Pour la Trinité, j'ai eu la visite d'Emmanuel Leroy, devenu André dans l'orthodoxie, et d'Ivan et Irina, nos amis communs. Ivan est un rapatrié, un Russe né en Belgique, dans l'émigration. Nous avons beaucoup discuté de la France, de la Russie. Nous avons loué un pédalo pour descendre la rivière et dériver sur le lac, sous de superbes nuages.
Pour les vigiles de la fête, je suis allée à la cathédrale me confesser au père Andreï. J'avais appris que la ville devait être entièrement bloquée par la marathon annuel qu'on avait eu la bonne idée de prévoir juste le jour de la Trinité. Le père Andreï me dit que non, finalement, on pourrait passer. Mais le lendemain, dès sept heures, toutes les issues sur la rue principale barrées. Je me suis arrêtée à l'église de la Protection. Le prêtre était très gentil, mais cette église est petite, bondée, et il n'y a pas moyen de s'asseoir, je ne tiens plus le coup, quand je reste tout le temps debout. Ivan, Irina et André étaient allés la veille au monastère de la Trinité-Saint-Daniel, que je leur avais conseillé, car il est très beau et c'était la fête votive, ils y sont retournés le matin, car a l’inverse des eglises du centre, il leur était accessible depuis leur hôtel. Nous avons fini par nous retrouver, le marathon fini, au cafe francais. Ivan avait deja mangé les croissants qu’il voulait emporter a Moscou, il a du en acheter d’autres. La conversation a repris sur la revolution francaise, la revolution russe, les facheuses consequences dans les deux pays, et la dimension métaphysique du conflit actuel. Je leur ai parlé de Moisseiev et de sa certitude que la Russie serait sauvée par l’incapacite des prédateurs transnationaux à s’entendre pour en partager et gérer l’espace: ils se boufferont forcement entre eux. "Je pense, leur dis-je, que les Russes finiront par triompher car ceux qu’ils affrontent sont tellement ignobles que Dieu ne peut pas les laisser gagner. Cela dépasse toute discussion sur la qualité morale du gouvernement russe: quel qu’il soit, en face, ils sont infiniment pires. Leur victoire serait la fin de tout, le naufrage définitif de la vie sur terre."
Je prie pour que Dieu nous donne un patriarche comme le défunt Elie de Georgie ou son successeur, qui a le visage et le charisme d’un prélat mediéval. Je ne doute pas une minute que si la Géorgie a si bien su se tirer des pattes des malfaiteurs de l’UE, c’est aux prières d'Elie qu’elle le doit. Et à son rayonnement sur ses fidèles. Et aussi a ses traditions encore vivaces. Et puis à l'intercession de saint Gabriel, qui priait également beaucoup pour la Russie et doit continuer à le faire. La malheureuse Arménie est tombée, et pour mieux l’achever, son propre personnel politique aux ordres lui annonce qu’il faut l’inonder de migrants pour casser son homogenéite ethnique, c'est-a-dire effacer sa longue histoire, sa mémoire, sa culture originale et sa foi; et introduire un facteur de division et de trouble permanent. Après le genocide violent des Turcs, le génocide sournois des mafieux en col blanc. En Europe, le processus est en voie d’achèvement. Je regarde ces hordes de démons qui se déchaînent sur Paris et que dénoncent leurs correligionaires sensés avec consternation. Pas de tirs de LBD dans leur face, pas d'hélicoptères, de blindés ni de robocops guidés par un préfet inflexible. Ca, c'est pour les paysans, les gilets jaunes, les franchouillards. Des importés de service, on s'occupera plus tard. Quand ils auront fait leur job et qu'ils deviendront gênants. La sottise de certains commentaires, l'infâmie des acteurs principaux me donnent vraiment envie de vomir. Facebook me fait l'effet d'un océan de boue dont chaque vague me couvre d'ordures. Glucksmann appelant à couper le micro de "la Russe Feodorova". Avec son expression répugnante, ses yeux faux qui semblent toujours exulter de la satisfaction mauvaise de tout le mal qu'il fait, et son impudence de malfrat, sûr de son impunité de principe. Feodorova est bien plus sympathique. La France d'aujourd'hui, les Démons de Dostoiveski, à côté, c'est la comtesse de Ségur.
Sur la page de l'ambassade de Russie consacrée au bombardement ciblé et vicieux d'un dortoir d'adolescents près de Lougansk, j'ai écrit: "Mes condoléances. Avec vous de toute mon âme". Un troll ukrainien a répondu: "T'inquiète, ton âme, elle y sera bientôt, avec eux." Je lui ai répliqué: "Eh bien j'y serai toujours mieux qu'avec vous en enfer". Dans cette vie ou dans l'autre.
Au stade où nous en sommes, il ne reste plus qu'à prier.










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