la forêt n'est pas supprimée, les nouvelles routes, plateformes, bâtiments, lignes électriques et clôtures peuvent morceler les habitats.
Cette fragmentation complique les déplacements de nombreuses espèces, isole certaines populations et réduit les échanges biologiques entre massifs.
4. Une artificialisation durable des sols
Les data centers, installations industrielles, postes électriques, voiries et plateformes techniques remplacent des sols auparavant perméables par des surfaces bâties ou aménagées.
Cette artificialisation modifie durablement le fonctionnement naturel des sols, notamment leur capacité à infiltrer l'eau, à stocker du carbone et à accueillir une biodiversité variée.
5. Une forte demande en électricité
Les centres de calcul destinés à l'intelligence artificielle comptent parmi les infrastructures les plus énergivores.
Leur alimentation nécessite une production d'électricité importante ainsi que le développement ou le renforcement des réseaux de transport et de distribution.
6. Une pression possible sur la ressource en eau
Selon les technologies de refroidissement retenues, certains data centers peuvent nécessiter des volumes importants d'eau.
Dans une région où les épisodes de sécheresse sont appelés à devenir plus fréquents, cette ressource constitue un enjeu majeur.
7. Une transformation durable des paysages
Des secteurs auparavant dominés par la forêt, les espaces agricoles ou les milieux naturels accueillent progressivement des infrastructures techniques et industrielles.
Le paysage évolue avec l'apparition de bâtiments de grande taille, de postes électriques, de panneaux photovoltaïques et d'autres équipements.
8. Des effets cumulés
Pris séparément, chaque projet fait l'objet d'études d'impact.
Mais lorsque plusieurs projets se développent sur un même territoire, leurs effets peuvent s'additionner : consommation d'espace, pression sur les ressources, fragmentation des milieux et évolution des paysages.
9. Un changement de vocation du territoire
Au-delà des impacts environnementaux, cette transformation modifie l'identité économique de la Gironde.
Le territoire conserve ses activités traditionnelles, mais devient également un espace stratégique pour les infrastructures numériques, énergétiques et industrielles.
Cette évolution peut créer des emplois, attirer des investissements et renforcer la souveraineté technologique, mais elle implique aussi des arbitrages entre développement économique et préservation des milieux naturels.
Bisous d'amour les copains 💋

   Ce qui me fascine, c'est l'écolo de base qui ne voit pas venir tout cela, parce qu'il se cramponne à ses contes et légendes, parce que le nucléaire c'est pas bien et que la planète se réchauffe. Personnellement, je suis écologiste, je suis profondément solidaire de la nature et de la vie, c'est pourquoi cramer des forêts avec leurs habitants et leur faune, pour créer des déserts vitrifiés n'emporte vraiment pas mon adhésion, même lorsqu'un journaliste nous explique le projet avec la voix enthousiaste que prennent tous les messagers des totalitarismes les plus noirs. Je crois au retour à une "digne pauvreté", comme disait un écrivain japonais déjà dans les années quatre-vingt-dix. A l'agroécologie, à la permaculture, aux énergies individuelles, dans un cadre de vie économe et solidaire, cela me paraît l'unique chance pour l'humanité d'avoir un avenir, mais tant qu'elle sera aux mains de la mafia, nous courrons à l'abîme. Après, peut-être, s'il reste des gens sur terre...

  En attendant, la France est mise à sac, à feu et à sang. Qu'en restera-t-il au milieu du siècle? Je serai probablement morte, je ne verrai pas la fin de ce film d'épouvante, mais cela ne me console pas vraiment. La préfète de la Gironde veut interdire aux agriculteurs de venir en aide aux pompiers et aux habitants, alors que tous ensemble, ils font beaucoup mieux que tout son appareil bureaucratique et ses hommes de main, lesquels n'ont d'autre fonction efficace que d'emmerder le monde. Qu'est-ce qui la dérange, cette mégère? A-t-elle conscience de l'infamie de sa profession, de son rôle, de toute sa personne? Qu'est-ce qu'elle fait sur terre, est-ce qu'elle se pose parfois la question en se tartinant le bec de rouge à lèvres le matin? J'aurais ça dans ma famille que je ne lui adresserais plus jamais la parole. Mais dans ma famille, il n'y a pas de créatures de ce genre...

 Dans ce désastre, c'est la solidarité des gens qui me remonte le moral. La même solidarité qui réunit à Faleleievo des personnes de bonne volonté au pied d'une ruine qui, lentement, reprend son aspect et sa fonction sacrée. C'est que la solidarité des petites gens ne plaît pas à la caste, à tous ces parasites délirants qui nous oppriment, la solidarité, la dignité, la compassion, le courage, pas de ça Lisette... Dans leur profonde corruption, dans le trou noir qui remplace leurs âmes, ils sentent bien que les qualités humaines sont la seule chose qui pourrait encore nous sauver, et ils veulent notre perte. 

A vrai dire, pour être "complotiste", il suffit découter ce qu'ils disent eux-mêmes, et de regarder ce qui leur tient lieu de visage et que je ne sais comment appeler. Leur faciès, leur masque. D'ailleurs, ne mettent-ils pas un masque pour torturer et violer les enfants? Eh bien ce masque leur colle à la physionomie, on ne voit plus rien d'autre. Quand on a des yeux pour voir. La première fois que j'ai vu Macron, j'ai eu le frisson de la mort. Cet oeil vide et glacé, cette impudence, ces expressions fausses et étudiées, mais comment ne pas voir en lui le félon idéal des films ce cape et d'épée? On a repassé quelques uns de ses grands moments. La Bête de l'apocalypse; son programme, énoncé avec des gestes convulsifs et griffus, et un sourire narquois: pour construire (l'enfer qu'on nous prépare), il faut tout détruire (ce qu'il reste du monde vivant dont beaucoup d'entre nous ont encore le souvenir et l'habitude).

 En réalité, il faudrait interdire l'exploitation immobilière ou industrielle des zones sinistrées pendant au moins dix ans. Je suis sûre que les incendies et les canicules seraient beaucoup moins fréquents. Mais c'est une mesure qu'on ne risque pas de prendre.

L'autre jour, pendant que mon couple de Français transportait des achats dans leur maison, j'ai discuté avec leur voisin qui promenait son chien. "Ils savent, me demande-t-il, que la vie ici n'est pas facile?

- En tous cas, ils connaissent le climat et l'administration! 

- Chez nous, il faut rester près de l'Eglise. "

Ah oui, je suis bien d'accord, mais ici, l'Eglise est très présente, alors qu'en France, où ferment et brûlent les sanctuaires en série, où on les détruit et les profane, et où finalement, on ne trouve pas auprès de l'Eglise, le soutien, la fermeté et la direction qu'il faudrait? Car c'est bien de cela qu'il s'agit, toute une partie des croyants suit l'affreux mouvement avec enthousiasme, il faut que l'Eglise "évolue" et enfourche la Bête progressiste pour cavaler sur son dos, là où Hector Berlioz conduisait Faust. Je ne parle évidemment pas de tous les catholiques et de certains je me sens solidaire, je me sens solidaire, mais je les plains.    

mardi 21 juillet 2026

Apparition


 А la liturgie de l’aube chantante, il y avait beaucoup de monde, ce qui est inhabituel. En fait, c’était un groupe de pèlerins, accompagnés de leur prêtre qui officiait avec le père Alexis. J’ai vu tout-a-coup une femme, la jolie cinquantaine, avec un fichu rouge, une robe de toutes les couleurs. On ne pouvait pas dire qu’elle la mincissait, mais elle donnait de l’allure a son embompoint. Je lui ai fait compliment de sa tenue, elle m’a repondu qu’elle l’avait conçue et cousue elle-même. Ce n’etait pas exactement folklorique, mais dans l’esprit de la tradition russe. Ce n’etait pas élégant au sens ou on l’entendait dans le monde occidental, dans ma famille, par exemple. Mais sur le fond des fringues de prêt-à-porter du pauvre, cheap et kitsch, triste, a la fois uniforme et sans unité, je ne voyais qu’elle, éclatante, majestueuse. Elle allait bien avec l’église, les cierges, les chasubles des prêtres. Cela vient sans doute du fait qu’elle a confectionné cela elle,même avec des matériaux qu’elle avait choisis. C’est comme la musique préfabriquée et la musique vivante. Rien ne peut remplacer la spontaneité de la vie.
J’ai recu un couple de Moscou pour le week-end, Alexeï et Lisa. Ils voulaient se reposer ici et faire connaissance. Des gens très sympathiques. Lui, Alexei, a l’air d’un gros nounours au pelage poivre et sel. Avec des yeux clairs pétillants ́de malice et de bienveillance. Ils m’ont  acheté trois pastels. Pendant qu’ils étaient ici, Ira, la mere de Génia le balalaiker, a debarqué avec toute une troupe de gens de Tver, comme si j'étais un monument à visiter. J’ai du improviser une conférence et un concert. On m’a invitée a venir exposer a Tver. Une dame m'a dit qu'elle trouvait mon amour de la Russie intimidant, quand beaucoup de Russes n'étaient plus guère patriotes, je lui ai répondu qu'en France, c'était pareil, sinon pire. Ira m'a demandé ce qui inspirait mes tableaux. "Je ne sais pas, ai-je répondu. Dans ma jeunesse, je faisais de la gravure, je dessinais d'imagination, j'étais attirée par l'illustration, je ne suis arrivée à rien, et j'ai arrêté de dessiner quand je suis entrée à l'Education Nationale, le choc, sans doute. Puis quelques années plus tard, j'ai passé quinze jours à Pereslavl, et je me suis remise à dessiner, mais depuis lors, seulement des paysages, et pas des fantasmes venus d'on ne sait où. Parce que les paysages, c'est la contemplation de la nature qui est l'icône de Dieu, sa Création. Et les dessiner me fait du bien à l'âme".  Ira en a conclu que mes tableaux étaient des prières. En effet, on peut les voir comme cela.



Ce matin, j'ai réussi à aller me baigner, mais l'eau était glaciale. Cela m'a fait néanmoins beaucoup de bien. Dans ces cas là, je pars avec un maillot et une vieille robe à bretelles Taillissime de la Redoute qui doit avoir vingt ans, et m'allait très bien, mais elle est défraîchie, et peut-être un peu décolletée pour une femme de mon âge. J'ai quand même fait un saut au magasin Vierny, les chats n'ayant plus beaucoup de leur saloperie de sachets Félix auxquels ils tiennent beaucoup. Au moment de payer, j'ai vu que la jeune caissière me dévisageait avec un attendrissement enthousiaste. Et elle me déclare tout-à-coup: "Vraiment, vous êtes superbe, comme d'habitude!" J'ai éclaté de rire et l'ai remerciée, mais je n'en reviens pas, il faut dire que même quand j'étais jeune, je ne me trouvais pas superbe du tout. Alors maintenant... Mais les Russes ont des côtés extrêmement gentils, des attentions. Ils ne me donnent jamais l'impression d'être une vieille bique inutile, bonne pour l'injection miséricordieuse des francs-macs de la République française.
J'ai rêvé que j'étais auprès de maman, et nous écoutions Debussy. Cela la faisait pleurer, moi aussi, et je l'étreignais: "Maman, nous nous retrouverons." Il y avait tout un contexte à ce rêve que j'ai oublié, malheureusement, je les oublie presque tous, alors qu'autrefois, j'en faisais d'extraordinaires, souvent plein d'enseignements. 
En France, en dehors des incendies, qui ravagent aussi le Canada, l'occident, en somme, on met un zèle inouï à couper les arbres qui subsistent dans les villes. Ici aussi, du reste, les petits chefs qui sont souvent des cheftaines, détestent les arbres, surtout s'ils sont simples, indigènes, robustes, et ils détestent l'herbe, et instinctivement, tout ce qui vit, tout ce qui leur paraît voler leur air, leur eau, leur espace, leurs fruits et leurs légumes. Traumatisés par la chaleur et les incendies, des Français essaient d'enrayer le processus au niveau local. Mais ils rencontrent de la part de ces gnomes une résistance acharnée, on envoie la maréchaussée, comme pour abattre les vaches, les gendarmes deviennent les exterminateurs appointés de ces malades qui ne peuvent laisser survivre un vieux tilleul ni une fleur des champs et persécutent également la faune, déjà tellement mise à mal par l'exploitation mercantile éhontée que nous faisons de ce qui nous avait été si généreusement donné par le Créateur.
En fait, tout ce qui se passe me laisse paralysée, comme un lapin dans le rayon des phares. Je n'ai d'autre ressource que de penser à autre chose. De faire le ménage, mes prières, un paysage, une icône, une escapade au café français.



samedi 18 juillet 2026

Faciès

 J'ai vu sur Facebook la vidéo d'un vieux paysan français, avec un béret, qui raconte l'histoire suivante: une corneille prétend chanter mieux que le rossignol et croasse tandis que celui-ci dévide ses trilles. Personne ne consent à les départager, sauf un cochon qui cherchait des glands au pied de leur arbre. "Qui chante le mieux? demande la corneille.

- Toi", répond le cochon.

Du coup, le rossignol se tait. "Tu es vexé de ne pas avoir gagné? demande la corneille.

- Non. Je suis triste d'avoir été jugé par un porc."

Mes Français ont bien des problèmes. Pris par le temps, ils ont fait acheter leur maison par leur fille sur un passeport français, puisque leur passeport russe intérieur, nécessaire à la transaction, n'a été prêt que le matin de leur départ. Et maintenant, comme celle-ci est citoyenne d'un "pays inamical", des difficultés et des complications surgissent à chaque pas. Cela n'est pas très cohérent avec l'ukaze du président facilitant théoriquement l'émigration des sympathisants issus de ces mêmes pays, mais c'est comme ça. De mon côté, ayant fait retraduire tous mes documents afin d'harmoniser la transcription de mon prénom avec celle, erronée, de mon permis de séjour, j'espère qu'on ne me demandera pas de tout refaire en sens inverse. En fait, la transcription est le calque de l'orthographe française, sauf que le résultat en russe ne se prononce pas comme en français. Je ne connais pas de compatriotes qui n'aient pas eu de problèmes similaires.


J'ai fait une icône sur commande pour des amis russes de mes Suisses, il s'agit de la fête de la Théophanie, ou baptême du Christ, celle qui vit autrefois ma conversion à l'orthodoxie et m'apporte toujours quelque grâce. Aussi ai-je rempli cette commande volontiers. Les icônes sont utiles à ceux qui prient devant elles, et font beaucoup de bien à ceux qui les peignent. Et j'en ai bien besoin, car les temps que nous vivons sont étouffants, pesants et anxyogènes. La France brûle, avec ses paysages, sa faune, son charme, ses églises et ses vieilles demeures, comme la Grèce a brûlé, or la France et la Grèce sont certainement les deux pôles de l'Europe, je veux dire de l'Europe historique, culturelle et spirituelle, pas le sinistre machin dénommé UE, naturellement. Parfois, je me dis que je suis ici tranquille pendant que mon pays d'origine sombre dans le malheur. Enfin tranquille... si on veut. Vieillir n'est pas facile, surtout quand on est seul, et même si l'on est bien entouré, les amis, ce n'est pas la famille. Mais je me sens de toute façon complètement impuissante, je pense qu'en France, je finirais peut-être assez vite comme Anna Novikova et Vincent Perfetti, en bouc émissaire de la cause pourrie du mondialisme, ou que je serais obligée, comme Soral, de partir avec un sac-à-dos. Alors je prie pour la France, comme je prie pour la Russie, je prie saint Michel de l'arracher aux griffes où elle est tombée et de déjouer les entreprises des démons à notre égard, en Russie, et dans le monde entier. 

Pereslavl n'est pas un mauvais endroit pour attendre la fin du monde. On y voit la défiguration brutale et fantasmagorique de son caractère et de sa beauté, mais il reste le lac, les nuages, la rivière, la lumière. Et malgré tout, la paix. Une impression de liberté, de sécurité, de bienveillance chaleureuse. De vie plus ou moins normale, de vie sociale, avec des endroits où les gens se cotoient, des endroits où les gens se retrouvent, sans se faire pourrir trop la vie par l'Etat d'un côté et les malfrats de l'autre. Où si je croise une bande de garçons en goguette, je n'ai pas peur de me prendre des coups de pieds ou un coup de couteau. Cela dit, comme je l'ai maintes fois exprimé, cette ville ravissante a été saccagée par l'Union soviétique d'abord, et ensuite par l'anarchie post-soviétique et le mauvais goût invraisemblable qui a succédé à la beauté poétique de la tradition paysanne et chrétienne. Mais au milieu de ce désastre, les églises et les monastères entretiennent la flamme d'une vie spirituelle en fin de compte assez intense. J'entends les cloches au coin d'une rue, ou dans mon jardin, je participe à des processions, on voit même des immeubles neufs décorés d'icônes en céramique qui occupent tout un pan de façade. Et personne ne vient faire de procès au constructeur. Dans ses disgrâces contemporaines comme dans ses agréables survivances, Pereslavl est un condensé d'apocalypse, il n'y manque même pas les réfugiés d'Ukraine, les Arméniens et les Tadjiks, et les Occidentaux venus y chercher quelque chose que leurs pays ont perdu, une vie plus naturelle, plus humaine, plus simple, moins angoissante. Ils arrivent tous là, comme sur la berge d'une mer inconnue, pour attendre un vaisseau mystérieux, miraculeux, et s'étonnent de se retrouver au même endroit, à scruter les vagues ensemble. Et en attendant, se font un restau ou une journée à la plage.

Slobodan m'a envoyé un article de lui dont j'avais publié un extrait sur Facebook, tant je le trouve juste, et il ajoute qu'une amie lui avait déconseillé de prononcer trop souvent le nom de la créature, car cela revenait à invoquer des esprits ténébreux. C'est à propos de l'Apocalypse que j'écris cela, et sur Facebook, quelqu'un m'a fait observer que le prénom de Nécron était Emmanuel, soit "Dieu est avec nous". 

Je ne suis pas d'accord avec la citation de l'Ecclésiaste car ce n'est pas un enfant qui gouverne notre cité, ou fait semblant, c'est un quadragénaire, peut-être immature, mais je le crois surtout pervers, manipulateur, et profondément vil. Comme le décrit Slobodan, l'histoire et la littérature regorgent de ce genre de félons, qu'on pourrait croire impossible à rencontrer dans la vie réelle ordinaire. Mais, si, la preuve. On dit qu'il ne faut pas juger au faciès. Il le faut, c'est pourquoi existent les icônes, qui nous donnent un point de comparaison: là est la conformité au modèle divin. Il est vrai que certains visages sont trompeurs. Mais pas tant que cela, au fond. C'est pourquoi il convient de se fier à ce sursaut de l'âme qui nous avertit, à ce premier mouvement d'effroi ou de dégoût. On nous recommande cependant de voir en tout homme le visage du Christ. En certains masques, il est difficile de Le reconnaître, car trop de démons ont pris le dessus et ne laissent plus apercevoir que leurs grimaces.


Le Nécronomacron
Une théologie du néant à la manière de Lovecraft.
> «Malheur à la cité dont le prince est un enfant.» (Ecclésiaste 10:16)
> «Je suis la femme d’Emmanuel Macron et non sa mère ou sa grand-mère. L’amour n’a pas d’âge.» (Tweet de Brigitte Trogneux-Macron, le 30.4.2017, 18 h 46)
[15.07.2026 12:20] Slobodan Despot: Je connais les Macrons depuis la nuit des temps. Leurs métamorphoses ne me trompent pas. Je suis plus vieux que si j’avais mille ans, car j’en ai trois fois autant, l’âge de cette civilisation. Eux sont éternellement jeunes, ils le font savoir et on les croit.
L’obscène imposture! Moi seul vois clair dans leur jeu. Son jeu. Derrière ses tulkous, ses réplicants et ses incubes il est un. Ses pluralités, ses ouvertures, ses multitudes et ses étendards ne sont que les filaments de lumière sans pesanteur qui annoncent le trou noir, l’unique aboutissement de tout.
Il n’est qu’un oxymore en rotation, une contradiction absolue. Ce gouffre n’a aucune profondeur. Cette fraîcheur n’a pas d’âge. Malgré mes cicatrices et mes difformités, je suis encore trop jeune pour lui faire barrage. Je n’ai que le pouvoir de le suivre et de l’irriter. Je le reconnais dans ses mues et ses saisons, infailliblement. À quoi? À je ne sais quoi. Je plaisante: je le sais. À son regard tout à la fois naïf et cynique, enfantin et roué, aigu et désespérément stupide. Le regard, dit-on, est le miroir de l’âme. Quand l’âme n’y est pas, il se compose et du même coup se trahit. L’ennemi est habile à donner le change. «Il est vrai pourtant — a observé un de mes éclaireurs(1) —, qu’il ne peut s’empêcher de laisser échapper quelque sottise, qui est comme sa signature.»
Ses yeux sont frémissants et inquiets comme l’agent infiltré qui craint de perdre sa fausse moustache. Ses gestes sont surfaits, ses joies froides et ses colères infantiles. Ses pensées sont grégaires comme un banc de poissons. Il joue sa survie à coller au courant.
Vous ne le reconnaissez toujours pas?
Je l’ai croisé partout. Il était ce mignon de Socrate qui s’abreuva de ses paroles avant de me les rapporter quand j’étais juge d’Athènes. Il se prélassait grimé dans le Satyricon quand je gardais les palais de la débauche. Ce frileux a toujours vécu adossé aux foyers du pouvoir. Brantôme et Saint-Simon l’ont croisé dans les antichambres sans même le savoir. Il était gandin quand je revenais des campagnes de l’Empereur, les orteils gelés et le crâne fendu. Il est apparu à Balzac comme journaliste, à Daumier comme avoué. Partout où soufflait un vent de mode, il montait en selle et se laissait propulser. Un être de chair eût été trop lourd.
La modernité est son heure de gloire. Quand la morale se confond avec la vertu et le verbe avec l’action, il triomphe. Il nage dans les nombres et les quantités, il calibre, élague et normalise. L’imprévu l’irrite, la diversité le déroute, la bravoure l’épouvante, la gratuité le détruit. La sagesse à ses yeux se résume à rester sage. Il se garde de la folie humaine comme le vampire se calfeutre contre la lumière du jour. Il a aplati les arts, castré la pensée, transformé le destin en pronostic. Il a envahi les académies et aussitôt les temples de la science sont devenus les tombeaux de l’évidence. Et aussitôt les esprits les plus instruits sont devenus ses plus grosses dupes.
Le voici donc qui s’avance à découvert. Seuls les poètes et les écrivains s’alarment de son passage. Il est le diable en complet veston de Gogol, l’Européen moyen en qui Léontiev voyait l’idéal et l’outil de la destruction universelle. Il est l’inspirateur de toutes les philosophies du nivellement et de la trivialité. De Stuart Mill à Proudhon, de Cabet à Marx, le dix-neuvième siècle ne chante que sa médiocrité et la prolonge à travers les âges.
[15.07.2026 12:20] Slobodan Despot: Le voici donc à mes côtés, de plus en plus proche, de plus en plus nombreux. Il est mon collègue de HEC rêvant de sa première Jag, mon partenaire de squash, mon coloc équipé chez Roset et B&O, épris d’intérieurs blancs et de plantes vertes. Il est le gendre idéal dont rêvait ma mère, l’analyste financier qui rafle en un jour mes laborieux honoraires de six mois. Il aime tout le monde et ne veut blesser personne, mais son regard de bande dessinée continue de le trahir. Il rédige son moindre speech, affine son anglais d’aéroport, lit ce que chacun doit avoir lu mais porte ce que personne ne peut se payer. Il a trouvé sa fêlure dans un amour interdit, mais là encore le texte n’est pas de lui:
Réveille-toi Maggie, je crois que j’ai quelque chose à te dire
Septembre est presque fini et je devrais tout de même reprendre l’école
Je sais que je t’ai amusée, mais je me sens utilisé…
Le soleil du matin quand il frappe ton visage révèle ton âge…
Tu m’as enlevé de chez moi juste pour ne plus être seule
Tu as volé mon cœur et c’est cela qui blesse vraiment.

Non, Maggie May n’est pas Brigitte et Macron n’est pas Rod Stewart. Le Macron n’est personne. Le Macron® est un produit synthétique et breveté comme le Nylon, le Teflon ou le Dacron. Le Macron est le tissu même de la société sans hommes.

• Texte initialement publié dans le n° 166 de la revue Eléments (mai 2017).
NOTE
1 Il s’agit de René Guénon (note de 2022).

Cette merveille d'architecture industrielle va être détruite par Sobianine, à Moscou, pour construire quelle horreur à la place? Une personne de goût aurait récupéré et restauré le bâtiment pour un autre usage, musée, hôtel, seulement voilà...






C'est de la pure barbarie.



mardi 14 juillet 2026

Le syndrome d'Orgon


J’ai logé le couple vedette du groupe de rock "décadent", au sens de la Sécession de Vienne ou du Siècle d’argent russe, Obermaneken, Olga et Andjze. Ils mettent à leur sauce des chansons de Vertinski. Ils ont aussi leur propre répertoire. Je ne sais pas si on peut vraiment appeler cela du rock, d’ailleurs. Quelque chose entre le rock, le jazz et un soupcon de musique balkanique. Andjze a déclaré qu’ils etaient "les spores d’un futur Siecle d’argent".

Olga se revendique aussi gothique, Edgar Poe et tout ça. Elle était moulée dans un fourreau étonnant par sa matière. Il me semblait tapissé de miroirs qui envoyaient des feux verts et mauves, mais c’etaient de minuscules sequins tissés tres serré. Ces reflets. m’ont fascinée tout au long du concert. Andzje a expliqué que c'était une peau de sirène du lac Plechtcheievo.

Je suis ensuite partie pour Moscou avec un reservoir plein. Il m'a semblé, en chemin, que la situation dans les pompes à essence tendait à se normaliser. En arrivant a Moscou, impossible de trouver une place parce que "Serguei Bordurovitch", ainsi surnommé par les Moscovites en raison de sa passion pour les bordures en ciment, refaisait celles du quartier. J’ai reussi par miracle à garer dans la cour de l’eglise, elle-meme bondée, grace a une amie qui m’a permis de me glisser a sa place.

Le pere Valentin, à qui je confessais mon état d’angoisse latente et d’indignation ulcerée qui me conduit à maudire certains personnages me répond avec un sourire entendu: " Vous êtes loin d’être la seule dans ce cas..."

Ma tante Mano lis et relis mon Album de famille, et je suis bien heureuse qu'il soit entre ses mains. Bien qu'à vrai dire, je commence à penser que j'aurais dû attendre, approfondir, des éléments me reviennent encore que j'aurais pu faire figurer dans le texte. Mais j'avais tellement peur que quelque chose vint m'empêcher de le publier, que les communications fussent coupées entre nos deux pays. Maintenant, quoiqu'il arrive, ma famille en a la disposition. Mano découvre qu'en certaines occasions, nous avons eu des réactions comparables ou bien qu'avec maman, j'avais des relations plus amicales que filiales, des relations d'égalité: "Peut-être parce que tu avais perdu ton père?" Oui, sans doute, dans une certaine mesure, parce qu'avant son remariage, nous étions seules toutes les deux, et puis elle me parlait beaucoup, me responsabilisait, et j'étais moi-même par certains côtés peut-être plus mûre que les enfants de mon âge. Nous avions une espèce de complicité". Ma soeur m'a confié n'avoir pas vu jusqu'alors à quel point nous étions liées. J'ai parfois l'impression d'avoir sauvé une petite partie de la France disparue, et cela au moment où ce qu'il en reste brûle de tous les côtés, de trop de côtés pour ne pas se poser de questions et je m'en pose depuis longtemps. On dirait que nous sommes passés, au cours de ma vie, de " la Mer qu'on voit danser le long des golfes clairs" à la course à l'abîme d'Hector Berlioz. On dirait qu'on a mis un contrat sur la France, comme on en a certainement mis un sur la Grèce, comme on a essayé et essaye encore de détruire la Russie, et quand je dis la Russie, je parle des trois Russie. Tous les amis que le père Valentin a en Grèce ne doutent pas une minute que les incendies qui ont ravagé leur pays n’aient eté délibérement provoqués.

J'ai lu ce matin cette publication: 

La montagne qui m’a vu grandir et que chaque jour je regardais changer au gré des saisons est en train de brûler. Cette montagne adorée, que j’ai tant et tant photographiée, se consume de part en part.

Depuis la cité toulousaine je vois défiler sur les réseaux et dans la presse des images de fumée et de flammes, des images du carnage…

Les larmes, la rage, la tristesse, la colère… tous ces sentiments me traversent et se mêlent. « Qui aurait pu prédire ? » disent-ils. « Il fait chaud, c’est normal c’est l’été » entend-on !

Mais en réalité, nous savions, ils savaient, ils savent et non c’est n’est pas normal et ce sera surement l’été le plus frais du reste de notre vie.  

Mais en réalité, ils ont préféré le profit, l’argent, le capital et leurs intérêts financiers à nos vies. 

Ce n’est pas seulement notre montagne qui brûle, c’est le vivant qu’on assassine sur l’autel des milliardaires et de leurs sbires. On se félicite qu’aucun dégât matériel ne soit à déplorer mais la blessure immense que laissera le feu après qu’on l’ait éteint, car bien sûr on finira par l’éteindre, ne se refermera jamais tout à fait. Il y aura les dommages sur la faune, la flore, les écosystèmes. Il y aura cette biodiversité calcinée qui petit à petit essaiera de se frayer un chemin et que la prochaine canicule étouffera dans l’œuf… 

Ce soir, je me rappelle, quand j’étais petite, de ce vieux bonhomme qui disait à ma mère avec son accent du Diois que « tous ces spouniks qui tornent et tornent là haut » finiraient pas tout dérégler. L’histoire, quant à elle, se rappellera de ceux qui nous gouvernent et qui n’ont,non seulement rien fait, mais qui ont surtout empêché de refermer la porte des enfers au bénéfice des puissants. 

Ce soir, je pense à mes enfants, aux enfants… je pense à ces degrés de réchauffement qu’on nous égraine depuis si longtemps et qui ont paru tellement dérisoire à beaucoup et je me dis que le climatoscepticisme est vraiment la gangrène de ce monde. 

La folie du capitalisme nous mène au chaos, nous devons nous réveiller, nous regrouper, nous épauler et détruire un système mortifère qui ravage notre planète et sacrifie les plus faibles. 

La tempête climatique est devant nos portes et le bruit sombre du fascisme résonne déjà si près. Réveillons nous, indignons-nous, révoltons nous et renversons ce vieux monde. 

L’avenir sera écologique, féministe et métissé !

C'est le genre de texte qui me laisse peu d'espoir quant aux réactions adéquates à la situation de la population française, du moins d'une trop grande partie de celle-ci. J'en partage évidemment le constat de départ, avec les sentiments bien naturels qui l'accompagnent. Mais cette personne reste hypnotisée sur des partis pris idéologiques qui la font passer à côté des causes du désastre. Le réchauffement climatique en fait bien entendu partie. C'est un de ces trucs qu'on agite pour affoler les gens, leur faire accepter n'importe quelle brimade, tandis que parallèlement, on continue à assassiner la vie, que ces gens-là détestent viscéralement. Le vieux paysan avait sans doute raison à propos des spoutniks et de la bombe atomique: certes, d'une façon que nous ne prévoyions peut-être pas. cela contribue à nous créer un enfer en donnant tous les pouvoirs à ceux qui lui appartiennent et qui le servent. Et en effet, le capitalisme a aussi largement contribué à l'installation de ce monde horrible, encore que le communisme, sur le plan de la pollution, n'ait souvent pas fait mieux, sur celui des droits de la population non plus, d'ailleurs. Je suis persuadée que ce capitalisme mafieux qui ravage tout, n'arrange pas non plus le climat, mais tandis qu'il nous vend les éoliennes et les hectares de forêts vitrifiés par les fermes solaires, que fait-il, et que font les gens comme l'auteur de cette publication, entièrement focalisés sur le nucléaire et la pollution des voitures? Qu'est-ce qui ravage vraiment la vie? Pourquoi en sommes-nous là? La "tempête climatique", écrit-elle, "le bruit sombre du fascisme". Le voit-elle vraiment où il est, le fascisme? C'est quoi le fascisme, sinon un des épiphénomènes d'un seul totalitarisme qui déplace ses centres vitaux, change de masque et de drapeau quand ça l'arrange, justifie aujourd'hui ce qu'il condamnait hier et condamne ce qu'il exaltait? Je crains que son dernier avatar ne soit bien plus épouvantable que ses manifestations du XX° siècle, eux-même issus du XVIII°. Car nous assistons à une criminalisation totale, monstrueuse de ses représentants et de ses idéologues. Au lieu de se pencher sur ce fait, la personne que je cite nous assène en conclusion; "L'avenir sera écologique, féministe et métissé!" Le slogan même de ces criminels qui ont pris le pouvoir et font très probablement brûler ses montagnes, ou les laissent brûler délibérément, comme ils laissent assassiner les jeunes gens et violer les petites filles, comme ils sacrifient les Ukrainiens et les remplacent déjà par une émigration exotique. Moi, j'aime la nature, la vie, elles sont l'une et l'autre sacrées à mes yeux, mais jamais je ne profèrerais quelque chose d'aussi pathétique, et d'aussi stupide,  que ce "l'avenir sera écologique, féministe et métissé!" Et c'est pourquoi, la plupart du temps, en France, je restais muette devant tant d'aveuglement et de confusion... En fait, j'appellerais l'état d'esprit du Français qui croit penser et que l'on a formaté à mort, le syndrome d'Orgon, et c'est valable pour l'écologie, le covid, l'Ukraine, je suis Charlie, le féminisme et toutes les calembredaines, toutes les pancartes, les étiquettes, les calomnies et les chiffons rouges ou arc-en-ciel dont on amuse l'imbécile béat depuis des décennies. Orgon est si entiché de son gourou Tartuffe que rien ne peut lui ouvrir les yeux. Son entourage a beau lui prodiguer discours de bon sens et preuves évidentes, il ne veut rien savoir, il préfère la construction mentale qu'il a opérée autour de ce triste personnage à sa propre famille, jusqu'au moment où il perd tout, ses biens, sa maison et sa liberté. 

En complément de ce texte et de l'extrait d'Ernst Junger, je transmets aussi cette citation de Bernanos, que j'ai vue passer il n'y a pas longtemps, et dont je me souvenais très bien, car j'ai lu à dix-huit ans et relu par la suite "la France contre les robots" et ses écrits religieux ou polémiques:

 “...Ceux qui m’ont déjà fait l’honneur de me lire savent que je n’ai pas l’habitude de désigner sous le nom d’imbéciles les ignorants ou les simples. Bien au contraire.

L’expérience m’a depuis longtemps démontré que l’imbécile n’est jamais simple, et très rarement ignorant. L’intellectuel devrait donc nous être, par définition, suspect ?
Certainement. Je dis l’intellectuel, l’homme qui se donne lui-même ce titre, en raison des connaissances et des diplômes qu’il possède. Je ne parle évidemment pas du savant, de l’artiste ou de l’écrivain dont la vocation est de créer – pour lesquels l’intelligence n’est pas une profession, mais une vocation. Oui, dussé-je, une fois de plus, perdre en un instant tout le bénéfice de mon habituelle modération, j’irai jusqu’au bout de ma pensée.
L’intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu’à ce qu’il nous ait prouvé le contraire.
Ayant ainsi défini l’imbécile, j’ajoute que je n’ai nullement la prétention de le détourner de la Civilisation des Machines, parce que cette civilisation le favorise d’une manière incroyable aux yeux de cette espèce d’hommes qu’il appelle haineusement les « originaux », les « inconformistes ». La Civilisation des Machines est la civilisation des techniciens, et dans l’ordre de la Technique un imbécile peut parvenir aux plus hauts grades sans cesser d’être imbécile, à cela près qu’il est plus ou moins décoré. La Civilisation des Machines est la civilisation de la quantité opposée à celle de la qualité. Les imbéciles y dominent donc par le nombre, ils y sont le nombre. J’ai déjà dit, je dirai encore, je le répéterai aussi longtemps que le bourreau n’aura pas noué sous mon menton la cravate de chanvre : un monde dominé par la Force est un monde abominable, mais le monde dominé par le Nombre est ignoble. La Force fait tôt ou tard surgir des révoltés, elle engendre l’esprit de Révolte, elle fait des héros et des Martyrs. La tyrannie abjecte du Nombre est une infection lente qui n’a jamais provoqué de fièvre. Le Nombre crée une société à son image, une société d’êtres non pas égaux, mais pareils, seulement reconnaissables à leurs empreintes digitales. Il est fou de confier au Nombre la garde de la Liberté. Il est fou d’opposer le Nombre à l’argent, car l’argent a toujours raison du Nombre, puisqu’il est plus facile et moins coûteux d’acheter en gros qu’au détail. Or, l’électeur s’achète en gros, les politiciens n’ayant d’autre raison d’être que de toucher une commission sur l’affaire. Avec une radio, deux ou trois cinémas, et quelques journaux, le premier venu peut ramasser, en un petit nombre de semaines, cent mille partisans, bien encadrés par quelques techniciens, experts en cette sorte d’industrie.”

J'éprouve une espèce de tristesse cosmique insondable devant ce qui se passe partout, devant les dommages irrémédiables que nous laissons causer, si nous ne les causons nous-mêmes, et devant les abîmes de souffrance qui en découlent. L'impuissance enragée fait place à une résignation dolente, à la prière ou la création, ou les moments entre amis, pour ne plus voir cela ni y penser. L'origine de toutes ces horreurs est en chacun de nous disent les grands spirituels, et certes, nous en sommes sinon les participants actifs, du moins les complices, par indifférence, lâcheté, conformisme et bêtise. 
J’ai regardé avec interêt cette video de Tocsin: 


Le jour du Quatorze juillet, comme disait Brassens, je reste dans mon lit douillet. D'abord, je suis monarchiste, ou à défaut d'issue politique concrète, anarchiste, et puis, non, voir la Créature des ténèbres, après avoir outrageusement peloté le Gnome vert, nous promener sur les Champs les tortionnaires à crypto croix gammées, pendant que toute la France brûle avec sa malédiction des deux cornes, très peu pour moi.