J’ai vu un reportage d’un
média de grand chemin sur la marche blanche en l’honneur du jeune Quentin. En
dépit du grand désir de tous, elle s’est passée sans aucun débordement, les
débiles d’extrême gauche et les salopards qui les cravachent voient des
néonazis dans un public BCBG et catho tradi, mais jamais dans les
impressionnantes manifs aux flambeaux ukrainiennes avec croix gammées et runes
du loup, crânes rasés et tatoués. Cependant, le journaleux de service, ignare et endoctriné comme il se doit, aperçoit
tout-à-coup le symbole christique des deux lettres grecques entrelacées XP, et
saute là dessus : « C’est un « chrisme », le symbole que « l’extrême
droite » substitue maintenant aux croix celtiques ! »
Lui-mêmene sait sans doute rien de ce
que signifient ces lettres, ni de ce que représente le Christ, il sait juste
que « le mal vient des religions » ; c’est ce qu’on lui a appris
à l’école, et il s’adresse à un public tout aussi décérébré que lui. Je pense
que bientôt, le signe de croix sera l’équivalent d’un salut nazi et vaudra aux malheureux qui s'y risqueront de se prendre de grands coups de lattes dans la gueule. On n'arrête pas la démocratie... Ici, je me signe, comme beaucoup de gens, chaque fois que je dépasse une église, et le fameux "chrisme" s'étale sur bien des icônes, bannières ou chasubles, comme à l'aube de la chrétienté.
J’ai vu aussi une vieille
conne de mon âge que j’ai pu peut-être croiser dans mon jeune temps à
Vincennes, sous forme de féministe crasseuse et vociférante au cheveu gras, l’insulte
et l’écume aux lèvres, bien fait pour le nazillon hurlait-elle sur tous les
tons. J'ai songé avec répulsion que le boomer n'avait pas bien vieilli. C'est une ambiance qui sent la tricoteuse dépoitraillée et le sans-culotte
ricanant, le lynchage de la princesse de Lamballe n’est pas loin. Je pense avec
consternation aux proches de ce garçon qui non seulement l’ont perdu de cette façon
horrible, mais en plus doivent supporter ce déchaînement de méchanceté stupide
et de vilenie nauséabonde. Je pensais aussi à tout ce que j’ai subi moi-même dans
le genre depuis la fac de Vincennes jusqu’au lycée français. Dany a raison de
dire que deux cents ans, ce n’est pas beaucoup, et que l’affreux processus de
1789 ne fait que se poursuivre, d’ailleurs, toute la caste misérable qui nous
gouverne s’en revendique constemment.
Je vais mieux, je retrouve
même l’appétit, hélas. J'ai perdu trois kilos dans l'affaire, au lieu de me régaler de crêpes pendant la maslenitsa. Demain commence le carême, et tout mon être le refuse, je suis butée des quatre fers.
Depuis que je suis tombée malade, je n’arrivais plus à prier. On dit que la
maladie, spirituellement, c’est parfait, eh bien pas pour moi. Je ne suis pas
allée à l’office du Pardon, ce soir, parce que je crains encore de sortir et
aussi de contaminer les autres. A tous ceux qui peuvent se sentir concernés, je
demande pardon de ce que j’ai pu leur faire ou ne pas leur faire. J’en ai assez des efforts. Me battre avec ma maison au pays des neiges presque
éternelles me paraît en soi un carême et un exploit spirituel pas toujours à ma
mesure. J’ai passé la journée à nettoyer derrière les animaux et à ramasser l’eau
dans le corridor d’accès, décoré de stalactites de glaces qui commencent à
fondre et ruisseler. Mon toit est recouvert d’une véritable banquise, je n’ose penser à ce
que va donner le dégel quand il va se déclencher vraiment. En attendant, le soleil radieux joue avec la tempête tourbillonnante, de longs voiles de flocons claquent au vent aigre et coupant, puis cèdent la place à une immense lumière qui vient sur des chemins bleus.
A la séance de folklore, chez
Katia, j’ai contracté la grippe, et elle aussi. Je suppose que ce sont les
petites filles qui nous l’ont refilée, car chaque fois que j’ai la grippe,
c’est après avoir vu des enfants. Ils vont à l’école, l’école est un bouillon
de culture. Dans le temps, j’avais très rarement la grippe, mais plus
maintenant. J'ai de la température, et puis
mal à la tête, à la gorge, je coule de partout, les yeux, le nez... Comme dit
Anne, les enfants sont un danger pour les adultes !
Hier, j’ai vu les oiseaux
voleter autour de leur bouteille vide avec affolement et je suis quand même
sortie les nourrir. Le jardin avait son air du mois de mars, neige souillée,
crottes de chiens... Puis la tempête s’est levée, et je voyais passer
des tourbillons fantômatiques dans le vent aigre. Il est tombé tellement de neige que les tranchées que j'avais creusées avaient pratiquement disparu. Mais je ne pouvais pas aller nettoyer, j’étais trop mal, et j'avais peur de prendre froid...
Gilles m’a envoyé Vitalina,
avec des provisions, des médicaments, et des gâteaux du café que je n’ai même
pas pu encore manger, ça coince... Je suis vraiment dorlotée par le café
français. Aujourd’hui, la fièvre est tombée mais ce n’est pas la grande forme et c’est dommage, car il y a du soleil, et il chauffe un peu. Mirali le tadjik est venu déneiger, grâce au Ciel
On m’a adressé un article que
répercute l’inénarrable site « Parlons d’orthodoxie », dont la
russophobie fantasmagorique se cherche toujours de nouveaux aliments.Il y est question d’un prêtre va-t-en guerre,
d’où on en conclut que toute l’Eglise russe lui emboîte le pas, et que le
gouvernement « retourne à la période bolchevique ». On peut sans
doute trouver un prêtre va-t-en guerre, ou stalinien, on trouve de tout dans la
nature. Mais d’abord, dans quelles intentions a été écrit cet article, et
quelle est la part de vérité qu’il contient ? il a été sélectionné pour
son contenu, qui correspond aux préjugés de « Parlons d’orthodoxie ».
Pour moi, si je pense qu’il y a quelque chose de bolchevique dans tout ça,
c’est bien la façon dont traite l’Eglise Ukrainienne la bande d’oligarques
juifs aux gardes néonazis qui entourent Zelinski et Zelinski lui-même. Plus les
trotskistes et affiliés qui, chez nous, justifient ces exactions et taisent tout ce qui
peut porter à la conscience des foules qu’on se fout de leur gueule. J’ai connu
comme cela un type à Moscou qui tout le temps qu’il y a vécu, n’a fait qu’y
chercher ce qui correspondait à la grille de lecture de Libé. Autour de moi, à
Pereslavl-Zalesski, je ne ressens rien ce ce que suggère cet article. Le sujet
de la guerre n’est pas évoqué à l’église. Notre évêque est au dessus de la
mêlée, ses prêtres également. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’iront pas bénir
un régiment ou une fête militaire, ce qui se fait en Russie depuis la nuit des
temps, et se faisait aussi en France.
On dirait qu’en France, tout
le monde perd le sens commun. Une meute d’antifas vient d’assassiner à coups de
pieds un jeune homme catho tradi et s’en glorifie. Cela les
fait même rire. Ce sont des justiciers. Car tous ceux qui ne pensent pas comme
eux et n’ont pas les mêmes choix de société n’ont pas le droit de vivre. Cela
me rappelle mes études à Vincennes, où je sentais monter cet état d’esprit,
cette vindicte, cette hargne, et entendais des militants au front bas me décrire
une France qui n’avait rien à voir avec celle que je connaissais et des
« fachos » qui n’avaient rien à voir avec les gens de droite que
j’avais vus dans ma vie, mais c’est comme avec le prof qui ne
saurait voir la Russie autrement qu’à travers sa grille d’interprétation
idéologique. Ces gnomes vivaient dans la caricature hystérique, la
déshumanisation complète de leurs opposants, la soif enragée des tribunaux
populaires, des lynchages et des éxécutions, ils avaient besoin d’un ennemi a charger de toutes leurs rancoeurs et d’une idéologie pour absoudre leur passion de la haine. Et depuis des décennies, ils se sélectionnent les uns les autres, dans les facs, les écoles et pratiquement tous les domaines de la culture, brassant le même genre de discours, de slogans, d'hallucinations, de clichés politiques justificateurs et d'appels au meurtre. On dirait que leur heure est à
présent venue de se révéler pleinement a la population stupéfaite...
Je suppose que néanmoins, leur
sympathie va, en Ukraine, au champion de la mouvance trotskyste Zelenski et
qu’ils ne voient pas les croix gammées du petit homme vert. Du reste, les
néonazis d’Ukraine ont beaucoup de points communs avec eux ; à commencer
par les maîtres qu’ils servent, la caste pourrie qui met le monde à feu et à
sang. Dans ma jeunesse, j’ai connu une dame fasciste, philosophiquement et
politiquement, qui venait du trotskisme, un itinéraire qui ne m’étonne pas du tout. Devant
les petits singes qui ont exécuté ce pauvre garçon, je pense à ceux qui, à
Odessa, ont brûlé vifs les prorusses dans la maison des syndicats. Aux discours
de haine forcenée qu’on lisait alors dans les commentaires ukrainiens, et qui
me révulsaient, alors que les commentaires russes ou séparatistes restaient
mesurés et stupéfaits. Voilà ce qui arrive quand on tombe dans cette pensée
systématique sectaire délirante que j'ai toujours détestée. Cela fait peur. Et ceux qui jouent avec ça
sont impardonnables.
C’est justement ce qu’on fait en France, et quand je vois l’abîme de malheur où l’Ukraine a plongé, cela me
serre le coeur. Les « gauchistes », ou disons les antifas, restent
les mêmes que de mon temps, haineux, mesquins, moches, des créatures hululantes
qui ne cherchent qu’à massacrer en bande sous le moindre prétexte. Ils couvrent
de boue la victime qu’ils ont tabassée jusqu’à la mort, et dont la physionomie, puis
le témoignage de l’avocat des parents, ne correspondent absolument pas au
néonazi brutal qu’ils représentent. Un étudiant en mathématiques, qui lisait
l’Iliade et l’Odyssée à dix ans, qui aimait les livres, comme moi, un petit gabarit, qui avait voulu protéger les filles de Nemesis... Ils crient
qu’on minimise toujours les exactions de « l’extrême-droite » ;
Mais ce que j’ai vu toute ma vie, c’est le contraire: une immense complaisance pour l’extrême
gauche, et l’oppression de « l’extrême droite »,dont je n’ai jamais compris ce qu’elle avait
de si extrême, à part peut-être quelques excités que je n’ai jamais rencontrés,
c’étaient des gens normaux qui tenaient à leur pays et faisaient preuve d’un
réalisme goguenard, en face de créatures surexcitées. Je n’ai jamais rien vu
d’extrême en France, d’une manière générale. A part la gauche.
Je me demande pourtant pourquoi les filles de Nemesis, dont je comprends au départ le combat, ne se contentent pas de le poursuivre, au lieu d'aller faire de la provocation aux meetings de LCI sur la Palestine. Ce qui me
chagrine, c’est la collusion entre la droite et le sionisme, le soutien
apporté, par haine systématique de toute espèce de musulman, au massacre inqualifiable des Palestiniens.
C’est ce qui s’appelle ne pas voir plus loin que le bout de son nez, car si la
France ne devrait pas devenir un territoire d’invasion, elle ne devrait pas non
plus être gouvernée par un pays transversal à tous les autres qui contrôle tous
nos organes politiques et toute notre presse, et commence à dire que les juifs ont fait la France, comme Van der Layen proclame que les valeurs européennes
sont celles du Talmud. Ces gens de droite s’imaginent avoir des choses en
commun avec ces sionistes qui nous détestent, uniquement parce qu’ils portent
des costars cravateset des tailleurs
Channel plutôt que des burkas ou des keffieh. Mais ce n’est pas pour nous qu’ils roulent, j’en suis bien persuadée.
De même que Zelenski se fout éperdument de la population ukrainienne, qu’elle
soit néonazie, orthodoxe ou néo-stalinienne, et comme en Ukraine, d’ailleurs,
on joue les uns contre les autres. Or ce qu’il faudrait c’est arrêter
de nous taper dessus pour nous délivrer de ceux qui nous ont mis dans cette situation. Il y a des gens de gauche qui n’ont pas la mentalité du gauchiste enragé et qui
le comprennent très bien, parce qu’ils ne sont pas sectaires. Au moment du
maïdan, Olivier Rabache m’avait proposé de faire une page de défense du Donbass
sur la base d’une grande réconciliation idéologique, mais s’il jouait le jeu et
moi aussi, les autres restaient trop souvent prisonniers de leurs préjugés en
béton armé. J’ai vu d’ailleurs qu’à côté
du gauchiste ou du communiste fanatique et haineux, il y avait aussi le
droitard limité qui ne voyait pas qui servaient les « nationalistes »
ukrainiens bardés de croix gammées. Pour les uns, j’étais une fasciste, pour
les autres une bolchevique. Mais je n’ai jamais pu fonctionner dans le
systématique. Si je défendais le Donbass, c’était que sa cause était juste, que
ses habitants soient orthodoxes, communistes ou les deux, ils avaient en tous cas un comportement beaucoup plus sympathique que ceux de leurs compatriotes qui se réjouissaient du barbecue d'Odessa ou mangeaient dans les boîtes de nuit des gâteaux en forme de bébés russes. Si je défends les
Palestiniens aujourd’hui, ce n’est pas par amour de l’islam ou sympathie « islamo-gauchiste »
mais parce que leur cause est juste, et qu’on agit envers eux d’une façon
ignoble. Que, de plus, ces Arabes-là, parfois chrétiens, n’ont pas envie de
venir nous casser les pieds en France, ils veulent rester chez eux, je ne vois donc pas en quoi ils nous dérangent. Je suis
pour qu’ils y restent et qu’on les laisse vivre en paix. Et enfin, qui nous a vendu
l’immigration, traitant ceux qui s’y
opposaient de racistes, qui a fondé SOS racisme, qui a organisé les norias de
bateaux qui nous apportaient les futurs gardes rouges venus maintenant hurler dans les interphones « mort aux blancs » ?Ca commence à bien faire, la manipulation
permanente. En fait, le plan c’est peut-être juste une bonne grosse dictature
numérique avec une "aristocratie" judéo-maçonnique propre sur elle et bien impitoyable, qui fera suer le burnous
à la foule de débiles restés sur place, quand elle aura détruit tous les Français sains et libres d’esprit...
Il se peut du reste que la
caste, après avoir utilisé ce public d'idiots utiles, ait décidé de s’en débarrasser. Une
guerre civile ferait tuer les uns par les autres, comme en Ukraine. Et permettrait de tout cadenasser sous la botte. Tout cela n'est pas bien réjouissant. Du coup, les révélations sur la pieuvre Epstein passent opportunément à l'arrière-plan de l'actualité tonitruante, les malheureux éleveurs, auxquels va toute ma sympathie, de même.
Ce matin, je vois un article ignoble où l’on accuse Moscou d’utiliser l’Orthodoxie pour faire la guerre à l’Ukraine. C’est exactement le contraire qui a lieu, et c’est en place depuis bien longtemps, l’autocéphalie bidon bricolée par le patriarche Bartholomée avec la CIA n’ayant servi qu’à déclencher une persécution sans précédent de la véritable Eglise ukrainienne. J’en ai parlé depuis 2018, dans l’indifférence hypocrite de la plupart, et les voilà qui, la bouche en cul de poule, font à présent des considérations sur l’utilisation politique de l’Eglise... Un peu plus tard, je vois encore un général Boum-boum de la secte proclamer que les Russes forcent les gens à aller au front, les attrapent dans la rue, les attachent aux arbres, ce qui est pratiqué en Ukraine depuis des temps, sans que les médias occidentaux aient jamais daigné en parler. En fait, il faut inverser tout ce que ces immondices racontent sur le conflit pour comprendre ce qui se passe. Cela s’appelle remettre les choses à l’endroit. La publication du dossier Epstein fait du bruit, mais pas autant que ne le réclamerait l’ampleur des crimes et des manipulations. Les parasites de la caste se hâtent d’accuser les Russes. On a beau prononcer Epstein « Epstine » pour faire plus russe, un internaute remarque avec justesse que la plupart des gens impliqués ne sont pourtant pas vraiment slaves...J’ai lu un échange de mail entre cet individu et un de ses clients. D’après ce dernier, la petite fille violée qu’il utilise affirme que Jésus se tient à côté d’elle, pendant que tout cela se produit, et qu’il la sauvera. Et l’autre démon lui répond : « Déguise-toi en Jésus, alors... »
Je pense que de telles choses ne pourront pas être pardonnées.
Je suis allée, comme chaque année, montrer patte blanche au service d’immigration. Maintenant, je m’y sens presque chez moi. La juriste Tatiana qui prépare la visite en rédigeant le formulaire a écouté avec stupeur ce que je lui racontais sur Jacques Baud, enfermé en Belgique sans aucune possibilité de rentrer en Suisse ni d’avoir accès à ses comptes, nourri par les voisins, et cela sans aucun procès. Ou sur Xavier Moreau, moins impacté, parce que résidant en Russie. « Eh bien, m’a-t-elle dit, dans quel monde vivons-nous, vraiment ! »
Aujourd’hui tempête de neige et j’avais promis à Katia d’aller chez elle pour le stage de danse russe « Timonia » qu’elle organisait. Je pouvais donc difficilement me défiler, mais je n’en menais pas large, j’avais peur de me retrouver en rade dans une congère, sur le bord de la route.
Le village et son église me sont apparus au détour de la route, complètement fantasmatiques dans le soir neigeux. C’était assez glissant, et près de chez Katia, j’avais peur de rester enlisée, ce qui a bien failli m’arriver.
Sa maison me fait penser à celle des trois ours ; elle est juste de la bonne taille, chaleureuse, toute en bois, avec son gros poêle, sur lequel se perche le chat Kossia, ravi de son nouveau logis. Mais j’ai compris que je n’avais pas intérêt à acheter la maison voisine, c’est-à-dire que matériellement si, cela dégagerait la mienne que je pourrais louer cher, mais je suis trop vieille pour affronter les éléments déchaînés, en plus des travaux et du déménagement. Cependant, je serais plus jeune, je le ferais, car il faut fuir les villes et s’assurer une autonomie alimentaire, de nos jours. Avoir des légumes, des poules, et même des chèvres ou des vaches.
J’ai su que Skountsev et sa famille ne cessaient d’animer des noces et des « master classes », le folklore est à la mode. Et chez Katia, pratiquement toutes ses copines étaient venues apprendre les rudiments de la danse « Timonia » de la région de Koursk, récemment martyrisée par les Ukrotaniens, qui possède une des plus belles traditions du pays. A vrai dire, j’y étais surtout pour soutenir la cause, car je suis un peu vieille pour apprendre à danser, bien qu'une jeune femme m'aie félicité de le faire: "Laurence, vous m'épatez! Vous réalisez le nombre de connections neuronales nouvelles qui s'opèrent chez vous, avec tout ce que vous faites? Vous allez nous faire une centenaire..."
C’était très gai et très joli, et puis il y avait une petite fille attachante, Macha, qui chantait bien et participait si volontiers que j’ai engagé sa mère à la soutenir dans cette voie. Katia avait commandé le dîner chez une amie, Xénia, qui a trouvé cette façon de gagner sa vie et cuisine remarquablement bien. De sorte que nous nous sommes toutes retrouvées à table, et la folkloriste venue enseigner a joué de la balalaïka, tandis que l’assistance chantait des tchastouchki. Au milieu de la fête est arrivée la vieille voisine, « tante Zoïa », qui apporte régulièrement des pirojki à Katia et venait chercher sa petite-fille Polina. Tante Zoïa est ravie d’avoir une nouvelle voisine qui vit au village à demeure. Il ne manque plus que Fédia, je prie le Ciel pour qu’il revienne.
Il y a quelques jours, un ami foncièrement incroyant m'envoie un message oral: « Tu sais, Lolo, j’ai
failli mourir, il y a trois semaines. Je me suis endormi au volant, mais je me
suis retrouvé miraculeusement sur la route, après en être sorti. J’ai vu une grande lumière, et j’ai
entendu une voix féminine me dire : « Je te sauve cette fois, pour que tu cesses
désormais de ne t’occuper que de toi-même et te tournes un peu vers les
autres ». Depuis, je ne suis plus la même personne. Je vais même à l’église. C'est très étrange. En fait, tout cela est si simple et si évident, et je passais à côté sans m'en apercevoir.»
Sachant l’état intérieur dans
lequel se trouvait la personne en question depuis de nombreuses années, c’est un véritable
miracle, et il me semble qu’il ne lui était pas seulement destiné, mais qu’il
me concerne aussi, car j’étais dans une période de doute, de fatigue
spirituelle et morale. Mais une autre de mes proches à qui j'en parlais mettait l'expérience sur le compte du choc nerveux provoqué par l'accident, il me semble que les Français ont été amputés de ce sens spirituel qui permet d'appréhender l'aspect mystérieux et sacré du monde. Enfin, jusqu'à ce qu'ils s'endorment au volant, et soient sauvés par une grande lumière et une voix féminine, ce qui n'arrive pas tous les jours. Toute ma
vie, j’ai buté contre cette incroyance foncière chez mon entourage. Dany me dit que certains verraient le Christ devant eux qu'ils n'y croiraient encore pas. Le père Barsanuphe m'expliquait autrefois qu'après la mort, on avait une chance, quand on rencontrait le Christ, de L'accepter et de Le rejoindre, ou bien de s'en détourner, encore faut-il être prêt à Le choisir. J'ai rapporté un jour cela au père d'Ania, communiste scientifique incroyant, qui me parlait de son incapacité à envisager l'au-delà. "Grigori Borissovitch, votre fille prie pour vous. Et puis si vous voyez le Christ après votre mort, vous L'accepterez?
- Ah si je Le vois,oui!"
Mais peut-être qu'on n'est pas toujours en mesure de Le voir ou d'admettre qu'on Le voit.
Nous sommes allées, Katia et
moi-même, chez Ania Ossipova. Sa maison est de plus en plus charmante, et celle
qu’elle a aménagé pour la louer aussi. Elle décore tout elle-même, dans le
style populaire russe, avec une note personnelle, et transforme son
environnement en conte de fées ou en douillet intérieur de marchand ou de
paysan aisé. De plus, elle cuisine merveilleusement bien, c’est un être de
poésie, de lumière et de bonté, et son mari ressemble à Aliocha Karamazov. A
l’extérieur, la neige cache toutes les disgrâces, unifie les toitures criardes
qui jurent entre elles sous un manteau blanc homogène et moelleux, les arbres
croulent sous des cargaisons bleues, dorées et scintillantes, le ciel d’azur se
coule dans les recoins ombreux. Et cela concerne aussi Pereslavl en son
entier, transfiguré par d’épais et éblouissants dépôts qui enveloppent,
effacent, purifient, illuminent.
Ania nous a raconté la façon
mystique dont elle a rencontré Dima, et aussi comment elle en est venue à la
foi chrétienne, que dans sa prime jeunesse, elle méprisait, malgré son
attirance pour l’ancienne Russie et l’art populaire. Maintenant, on a
l’impression, devant elle, de voir une pieuse femme issue d’un roman de
Dostoiveski ou de Tolstoï.
Katia nous a parlé de sa
maison. De son lit, par la porte vitrée de sa chambre qui donne sur sa terrasse,
sur le jardin, et les champs à perte de vue, elle voit se lever le soleil. Le
chat a adopté avec bonheur le gros poêle russe de la cuisine, où il se chauffe
les pattes. Je n’osais pas lui parler de Fédia, mais Ania l’a fait. « Il
est en vie, répond Katia, et tant qu’il est en vie, je l’attends ».
J'espère avoir encore un peu de vie devant moi pour profiter, en dépit du contexte apocalyptique, de quelques beaux hivers féeriques, comme celui-ci, de quelques printemps lumineux, et de la vie que je mène ici, dans cet ilot lointain, avec tous ces amis qui m'entourent. Car au retour de cette journée avec ces deux jeunes femmes, dans le décor créée au milieu des bois par l'âme claire et enfantine d'Ania, je me sentais merveilleusement bien.
J'ai eu la visite de journalistes venus m'interviewer et une partie se passait en direct. Il se trouve que les gousli sont à la mode maintenant, et d'une façon générale, les instruments populaires russes. Ils faisaient donc une émission là dessus et s'apprêtaient à rencontrer des amateurs à Iaroslavl. J'ai beaucoup insisté sur le fait que n'importe qui pouvait s'y mettre, qu'autrefois toute la Russie chantait, jouait et dansait, que c'était une fonction naturelle et très épanouissante de l'être humain, que cela rendait les enfants intelligents et coopératifs. Ce qui est valable pour n'importe quel peuple. Transmettez votre folklore aux enfants, ceux qui l'ont conservé. Vous leur donnerez quelque chose d'inestimable. Des anticorps contre la laideur, la sottise, la confusion mentale de la fin des temps.
Il paraît que Skountsev, à cet égard, est très demandé, maintenant, on l'invite partout pour animer des noces, avec son fils Fédia.
Au café, Gilles se plaignait de l'inflation, et aussi des augmentations arbitraires sur le gaz, l'électricité et l'essence, résultat des privatisations opérées par l'infect Tchoubaïs, unaniment haï par les Russes et parti en Israël au début de l'intervention au Donbass. Entre ceux qui font marcher ces entreprises et le consommateur se sont infiltrés des parasites qui prennent leur gratte, et réfrènent mal leur cupidité. C'est pourquoi je suis favorable à une nationalisation de tout cela, ainsi que des banques. Cela calmerait bien des requins.
Dans leur nuisance et leur
stupidité inlassables, les médias occidentaux s’affairent à faire rejaillir le
scandale Epstein sur les Russes, accusant le misérable individu d’avoir été un
espion du KGB, ce qui est fantasmagorique, en revanche, son affiliation au
Mossad ne fait guère de doute, et les ramifications mafieuses avec l’Ukraine de
Zelenski, les usines à bébés, le trafic d’enfants et d’organes... Céline disait
déjà dans les années trente que Staline avait le dos large. Et maintenant,
c’est Poutine. Le pire est que par idéologie, conformisme, bêtise, un certain
nombre de mougeons marche encore dans cette combine. Il est très dur de
renoncer à ses idées toutes faites, d’autant plus quand on n’en a pas beaucoup, l'endoctrinement sectaire devient consubstantiel à sa victime, comme on le voit dans Tartuffe.
Parallèlement, le patriarche Bartholomée vient semer la zizanie en Serbie, en donnant l'autocéphalie à l'Eglise de Macédoine, comme il l'a fait en Ukraine, et dans les pays baltes. Cet agent inlassable de l'empire anglo-sioniste et de la franc-maçonnerie s'agite vraiment de tous les côtés, d'ailleurs c'est leur marque de fabrique, à tous, une espèce d'agitation vibrionnante malsaine. Pourtant, s'il avait, dit-on, un contentieux à régler avec le patriarche Cyrille, ce n'est sans doute pas le cas avec le patriarche serbe, à moins qu'il ne trouve plus de langage commun qu'avec le pape de Rome?
Je ne crois absolument pas à l'oecuménisme, qui est une machine à détruire les religions impliquées pour en faire un salmigondis qui ne sauvera plus personne. En revanche, bien que l'ami dont j'ai parlé plus haut aille dans une paroisse catholique, je ne m'en fais pas pour lui, car Dieu agit avec ce qu'Il a sous la main et que dès que trois personnes sont réunies en Son nom, Il est au milieu d'elles. Le père Valentin m'a dit un jour que quelque soit la confession d'un individu, s'il meurt au nom du Christ, il va droit au paradis. Et je crois que dans les derniers temps, il y aura un peu partout, et dans toutes les Eglises, des gens qui Lui seront proches et fidèles, tandis que d'autres écouteront les joueurs de flûte et iront se noyer à leur suite dans le lac de feu.
💬 Piotr Tolstoï 🇷🇺 à propos du scandale Jeffrey Epstein 🇺🇸.
🔶 Quelques mots concernant la publication des dossiers Jeffrey Epstein. Non pas pour m'attarder sur cette immondice, mais pour récapituler certains points.
🔶 Fin 2012, la loi dite « Dima Yakovlev » a été adoptée, interdisant l'adoption d'orphelins russes par des citoyens américains. Vous souvenez-vous du flot d'accusations ? Le public libéral, se croyant omniscient, a crié au scandale sans relâche, dénonçant la cruauté infligée à ces pauvres enfants, privés de la possibilité de partir vivre dans un pays merveilleux.
🔶 Plus tard, en 2014, la Douma a interdit l'adoption d'enfants par les citoyens de pays autorisant le changement de sexe. Je le rappelle, ces pays comptent parmi les pays du monde occidental « progressiste ».
🔶 C'est avec beaucoup de difficulté, et ce fut effectivement le cas, que l'exportation de bébés russes a été stoppée. Désormais, nos enfants ne finiront plus dans des bordels, ne seront plus mutilés par des chirurgiens sans scrupules, ni tués par des pédophiles sadiques. Aujourd'hui, les « larmes de crocodile » des libéraux traîtres face au sort des pauvres orphelins semblent bien différentes.
🔶 L'expérience a démontré que la Russie agit de façon irréprochable. Certes, nous ne pouvons influer sur l'ampleur et la profondeur du déclin des élites occidentales. Mais nous avons le pouvoir de nous protéger, nous et nos enfants.
Via Angelina Siard ici : https://www.facebook.com/share/p/1F8GYyBFFZ/
Eh bien voilà, j’ai 74
balais.J’ai fêté cela hier au café, en
relativement petit comité, il y avait Gilles et Lika, Vitalina, Sacha et Liéna,
Katia et sa prof de psycho, Volodia et Mariana, qui ont bravé les éléments pour
venir, Camille et Irina qui pouvaient le faire à pied, l’Anglais Michael et sa
femme Natacha, et l’organisateur des spectacles, Génia.
J’ai été couverte de cadeaux, de fleurs et de témoignages d’affection. Vitalina m’a dit que j’étais un modèle pour elle
de joie de vivre et d’énergie, et pourtant, j’ai toujours été d’un naturel
mélancolique et plutôt contemplatif. Mais j’aime bien rigoler, c'est vrai... On dit que les
comiques sont tristes. La matouchka du père Valentin m’appelait « le clown
triste » ! Lika m’a demandé de prendre soin de ma santé, car tout le
monde désirait me garder le plus longtemps possible. Eh bien je ferai de mon
mieux, je ne suis pas encore trop pressée de partir.
Ce matin, je n’ai pas vu
Moustachon se précipiter sur la bouffe, comme tous les matins et comme tous les
autres chats, et j’étais vraiment inquiète. Il doit faire moins vingt-cinq
dehors, pas tellement le genre de température qui pousse à s’attarder dans la
nature. Je suis sortie le chercher, l’appeler, et depuis, je fais une réaction
au froid, j’éternue, je dégouline. Au bout de quelques temps, j’ai vu
Moustachon arriver dans la cuisine. Où était-il ? Peut-être dans mon
atelier, peut-être a-t-il fait, pour une fois, la grasse matinée.
A part la température polaire,
grand ciel bleu, lumière vive et surnaturelle sur des champs de neige
immaculée.
J’ai beaucoup de chance d’être
si entourée, ici. D’autant plus que je n’y ai pas de famille. Liéna nous a
raconté qu’à seize ans, étudiante styliste à Omsk, ville soviétique en béton armé dans un paysage nordique austère, elle
avait été envoyée en Italie quand les choses étaient encore relativement normales, et qu’elle
avait eu littéralement un malaise au vu de l’incroyable beauté de ce
pays : la lumière, les sites, l’architecture ancienne sublime et intacte,
les fleurs partout, éclatantes et méridionales, les restaurants et cafés, les
gens, si bien habillés, avec tant de goût, les jeunes gens dragueurs, de vraies
gravures de mode, qui lui donnaient de la « bella ragazza » à n'en plus finir. Etonnant comme nos magnifiques pays ont vite été détruits par cette bande de malfaiteurs en col blanc! Natacha me dit qu’en Angleterre, elle se sentait bien, car
les gens étaient délicats et bien élevés, mais gardait toujours l’impression
d’être une étrangère. Maintenant, c'est son mari qui est "désorienté". Moi, j’aime profondément la Russie, et quand j’étais en
France, elle me manquait grandement, avec la vie que je m’y étais créée et les
amis que j’y avais, mais la France me colle quand même au coeur, et je saigne
pour elle de la voir en de si mauvaises mains. Et puis même si je suis très
bien intégrée, j’ai aussi ce sentiment de ne pas être d’ici, de n’avoir pas
toujours les mêmes codes, ni le même arrière-plan. Et cela, alors que
l’orthodoxie fait partie de moi, que je ne pourrais l’enlever de mon âme ni
fréquenter l’Eglise catholique modernisée. Je suis les vidéos d’un éleveur en lutte,
Arnaud Poitrine, il me plaît tellement, c’est le mari que j’aurais voulu avoir
ou le fils dont j’aurais pu être fière, et j'espère qu'il ne sera pas broyé par les vampires de l'UE. Viril, pudique, courageux, digne, visiblement
un type bien, d’une certaine façon, il me rappelle mon beau-père Pedro, paysan de la Basse Drôme, qui reste, avec mon père, mon idéal masculin.
En fait, j’aurais dû me faire
instit de campagne, les paysans sont les seuls types avec qui j’aurais pu
vivre, et je crois que Pedro le voyait très bien. En dépit de mes côtés
intellos et créatifs, et peut-être même à cause d’eux, car il ne faisait pas
bon avoir ces penchants en France quand cela s’assortissait à trop de
sincérité, d’authenticité, et à l’anarchisme foncier qui était le mien.
Tout le pus de l’affreuse
caste au pouvoir commence à déborder des abcès occidentaux. Les dossiers
Epstein compromettent plein de gens fameux, ce qui pour les « complotistes »
dont je suis n’est pas une surprise, et cela aussi peut être manipulé par ces
grands pervers. Quelle fin ignominieuse pour l'Europe que cette prosternation devant la grande prostituée de Babylone et Moloch réunis!
J’avais retransmis une vidéo
ou la poupée en plastique Ursula von der Layen, que rien ne semble émouvoir,
alors qu’elle se faisait traiter de criminelle par un député européen,
esquissait un sourire de joie mauvaise et arrogante à faire frémir tout personne normale. Cette vidéo
a été très vite censurée. Une expression aussi démoniaque aurait pu alerter le
mougeon, sans doute, mais quand on pense qu’il ne voyait pas, et ne voit
parfois toujours pas, ce que Macron pouvait avoir d’inquiétant...
Ces dossiers mettent un peu plus
en lumière le rôle maléfique joué dans le destin de l’Europe par Israël, ce
pays transversal à tous les autres, persuadé de constituer une caste supérieure
qui a des droits sur leurs diverses populations, et des privilèges qu’elles
n’ont pas.
La neige prend des allures de
catastrophe climatique, je n’arrête pas de dégager les abords, et ne peux plus
me servir de la voiture, j’ai peur de rester coincée dans une congère. Je
suis allée à pied chez l’ophtalmo. Ma vue a baissé, bien que je n’ai rien de
gravissime. La sècheresse de l’oeil peut jouer un rôle, et puis aussi mes
activités. Le médecin me dit que je peux faire un syndrome du "spasme de
l’adaptation" chez les adolescents. Elle me conseille de regarder la télé, de
laisser mes yeux vaguer sans scruter constemment des textes, c’est bien ma
chance. Je n’ai pas de télé, mais j’ai regardé un film sur l’ordinateur.
« L’Amour et les pigeons », scénario du père de Katia. Je n’ai pas
compris grand chose. Mais j’ai vu le petit peuple paysan de l’époque
soviétique, simple, chaleureux, modeste, humain.
Après l’ophtalmo, je suis
passée au café. Je voulais aller montrer patte blanche au service
d’immigration, ce que j’avais déjà remis au lendemain pour cause de météo. Mais
quand j’ai appelé la juriste, elle m’a dit que c’était le jour de fermeture, et
nous avons remis encore au lendemain. J’ai vu l’Anglais et sa femme. Il m’a
expliqué que l’un et l’autre étaient si inquiets devant les mensonges
médiatiques autour de l’Ukraine et de la Russie, et aussi l’évolution
sociale de l’Angleterre, qu’il avait
décidé de venir ici acheter d’abord un petit appartement, puis il a acquis celui
du dessus, et projette de faire un duplex. Il a des filles qui se sont laissé
tourner la tête par des réfugiés ukrainiens et ne veulent plus le recevoir avec
sa femme russe, qu’elles connaissent pourtant depuis des années, il a remarqué
que les réfugiés ukrainiens agitaient et intimidaient tout le monde et prenaient partout une
influence importante. Et en effet, c’est un Ukrainien qui a envoyé Anna
Novikova et Vincent Perfetti en prison, à cause de l’aide humanitaire qu’ils
organisaient pour le Donbass. Il y en a maintenant dans toutes les paroisses
orthodoxes, où ils font souvent la loi, étant soi intoxiqués comme ceux qu'on avait dressés, au moment du Maïdan, comme des pitbulls contre les Russes, soit purement et simplement des agents. Un prêtre orthodoxe accusait, sur un
fil de commentaires, les Russes de bombarder la Laure de Kiev, et je suis bien
sûre que c’est faux, ou si quelque chose est tombé, c'est par erreur, car la Laure est un lieu sacré
pour eux, tout le monde est malade, ici, de la savoir en de si mauvaises mains. Mais ce prêtre ne semble pas excessivement ému de la profanation qui
lui est imposée, et des persécutions dignes des heures les plus noires du
bolchevisme trotskyste que subit l’Eglise ukrainienne. Il apostrophe d’un ton
comminatoire toute personne qui croit rétablir un peu de vérité dans cette
affaire, et j’ai vraiment l’impression de voir s’installer en France des
réflexes plus que totalitaires, des réflexes sectaires. Je dois dire que pour l'instant, j'ai eu la flemme d'aller argumenter plus loin avec ce prêtre sous influence, car les bras m'en tombent. J'ai vu une vidéo de Tocsin où l'auteur d'un documentaire sur l'Ukraine va exactement dans le sens de ce que j'écris ici, et même au-delà. Quand ce prêtre dormait sur ses deux oreilles et ses préjugés, moi, j'étais déjà au courant de ce qui se passait là-bas d'infâme, j'essayais de porter les persécutions à la connaissance des bons chrétiens occidentaux qui ne voulaient surtout pas en entendre parler.
Pendant la nuit, il était retombé autant de
neige que la veille, pas question de prendre la voiture, et pas question d’aller chez la juriste à pied non plus. J’ai décidé de rejoindre la rue principale et d’appeler
un taxi depuis un petit café qui fait le coin. Mais atteindre ce point a été
fort difficile. La neige poudreuse et molle entravait mes pas. J’étais épuisée.
Et une fois au café, impossible d’avoir un taxi, la ville entière avait eu la
même idée que moi.J’ai bu un capuccino,
c’est un gentil petit café, avec deux adorables jeunes serveuses. J’ai appelé
la juriste, qui m’a dit : « Laissez tomber, vous avez jusqu’au 16
mars pour vous manifester ». Et c’est ce que j’ai fait, bien que je
préfère me débarrasser de cette démarche annuelle le plus vite possible. Et
puis j’ai fait mes courses au supermarché voisin avant de repartir dans la
tourmente.
Arrivée chez moi, j’ai encore
dégagé la neige, parce que si je la laisse s’accumuler, ce sera beaucoup plus
pénible. Mais les congères sont si hautes qu’il devient difficile de lever la
pelle pour leur ajouter ce que j’enlève. J’ai discuté avec la voisine, aux
prises avec les mêmes problèmes, de l’autre côté de la rue. «J’avais envie de
vous dire de n’aller nulle part, et puis je me suis dit que j’allais me mêler
de ce qui ne me regardait pas...
- Eh bien vous voyez, je ne
suis pas allée bien loin, mais ça m’a pris quand même du temps."
Des cinéastes sont venues regarder ma maison pour y tourner quelque chose. Et l'une d'elles a proposé de m'emmener en quatre-quatre retirer au SDEK un colis la Redoute en souffrance. Je me suis fait déposer au café, car entretemps, j'avais eu un coup de fil d'Ania Ossipova qui voulait venir déneiger chez moi avec son mari Dima. Nous nous sommes retrouvés chez Gilles et ça tombait bien pour Dima, car il va faire pour lui les livraisons de pizzas et de gâteaux. En fait, j'avais déjà tout déneigé, je n'allais pas lui faire nettoyer la rue entière. Mais il est volontaire à l'avenir, et surtout, il m'a raccompagnée. Si j'avais les moyens, je l'embaucherais comme chauffeur.
Aujourd'hui, je voulais aller me promener avec Nini, car il faisait un soleil magnifique. La lumière a changé, elle devient plus vive, le ciel plus bleu, mais le froid est si intense que Nini a refusé de dépasser le portail. Elle me regardait, repartait vers la maison, retournait en arrière, et quand je l'ai vu soulever les pattes, j'ai compris qu'elle ne ferait pas un pas de plus sans bottines. Comme je n'en ai pas à sa disposition, je suis rentrée. Je suis montée dans mon atelier. Nini et Rita aboient en bas, parce que ni l'une ni l'autre ne peut monter l'escalier pour m'y suivre.
Au retour de notre dernière promenade, frigorifiée, je me suis dit: "Je vais me faire un petit thé". Et tout d'un coup, mon coeur a plongé, je me suis écriée: "Maman, comme j'aimerais prendre ce thé avec toi!" Je sentais qu'elle était là. Je pense très souvent à elle. Mais j'avais tout-à-coup le sentiment qu'elle était présente, et que c'était peut-être une réponse aux doutes qui me taraudaient depuis que j'avais lu un débat sur la survie de la conscience. Un athée semblait se délecter
de proclamer que c’était complètement impossible, de façon péremptoire et sans
appel. Une scientifique disait qu’on ne pouvait prouver que le cerveau
produisait de la conscience comme le foie produit de la bile. D’autres
opposaient les expériences de mort imminente qui ne sont pas forcément
convaincantes non plus. A cela on répliquait par la destruction de la
personnalité et de la mémoire provoquée par la démence sénile, par exemple. A
vrai dire, la personnalité de maman n’était pas détruite, elle était surtout
très perturbée, et sa mémoire semblait devenue inaccessible, mais parfois, elle
resurgissait. Néanmoins, c’est en effet très troublant. Le père Valentin me
disait que c’était comme un pianiste à qui l’on a brisé son instrument, il ne
peut plus jouer mais la musique est en lui. Le père Placide que cela revenait
quand on quittait son corps. Mais ce qui me retient sur la pente du doute, ce
sont les quelques révélations que j’ai eues dans ma vie. Hélas, si je m’en
souviens, la grâce que j’en avais ressenti, pareille au parfum, n’a plus d’odeur
quand elle s’est évanouie. Mais au moment même, je n’avais plus aucun doute, et
au coeur une béatitude indescriptible. Et en dehors de ces moments, la poésie qui me donne l'intuition de "l'au-delà des choses" dont parlait Rilke, du caractère spirituel de la matière, désacralisée par des êtres lucifériens qui se sont donné sur elle tous les droits, et font de leurs semblables une marchandise comme les autres, comme les animaux domestiques et sauvages que nous traitons si mal.
Là dessus, je tombe dans l'Antipresse sur ce texte remarquable:
Dans son dernier briefing, Slobodan fait beaucoup d'observations intéressantes sur notre triste époque, et en particulier sur la mentalité occidentale qui, depuis qu'elle s'est détournée de la foi, s'occupe d'imaginer des utopies et de les faire partager, et même de les imposer au reste du monde. Ce n'est certes pas l'ensemble de la société occidentale qui est faite sur ce modèle, je pense que jusqu'au début de la destruction de la paysannerie, l'Europe gardait plus ou moins une façon de vivre médiévale. Mais dès la Renaissance et l'avènement du protestantisme, de l'humanisme, suivis des fameuses "lumières" aveuglantes des esprits luciférens, les élites ont prétendu changer le monde et installer sur terre un paradis qui semble un enfer à tout être normal. Et c'est un enfer, car le truc ne s'inscrit pas dans la nature, au contraire, il la viole et la détruit, et ne se donne pas d'horizon spirituel transcendant. On a fait de nos sociétés une sorte de grand lit de Procuste, où l'on mutile tout ce qui n'entre pas dans les cases de ceux qui nous veulent tellement de bien. Cette mentalité, qui déteste la nature et ne pense qu'à la soumettre ou à la contrefaire, et rejette toute notion de sacré, de divin, et de destin spirituel, devient fort logiquement complètement folle. Ce ne sont que délires, diatribes, invectives et condamnations, prédations manipulées sous de nobles prétextes destinés à aveugler l'imbécile de base, drogué aux faux espoirs, aux fausses vertus, aux indignations sur commande. L'Ukraine, et maintenant l'Iran. tout le monde crie haro sur l'Iranien, sur le mollah, sur le barbu, et si l'on flaire l'embrouille, on passe pour un sectateur de l'islam fanatique. Il y a quelques décennies, on soutenait avec le même enthousiasme la révolution de l'ayatollah Khomeiny, on lui donnait même asile en France. Et à présent, pour nous faire encore et toujours marcher dans un forfait de plus, on agite l'islam devant les droitards, le droit des femmes devant les gauchistes, on raconte des histoires effrayantes, si elles sont du même acabit que les mensonges et les inversions accusatoires qui s'accumulent depuis dix ans au sujet de l'Ukraine, permettez-moi d'être méfiante, et puis surtout: occupez-vous de votre mafia et pas de leurs mollahs. Occupez-vous de ce qu'on fait de la France, des populations européennes, de leurs paysans, de leurs petites gens, de leurs vieux et de leurs enfants.
Slobodan constate le grand remplacement, qui n'est une théorie du complot que pour les membres de la secte, tant il est évident à toute personne douée d'un cerveau. Il dit que cela ne se serait pas produit si les boomers n'avaient pas été préalablement déracinés, un peuple enraciné ne se laisse pas remplacer aussi facilement. Je partage son opinion. Toute jeune, je ressentais déjà ce déracinement. D'abord parce que ma famille n'avait plus les pieds dans la terre, ce dont mon grand-père était bien à tort très fier, et puis les paysans que j'ai connus, s'ils gardaient des traditions culinaires et festives, n'avaient plus de folklore, ni de savoir-faire artisanaux. Tout était fait pour nous orienter vers des lendemains qui chantent, et nous faire mépriser le passé obscurantiste, même la religion catholique se voulait moderne, et moi, je ne comprenais pas pourquoi nous n'avions rien derrière nous, plus aucune base, plus aucun lien direct avec les splendeurs architecturales et naturelles qui nous entouraient et n'avaient cependant de sens pour personne, tout nous disait que c'était mort. Et je trouvais cela bien dommage, car le nouveau monde me semblait de plus en plus vulgaire, banal, moche et désespérant, et je ne comprenais pas comment la beauté et la noblesse avaient pu nous déserter de façon aussi radicale. Paradoxalement, la Russie qui avait subi un déracinement énorme et brutal, systématique, au moment de l'expérience communiste, me semblait, à travers les films soviétiques, moins atteinte.
A ce propos, Jean-Michel Bovy évoque la fascination obstinée des élites russes pour l'Occident, fascination qui leur fait toujours faire de terribles bêtises. Beaucoup ont des biens à l'étranger, mais au delà de l'intérêt matériel, il y a, d'après lui, l'impossibilité de renoncer au rêve du monde idéal de la démocratie, du confort et de la civilisation. C'est en effet très juste, et très regrettable, de la même manière, en face, les élites françaises ne veulent pas renoncer au rêve américain ni à la caricature russe qu'elles se sont fabriquées, après avoir pourtant encensé l'Union soviétique et honni ceux qui, en évoquant le Goulag, venaient "désespérer Billancourt". De sorte que c'est la notion même d'élite qui finit par me chiffonner, que ce soit ici ou là-bas, des gens absurdes et coupés de tout ce qui nous a faits ce que nous sommes, au nom de chimères que je ne trouve même pas si séduisantes. Ces chimères ne peuvent naître et prospérer que sur les ruines du génie propre à chaque nation, et dans le vide de toute espèce de transcendance et de poésie.
Gilles m’avait dit :
« Viens au café, un de tes anciens collègues est à Pereslavl avec sa femme et des
amies. » Il y avait aussi un concert de jazz au bar et nous y avons mangé
des pizzas. J’ai eu un coup de nostalgie,
peut-être, au lycée, j'étais encore jeune. Mais au bout de quelques temps, j'ai retrouvé l'impression d'être l'étranger de Camus ou bien l'anarque d'Ernst Junger et me suis demandé comment j'avais fait pour travailler vingt ans dans l'Education Nationale. Nécessité fait loi. Et puis il y avait les enfants, et même parfois leurs parents...
Auparavant, j’étais allée aux
vigiles, à la cathédrale. J’ai confessé à l’évêque que je me consacrais plus à
la création qu’à la prière, et que j’étais sujette à la distraction à tous les sens du
terme. Il ne m’a pas fait de commentaires. Mais c’est peut-être un effet
de la Théophanie, je me sentais joyeuse et apaisée. Le lendemain, j’étais à l’église
du Signe. Le père Serge semble très content de m’y voir. Il a été, je crois,
très sensible au fait que j’ai publié sur la page de sa paroisse le dessin que
j’avais fait du magnifique sapin de Noël installé par sa femme. J’ai entrevu Katia,
et transporté Olga Victorovna à l’église
saint-Syméon-le-Stylite, elle devait en rencontrer le prêtre. Il faisait
moins vingt, je me sentais engoncée dans mes vêtements et pourtant, je n’avais
pas très chaud.
J’aime bien l’église du Signe,
et ses paroissiens, ravis de m'adopter, mais j’aime aussi beaucoup la cathédrale, et me sens
tiraillée entre les deux.
Après cela, je suis rentrée me
mettre à l’aise et au chaud, avec un café. Et j’ai reçu un coup de fil d’une bonne femme qui
m’avait entendue chanter et voulait me rencontrer. Elle avait même bu un coup de champagne pour se donner le courage de m'appeler, et devant un tel effort, je n'ai pas pu refuser. J’ai accepté, et je suis
allée chez elle, sur le bord de la rivière. Elle a une drôle de maison, toute en
hauteur, une espèce de phare. Du haut de la terrasse, tout en haut, se découvre
une vue magique sur Pereslavl, la rivière, le lac, les coupoles dorées du
monastère Saint-Nicolas. De cette maison, elle occupe une seule pièce avec une
atmosphère hippie, des trucs qui brillent, des rideaux et des plantes vertes. Elle a
plusieurs petites maisons en plus de celle-ci, elles lui permettent d’héberger
des hôtes payants, et elle voudrait créer un village d’artistes, de cinéastes.
Elle fait elle-même des films. C’est le genre qui a des tas et des tas d’idées
pour changer le monde et promouvoir l’art et la culture. Sa spiritualité est
plutôt new age, c’est le cas de beaucoup de quadragénaires venus ici depuis
Moscou.
Elle m’a fait de grands
compliments de mes pastels : «C’est bizarre, moi, je ne vois pas ce que
vous voyez, vous donnez à tous vos paysages quelque chose de féérique, de
fantastique...
- Eh bien d’abord, je fais une
transposition symbolique, fatalement, et puis vous savez, je pense que nous
développons tous une vision utilitaire des choses, et à l’occasion de moments
de révélation, nous découvrons que nous passons à travers le monde sans le voir. »
Je n'en reviens pas de l'intérêt que tous semblent porter à mes pastels. Non que je les en trouve indignes, mais j'ai été marginalisée toute ma vie, et voilà que tout d'un coup, on me porte au pinacle...
Sur VK, j’ai vu une
déclaration d’une infirmière sur les enfants abandonnés à la naissance qui m’a
tellement serré le coeur que cela m’a poursuivie toute la journée. Elle dit que
les pauvres bébés comprennent très bien ce qui leur arrive et pleurent jusqu’à
l’épuisement désespéré d’avoir perdu l’odeur, la voix et la chaleur de leur
mère, quels que soient les soins qu’on leur prodigue. Ils savent, ils sentent,
et la vie commence pour eux dans l’épouvante de la solitude et d’un destin
incertain. Je pensais à cette monstruosité qu’est la gestation pour autrui et à
cette autre abomination qu’est l’utérus artificiel, sans parler des avortements
de plus en plus tardifs. On nous ment quand on nous dit que la vie encore
insconsciente ne sent pas ce qu’on lui fait. Et pour ceux qui sont dans le coma et qu’on décide d’euthanasier, il est bien possible qu’ils se
rendent compte de ce qui se produit. Je comprenais aussi mon immense angoisse,
lorsque j’ai perdu mon père, à l’âge « inconscient » d’un an. Car j’avais
déjà en moi l’empreinte de sa voix, de son odeur, de sa vue, de ses gestes. Et
tout-à-coup, plus rien, et de tout ceci je ne me souviens plus consciemment.
Mais mes terreurs nocturnes, et la peur que maman mourût pendant la nuit
provenaient sans doute de là.
Dany est très choquée par la violence des commentaires qui exigent le "droit à l'euthanasie", les insultes contre les "religions", que personne ne connaît plus qu'à travers des séries débiles et une propagande systématique, et les "bonnes soeurs". J'ai vu que depuis la révolution, le choix de l'archevêque de Paris était soumis à l'approbation de la république maçonnique, c'est pourquoi, sans doute, de tous les pays catholiques d'Europe, la France est le plus complaisant à toutes les errances et le plus déchristianisé. En dehors de toutes considérations religieuses, je suis fascinée par cet enthousiasme pour la "mort dans la dignité", surtout après tous les excès honteux du covid, et l'incitation aux transitions de sexe chez les mineurs, avec toutes les conséquences affreuses qu'ils dénoncent souvent eux-mêmes par la suite. Qui vous dit, mougeons, que la loi sur l'euthanasie vous fera "mourir dans la dignité"? Qui vous garantira contre les faciles économies budgétaires, les héritiers pressés? Et on montre une brave dame qui choisit de mourir, pour cela, elle est allée en Belgique. "Voici le grand jour, que prendrez-vous pour votre dernier petit déjeuner?
- Ah je veux tout, des croissants, de la confiture, du café, tout, tout, tout"!
Je ne sais pas si j'aurais beaucoup d'appétit, devant la perspective, c'est-à-dire que je n'aurais pas vraiment la tête à ça. Je crois que je ferais plutôt venir un prêtre. Ce n'est pas une opération de l'appendicite, c'est l'injection fatale, débouchant soit sur l'anéantissement, soit sur un monde inimaginable auquel on est mal préparé même quand on s'y prépare plus ou moins...
Parallèlement, l'Etat envoie ses cognes par bataillons entiers tabasser les paysans, c'est à vomir. Je comprends la sympathie de l'Europe pour l'Ukraine et ses bataillons punitifs, elle est fondée sur de réelles affinités, peut-être même a-t-on recrutés les gendarmes masqués parmi ce joyeux public de la croix gammée exotique. Dans un fil de commentaires où une amie faisait allusion aux nazis ukrainiens, un abruti de service a finement répliqué: "Pourquoi ne parlez-vous pas des nazis russes?" C'est une réplique censée clouer le bec a toute contradiction que je vois souvent, et qui ne correspond à rien de réel, ou de façon si confidentielle que cela ne vaut pas la peine d'en parler. Le nazisme n'a pas trop bonne presse dans un pays qui a laissé des millions de gens dans la résistance à l'invasion allemande. C'est ce que j'ai écrit: "Les Russes ne font pas du nazisme une idéologie officielle, ils ne font pas de défilés aux flambeaux avec des croix gammées, ils n'ont jamais sauté, à la façon des Ukrainiens du Maïdan, sur la place Rouge en scandant: "les Ukrainiens au poteau", même à présent, alors que beaucoup d'Ukrainiens sont réfugiés chez eux, et ils ne les ont jamais fait griller comme l'ont fait les Ukrainiens nazis des prorusses, dans la maison des syndicats, à Odessa."
Ce commentaire a été effacé par le Figaro. Sans doute parce que trop vrai et trop documenté. J'expérimentais déjà ce genre de choses en 2014, et les années qui ont suivi. C'est quand je vois tout cela, que j'ai du mal à espérer un sursaut français. Les gens marchent dans les pires combines, croient n'importe quoi et poursuivent les réfractaires de leur hargne vertueuse avec zèle. Ils n'ont rien fait pour les gilets jaunes, rien fait pour les soignants persécutés, rien fait pour les agriculteurs, ils sont mûrs pour la tyrannie, mais donnent des leçons de morale et de démocratie avec un aplomb de commissaires du peuple, sur des sujets où ils sont aussi ignorants que manipulés.
Je suis allée faire graver une médaille avec mon numéro de téléphone, pour Nini, au cas où elle se perdrait, mais cela m'étonnerait, car elle me suit à la trace. Le gars fait des clés, vend des bracelets montre, j'ai souvent affaire à lui. Quand je lui ai expliqué ce que je voulais, que c'était pour ma chienne, il a eu un fin sourire et m'a tendu un papier, pour inscrire la commande. Et il me l'a remise avec un air satisfait et ravi. Il avait écrit "NINI", en grandes lettres décoratives, avec tant de gentillesse! Une belle médaille! Ce n'est certes pas un robot qui pourrait me donner la joie que m'a procurée ce bon monsieur!
Ce matin, ce n'était pas le Kamtchatka, mais cela commencçait à y ressembler. Il était tombé tellement de neige que je ne voyais plus les chemins que j'avais tracés, j'ai passé deux heures à les dégager, et je n'ai pas osé prendre ma voiture, alors que j'ai diverses courses et démarches à faire, mais l'idée de me retrouver à nouveau coincée dans une congère à attendre l'aide des voisins me refroidit quelque peu, c'est le cas de le dire.