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lundi 18 mai 2026

Une belle journée




J'ai pu aujourd'hui assister à une fête que j'adore, et que j'ai laissé passer deux ou trois ans de suite, la procession sur les eaux du sixième dimanche de Pâques. Auparavant, je suis allée pour la liturgie à l'église du Signe, parce que Katia devait m'accompagner, et nous avons déjeuné ensemble au café français. La veille, elle avait tenté avec moi l'escabèche de poisson, et je lui avais dit: "Voyez, Katia, je pense, en dégustant ce moment de gastronomie française dans notre agréable café, à tous mes compatriotes convaincus que nous vivons dans une dictature effroyable, où l'on meurt de faim avec un tchékiste planqué derrière chaque arbre."

Au reste, cela ne signifie pas qu'ici tout soit parfait, comme je l'ai maintes fois exprimé... Justement, j'ai eu le temps de lire en partie ce matin l'Antipresse, où Jean-Marc Bovy écrit que Soral ne trouvera pas forcément ici la liberté d'expression qu'il y cherche. A mon avis, Soral n'avait guère le choix, et dans les circonstances, il en trouvera toujours plus qu'en France ou en Suisse. Bien sûr qu'il y a des choses qu'il vaut sans doute mieux ne pas dire, surtout en temps de guerre, ce que je sens obscurément, mais en fin de compte, j'aimerais qu'on me citât un pays soi-disant démocratique où l'on n'ai pas un jour ou l'autre éliminé ou écarté un personnage particulièrement gênant. Les assassinats politiques et même politico-mafieux sont fréquents aux USA, à commencer par le président Kennedy. En France, on vient d'avoir toute une série de "suicidés", sans parler des intellectuels, artistes et politologues vilipendés, persécutés, privés d'accès à leurs comptes bancaires, emprisonnés, contraints à l'exil...

Le point de rassemblement de la procession était l'éléphant rose placé non loin du café. J'avais peur de ne pas pouvoir suivre, mais à peu près à mi-chemin, là où l'évêque embarquait dans sa magnifique barque scandinave avec le clergé local et le choeur de la cathédrale, Katia a pris à l'abordage le canot du cosaque Dmitri Troukhatchov, qui faisait le service d'ordre avec ses fils, et nous a laissé monter. Nous avions avec nous Ira, la veuve du cosaque Boris. 

Nous avons gagné l'embouchure, au son des cloches, sous un ciel d'azur où glissaient des nuages sur la pointe des ailes. Il faisait chaud, mais le vent doux et léger, et les embruns nous rafraichissaient. J'ai vu passer ma voisine Ania, qui me faisait de grands signes, et beaucoup d'autres connaissances et tout le monde se saluait joyeusement; "Christ est ressuscité!

- En vérité, Il est ressuscité!"




Partout claquaient des drapeaux, des bannières, celle du Christ "non fait de main d'homme", sur fond rouge, qu'a conçu autrefois Moïsseïev pour le Donbass, on voyait glisser sur des barques des femmes orthodoxes en fichu avec de longues robes, des touristes débraillées avec des lunettes noires, des cadets et des cosaques en uniforme, et tout cela tournait sur les vagues miroitantes, autour de l'embarcation de l'évêque Théoctyste qui bénissait les eaux et en aspergeait tous ceux qui passaient à sa portée, sur le fond de la belle église des Quarante Martyrs de Sébaste, giclante de grands rayons. Tout le monde riait, se saluait de la main, criait les félicitations pascales pour la dernière fois de l'année, et je baignais dans un tel innocent bonheur d'exister, que je m'attendais à m'élever au-dessus de tout cela comme une mongolfière, et que j'ai pensé: "Si des drones venaient nous attaquer, je mourrais après avoir connu l'un des moments les plus lumineux de ma vie". Or quand je suis rentrée, j'ai vu que les drones avaient justement attaqué massivement plusieurs villes en Russie, ils auraient très bien pu se jeter sur notre merveilleuse fête annuelle, et ceux qui les guident ont même une prédilection particulière pour ce genre de vilenie, et ce depuis bien longtemps. Mais Dieu a encore protégé Pereslavl, comme il l'avait fait au Moyen-Age, quand la princesse Eudoxie, ses enfants et la population de la ville s'étaient réfugiés sur le lac, dans le brouillard, pour échapper aux Mongols.



La veille, j'avais confié au jeune père Alexis que les infos me rendaient malade, et que j'avais pourtant du mal à m'en arracher, la fascination du gouffre... Mais en faisant la cuisine, le soir, je me suis mise à prier, et j'ai ressenti une espèce de joie pleine de larmes, et puis Dieu m'a fait, le lendemain, cadeau de cette journée sur le lac, avec le petit peuple de Pereslavl, notre évêque et son clergé, les vagues sous le grand ciel. Puis je suis restée sur ma terrasse, sans moustiques, sans radio, je me suis entraînée à jouer des gousli, avec tous les animaux autour de moi, les feuillages tendres et phosphorescents qui ruisselaient au vent, et je bénissais le Ciel, je sentais que ce jour était une victoire sur toutes les forces ténébreuses déchaînées, une petite victoire que personne ne pouvait remarquer à part moi, à ce moment précis, car c'était à moi qu'elle était donnée. Mais elle participait d'une victoire générale, elle en était la promesse, la promesse de la victoire finale de la beauté et de la vie sur la laideur mortifère, de l'amour sur la cruauté et la fourberie, de la vérité sur le mensonge et l'imposture. Peut-être pourtant que cette journée, que j'ai passée dans la lumière et la joie et qui, pour d'autres, a été un moment de terreur et de deuil, à Moscou ou à Riazan, restera celle où, historiquement, la troisième guerre mondiale qui ne dit pas son nom a finalement tombé le masque.

Ira et Katia








La barque de la voisine Ania


Les photos de l'éparchie de Pereslavl (le père Serge) sont bien meilleures que les miennes:







la barque du clergé




Le père Vassili et l'un de ses enfants

Notre canot










jeudi 14 mai 2026

Underground Nini

 


Nini avait disparu, le temps que j'aille porter les poubelles au conteneur qui est au coin de la rue. J'avais vu qu'elle s'apprêtait à sortir derrière moi, mais au retour, personne sur la route. Sans y prêter attention, je suis retournée directement à la terrasse boire un verre de kvas en appelant ma tante Mano. Puis le plombier est venu discuter du remplacement de la chaudière, et nous sommes allés dans le local où elle se trouve. L'arrivée de la voisine, qui me demandait des nouvelles de ma chienne m'a brusquement fait prendre conscience qu'elle n'était nulle part, elle qui me suit d'ordinaire à la trace. Nous l'avons cherchée partout dans la maison, et autour, et dans les rues avoisinantes, nous l'avons appelée de tous les côtés. Elle semblait avoir disparu sous terre. Je ne pouvais imaginer qu'elle fût partie, elle avait trop peur de quitter la maison et le jardin, elle n'allait nulle part sans moi. Ni que quelqu'un l'eût volée, pourquoi faire? Qui pouvait envisager de voler cette erreur de la nature décatie? 

Je me faisais beaucoup de souci pour la pauvre vieille. Si elle n'était pas morte dans un coin, et nous avions regardé partout, avec la voisine, quelle angoisse devait être la sienne... Je suis allée me coucher et le lendemain au réveil, j'ai entendu comme un sourd aboiement, je suis allée voir dans le jardin: personne. Plus tard, au moment de me laver, me sont parvenus à travers le sol des gémissements  désespérés et j'ai compris qu'elle était dans le vide sanitaire, sous la maison. C'est-à-dire que n'ayant pas réussi à me suivre avant la fermeture de la porte d'entrée, et ne me voyant pas revenir, elle s'est sentie piégée et elle a sauté ou elle est tombée dans le local de la chaudière, dont moi-même j'ai du mal à ressortir. Alors elle est passée par une fente qui débouche sur le vide sanitaire. Mais je ne pouvais pas la tirer de là, je ne suis plus ni assez forte ni assez agile. C'est le plombier Rouslan qui a ouvert la trappe et extrait de son cachot la malheureuse que j'ai mis une heure à décrasser sous la douche. 

Maintenant, tout va bien, elle a retrouvé son coussin douillet.

Pour oublier ces émotions, je suis allée goûter au poisson à l'escabèche du génial Frédéric, et j'ai pensé au cuisinier Anatole que se disputent les aristocrates excentriques de P.G. Wodehouse. Il est vrai qu'un cuisinier français de grande classe, ça change la vie. Je comprenais tout-à-coup les héros de Wodehouse d'être prêts à toutes les bassesses et toutes les ruses pour subtiliser ou garder Anatole. Ce soir, je me suis même laissée tenter par la blanquette de poulet aux morilles, car demain c'est vendredi, après demain les vigiles du samedi soir, un certain ascétisme va s'imposer... Katia a pris le chou farci, et pour dessert l'extraordinaire riz au lait avec sa couverture de caramel au beurre salé semé de noisettes croustillantes, et elle a fait des photos pour ses copines. 


J'avais rendez-vous avec des journalistes de Pétersbourg, et avec une jeune fille de Toula, Ioulia, qui avait entendu parler de moi par des amis de Pereslavl, et voulait me rencontrer. Elle parle très bien français et cela lui faisait plaisir de le pratiquer, d'évoquer la France, qu'elle aime beaucoup et dont le destin la consterne. Elle a voulu prendre une photo, dans cette salle décorée par mes tableaux emblématiques, les toits de Paris, la côte d'azur, le berger des Pyrénées...  Je songeais aux mesures totalement liberticides qu'on prépare dans un pays autrefois si léger, si agréable à vivre, et à tous ceux qui, sur facebook, me parlent de ma dictature sans même remarquer la leur. Et tandis qu'on fait disparaître leur agriculture de qualité, avec les produits correspondants, pour complaire à des mafias immondes, je mangeais la quintessence de la gastronomie française avec une Russe francophile en évoquant tout ce que nous avons perdu.

J'ai raconté à Katia que je n'avais plus personne pour réparer mon ordinateur, parce que le spécialiste s"était mis dans la tête de me faire la cour, et que j'en avais été tellement sidérée que je n'avais su comment lui répondre. Elle m'a répondu, en rigolant comme une baleine, que c'était la mode de draguer les vieilles, que les hommes devenaient gérontophiles et que j'étais encore super bien. Mais moi, je ne peux pas m'intéresser à des garçons qui ont trente ans de moins que moi, cela me fatigue rien que d'y penser.




                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     

mardi 12 mai 2026

Conditionnements

 


C'était samedi le 9 mai et je suis toujours émue en pensant aux souffrances des Russes au cours de cette guerre, à leur héroïsme et à l'injustice qui leur est faite par l'Occident qui préfère travestir l'histoire et effacer leur rôle dans la victoire commune. Pratiquement toutes les familles russes ont été marquées par la guerre. J'ai lu les souvenirs d'enfance du père Andreï, plusieurs de ses proches, des civils, ont été abattus par les Allemands. Cela laisse des traces profondes, dont les Français n'ont pas idée. Honneur aux morts, aux héros, aux victimes innocentes. Et que Dieu reconnaisse les siens...

Celui que tourmente la vérité et la justice est toujours très seul. Et il en arrive toujours à se taire. Comme le Christ devant ses juges. J'ai mis un certain nombre d'années à le comprendre. 

Je devais chanter au café, à la place de Skountsev qui s'est défilé. Ce que j'ai fait. La petite salle était pleine de gens que je ne connaissais pas et qui étaient apparemment très contents. J'avais choisi des chansons pascales et des chansons cosaques sur la guerre, plus celle que j'ai composée sur le Donbass, la chanson de Dokoutchaïevsk, et des chansons françaises. Un jeune homme enthousiaste est venu me baiser la main, et un petit enfant m'a saluée en français, parce qu'il l'apprend à l'école. Gilles m'a dit qu'il me paierait en consommations gratuites, ce qui nous arrange tous deux. Le chef génial venu former son personnel met à ma disposition des menus gastronomiques français. Il m'aura fallu venir à Pereslavl-Zalesski pour avoir facilement accès aux productions du pâtissier de haut vol Didier puis à la cuisine raffinée de Frédéric...

Il ne fait vraiment pas chaud, s'il ne pleut pas trop, je suis déjà contente, au moins il n'y a pas de moustiques, et je peux profiter, entre deux nuages, du soleil sur ma terrasse en contemplant le jardin et en écoutant les oiseaux. Mais aujourd'hui, j'ai vu arriver avec horreur des camions, des grues, et l'on a déposé je ne sais combien de conteneurs métalliques sur le terrain où le propriétaire avait déjà déversé, chaque jour pendant tout un mois, une quinzaine de camions de terre à grand fracas, il y a quelques années. En plus de l'horreur qui va inévitablement pousser là, cela nous promet le vacarme des travaux pour toute la belle saison, et ensuite, les joyeux chachliks avec la radio à tue-tête. Je le crains fort, et plains les rossignols, dont l'habitat diminue, et qui, comme moi, devront subir ce tohu-bohu infernal. Infernal est le mot.

Comme ce qu'il me reste de famille me manque, j'envisageais d'aller en France, et Gilles me conseillait d'acheter un billet avant que le voyage ne devienne inabordable. Mais voilà que la mafia, sous son avatar de l'OMS, a décidé de nous refaire le coup de la plandémie. Ces gens-là ne se reposent jamais, ils ne cessent pas une minute de nuire. Naturellement, si c'est à nouveau le grand cirque des confinements, des torchons sur le nez, des passes sanitaires et des piquouses forcées, je n'irai nulle part. Si mes souvenirs sont bons, la Russie est fort heureusement sortie de l'OMS, et elle a d'autres soucis. Dans l'ensemble, les gens paraissent avoir compris qu'on se fout de leur gueule, mais il y a toujours assez de gogos de service pour foncer dans ce genre de panneaux. Quand on quitte la terre pour habiter dans le béton, on finit toujours par devenir un peu con, et en plus, on se croit, on prend les ploucs pour des imbéciles... Il faut dire que de nos jours, même les ploucs perdent parfois le nord.

J'ai vu une vidéo russe qui évoque les massacres de troupeaux qui, en Sibérie, ont fait écho à ceux de l'Ariège. Il y est carrément expliqué que c'est une opération mafieuse, un moyen de se débarrasser de la concurrence des petits exploitants et de leur voler leurs terres. En France et en Europe, c'est exactement la même chose, mais les responsables de ces méfaits ne défuntent pas opportunément et mystérieusement, comme en Sibérie. Ils continuent à sévir, avec leurs préfets, leurs flics et leurs vétos vendus. https://www.facebook.com/profile.php?id=100002851737552&sk=reels_tab&__cft__[0]=AZZUyfaAnwl-sXJAVBj37vCaOTFZkB7-GBBz3xdvi_yHPu3jfmp58crwwm7BNqwPVapjvugA1eAsaOLc9RGaJxyPzF2FYI2DVNou5BRhOpiM2QFq76WoLifJmOR8DIfpYZw&__tn__=-]F

Mon cousin m'a envoyé une vidéo, un entretien avec Krishnamurty, et je ne peux pas dire que je ne sois pas d'accord, mais je ne peux pas dire que cela m'apporte beaucoup non plus. Il me dit que je n'ai pas compris, que je me sens attaquée dans ma religion, et que Krishnamurty n'attaque personne. Il est possible que je n'ai pas écouté comme il convient, mais en même temps, quand je me trouve devant une source d'eau vive, il est rare que je m'en détourne. Krishnamurty, d'après ce que j'ai perçu, met en cause les conditionnements culturels, nationaux, religieux qui nous empêchent de percevoir ce qui nous entoure dans sa profonde dimension divine, et il remet en cause la notion même de Dieu, si tant est qu'on puisse avoir de Dieu une notion. Mais à voir ce qu'ont donné les affranchissements de ces conditionnements dans la société occidentale, je ne trouve pas que ce soit une démarche très réussie. Certes, en Dieu, il n'y a plus ni juif, ni héllène, ni homme ni femme, mais c'est au terme d'un itinéraire  qui suppose, à mes yeux, un terreau de départ, constitué par sa nature génétique, sa famille, son environnement culturel, son héritage, son appartenance à une communauté, à une lignée d'ancêtres . Et Dieu a maudit la tour de Babel. Disons qu'on arrive à l'universel à travers le particulier. Il est vrai, comme il l'explique, que lorsqu'on regarde un arbre, on ne le voit pas tel qu'il est, on en voit la représentation qui nous est donnée par l'entourage, la science, tout ce qu'on veut. Au terme d'une contemplation spirituelle profonde, d'une opération poétique, on le verra autrement. Et aussi si l'on fume un joint qui, en provoquanr un déplacement de conscience, fait passer au deuxième plan la vision utilitaire et conditionnée que nous avons des choses. Il est vrai, je crois, qu'un indien d'Amérique ou un masaï n'auront pas de cet arbre la même perception qu'un Européen, ou un adulte surmené qu'un enfant rêveur. J'ai toute ma vie cherché à affiner la perception que j'avais des êtres pour les voir dans leur essence pure. Le drame de notre époque est que très peu font cette démarche, et la plupart des gens ne voient absolument plus rien, c'est la raison pour laquelle le monde qu'ils font est si difforme, il n'a plus rien de vrai, plus rien de vivant, et si on le leur fait observer, ils deviennent agressifs. Pour ce qui est des gens de culture différente, j'en ai toujours eu le respect, dans la mesure où ils ne venaient pas essayer de m'imposer leur point de vue et leur façon de vivre. Mais dans l'ensemble, toute personne qui a une approche poétique et spirituelle de la vie en arrive à cela tôt ou tard. Je ne crois pas que le préalable puisse être: annulons tous les conditionnements ou alors il faut bien définir ce qu'on entend par ce mot. Car on peut en arriver ainsi à l'idéologie woke, pour laquelle tout ce qui est naturel, biologique, culturel, spirituel est un conditionnement, et où l'on obtient de misérables dingues qui ne savent plus qui ils sont, d'où ils viennent ni où ils vont, des sortes d'enfants loups culturels et spirituels. Les animaux eux-mêmes ont des codes. Il s'agirait plutôt de nettoyer le regard et pour nettoyer le regard, il faut nettoyer l'âme.

 Hier matin, à l'église, c'était le jeune père Alexis qui officiait, et, à propos de la Samaritaine, il a parlé justement des préjugés que bravait le Christ en s'adressant à cette femme, d'une secte honnie par les juifs. Et il y a toujours quelque chose ou quelqu'un que nous pouvons honnir nous-mêmes et qu'il faut apprendre à voir autrement. Le Chrétien doit apprendre à voir et à apprécier la beauté du monde. Voir et apprécier la beauté est une démarche spirituelle. C'est essentiellement la mienne et, dans ma vieillesse, je redoute de perdre la vue, ou bien de ne plus rien avoir à regarder, ce qui pourrait bien finir par arriver, au rythme où se répand la lèpre de la laideur.


vendredi 8 mai 2026

Tourtereau


La nouvelle qui m'a le plus consternée, ces derniers jours, c'est celle-ci: dans je ne sais plus quelle région de France, revient depuis six ans un tourtereau qui chante vainement, car il est le seul à le faire, il n'y trouve plus aucune femelle.

A côté de cela, le bombardement ukrotanien d'une raffinerie près d'une station balnéaire sur la mer Noire provoque un cataclysme écologique de l'ampleur de Tchernobyl et ainsi de suite... Mais le tourtereau m'a fait fondre en larmes de compassion et de honte, c'est là le signe que Dieu laisse mourir la Vie, le contrepoint de la colombe de Noé qui apportait celui de sa renaissance.

La vie meurt et nous sommes quelques salauds, des millions d'imbéciles et de trop rares éveillés impuissants à en porter la responsabilité collective. Tous ceux qui essaient d'enrayer le processus et de prévenir la masse hagarde se font sauvagement réprimer par des fonctionnaires et des robocops au service des mafias, ou couvrir de sarcasmes par des dégénérés qui ne comprennent plus rien à rien.

Le tourtereau ne trouve pas de femelle mais il migre, et il chante, et il espère, parce qu'il est fait pour cela, pour migrer, chanter et se reproduire. Et je suis exactement comme lui; je mourrai sans descendance, faute d'avoir trouvé à temps un partenaire décidé à fonder une famille avec moi. Je continue à écrire des romans, des vers et des témoignages quand plus personne ne lit; à chanter quand la radio dégueule de la merde à un niveau sonore insupportable, et à adorer la beauté, quand tous s'ingénient à la saccager. Et comme le tourtereau, à espérer. Parce que je suis faite comme cela et pour cela, parce que des millions d'ancêtres m'ont fabriquée ainsi, et que je ne suis pas coupée d'eux, Je les porte en moi, avec tout le mouvement de nos peuples qui étaient en route pour la Jérusalem céleste et aboutissent aux bordels puants de Babylone parce qu'à un tournant de l'histoire, ils ont, de gré ou de force, suivi d'affreux joueurs de flûte.

J'observe par ailleurs que de distingués slavistes, des théologiens, des descendants d'émigrés, croient systématiquement le pire au sujet de la Russie, ils ne vérifient jamais, plus les calomnies sont énormes et dégueulasses, plus ils les gobent avec enthousiasme, comme s'ils les attendaient précisément de cette sorte. On se demande même comment ils ont pu s'intéresser à ce pays, sa foi, son histoire, sa littérature, et dans quel étrange aquarium ils sont désormais enfermés, inutiles aux pays où ils résident et qui conspuent soit leur pays d'origine, soit leurs centres d'intérêts. Ils ne sont utiles aux maîtres de ces pays que dans la trahison et le reniement, dans le consentement à un mensonge qui ne nuit pas tant à la Russie qu'à ceux qui l'écoutent, les peuples d'Europe, et le proxy ukrainien, triste laboratoire du génocide final des chrétiens blancs. Je suis totalement fatiguée de lutter contre cette indignité, je remets donc tous ces gens entre les mains du Seigneur, il les a vastes, puissantes et impossibles à salir, qu'Il se débrouille avec eux. Je Lui suis seulement reconnaissante de m'avoir fait décamper à Pereslavl, loin de tentations qui ne sont pas à ma mesure. En revanche, je n'arrive pas à me désintéresser des paysans et de leurs bêtes, ou des bons artisans de chez nous, qui aiment et savent travailler avec art, et que piétinent tous les gnomes de la modernité dechaînée, en route pour l'abîme derrière leurs mauvais bergers.

Pour ce qui est de la Russie, sans doute tout n'y est-il pas parfait, mais parmi tous les peuples de la planète, ceux qui devraient rester modestes sur le plan de la perfection morale, c'est d'abord ceux de l'empire Anglosioniste auquel appartient désormais l'Europe. Ils devraient vraiment avoir la décence de la fermer. Je les vois mentir et préparer leurs sales coups avec la fourberie la plus implacable depuis au moins trente ans, et avant, je n'avais simplement pas encore compris, je n'avais pas ouvert les yeux. La guerre du Golfe et son invraisemblable propagande. La Serbie calomniée à mort et joyeusement bombardée. L'Irak, la Lybie, la Syrie. La Palestine, l'Iran. L'Ukraine, dressée comme un pitbull, ahurie de fausses promesses, poussée au crime au Donbass, déshonorée et essorée comme une serpillère pleine de sang par ceux qui l'ont utilisée contre la Russie. La Géorgie a été plus sage, j'en suis bien heureuse pour elle, elle a sans doute ete protegée par les prieres conjuguées de saint Gabriel et du patriarche Elie. J'espère que la Russie tiendra, et quand je dis cela, je pense à ceux qui la minent de l'intérieur, comme cela se produit partout. Et comme cela s'est déjà produit pour elle en 17. Selon les mêmes techniques répugnantes mises en oeuvre par la même espèce de malfaiteurs.

Je lis qu'on prépare en Europe la prison numérique trois étoiles. En Russie, cela pourrait aussi arriver, naturellement, je ne dis pas que je n'en ai pas conscience, bien que pour l'instant, cela ne soit pas le cas. Mais la potentialité existe. Ma cousine de la Dordogne rêve d'une explosion solaire pour détruire tous les merveilleux satellites qui permettent aux monstres de tous poils de prendre le dessus sur les masses de plus en plus abruties. Oui, moi aussi, j'en rêve. Cela nous causerait de grandes difficultés, et cela m'isolerait peut-être totalement de mon pays d'origine et de ceux que j'y aime encore, mais ce serait le salut de l'humanité, peut-être même de la planète, et la perte fracassante de l'ignoble caste au pouvoir plus ou moins partout.

Tcheboksary a été intensément bombardée. Tchin tchin, père Basile! A Pereslavl, ciel bleu, petits oiseaux. La vertu thérapeutique de leur chant est prouvée, et je m'emploie à préserver leurs vies, tout en  améliorant la mienne, tandis que le voisinage, aux cellules nerveuses détruites depuis longtemps, nous l'empoisonne sans hésiter.  Ania m'a dit que le nouveau diffuseur de décibels néfastes est parti de Koroliev parce que ses voisins ne le supportaient plus, il estime sans doute qu'à Pereslavl, nous serons ravis d'entendre sa merde, mais même le voisin à la radio en a marre.

Je suis tombée hier apres midi sur la repétition de la parade du 9 mai, sur la place de la mairie ou place du Peuple. Je suis sortie de ma voiture aux accents de "Leve-toi, pays énorme!" Défilaient de jeunes soldats de la garnison mais aussi des jeunes filles, et les infirmieres de l’hopital orthodoxe saint Luc de Crimee, et tout etait si parfait, si grave, les marches militaires si nostalgiques et si nobles que j’en avais la larme a l’oeil et recommandait tous les participants a Dieu.

Alain Soral dit que la Russie, fortement occidentalisée, n’offre pas de modele culturel alternatif, n’est pas un contre empire. En realité, elle en aurait le potentiel si on n’invisibilisait pas ceux qui conservent les valeurs et la tradition russes, et on les invisibilise parce que les gens aux manettes sont souvent des apparatchiks elevés dans le mépris de la Russie, le matérialisme, l’utilitarisme, comme leurs  équivalents et modeles occidentaux. Et d’autre part, elle est parfois, dans la debacle actuelle, le conservatoire de la culture européenne que la caste s’acharne à "déconstruire". Elle n’est pas un contre empire aussi, dit-il, parce qu’elle n’a pas de visées expansionnistes, contrairement a ce que raconte la propagande occidentale, qu’elle est dans une attitude défensive, résistante et cela meme au Donbass, ce qui est exact. Il pense que tout est fait pour la pousser a commettre un geste spectaculaire que pour l’instant elle se refuse a faire.

Le soir, il pleuvait dans la pénombre des gouttes éparses, il ne faisait pas chaud du tout, des vapeurs grises se diluaient dans un reste de lumiere rose, et les rossignols chantaient. Je me suis assise pour les écouter, tout pres de Moustachon, animal contemplatif qui passe des heures à revasser sur la terrasse. Quelle paix....Chaque moment de cet ordre est un peu de vie sacrée arrachée aux manigances du diable.

dimanche 3 mai 2026

Conversation

 


La belle saison arrive d’un seul coup. Je passe d’un jour à l’autre des après-skis aux sandales. Les arbres verdissent à vue d’œil, les oiseaux chantent de toutes parts, une compagnie de canards me survole en trompettant. L’air est doux, glissant, soyeux sous un ciel calme. Tant de paix à l’issue d’un hiver si long et si rude, c’est comme l’ouverture des portes célestes devant un martyr exténué.

Il y a quelques jours, le temps commençant à s’adoucir, j’ai voulu aller faire un tour dans le marécage avec Nini ; mais sur la côte qui mène à la chapelle, la voilà qui vomit et se met à chanceler. Nous sommes redescendues vers la maison, et à mi-chemin, j’ai du la porter jusqu’à ma voiture puis l’emmener chez le vétérinaire. Celle-ci est compétente, et elle aime les animaux mais elle m’engueule comme du poisson pourri. Nini a fait un AVC, elle n’a pas sept ou huit ans, mais probablement onze, elle m’a donné tout un tas de médicaments très difficiles à doser et administrer et peu d’espoir. Mais Nini s’accroche, elle a fait quelques progrès, elle est bien sûr incapable de courir et de bondir comme elle l’avait fait la veille de l’évènement, on dirait un vieux jouet cassé, et elle est quasiment aveugle. Tout cela est si soudain, et elle était si heureuse de sa vie ici.... Elle me suit partout, quel que soit son état.

Juste avant...


Je me suis rendue à l’anniversaire de Vladimir, à Dobrilovo. Il y avait tous leurs amis, et l’évêque Anatoli. Il parle beaucoup et semble dire des choses fort intéressantes, mais je le comprends mal, d’ailleurs j’étais très fatiguée, je m’endormais à table. Dans ce que j’ai saisi, il y avait ceci : « Quand on est jeune, on a des désirs, des rêves, des projets, et quand on est vieux, on n’a plus que la vie, et on s’en contente, on la savoure, on la contemple, on apprécie chaque nuance de la lumière, chaque chant d’oiseau, chaque signe du cosmos, et plus fondamentalement, on a besoin de simplement converser en silence avec son Créateur. » C'est exactement ce qui se produit avec moi et, d’une façon inversement proportionnelle, je supporte mal ce qui trouble cette conversation, et je suis vite fatiguée des discussions humaines, surtout quand elles se traduisent par un bavardage vain et torrentiel. Mes yeux se portent vers l’horizon, les nuages, l’arbre le plus proche, un vol de mouettes. D’après l’évêque Anatoli, c’est donc une façon de communiquer avec le Créateur, c’est-à-dire de prier, et j’en suis contente, car je pratique cela à hautes doses, pour moi, c’est ce qu’on peut aussi appeler la poésie. Il a ajouté que réciter la liste de ses péchés en confession était moins important que d’évaluer à quel degré on a su mettre son âme en conformité avec le Créateur, si nous sommes compatibles avec Lui, et c’est également ce que je ressens. Mais certains prêtres exigent qu’on se gratte la conscience jusqu’au sang, de sorte que les bonnes femmes éduquées par eux occupent chacune leur confesseur pendant une demie heure, lors même qu’elles se confessent et communient tous les dimanches et parfois en semaine.

Ce matin, je n’ai retenu le père Alexis que deux minutes, il m’a demandé : « Vous allez communier ? » et son visage habituellement impassible s’est éclairé brièvement d’une telle douceur que j’en suis restée interdite. Se posant sur ma tête, sa main m’a envoyé une véritable décharge de grâce.

Après la liturgie, je suis allée au marché, dans l’espoir d'acheter trois pétunias pour ma terrasse, c’est encore un peu tôt, il neigeait la semaine dernière, mais j’en ai quand même trouvé. J’ai passé la journée dehors ç faire ce que préconise l'évêque Anatoli, et ce qui m’a fait rentrer, ce n’étaient pas encore les moustiques, qui ne vont pas tarder à apparaître, c’était l’affreux boum-boum de quelque nouveau blaireau du voisinage aux neurones depuis longtemps détruit par ce pilonage de décibels, profondément nuisible à la nature entière.

Une nouvelle m’a fait plaisir, et il conviendra naturellement de le confesser la prochaine fois, c’est celle de la mort brutale, mystérieuse et opportune du principal responsable des massacres de troupeaux en Sibérie. On peut imaginer, quand on a mauvais esprit, qu’au sommet, quelque part près du soleil, comme dirait Dieudonné, on n’était pas d’accord avec cet immonde méfait et qu’on y a mis bon ordre avant que le mécontentement ne prenne des proportions incontrôlables. Ce genre d'accident ne risque pas d'arriver, en France, aux sinistres individus qui détruisent la petite paysannerie à travers ses animaux. C'est la symphonie totale entre la mafia supranationale et ses divers laquais, aucune divergence salutaire.

lundi 27 avril 2026

Optimisme

 


A Moscou, j'ai assisté à la réunion de Xavier Moreau qui lançait sa candidature aux élections consulaires, avec une conférence de Nikola Mirkovic, qui nous incitait à faire preuve d'un patriotisme optimiste, mais le monsieur qui était assis à côté de moi, un catho tradi, ne semblait pas très convaincu. Moi, c'était pour prendre une dose d'optimisme que j'étais venue, mais je commence aussi à avoir parfois du mal à en faire preuve. J'ai dit à Xavier Moreau que je voterai pour lui rien que pour emmerder le gouvernement. Il m'a répondu que je ne serais pas déçue car son intention était de le faire dans les grandes largeurs.

La petite-fille du père Valentin, Zina, m'a invitée à la représentation théâtrale de son école orthodoxe, et bien sûr, je ne pouvais pas refuser, bien que la chose ne me tentât pas du tout. Difficile de dire à une enfant qu'on ne veut pas voir sa prestation préparée tout au long de l'année, mais ce genre d'événement est souvent profondément ennuyeux quand on n'est pas directement concerné. Cependant, je n'ai vraiment pas regretté d'avoir fait l'effort, car j'ai été subjuguée par la qualité du spectacle et de l'interprétation, par l'inventivité, l'humour et la poésie des costumes, l'entrain des danses, la spontanéité, la joie, le naturel des petits et des jeunes acteurs, leur fraîcheur, leur grâce slave elfique. Il s'agissait du voyage de Nils Holgeirson, livre dont j'avais raffolé à leur âge. Les oies sauvages se reconnaissaient à leurs casques d'aviateurs et à leurs grands pieds palmés! Je songeais qu'il était bien agréable de voir un Nils scandinave crédible, et non un Kirikou déplacé dans le contexte. Je ne doute pas qu'avoir participé à cette merveilleuse expérience laissera à tous ces enfants une trace positive profonde. 

Le matin de mon départ, j'ai été rejointe par une Belge émigrée en Biélorussie, où vit son mari russe, Patricia. Elle joue aussi des gousli, et le premier jour, a pu la faire sur ma terrasse, malgré un vent glacial, car il y avait encore du soleil. Mais ensuite, le temps s'est tellement gâté, qu'elle a décidé de rentrer chez elle, car nous ne pouvions rien faire, pas de visites possibles sous des trombes d'eau et de neige fondue. Nous sommes allées à un concert au bar du café, c'était Génia le balaliker, avec un autre virtuose de la balalaïka, ils ont commencé par des oeuvres de musique baroque pour montrer qu'on pouvait jouer n'importe quoi sur leur petit instrument populaire, puis des airs traditionnels, puis ce qu'ils improvisent sur des airs traditionnels, et c'est devenu complètement magique, l'équipier de Génia entrait en transes, j'étais fascinée par ses mains agiles, les sons incroyables qu'il obtenait, sa fusion organique avec la balalaïka, et les abîmes cosmiques dans lesquels nous projetaient ces deux types. Ce n'était pas du folklore interprété, modernisé, vulgarisé, trahi, c'était du folklore intériorisé qui trouvait sa prolongation contemporaine naturelle dans le jeu de ces deux garçons habités par lui, nés dans un milieu urbain, dans une époque désaxée, mais fécondés par toute la paysannerie qui les avait précédés. J'ai trouvé ma dose d'optimisme dans ces deux moments, le spectacle des enfants à l'école orthodoxe, le concert confidentiel des deux génies de la balalaïka dans le sous-sol voûté du café: c'était de l'eau vive, une résurgence, le fil frais et vivifiant de l'Esprit qui souffle où il veut.

Le lendemain, j'ai bravé les éléments, avec Patricia, pour aller à l'église à l'aube. Valérie nous a ensuite rejointes depuis Serguiev Possad, mais à cause du mauvais temps, elles sont parties aujourd'hui ensemble, craignant que leur bus ne soit pris dans la tourmente: tempête de neige toute la journée, des flaques d'eau glaciale, presque gelées, j'ai dû aller à nouveau nourrir les oiseaux...


samedi 25 avril 2026

ALBUM DE FAMILLE

 Les Éditions du Net vous présentent




Résumé de l’ouvrage

Il n’y a plus de place dans ce monde pour les personnes sages et sensibles de bonne race. La France des filles Pleynet et de leurs lignées d’ancêtres, la France de la civilisation française est révolue, c’est avec cette prise de conscience que Laurence a pu entamer son exil russe. Les institutions s’effondrent, le savoir se dissipe, le paysage s’enlaidit, la masse s’abrutit et le pouvoir s’encanaille.

C’est de tout cela, au fil du journal de maison, que parle ce livre. Celle qui l’écrit est un clairon de la fin des temps, une hirondelle d’apocalypse. Ce qui ne veut pas dire que « tout est foutu », mais que tout change et que tout se révèle à un point que nos anciens n’auraient jamais soupçonné. Je ne crois pas forcer le trait ni trahir l’esprit de ce livre en disant qu’il n’est pas fait pour tout le monde. Les huissiers de la « normalité », les chérisseurs d’illusions, les derniers progressistes et les optimistes de fonction peuvent passer leur chemin. Qu’ils sortent de ce lieu, qu’aucun d’eux ne reste. Ceux qui poursuivront cette lecture consentiront à être hantés durablement par la nostalgie et le chagrin de la solitude. Nous sommes les derniers surgeons de notre sang, raréfiés, dispersés, attendant sur un quai crépusculaire - comme les Elfes de Tolkien - les ultimes barques qui nous emmèneront vers l’autre rive, au Couchant, où nous attendent ceux à qui nous sommes liés par un amour ignorant la mort, ce tissu incompréhensible pour le monde qui nous entoure.

Slobodan Despot.

Descriptif technique

Format : 150 x 230 mm

Pagination : 522 pages

ISBN : 978-2-312-15930-0

Publié le 22-04-2026 par Les Éditions du Net

GENCOD : 3019000006902

Prix de vente public : 29 € TTC


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