Les merveilleux concerts d’oiseaux semblent avoir pris fin, d’un seul coup. Chaque nuit, avant de me coucher, j’écoutais les rossignols et chaque matin les merles, mais ils doivent être maintenant occupés a elever leurs petits. En revanche, j’ai eu droit hier aux débroussailleuses et aux tondeuses maniaques de tout le voisinage. Plus ils sont citadins et contemporains plus ils détestent la vie. Et puis l’écho obsédant et affreux des radios plus ou moins proches. Car en plus de détester la vie, ils abhorrent le silence et n’ont plus de musique en eux pour chanter avec le vent et ́les oiseaux.
Vassia du Donbass a mis six mois à se sentir chez elle dans ma maison mais à présent elle aurait même tendance à faire la loi. Elle est quémandeuse et capricieuse, occupe l’oreiller à côte du mien qu’elle défend avec des airs de princesse outragée. Nini est toute au bonheur d’avoir la vie de chien idéale, soit une maitresse bien aimée qu’elle suit comme son ombre, un lit douillet, un jardin pour faire ses petits tours. En dehors de me compliquer la vie, elle fait plaisir à voir. Car la sienne de vie, jusqu’à l’évènement inconnu qui l’avait jetée sous la pluie, sur une grande route du Donbass, n’avait visiblement rien eu de bien enviable.
Et combien sont-ils à ne naitre que pour supporter nos mauvais traitements, la brutalité imbécile, la cupidité ou le sadisme de notre espèce qui se distingue d’eux radicalement par son inépuisable potentiel de méchanceté? Cela me donne le vertige et la nausée de penser à tous les innocents qui, tombés en nos mauvaises mains, ouvrent les yeux sur un cauchemar sans autre issue qu’une mort atroce. Que ce soient des petits d’animaux ou des petits d’homme.
J’ai beaucoup plus de sympathie pour les Serbes que pour les Albanais. Cependant, je me sens totalement solidaire de ceux-ci dans leur magnifique révolte contre l’affreux Jared et sa Barbie en plastique pour sauver l’ile sauvage qu’on veut dénaturer à des fins douteuses. Rien de tel en France, hélas, où, malgré le vernis écologique de surface, l’on dénature à tour de bras. C’est que la France n’est pas homogène, et l’Albanie l’est restée. La France est une mosaique de gens aux origines et aux modes de vie inconciliables dont la plupart des indigènes en voie de disparition ne sait plus d’où elle vient, ne défend pas son héritage et même le méprise. C’est bien dans cette optique qu'a été conçue la "société multiculturelle", pour atomiser la population et la rendre incapable de réagir. C’est ce qu’on se propose d'installer en Arménie, pour qu’elle ne fasse pas comme la Géorgie qui a flairé le piège. Et c’est ce qui se fait en Ukraine ou la chair à canon est remplacée par des esclaves exotiques.
J'ai longtemps pensé que l'Ukraine était le laboratoire de la future Europe, et aussi l'Israël bis potentiel correspondant à l'empire semi mythique des Khazars. Je le pense toujours, mais avec la nuance que c'est toute l'UE qui est à présent l'objet d'un tel projet. Sauf que les Albanais, par exemple, ne sont pas du tout partants. Comme les Géorgiens, ils se rendent compte qu'ils ont conclu un pacte avec le diable. Les Hongrois réalisent aussi la boulette commise en ne votant pas Orban, seul défenseur de leur pays. Et les Roumains n'ont pas eu le choix, la démocratie, c'est un leurre qu'on agite pour faire entrer les naïfs dans la nasse de la mafia.
Je lis laborieusement le livre de Moisseiev, laborieusement parce qu'à cause d'internet, j’ai des difficultés de concentration et n’ose penser aux ravages sur de jeunes esprits incultes. C’est pourtant un livre très intéressant, un témoignage sur Kharkov et le printemps russe qui contredit les falsifications médiatiques occidentales et ukrainiennes. A travers ce livre, on voit une Russie méridionale authentique et vivante refuser d’être vendue a ceux qui veulent la détruire, comme ils veulent détruire du reste tous les peuples de la terre. La foi, l’énergie et la générosité de Moisseiev remontent le moral du lecteur, en depit des trahisons qu’il relate, et aussi l’élan populaire des regions concernées. Moisseiev est un fin connaisseur de l’histoire russe. Et c’est un orthodoxe monarchiste. Cependant, il ne rejette pas ses compagnons communistes et considère, en dépit des horreurs incontestables, la Russie dans son ensemble, depuis son baptême par Vladimir dans le Dnepr jusqu’a nos jours. Il souhaite la réconciliation nationale et son patriotisme mystique et ́lumineux n’a rien d’un suprémacisme meurtrier et méprisant. C’est la conscience d’un destin spirituel et culturel particulier, dont il faut rester digne, et d’une fraternité quasi familiale avec tous ceux qui le partagent et l’assument.
Bien qu’il regrette l’empire des tsars er reste fidèle a son esprit, il considère qu’au plan mystérieux de la providence divine, dès lors que Nicolas II avait été trahi et la révolution de février consommée, la tragédie bolchevique a peut-être soustrait la Russie, en l’isolant, à des influences occidentales et à un pillage extérieur qui l’auraient dissoute. C’était aussi la thèse d’Alexandre Panarine. Je constate moi-même qu’en fin de compte, les ravages sur les mentalités sont moindres a l’issue du communisme brutal que du capitalisme consumériste déletère. Le probleme est que, contrairement aux fantasmes des Francais de gauche et de droite, ce capitalisme est quand même bien présent ici. Non, on n’est plus sous Staline ni même sous Brejnev.
Un descendant d’émigré blanc me dit son rejet de l’hymne russe qui fut soviétique et qu’on a repris en rendant les paroles moins clivantes. Il me parle du désir de Poutine de restaurer l’URSS. Il a pourtant expressément declaré que ce n’était pas son intention. Et je le crois, d’autant plus que le récit de Moisseiev me le confirme. Au moment du printemps russe, le Donbass attendait de Moscou un soutien qu’il n’a pas reçu. Tous ceux qui suivaient vraiment l’affaire le savent.
Pour ce qui est de l’hymne, la France a la Marseillaise qui est pire du point de vue du contenu violent, de l’expression emphatique, et de la musique pompeuse. Et pourtant, actuellement, c’est l’hymne de la France. J’imagine mal la Russie reprendre "Dieu protège le tsar" alors qu’on peut le regretter, mais c’est un fait, il n’y a plus de tsar et il n’y en aura pas de sitôt.
Obnubilés par l’idée que Poutine c’est Staline, ces émigrés accablent injustement la patrie de leurs ancêtres en accréditant le récit occidental largement calomnieux et hystériquement partisan au sujet de l’Ukraine. Et ils ne voient pas que ce qui a sévi en Russie et qui a chassé leurs ancêtres en 1917 est revenu à son point de départ idéologique, comme un boomerang. C’est en occident que s’installe un totalitarisme inédit, sous forme de fusion du trotskysme avec le sionisme et le nazisme, une espèce de cocopitalisme mafieux, le capitalisme pour les élus, le communisme pour les sous-hommes. Dans ce contexte, je passe sur les reliquats communistes de la Russie actuelle. Car elle sera probablement le dernier refuge de ceux qui ne voudront pas subir ce qu’on prépare en face.














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