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lundi 9 mars 2026

Hybris

 


Aujourd'hui, c'est le dernier jour de l'hiver. Il fait encore très froid, vent et neige. Le matin, j'ai vu de très jolis oiseaux, plus gros que les bouvreuils, avec une petite huppe sur la tête. Ils étaient nombreux, tout un vol posé sur le poirier. J'ai pensé que c'étaient des oiseaux migrateurs qui venaient se restaurer, surpris de trouver encore des températures pareilles, heureusement pour eux que cela se radoucit demain. J'aimerais bien savoir leur nom. 

 Dimanche matin, je suis allée à l’église. La veille au soir, je n’en avais pas eu le courage. L’idée de trouver une place au milieu des congères gigantesques et de tituber sur la glace me refroidit, on peut le dire. Le père Andreï a été très compréhensif. Pendant la confession, il a soudain changé de visage et pris un air stupéfait : « Vitali ! Mais qu’est-ce qui t’arrive? » Et suivant son regard, j’ai vu notre vieux sacristain, en chasuble de carême violette ornée de broderies dorées, qui se déplaçait à quatre pattes autour du lutrin. Evidemment, il cherchait quelque chose, mais le spectacle était si saisissant que le père Andreï et moi avons pris un véritable fou-rire.


J’essaie de ne pas trop penser à la façon dont cela peut tourner au Moyen-Orient. Je n’avais pas une extrême sympathie pour la république islamique et ses mollahs, mais je crois que la situation avait pas mal changé, en quarante ans, et j’ai vu raconter tellement de bobards fantasmagoriques sur la Russie et l’Ukraine, organiser des manipulations et des campagnes de calomnies tellement ignobles, que je ne crois plus rien. Voilà Trump, cravaché par Netanyahu, qui bombarde l’Iran. Et l’Iran se défend bien, ils se sont attaqués à un gros morceau. Les bombes pleuvent sur Israël et les bases américaines de la région. Ce qui va soulager la Russie en Ukraine, et puis comme le détroit d’Ormuz est fermé, Poutine récolte tout le marché du pétrole et du gaz. Bien joué, la coalition Epstein, comme on dit. Ce que je crains, c’est un possible bombardement nucléaire désespéré de la part de ces tarés. Quand je pense que dans ma jeunesse, on redoutait de voir des pays folkloriques du tiers-Monde posséder l’arme fatale en leurs mains déraisonnables ! Et voilà qu'à présent cet instrument de mort se retrouve entre celles de mafieux délirants qui, selon l’expression russe, ont complètement "perdu les berges". La « conseillère spirituelle » de Trump débite des incantations à connotation vaguement chrétienne, enfin judéo-chrétienne, enfin ce qu’on appelle chrétien là-bas, et qui ressemblent à une espèce de rap frénétique destiné à provoquer la transe chez une bande de pseudo chamanes désorientés : c’est ce genre de personnes qui déclenche la guerre sainte contre les barbus, et dispose de tout un arsenal nucléaire ? Je pense bien souvent au sheik malais Imran Hosein qui appelait les musulmans à faire la distinction entre le judéo-protestantisme occidental et le christianisme des roumis byzantins.

Beaucoup de gens de droite se réjouissent de voir libérées les femmes voilées et annuler les mariages d'hommes adultes avec des fillettes, toutes les horreurs de l'islam maudit, écrasé par les chevaliers blancs du libéralisme démocratique, mais tout de même, et bien que je n'approuve ni le voile obligatoire ni le mariage imposé, je pose la question: ne faudrait-il pas s'occuper de libérer les enfants livrés aux appétits sadiques de l'upper class occidentale avant de se soucier de la poutre dans l'oeil des musulmans? Et que dire de la propagande du changement de sexe chez les enfants et autres abominations sociétales?  


Tucker Carson dit que l'annihilation systématique de lieux antiques et sacrés dans de vieux pays magnifiques par des pays neufs et moches souligne le caractère spirituel de cette guerre. Je suis d'accord et ceci d'autant plus qu'à l'intérieur des vieux pays, des créatures des ténèbres s'empressent de détruire le traditionnel et le poétique au nom de l'utilitaire et du nouveau, se faisant ainsi les complices du côté sombre. 

Car quels que soient les reproches qu'on peut adresser à l'islam et ce qu'on peut en penser sur le plan de la civilisation et des moeurs, il faut singulièrement s'aveugler pour croire encore que "l'occident collectif" représente le camp du bien. Dans un sens, cela me désole, mais il y a un moment que j'ai commencé à m'en rendre compte. Maintenant, cela devient vraiment criant. Dans le dernier Antipresse, Slobodan Despot fait de tout cela une analyse remarquable, qu'il faut s'abonner pour la lire. On assiste à une descente aux enfers de la folie furieuse, au déchainement de l'ubris de la tragédie grecque, une sorte de sabbat de la mort. J'en donnerai un extrait, mais j'ai eu du mal à choisir: 

On tend à l’oublier en ces temps de platitude technologique, mais le destin (ou la Providence, ou le karma, ou Dieu, ou les dieux…) collabore avec les actions humaines, surtout celles qui ont une signification existentielle. On peut faire du destin son allié ou, au contraire, se l’aliéner en sortant de la voie humaine (voie juste, rectitude, tao). Toute notre littérature antique, comme les traditions orientales, ne nous parle que de ça. Le destin, généralement, favorise celui qui s’oublie lui-même et punit celui qui se grandit. C’est ce que les Grecs appelaient l’hybris. La puissance engendre l’arrogance, l’arrogance engendre la bêtise et la bêtise jette un râteau aux pieds de la puissance… Nous avons vu comment le guide spirituel des Iraniens a façonné son destin. Voyons maintenant, au terme de cette première semaine, comment la galaxie Epstein est allée à la rencontre de sa némésis. La guerre est un massacre autorisé, mais, étrangement, il existe au sein de ce massacre des règles. L’humanité n’a pas attendu l’époque moderne «éclairée» pour les observer, implicitement ou non. Dans l’Iliade comme dans les Accords de Genève, il y a ce qu’on peut faire à son ennemi et ce qu’on ne doit en aucun cas lui faire. Il s’agit, tout au fond, de ne pas tuer l’humanité en nous-mêmes, de ne pas faire du destin notre ennemi. L’école de Minab, où 165 jeunes filles furent tuées au premier jour, n’était pas une bavure. Par une vantardise du secrétaire à la guerre Pete Hegseth, on sait qu’elle était inscrite dans le plan de bombar dement. D’autres destructions d’écoles ont d’ailleurs suivi. Selon les Iraniens, un tiers des victimes civiles de cette semaine sont des enfants. Le massacre de Minab est l’un des plus graves crimes uniques contre l’enfance jamais enregistrés dans l’histoire des guerres. La galaxie Epstein ne s’en est pas excusée, pas davantage que les Américains n’ont présenté d’excuses formelles pour la destruction, en 1988, d’un vol civil iranien avec 290 passagers à bord, dont 66 enfants. Au contraire, on a pu entendre des commen taires cyniques comme celui du républicain Matt Schlapp: «si elles étaient vivantes, elles seraient en burqa». Nulle part ailleurs que dans la galaxie Epstein vous n’entendrez exprimer publiquement un tel mépris pour des vies d’enfants.

C'est consciente de tout cela qu'anticommuniste, j'ai soutenu le Donbass, et que, sans avoir aucune attirance pour l'islam, je n'épouse pas la cause de l'occident, parce que cette cause n'est pas juste, et que ce n'est d'ailleurs même pas une cause, mais un acte de piraterie.

 

samedi 7 mars 2026

Imminence du printemps





Je suis absolument épuisée, et n’arrive pas du tout à faire le carême, surtout après la grippe. Mon carême, c’est de lutter avec les éléments russes déchaînés, avec les stalactites de glace que j’ai dû casser pendant deux jours dans le couloir, avec la neige, avec le verglas. Ma voiture s’est enlisée dans la neige pour la quatrième fois, et quand j’ai appelé un taxi, il s’est enlisé à son tour. 

En ville, où les congères atteignent des hauteurs impressionnantes, où le verglas s’installe, où rien n’est jamais nettoyé, à part les accès principaux, on maudit le racket des places payantes qui nous compliquent une vie déjà pas facile, et on ne peut pas dire que les habitants aient une haute idée de leur gouverneur..  

Là dessus, j’ai failli m’étrangler en voyant sur le site de Pereslavl le post malveillant de je ne sais quel individu qui incrimine le café français.  Le café, qui est français, comme chacun sait, a inscrit sur la façade, en lettres latines discrètes et de bon goût, « café la Forêt ». L’individu en est malade et cite une loi concernant les affichages étrangers etc... Et ceci, sans parler de l'absence d'entretien et autres bonnes raisons de ne pas râler pour rien, dans une ville qui déteste les moindres traces de son passé russe et les fait disparaître avec enthousiasme. Qui extermine ou défigure impitoyablement les maisons traditionnelles, qui ne connaît de son folklore que les expressions les plus bâtardes et les plus kitsch, qui ne supporte pas de voir un bouleau ou un saule sans le remplacer par un thuya ou un arbre en plastique, où la patinoire débite à tue-tête un insupportable répertoire de variétés de supermarché qui copie la merde internationale avec une absence de talent absolue. Il s'est trouvé un imbécile pour s’offusquer de la discrète enseigne du café la Forêt qui, pourtant, n’a pas profané sa façade historique avec du rose poupée Barbie, du violet psychédélique ou du jaune fluorescent... Les crétins ne sont pas tous en France. C’est pourquoi d’ailleurs il y a belle lurette que je ne m’aventure plus sur les sites locaux, où ils pullulent, affairés, comme tous leurs pareils qui ne savent pas quoi faire de leur vie. Mais là, la photo du café m’a sauté à la gueule et je n'ai pu faire autrement que lire...


Aujourd'hui, pour la première fois depuis des mois, j'ai sorti une chaise et je suis restée un moment assise  sur la terrasse défoncée par les blocs de glace arrachés à mon toit. Le soleil chauffait, et les oiseaux chantaient. Demain soir, il fera encore très froid, puis la semaine prochaine, on aura neuf degrés... On a toujours du mal à croire au retour du printemps. Et il arrive souvent très brusquement.

J'ai chez moi des Français qui émigrent. Nous butons à chaque pas sur des difficultés administratives. Un conseil à tous ceux qui envisagent la chose: traduction assermentée systématique de tous les papiers. Relecture attentive des traductions et des transcriptions, même la carte d'immigration qu'on donne à la douane. Si une lettre est mal transcrite, on a des ennuis à n'en plus finir. Or le français ne se prononce pas comme il s'écrit et cela arrive souvent. 

Demain, c'est le 8 mars, la fête des femmes, assez mal vue des orthodoxes, qui préfèrent le dimanche des Femmes Myrrophores. Cependant, tout le monde me félicite, pour cette fête, alors bon 8 mars aux femmes qui m'entourent.

https://www.youtube.com/live/I025S50Wvvw 




samedi 28 février 2026

Maison de fous

 


La propagande antirusse se déchaîne positivement. Comme ils la veulent, cette guerre, ils ne savent plus quoi faire pour entraîner l'affreux dictateur Poutine à commettre quelque chose de bien horrible, ou éventuellement, pour commettre quelque chose d'horrible et le lui mettre sur le dos. Les gens d'Europe, et spécialement de France, après avoir été désinformés par le silence et l'omission entre 2014 et 2022, sont inondés de mensonges hallucinants et grotesques à une fréquence hypnotique. C'est le désastre économique, le rationnement de l'essence. J'ai même vu que les soldats russes, faute d'autres moyens, étaient amenés au front à dos d'âne! Et cela dans Géo... Génia, que j'ai vu au café, s'est tapé une bonne pinte de rigolade, quand je lui en ai parlé. C'est bien connu que les ânes regorgent en Russie autant qu'à Mykonos ou en Tunisie...Tous ces hypocrites vont sangloter sur la pauvre Ukraine, qu'après avoir dressée comme un pitbull contre la Russie, ils sacrifient joyeusement à leurs menées mafieuses et à leurs trafics immondes. J'en éprouve un tel dégoût que je ne peux même plus envoyer de scuds dans les commentaires stupides.On m'en supprime régulièrement sur les fils des médias de grand chemin. Le dernier en date, sous la déclaration de BHL comme quoi Poutine "sait qu'il a perdu la guerre": "Il poursuit ses délires à l'usage des idiots. Cette guerre est la sienne, il en rêvait depuis les années 70. Le désastre du moyen-orient ne suffit pas à cet oiseau de malheur". Vous pouvez dire de ce type ce que vous voulez, que c'est un clown ou un philosophe à la manque, mais pas souligner son rôle maléfique dans tout ce qui nous arrive, sa détestation des Russes et même des Français, sur la culture desquels il crache depuis des décennies.

En réalité, tout est suffisemment clair à qui veut bien voir, maintenant. Et cela malgré tous les boniments et les tours de prestidigation. Qui ne voit pas se rend complice de grands forfaits.

J'ai été sensible à ce discours de Poutine. https://t.me/c/1621124338/2453935

La Russie ne combat pas des adversaires au comportement rationnel, c’est le véritable danger. Autrement dit : plus la pression augmente, plus le risque systémique grandit.

 Génia me disait que la Russie avait son contingent de bandits et de fonctionnaires pourris, oui, je sais bien. Hélas. Mais quand même; comme me l'avaient dit mes cosaques quand je m'étais installée ici: "Tu fais bien de choisir Pereslavl, car à Pereslavl, les bandits sont russes." Et en effet, c'est un principe qui n'est pas sans fondement.

Un autre de mes commentaires qui n'a pas fait long feu était le suivant: "Je trouve rétrospectivement attendrissantes les considérations des années 80 sur les dangers de la prolifération des bombes atomiques, qui pouvaient tomber aux mains de dictateurs exotiques moustachus au lieu de rester sous le contrôle de gens raisonnables. Aujourd'hui, je serais soulagée de les voir chez n'importe qui plutôt qu'entre les mains de Macron, Van der Layen et leur bande de dingues."

Mais c'est qu'en effet, j'ai beaucoup moins peur sur ce plan-là de la Russie, qui a fait la preuve de son immense patience, de la Chine ou même de l'Iran. Des gens capables de ce qu'on décrit dans les dossiers Epstein, organisés en toile d'araignée mafieuse sur plusieurs pays, ne devraient pas avoir accès à de telles armes, ils ne devraient pas décider non plus de notre façon de nous soigner, de nous alimenter, de l'heure de notre mort, du destin de nos gosses et de leur éducation, ils ne devraient avoir accès qu'au couloir des condamnés.

Dans le même temps, on vote pourtant la loi sur l'euthanasie, à la grande satisfaction de tout un tas de mougeons qui veulent "mourir dans la dignité" et s'imaginent que "nous avons le choix"... Quand on voit de quelle nature sont les gens qui dirigent la France et l'UE, oui, en effet, on peut leur faire confiance.  Ils veulent notre bien. 

Aujourd'hui, pendant que je rencontrais mes amis suisses, Israël et les USA ont attaqué l'Iran. Et beaucoup de malheureux imbéciles de droite s'en réjouissent bruyemment, car ils détestent tout ce qui est musulman et reportent sur n'importe quel pays de cette confession les problèmes qu'ils ont en France avec la racaille des banlieues. J'ai déjà connu cela au moment de la guerre du Golfe, quand j'ai vu quelqu'un de proche aller agonir d'injures son épicier marocain, qui, à part sa religion, n'avait rien à voir avec les Irakiens, lesquels, d'ailleurs, ne nous avaient jamais nui en rien, et vivaient tranquillement chez eux. A ces imbéciles, s'ajoutent les gourdes libérées qui "soutiennent les femmes iraniennes" et croient l'occident chargé d'installer dans le monde entier la société idéale dont elles rêvent à coups de bombes et au prix de fleuves de sang, comme disait l'horrible mère Allbright à propos des milliers d'enfants irakiens massacrés: cela vaut le coup. Pendant ce temps, ces libérateurs de femmes et ces antiracistes justiciers commencent à justifier la caste impliquée dans les crimes hallucinants d'Epstein, avec le vieux truc de l'antisémitisme. Peut-être feraient-ils bien de faire attention à ne pas manier la chose de façon contre-productive. Car on peut retourner la question et se demander pourquoi, dans cette affaire, s'indigner relève de l'antisémitisme. A cause des imbrications avec le mossad et les Rothschild? Et prêter attention à ce fait devient soudain beaucoup plus grave que les actes incriminés, qui dépassent l'imagination, ces viols et ces tortures d'enfants, ces cérémonies et ces sacrifices immondes: cela fait tellement l'affaire des complotistes....Tout ceci est  d'une abjection sans précédent et d'une stupidité décourageante. Beaucoup de Français sont devenus complètement abrutis et manipulables à souhait, et peu importe leur couleur politique. Slobodan Despot dit dans son briefing qu'à force d'intoxiquer les gens, les manipulateurs s'intoxiquent eux-mêmes et finissent par croire en leurs délires, ce qui fait des pays européens, dont la France est le triste fleuron, une maison de fous depuis le sommet jusqu'à la base, avec une faible proportion de gens sensés, généralement réduits au silence dans un tohu-bohu de sabbat. J'apprends que Soral, coupable d'être trop clairvoyant, s'est réfugié en Russie pour ne pas être embastillé, et je l'en félicite. 

Nous arrivons à la fin de l'hiver, théoriquement, et je me demande comment va se passer le dégel, à voir les quantités de neige qui se sont abattues sur nous. Je crains le pire. Je ne cesse déja d'éponger l'espèce de couloir d'accès qui abrite mon entrée du froid, parce que des stalactites de glace en tapissent tout un mur. Quand on a un homme à la maison, il va sur les toits nettoyer, mais je ne risque pas de le faire. Côté voiture, l'auvent est surmonté par des strates de neige durcie dont je redoute l'effondrement imminent sur tout ce qui pourra se trouver dessous. Evidemment, il aurait mieux valu pour moi habiter une maison plus petite, moins élevée, mais on ne va pas refaire l'histoire.

Difficile de croire que d'ici deux ou trois mois, tout sera vert, et même exubérant, qu'il me faudra lutter contre une végétation déchaînée. D'ici là, on va bien patauger et déraper. Enfin... la liberté n'a pas de prix. 


dimanche 22 février 2026

Chrisme...

 


J’ai vu un reportage d’un média de grand chemin sur la marche blanche en l’honneur du jeune Quentin. En dépit du grand désir de tous, elle s’est passée sans aucun débordement, les débiles d’extrême gauche et les salopards qui les cravachent voient des néonazis dans un public BCBG et catho tradi, mais jamais dans les impressionnantes manifs aux flambeaux ukrainiennes avec croix gammées et runes du loup, crânes rasés et tatoués. Cependant, le journaleux de service, ignare et endoctriné comme il se doit, aperçoit tout-à-coup le symbole christique des deux lettres grecques entrelacées XP, et saute là dessus : « C’est un « chrisme », le symbole que « l’extrême droite » substitue maintenant aux croix celtiques ! » Lui-même  ne sait sans doute rien de ce que signifient ces lettres, ni de ce que représente le Christ, il sait juste que « le mal vient des religions » ; c’est ce qu’on lui a appris à l’école, et il s’adresse à un public tout aussi décérébré que lui. Je pense que bientôt, le signe de croix sera l’équivalent d’un salut nazi et vaudra aux malheureux qui s'y risqueront de se prendre de grands coups de lattes dans la gueule. On n'arrête pas la démocratie...  Ici, je me signe, comme beaucoup de gens, chaque fois que je dépasse une église, et le fameux "chrisme" s'étale sur bien des icônes, bannières ou chasubles, comme à l'aube de la chrétienté.


J’ai vu aussi une vieille conne de mon âge que j’ai pu peut-être croiser dans mon jeune temps à Vincennes, sous forme de féministe crasseuse et vociférante au cheveu gras, l’insulte et l’écume aux lèvres, bien fait pour le nazillon hurlait-elle sur tous les tons. J'ai songé avec répulsion que le boomer n'avait pas bien vieilli. C'est une ambiance qui sent la tricoteuse dépoitraillée et le sans-culotte ricanant, le lynchage de la princesse de Lamballe n’est pas loin. Je pense avec consternation aux proches de ce garçon qui non seulement l’ont perdu de cette façon horrible, mais en plus doivent supporter ce déchaînement de méchanceté stupide et de vilenie nauséabonde. Je pensais aussi à tout ce que j’ai subi moi-même dans le genre depuis la fac de Vincennes jusqu’au lycée français. Dany a raison de dire que deux cents ans, ce n’est pas beaucoup, et que l’affreux processus de 1789 ne fait que se poursuivre, d’ailleurs, toute la caste misérable qui nous gouverne s’en revendique constemment.

Je vais mieux, je retrouve même l’appétit, hélas. J'ai perdu trois kilos dans l'affaire, au lieu de me régaler de crêpes pendant la maslenitsa. Demain commence le carême, et tout mon être le refuse, je suis butée des quatre fers. Depuis que je suis tombée malade, je n’arrivais plus à prier. On dit que la maladie, spirituellement, c’est parfait, eh bien pas pour moi. Je ne suis pas allée à l’office du Pardon, ce soir, parce que je crains encore de sortir et aussi de contaminer les autres. A tous ceux qui peuvent se sentir concernés, je demande pardon de ce que j’ai pu leur faire ou ne pas leur faire. J’en ai assez des efforts. Me battre avec ma maison au pays des neiges presque éternelles me paraît en soi un carême et un exploit spirituel pas toujours à ma mesure. J’ai passé la journée à nettoyer derrière les animaux et à ramasser l’eau dans le corridor d’accès, décoré de stalactites de glaces qui commencent à fondre et ruisseler. Mon toit est recouvert d’une véritable banquise, je n’ose penser à ce que va donner le dégel quand il va se déclencher vraiment. En attendant, le soleil radieux joue avec la tempête tourbillonnante, de longs voiles de flocons claquent au vent aigre et coupant, puis cèdent la place à une immense lumière qui vient sur des chemins bleus. 

 https://vkvideo.ru/video19879744_456241319?sh=1    




          

 

samedi 21 février 2026

Idiots utiles

 

 


A la séance de folklore, chez Katia, j’ai contracté la grippe, et elle aussi. Je suppose que ce sont les petites filles qui nous l’ont refilée, car chaque fois que j’ai la grippe, c’est après avoir vu des enfants. Ils vont à l’école, l’école est un bouillon de culture. Dans le temps, j’avais très rarement la grippe, mais plus maintenant. J'ai de la température, et puis mal à la tête, à la gorge, je coule de partout, les yeux, le nez... Comme dit Anne, les enfants sont un danger pour les adultes !

Hier, j’ai vu les oiseaux voleter autour de leur bouteille vide avec affolement et je suis quand même sortie les nourrir. Le jardin avait son air du mois de mars, neige souillée, crottes de chiens... Puis la tempête s’est levée, et je voyais passer des tourbillons fantômatiques dans le vent aigre. Il est tombé tellement de neige que les tranchées que j'avais creusées avaient pratiquement disparu. Mais je ne pouvais pas aller nettoyer, j’étais trop mal, et j'avais peur de prendre froid...


Gilles m’a envoyé Vitalina, avec des provisions, des médicaments, et des gâteaux du café que je n’ai même pas pu encore manger, ça coince... Je suis vraiment dorlotée par le café français. Aujourd’hui, la fièvre est tombée mais ce n’est pas la grande forme et c’est dommage, car il y a du soleil, et il chauffe un peu. Mirali le tadjik est venu déneiger, grâce au Ciel



On m’a adressé un article que répercute l’inénarrable site « Parlons d’orthodoxie », dont la russophobie fantasmagorique se cherche toujours de nouveaux aliments.  Il y est question d’un prêtre va-t-en guerre, d’où on en conclut que toute l’Eglise russe lui emboîte le pas, et que le gouvernement « retourne à la période bolchevique ». On peut sans doute trouver un prêtre va-t-en guerre, ou stalinien, on trouve de tout dans la nature. Mais d’abord, dans quelles intentions a été écrit cet article, et quelle est la part de vérité qu’il contient ? il a été sélectionné pour son contenu, qui correspond aux préjugés de « Parlons d’orthodoxie ». Pour moi, si je pense qu’il y a quelque chose de bolchevique dans tout ça, c’est bien la façon dont traite l’Eglise Ukrainienne la bande d’oligarques juifs aux gardes néonazis qui entourent Zelinski et Zelinski lui-même. Plus les trotskistes et affiliés qui, chez nous, justifient ces exactions et taisent tout ce qui peut porter à la conscience des foules qu’on se fout de leur gueule. J’ai connu comme cela un type à Moscou qui tout le temps qu’il y a vécu, n’a fait qu’y chercher ce qui correspondait à la grille de lecture de Libé. Autour de moi, à Pereslavl-Zalesski, je ne ressens rien ce ce que suggère cet article. Le sujet de la guerre n’est pas évoqué à l’église. Notre évêque est au dessus de la mêlée, ses prêtres également. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’iront pas bénir un régiment ou une fête militaire, ce qui se fait en Russie depuis la nuit des temps, et se faisait aussi en France.

On dirait qu’en France, tout le monde perd le sens commun. Une meute d’antifas vient d’assassiner à coups de pieds un jeune homme catho tradi et s’en glorifie. Cela les fait même rire. Ce sont des justiciers.  Car tous ceux qui ne pensent pas comme eux et n’ont pas les mêmes choix de société n’ont pas le droit de vivre. Cela me rappelle mes études à Vincennes, où je sentais monter cet état d’esprit, cette vindicte, cette hargne, et entendais des militants au front bas me décrire une France qui n’avait rien à voir avec celle que je connaissais et des « fachos » qui n’avaient rien à voir avec les gens de droite que j’avais vus dans ma vie, mais c’est comme avec le prof qui ne saurait voir la Russie autrement qu’à travers sa grille d’interprétation idéologique. Ces gnomes vivaient dans la caricature hystérique, la déshumanisation complète de leurs opposants, la soif enragée des tribunaux populaires, des lynchages et des éxécutions, ils avaient besoin d’un ennemi a charger de toutes leurs rancoeurs et d’une idéologie pour absoudre leur passion de la haine. Et depuis des décennies, ils se sélectionnent les uns les autres, dans les facs, les écoles et pratiquement tous les domaines de la culture, brassant le même genre de discours, de slogans, d'hallucinations, de clichés politiques justificateurs et d'appels au meurtre. On dirait que leur heure est à présent venue de se révéler pleinement a la population stupéfaite... 

Je suppose que néanmoins, leur sympathie va, en Ukraine, au champion de la mouvance trotskyste Zelenski et qu’ils ne voient pas les croix gammées du petit homme vert. Du reste, les néonazis d’Ukraine ont beaucoup de points communs avec eux ; à commencer par les maîtres qu’ils servent, la caste pourrie qui met le monde à feu et à sang. Dans ma jeunesse, j’ai connu une dame fasciste, philosophiquement et politiquement, qui venait du trotskisme, un itinéraire qui ne m’étonne pas du tout. Devant les petits singes qui ont exécuté ce pauvre garçon, je pense à ceux qui, à Odessa, ont brûlé vifs les prorusses dans la maison des syndicats. Aux discours de haine forcenée qu’on lisait alors dans les commentaires ukrainiens, et qui me révulsaient, alors que les commentaires russes ou séparatistes restaient mesurés et stupéfaits. Voilà ce qui arrive quand on tombe dans cette pensée systématique sectaire délirante que j'ai toujours détestée. Cela fait peur. Et ceux qui jouent avec ça sont impardonnables.

C’est justement ce qu’on fait en France, et quand je vois l’abîme de malheur où l’Ukraine a plongé, cela me serre le coeur. Les « gauchistes », ou disons les antifas, restent les mêmes que de mon temps, haineux, mesquins, moches, des créatures hululantes qui ne cherchent qu’à massacrer en bande sous le moindre prétexte. Ils couvrent de boue la victime qu’ils ont tabassée jusqu’à la mort, et dont la physionomie, puis le témoignage de l’avocat des parents, ne correspondent absolument pas au néonazi brutal qu’ils représentent. Un étudiant en mathématiques, qui lisait l’Iliade et l’Odyssée à dix ans, qui aimait les livres, comme moi, un petit gabarit, qui avait voulu protéger les filles de Nemesis... Ils crient qu’on minimise toujours les exactions de « l’extrême-droite » ; Mais ce que j’ai vu toute ma vie, c’est le contraire: une immense complaisance pour l’extrême gauche, et l’oppression de « l’extrême droite »,  dont je n’ai jamais compris ce qu’elle avait de si extrême, à part peut-être quelques excités que je n’ai jamais rencontrés, c’étaient des gens normaux qui tenaient à leur pays et faisaient preuve d’un réalisme goguenard, en face de créatures surexcitées. Je n’ai jamais rien vu d’extrême en France, d’une manière générale. A part la gauche.

Je me demande pourtant pourquoi les filles de Nemesis, dont je comprends au départ le combat, ne se contentent pas de le poursuivre, au lieu d'aller faire de la provocation aux meetings de LCI sur la Palestine.  Ce qui me chagrine, c’est la collusion entre la droite et le sionisme, le soutien apporté, par haine systématique de toute espèce de musulman, au massacre inqualifiable des Palestiniens.  C’est ce qui s’appelle ne pas voir plus loin que le bout de son nez, car si la France ne devrait pas devenir un territoire d’invasion, elle ne devrait pas non plus être gouvernée par un pays transversal à tous les autres qui contrôle tous nos organes politiques et toute notre presse, et commence à dire que les juifs ont fait la France, comme Van der Layen proclame que les valeurs européennes sont celles du Talmud. Ces gens de droite s’imaginent avoir des choses en commun avec ces sionistes qui nous détestent, uniquement parce qu’ils portent des costars cravates  et des tailleurs Channel plutôt que des burkas ou des keffieh. Mais ce n’est pas pour nous qu’ils roulent, j’en suis bien persuadée. De même que Zelenski se fout éperdument de la population ukrainienne, qu’elle soit néonazie, orthodoxe ou néo-stalinienne, et comme en Ukraine, d’ailleurs, on joue les uns contre les autres. Or ce qu’il faudrait c’est arrêter de nous taper dessus pour nous délivrer de ceux qui nous ont mis dans cette situation. Il y a des gens de gauche qui n’ont pas la mentalité du gauchiste enragé et qui le comprennent très bien, parce qu’ils ne sont pas sectaires. Au moment du maïdan, Olivier Rabache m’avait proposé de faire une page de défense du Donbass sur la base d’une grande réconciliation idéologique, mais s’il jouait le jeu et moi aussi, les autres restaient trop souvent prisonniers de leurs préjugés en béton armé. J’ai vu d’ailleurs qu’à côté du gauchiste ou du communiste fanatique et haineux, il y avait aussi le droitard limité qui ne voyait pas qui servaient les « nationalistes » ukrainiens bardés de croix gammées. Pour les uns, j’étais une fasciste, pour les autres une bolchevique. Mais je n’ai jamais pu fonctionner dans le systématique. Si je défendais le Donbass, c’était que sa cause était juste, que ses habitants soient orthodoxes, communistes ou les deux, ils avaient en tous cas un comportement beaucoup plus sympathique que ceux de leurs compatriotes qui se réjouissaient du barbecue d'Odessa ou mangeaient dans les boîtes de nuit des gâteaux en forme de bébés russes. Si je défends les Palestiniens aujourd’hui, ce n’est pas par amour de l’islam ou sympathie « islamo-gauchiste » mais parce que leur cause est juste, et qu’on agit envers eux d’une façon ignoble. Que, de plus, ces Arabes-là, parfois chrétiens, n’ont pas envie de venir nous casser les pieds en France, ils veulent rester chez eux, je ne vois donc pas en quoi ils nous dérangent. Je suis pour qu’ils y restent et qu’on les laisse vivre en paix. Et enfin, qui nous a vendu l’immigration, traitant ceux  qui s’y opposaient de racistes, qui a fondé SOS racisme, qui a organisé les norias de bateaux qui nous apportaient les futurs gardes rouges venus maintenant hurler  dans les interphones « mort aux blancs » ?  Ca commence à bien faire, la manipulation permanente. En fait, le plan c’est peut-être juste une bonne grosse dictature numérique avec une "aristocratie" judéo-maçonnique propre sur elle et bien impitoyable, qui fera suer le burnous à la foule de débiles restés sur place, quand elle aura détruit tous les Français sains et libres d’esprit...

Il se peut du reste que la caste, après avoir utilisé ce public d'idiots utiles, ait décidé de s’en débarrasser. Une guerre civile ferait tuer les uns par les autres, comme en Ukraine. Et permettrait de tout cadenasser sous la botte. Tout cela n'est pas bien réjouissant. Du coup, les révélations sur la pieuvre Epstein passent opportunément à l'arrière-plan de l'actualité tonitruante, les malheureux éleveurs, auxquels va toute ma sympathie, de même.                  


vendredi 13 février 2026

Timonia

 


Ce matin, je vois un article ignoble où l’on accuse Moscou d’utiliser l’Orthodoxie pour faire la guerre à l’Ukraine. C’est exactement le contraire qui a lieu, et c’est en place depuis bien longtemps, l’autocéphalie bidon bricolée par le patriarche Bartholomée avec la CIA n’ayant servi qu’à déclencher une persécution sans précédent de la véritable Eglise ukrainienne. J’en ai parlé depuis 2018, dans l’indifférence hypocrite de la plupart, et les voilà qui, la bouche en cul de poule, font à présent des considérations sur l’utilisation politique de l’Eglise... Un peu plus tard, je vois encore un général Boum-boum de la secte proclamer que les Russes forcent les gens à aller au front, les attrapent dans la rue, les attachent aux arbres, ce qui est pratiqué en Ukraine depuis des temps, sans que les médias occidentaux aient jamais daigné en parler. En fait, il faut inverser tout ce que ces immondices racontent sur le conflit pour comprendre ce qui se passe. Cela s’appelle remettre les choses à l’endroit. La publication du dossier Epstein fait du bruit, mais pas autant que ne le réclamerait l’ampleur des crimes et des manipulations. Les parasites de la caste se hâtent d’accuser les Russes. On a beau prononcer Epstein « Epstine » pour faire plus russe, un internaute remarque avec justesse que la plupart des gens impliqués ne sont pourtant pas vraiment slaves...J’ai lu un échange de mail entre cet individu et un de ses clients. D’après ce dernier, la petite fille violée qu’il utilise affirme que Jésus se tient à côté d’elle, pendant que tout cela se produit, et qu’il la sauvera. Et l’autre démon lui répond : « Déguise-toi en Jésus, alors... »

Je pense que de telles choses ne pourront pas être pardonnées.

 Je suis allée, comme chaque année, montrer patte blanche au service d’immigration. Maintenant, je m’y sens presque chez moi. La juriste Tatiana qui prépare la visite en rédigeant le formulaire a écouté avec stupeur ce que je lui racontais sur Jacques Baud, enfermé en Belgique sans aucune possibilité de rentrer en Suisse ni d’avoir accès à ses comptes, nourri par les voisins, et cela sans aucun procès. Ou sur Xavier Moreau, moins impacté, parce que résidant en Russie. « Eh bien, m’a-t-elle dit, dans quel monde vivons-nous, vraiment ! »

Aujourd’hui tempête de neige et j’avais promis à Katia d’aller chez elle pour le stage de danse russe « Timonia » qu’elle organisait. Je pouvais donc difficilement me défiler, mais je n’en menais pas large, j’avais peur de me retrouver en rade dans une congère, sur le bord de la route.

Le village et son église me sont apparus au détour de la route, complètement fantasmatiques dans le soir neigeux. C’était assez glissant, et près de chez Katia, j’avais peur de rester enlisée, ce qui a bien failli m’arriver.


 Sa maison me fait penser à celle des trois ours ; elle est juste de la bonne taille, chaleureuse, toute en bois, avec son gros poêle, sur lequel se perche le chat Kossia, ravi de son nouveau logis. Mais j’ai compris que je n’avais pas intérêt à acheter la maison voisine, c’est-à-dire que matériellement si, cela dégagerait la mienne que je pourrais louer cher, mais je suis trop vieille pour affronter les éléments déchaînés, en plus des travaux et du déménagement. Cependant, je serais plus jeune, je le ferais, car il faut fuir les villes et s’assurer une autonomie alimentaire, de nos jours. Avoir des légumes, des poules, et même des chèvres ou des vaches. 

J’ai su que Skountsev et sa famille ne cessaient d’animer des noces et des « master classes », le folklore est à la mode. Et chez Katia, pratiquement toutes ses copines étaient venues apprendre les rudiments de la danse « Timonia » de la région de Koursk, récemment martyrisée par les Ukrotaniens, qui possède une des plus belles traditions du pays. A vrai dire, j’y étais surtout pour soutenir la cause, car je suis un peu vieille pour apprendre à danser, bien qu'une jeune femme m'aie félicité de le faire: "Laurence, vous m'épatez! Vous réalisez le nombre de connections neuronales nouvelles qui s'opèrent chez vous, avec tout ce que vous faites? Vous allez nous faire une centenaire..." 


 


C’était très gai et très joli, et puis il y avait une petite fille attachante, Macha, qui chantait bien et participait si volontiers que j’ai engagé sa mère à la soutenir dans cette voie. Katia avait commandé le dîner chez une amie, Xénia, qui a trouvé cette façon de gagner sa vie et cuisine remarquablement bien. De sorte que nous nous sommes toutes retrouvées à table, et la folkloriste venue enseigner a joué de la balalaïka, tandis que l’assistance chantait des tchastouchki. Au milieu de la fête est arrivée la vieille voisine, « tante Zoïa », qui apporte régulièrement des pirojki à Katia et venait chercher sa petite-fille  Polina. Tante Zoïa est ravie d’avoir une nouvelle voisine qui vit au village à demeure. Il ne manque plus que Fédia, je prie le Ciel pour qu’il revienne.








Photos Anna Panikhina

samedi 7 février 2026

Chez Ania

 


Il y a quelques jours, un ami foncièrement incroyant m'envoie un message oral: « Tu sais, Lolo, j’ai failli mourir, il y a trois semaines. Je me suis endormi au volant, mais je me suis retrouvé miraculeusement sur la route, après en être sorti. J’ai vu une grande lumière, et j’ai entendu une voix féminine me dire : « Je te sauve cette fois, pour que tu cesses désormais de ne t’occuper que de toi-même et te tournes un peu vers les autres ». Depuis, je ne suis plus la même personne. Je vais même à l’église. C'est très étrange. En fait, tout cela est si simple et si évident, et je passais à côté sans m'en apercevoir.»

Sachant l’état intérieur dans lequel se trouvait la personne en question depuis de nombreuses années, c’est un véritable miracle, et il me semble qu’il ne lui était pas seulement destiné, mais qu’il me concerne aussi, car j’étais dans une période de doute, de fatigue spirituelle et morale. Mais une autre de mes proches à qui j'en parlais mettait l'expérience sur le compte du choc nerveux provoqué par l'accident, il me semble que les Français ont été amputés de ce sens spirituel qui permet d'appréhender l'aspect mystérieux et sacré du monde. Enfin, jusqu'à ce qu'ils s'endorment au volant, et soient sauvés par une grande lumière et une voix féminine, ce qui n'arrive pas tous les jours. Toute ma vie, j’ai buté contre cette incroyance foncière chez mon entourage. Dany me dit que certains verraient le Christ devant eux qu'ils n'y croiraient encore pas. Le père Barsanuphe m'expliquait autrefois qu'après la mort, on avait une chance, quand on rencontrait le Christ, de L'accepter et de Le rejoindre, ou bien de s'en détourner, encore faut-il être prêt à Le choisir. J'ai rapporté un jour cela au père d'Ania, communiste scientifique incroyant, qui me parlait de son incapacité à envisager l'au-delà. "Grigori Borissovitch, votre fille prie pour vous. Et puis si vous voyez le Christ après votre mort, vous L'accepterez? 

- Ah si je Le vois,oui!"

Mais peut-être qu'on n'est pas toujours en mesure de Le voir ou d'admettre qu'on Le voit.



Nous sommes allées, Katia et moi-même, chez Ania Ossipova. Sa maison est de plus en plus charmante, et celle qu’elle a aménagé pour la louer aussi. Elle décore tout elle-même, dans le style populaire russe, avec une note personnelle, et transforme son environnement en conte de fées ou en douillet intérieur de marchand ou de paysan aisé. De plus, elle cuisine merveilleusement bien, c’est un être de poésie, de lumière et de bonté, et son mari ressemble à Aliocha Karamazov. A l’extérieur, la neige cache toutes les disgrâces, unifie les toitures criardes qui jurent entre elles sous un manteau blanc homogène et moelleux, les arbres croulent sous des cargaisons bleues, dorées et scintillantes, le ciel d’azur se coule dans les recoins ombreux.  Et cela concerne aussi Pereslavl en son entier, transfiguré par d’épais et éblouissants dépôts qui enveloppent, effacent, purifient, illuminent.


Ania nous a raconté la façon mystique dont elle a rencontré Dima, et aussi comment elle en est venue à la foi chrétienne, que dans sa prime jeunesse, elle méprisait, malgré son attirance pour l’ancienne Russie et l’art populaire. Maintenant, on a l’impression, devant elle, de voir une pieuse femme issue d’un roman de Dostoiveski ou de Tolstoï.

Katia nous a parlé de sa maison. De son lit, par la porte vitrée de sa chambre qui donne sur sa terrasse, sur le jardin, et les champs à perte de vue, elle voit se lever le soleil. Le chat a adopté avec bonheur le gros poêle russe de la cuisine, où il se chauffe les pattes. Je n’osais pas lui parler de Fédia, mais Ania l’a fait. « Il est en vie, répond Katia, et tant qu’il est en vie, je l’attends ».

J'espère avoir encore un peu de vie devant moi pour profiter, en dépit du contexte apocalyptique, de quelques beaux hivers féeriques, comme celui-ci, de quelques printemps lumineux, et de la vie que je mène ici, dans cet ilot lointain, avec tous ces amis qui m'entourent. Car au retour de cette journée avec ces deux jeunes femmes, dans le décor créée au milieu des bois par l'âme claire et enfantine d'Ania, je me sentais merveilleusement bien.





J'ai eu la visite de journalistes venus m'interviewer et une partie se passait en direct. Il se trouve que les gousli sont à la mode maintenant, et d'une façon générale, les instruments populaires russes. Ils faisaient donc une émission là dessus et s'apprêtaient à rencontrer des amateurs à Iaroslavl. J'ai beaucoup insisté sur le fait que n'importe qui pouvait s'y mettre, qu'autrefois toute la Russie chantait, jouait et dansait, que c'était une fonction naturelle et très épanouissante de l'être humain, que cela rendait les enfants intelligents et coopératifs. Ce qui est valable pour n'importe quel peuple. Transmettez votre folklore aux enfants, ceux qui l'ont conservé. Vous leur donnerez quelque chose d'inestimable. Des anticorps contre la laideur, la sottise, la confusion mentale de la fin des temps.

Il paraît que Skountsev, à cet égard, est très demandé, maintenant, on l'invite partout pour animer des noces, avec son fils Fédia.

Au café, Gilles se plaignait de l'inflation, et aussi des augmentations arbitraires sur le gaz, l'électricité et l'essence, résultat des privatisations opérées par l'infect Tchoubaïs, unaniment haï par les Russes et parti en Israël au début de l'intervention au Donbass. Entre ceux qui font marcher ces entreprises et le consommateur se sont infiltrés des parasites qui prennent leur gratte, et réfrènent mal leur cupidité. C'est pourquoi je suis favorable à une nationalisation de tout cela, ainsi que des banques. Cela calmerait bien des requins.

Dans leur nuisance et leur stupidité inlassables, les médias occidentaux s’affairent à faire rejaillir le scandale Epstein sur les Russes, accusant le misérable individu d’avoir été un espion du KGB, ce qui est fantasmagorique, en revanche, son affiliation au Mossad ne fait guère de doute, et les ramifications mafieuses avec l’Ukraine de Zelenski, les usines à bébés, le trafic d’enfants et d’organes... Céline disait déjà dans les années trente que Staline avait le dos large. Et maintenant, c’est Poutine. Le pire est que par idéologie, conformisme, bêtise, un certain nombre de mougeons marche encore dans cette combine. Il est très dur de renoncer à ses idées toutes faites, d’autant plus quand on n’en a pas beaucoup, l'endoctrinement sectaire devient consubstantiel à sa victime, comme on le voit dans Tartuffe

Parallèlement, le patriarche Bartholomée vient semer la zizanie en Serbie, en donnant l'autocéphalie à l'Eglise de Macédoine, comme il l'a fait en Ukraine, et dans les pays baltes. Cet agent inlassable de l'empire anglo-sioniste et de la franc-maçonnerie s'agite vraiment de tous les côtés, d'ailleurs c'est leur marque de fabrique, à tous, une espèce d'agitation vibrionnante malsaine. Pourtant, s'il avait, dit-on, un contentieux à régler avec le patriarche Cyrille, ce n'est sans doute pas le cas avec le patriarche serbe, à moins qu'il ne trouve plus de langage commun qu'avec le pape de Rome?

Je ne crois absolument pas à l'oecuménisme, qui est une machine à détruire les religions impliquées pour en faire un salmigondis qui ne sauvera plus personne. En revanche, bien que l'ami dont j'ai parlé plus haut aille dans une paroisse catholique, je ne m'en fais pas pour lui, car Dieu agit avec ce qu'Il a sous la main et que dès que trois personnes sont réunies en Son nom, Il est au milieu d'elles. Le père Valentin m'a dit un jour que quelque soit la confession d'un individu, s'il meurt au nom du Christ, il va droit au paradis. Et je crois que dans les derniers temps, il y aura un peu partout, et dans toutes les Eglises, des gens qui Lui seront proches et fidèles, tandis que d'autres écouteront les joueurs de flûte et iront se noyer à leur suite dans le lac de feu.





💬 Piotr Tolstoï 🇷🇺 à propos du scandale Jeffrey Epstein 🇺🇸. 

🔶 Quelques mots concernant la publication des dossiers Jeffrey Epstein. Non pas pour m'attarder sur cette immondice, mais pour récapituler certains points.

🔶 Fin 2012, la loi dite « Dima Yakovlev » a été adoptée, interdisant l'adoption d'orphelins russes par des citoyens américains. Vous souvenez-vous du flot d'accusations ? Le public libéral, se croyant omniscient, a crié au scandale sans relâche, dénonçant la cruauté infligée à ces pauvres enfants, privés de la possibilité de partir vivre dans un pays merveilleux.

🔶 Plus tard, en 2014, la Douma a interdit l'adoption d'enfants par les citoyens de pays autorisant le changement de sexe. Je le rappelle, ces pays comptent parmi les pays du monde occidental « progressiste ».

🔶 C'est avec beaucoup de difficulté, et ce fut effectivement le cas, que l'exportation de bébés russes a été stoppée. Désormais, nos enfants ne finiront plus dans des bordels, ne seront plus mutilés par des chirurgiens sans scrupules, ni tués par des pédophiles sadiques. Aujourd'hui, les « larmes de crocodile » des libéraux traîtres face au sort des pauvres orphelins semblent bien différentes.

🔶 L'expérience a démontré que la Russie agit de façon irréprochable. Certes, nous ne pouvons influer sur l'ampleur et la profondeur du déclin des élites occidentales. Mais nous avons le pouvoir de nous protéger, nous et nos enfants.

Via Angelina Siard ici : https://www.facebook.com/share/p/1F8GYyBFFZ/