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dimanche 1 août 2021

Avant l'avènement des gnomes

 


Après une dernière soirée à la rivière Khapior, je suis rentrée de nuit, par la piste, à la  stanitsa. L'air sentait l'absinthe, il soufflait un vent puissant et tiède, il avait soufflé toute la soirée, pendant que chantaient les cosaques dans l'obscurité croissante. Une des responsables de la manifestation voulait absolument brancher une sono "pour les jeunes", Skountsev s'y est opposé à juste titre. Car pour les jeunes il était justement extrêmement important d'apprendre à écouter et de sortir de l'univers du vacarme et du faux-semblant. 

La nuit est très noire dans le Don, avec des étoiles très vives, mais des nuages les cachaient en partie. Il en traînait de grosses et presque dorées, dans les ténèbres que des éclairs de chaleur hantaient de brusques déploiements vacillants, une danse enflammée de séraphins tout à tour invisibles et révélés.

Le lendemain, je devais repartir pour Moscou avec Sergueï le militaire et sa jeune femme Sacha, et puis un autre jeune homme arrivé au dernier moment, mais toute cette compagnie changeait sans arrêt d'avis. Il paraît que c'est un trait des cosaques, nous sommes comme ça, nous sommes spontanés. On est sans arrêt en train de les attendre, on ne sait jamais ce qu'ils vont faire. Mais ils font preuve d'un grand charme, distribuant câlins et sourires désarmants.

Skountsev en est un exemple extrême, qui épuise même ses compatriotes. Il est, comme on dit, pour l'utilisation des compétences. Avant le départ, il a fallu faire le taxi pour lui, et comme il restait quelques jours de plus, rapporter à sa femme des bagages qui pesaient un âne mort, et que si son ascenseur avait été à nouveau en panne, ni elle ni moi n'eussions pu transporter au dixième étage!

Afin d'avoir la paix pendant qu'il promenait le maître et installait ses bagages dans notre coffre, Serioja, le militaire du Kremlin, qui s'était décidé finalement à rentrer avec moi, m'avait laissée au musée Fiodor Krioukov, grand écrivain cosaque qui était originaire de la stanitsa de Skountsev. Moyennant quoi, je ne sais ce qu'il est advenu; dans la bagarre, du sac où j'avais mis la bouffe de la chienne, la botte d'absinthe que j'étais si heureuse d'avoir cueillie, et le bocal de boeuf en conserve maison qu'on m'avait offert au camp.Le conservateur était ravi de tomber sur une Française passionnée par les cosaques et m'a interrogée sur mon itinéraire. Je lui ai pris, à sa grande joie, les oeuvres complètes du grand homme local. Il m'a donné sa carte en me suppliant de revenir. Mon taulier Kolia, de son côté, m'a dit qu'il m'attendait l'année prochaine. 

En quittant sa rue, j'ai aperçu à nouveau la bignonne et ses trompettes oranges. J'ai conduit tant qu'il faisait jour et le Don m'a offert pour mon départ un soleil  chatoyant, presque rose, pris dans des vapeurs à la fois colossales et légères, bouclées, translucides, violettes au dessus d'immenses champs de tournesols d'un jaune intense et gras, avec les brûlures circulaires de leurs centres bruns. Ce pays m'offrait des éléments du mien, de mon midi français, dans un ensemble pourtant absolument dépaysant qui sent déjà la Grèce et la Turquie, et aussi l'Asie géante, béante qui s'étend d'ici jusqu'à la Chine. La végétation est aride et cependant pas vraiment méditerranéenne, car si la mer n'est pas encore si loin, aucune chaîne de montagne ne vient faire obstacle au souffle énorme de l'arctique. Les hivers sont très froids, plus brefs que dans le nord, mais très froids, et les étés torrides. Je pensais aux souvenirs d'une Française, qui avait visité le sud de la Russie avec son mari vers 1850. Elle disait qu'elle avait l'impression de rêver, d'être dans une sorte de conte hallucinant, et évoquait un jeune cosaque de son escorte, qu'elle avait vu jouer avec un aigle. J'imagine bien, car dans ce même pays, pourtant dénaturé par la modernité, je ressentais quelque chose de comparable. La rivière Khapior, les falaises en moins, me rappelait l'Ardèche des années 50, par son aspect désert et sauvage, son cours capricieux. Les cris des enfants, ou les chants des adultes, ne me gênaient pas dans ma contemplation, alors que la radio me révulse. Je m'éloignais contre le vif courant, sur ce sol de sable doux et meuble, et je regardais le ciel reflété dans ces eaux lisses. La lumière froissée, et le soleil qui s'y berçait, dans un halo doré, ne me blessaient pas les yeux et révélaient des formes qui me restaient indiscernables, quand elles ne m'étaient pas traduites par ce miroir magique.

Le jeune cosaque dernièrement arrivé me parlait de son pays avec lyrisme, ce n'est pas un hasard si le Donbass résiste avec tant d'héroisme, il me semble d'ailleurs davantage le prolongement du Don que de l'Ukraine, mais j'ai fait très plaisir au conservateur du musée Krioukov en lui disant: "Vous savez, pour moi, les Grands Russiens, les Ukrainiens, les Biélorusses et les Cosaques, ce sont juste différentes sortes de Russes, et je crois que c'est Dostoievski qui disait avec raison que rien n'est pire que des Russes qui rejettent leur russité." Ce garçon me suggérait d'aller sur les bords de la mer d'Azov, que j'imaginais comme une sorte de lac salé, mais pas du tout, il m'en vantait les vagues magnifiques, les paysages arides et les champs de lavande...

Sérioja a pris le volant à la nuit tombée, mais en cours de route, il m'a demandé de le remplacer une heure, et je me suis aperçue que ma voiture éclairait bien peu la route en position de code. Lui aussi s'en était aperçu, mais il est jeune, et cela ne le gênait pas trop. A un moment, j'ai été suivie par une voiture de police tonitruante, et je me mettais sur le côté pour la laisser passer, or elle me poursuivait. "Pourquoi ne vous arrêtez-vous pas quand on vous suit? 

- Mais je croyais que vous vouliez juste me dépasser parce que vous étiez pressés...

- Et le geste de notre chef, pour vous faire garer sur le bas côté?

- Je n'ai pas vu le geste. Le chef non plus.

- Madame, il faut vous faire remplacer, vous êtes fatiguée. Votre vigilance en souffre...

- Oui, c'est vrai mais justement, mon équipier va prendre la suite..."

Pour être honnête, la femme de Sérioja n'avait pas vu non plus l'officier nous faire ce geste. Et  je ne sais d'ailleurs même pas pourquoi il l'a fait. Mais ils ont été très gentils, ces flics, ils ont le respect des grands-mères. En réalité, jusqu'à la tombée de la nuit, Sérioja était bluffé par ma façon de conduire, il me donnait même quelques avis, à la fois admiratifs et goguenards. Cela me rappelait certains retours de concerts où les cosaques me surnommaient Schumacher et disaient à Micha, qui avait la conduite agricole: "Donne le volant à Laura, sinon, on n'arrivera jamais..." 



Je réfléchissais, pendant ce voyage, à ce qui m'attirait particulièrement chez ces sacrés cosaques, chiants, machos et complètement dingues, et leur merveilleux folklore. C'est un mélange de gravité et de malice goguenarde, de sauvagerie et de douceur, de noblesse, d'insolence, de vitalité, le culte de la bravoure, l'amour de la nostalgie et du rêve, le lyrisme, la folle générosité, toutes choses que la modernité abhorre, qu'elle tourne en dérision et qu'elle persécute. Un petit garçon est venu avec une sorte de fierté très sérieuse demander à Skountsev s'il pouvait se servir de son accordéon. Tous les gosses que je voyais dans ce camp, même si leurs parents sont dispersés loin de leurs terres ancestrales, grandissent à la lumière de ce soleil sauvegardé, entre un père barbu ou moustachu, et une mère qui, sans être effacée, tient son rôle, ils apprennent à se battre et à rêver, à admirer et à aimer, à faire éventuellement le sacrifice de leur vie; ils apprennent à être des hommes au sens où on l'entendait autrefois, avant l'avènement des gnomes.




jeudi 29 juillet 2021

Khapior

 


J'ai recommence à faire le taxi pour Skountsev, mais cette fois, il m'a dit de le laisser dans le village de sa mère et d'aller dessiner l'église du village d'à côté, ce que j'avais déjà fait, le premier jour, pendant qu'il était au cimetière. J'ai trouvé un chêne qui faisait une large flaque d'ombre, et j'ai pique-nique tranquillement avec Rita. Il y avait de l'air, et je me sentais merveilleusement bien, dans le parfum de l'absinthe, dont j'ai cueilli un bouquet, car elle a toutes sortes de vertus et protège même de la covid, d'après madame Skountsev. Le village n'a rien de spectaculaire, il reste quelques jolies maisons traditionnelles, malgré le mauvais goût qui ronge  tout le reste, mais l'église était inspirante. Skountsev à participé à sa restauration. On a activement dynamite les églises dans le cadre de la decosaquisation, bien aussi féroce que la dekoulakisation.... On y voit errer et pâturer le long des rues non des vaches ou des chèvres mais des chevaux. 


Quand je suis allée chercher Skountsev, son frère est venu me saluer. Alcoolique perdu et misérable, il a dû être très beau et cela se voit encore. Il me regardait avec un mélange de détresse et d'émerveillement nostalgique et humble. Skountsev m'a dit qu'il me trouvait belle et jeune, qu'il ne m'aurait jamais donné mon âge, et cela m'a serré le cœur.

Je ne trouvais pas mon chemin et j'ai demandé à une vieille qui m'a soutire de l'argent mais ne m'a pas aidée, car elle ne voyait pas de quelle rue je voulais parler, or quand je l'ai finalement trouvée, je l'ai vue qui l'arpentait et me faisait de joyeux signes de la main. Skountsev me dit qu'elle perd la tête. Mais pas le sens des affaires !

Il m'a expliqué qu'il avait tenté le retour à la terre, avec sa femme, dans cette même stanitsa. Ils avaient de magnifiques légumes, la terre est fertile et le climat clément. Mais il ne savait pas les vendre et dans sa spécialité de musicien ethnographe ne trouvait pas de travail. Le problème quand on quitte la terre, c'est que le retour est très difficile. Les liens sont rompus avec la tradition, avec la communauté villageoise. La vie paysanne est impossible sans la communauté qui va avec, familiale et élargie, cette communauté dont le folklore est le reflet, car il servait à la cimenter, c'était un moyen de communication, et aussi d'affirmation de soi au sein du groupe qui évitait l'ennui et la dévalorisation de ces adolescents qui ne savent pas que faire d'eux-mêmes et sont facilement intoxiqués par la médiocrité clinquante de la télévision. 

Après tout cela, nous avons repris la piste vers le camp cosaque de la rivière Khapior. Je suis allée me baigner. Je ne me lasse pas de cette eau douce et rapide, de ces vagues de sable sous mes pieds, des berges foisonnante qui laissent vite la place, des que l'haleine vivifiante du cours d'eau n'a plus d'influence, à la steppe aride de la colline du conseil. Les cosaques y baignent leurs chevaux, comme dans l'ancien temps. Beaucoup d'entre eux ne vivent plus, comme Skountsev, sur les terres ancestrales, mais le folklore leur rend leurs racines et leur communauté culturelle.



L'autre jour, nous avons vu glisser, sur les eaux crepusculaires, un radeau, avec le drapeau cosaque et celui de la flotte russe, et puis un brasier qui mettait dans la grisaille une éclatante floraison. 

Un ensemble cosaque devait venir se produire mais tout à été annulé, y compris la fête finale au stade de Koumyljenskaia. Pour cause de covid, car l'offensive vaccinale essaie de battre son plein, et si les gens sont moins perméables à la propagande, ils ne voient pas toujours non plus le problème ni la différence avec le vaccin contre le tétanos. 

Du coup, nous avons fait la fête entre nous, mais avec une étoile comme Skountsev et la présence des représentants du folklore local, ce n'était pas plus mal. Ils ont merveilleusement chanté et dansé, entraînant les jeunes du camp, les enfants. 



mardi 27 juillet 2021

Bouclier d'or.

 La manifestation à laquelle je me suis rendue, sur la rivière Khapior, s'appelle le Bouclier d'or et rassemble des Cosaques enthousiastes avec de bonnes gueules, de grandes barbes et de grosses moustaches.


Nous avons fait escale dans la ville de Elets, que nous avons visitée à toute vitesse et qui mériterait un séjour prolongé. Elle est très bien conservée, en partie grâce aux efforts d'un ami de Skountsev qui en était l'architecte conseil et qui, contrairement à ceux de Pereslavl, faisait son travail avec zèle, car il adore sa ville. Elle date presque entièrement du XVIII et du XIX siècle, avec des éléments art nouveau, une étrange russification du tout, un charme fantasque, paisible, poétique, et comme pas mal de villes provinciales de marchands, elle laisse une impression de douceur de vivre nonchalante qui ne cadre pas du tout avec tout ce qu'on raconte de la Russie de ces époques. 

 

Skountsev avait décidé de passer en vitesse chez un ami, Aliocha, grand cosaque baraque à moustache de rigueur, pour aller faire pipi, mais il était quand même difficile de repartir sans lui accorder un peu d'attention, surtout qu'il était terriblement sympathique et jouait remarquablement de l'accordéon. Il avait en plus des chaises art nouveau confectionnées par son père, de toute beauté. De vastes connaissances historiques, et aussi artistiques. Il travaille le cuir, fait des bottes cosaques, des carquois, des sacoches, des reconstitutions de costumes historiques. 



Serioja le chauffeur, qui s'occupe de la sécurité au Kremlin, chez "notre petit père le tsar", était très pressé d'arriver, et peu enclin à s'arrêter en route. Or de Elets jusqu'à la stanitsa de Koulmijenskaia, il y a 700 km. Il préfère ouvrir les fenêtres que de mettre la clim. La chienne et moi étions complètement abruties par la chaleur et le bruit. De temps en temps nous avions des chansons cosaques qui montaient au milieu du fracas des camions. Et Skountsev dansant "mon herbe, mon herbe verte" sur la pelouse d'une station service.... 

Je suis dans une sorte de chambre d'hôtes tenue par Kolia, un type de 45 ans au crâne rase qui s'occupe de moi comme si j'étais sa propre mère. Il trouve extraordinaire qu'une femme de mon âge se soit lancée dans une telle expédition, alors que tant de vieux ne font plus rien et se laissent mourir. L'ambiance chez lui et dans la stanitsa me rappelle à la fois Fellini et Kusturica. Les gens sont d'un naturel goguenard absolument sans complexes. Cela sent le sud, un sud particulier. J'ai même vu une bignonne sur une palissade, cela ne m'était pas arrivé depuis deux ans. On vit dehors, sous des terrasses couvertes. Avec moi, ici, il y avait une grosse femme de Moscou qui faisait la coquette en robe de chambre avec un gars du coin, et hier une autre Venus du même genre, et puis un chauffeur de camion Tatar bourré qui m'accablait de compliments et dont Kola m'a avertie que je n'avais rien à craindre de lui car il veillait au grain. Il n'avait d'ailleurs pas l'air méchant et ronflait tellement que je l'entendais à travers la porte fermée.

Le lendemain de mon arrivée, Serioja pietinait d'impatience, et Kolia à proposé de nous guider jusqu'au camp, car la piste qui y mène peut réserver des surprises. Il m'a prévenue que s'il arrivait quoi que ce soit, une grosse pluie, par exemple, il viendrait me chercher avec sa bagnole tout terrain. La piste demande 45 minutes de conduite attentive pour dix kilomètres de creux, de bosses et de sables mouvants, à travers des espaces herbeux, avec des bosquets de pins et de chênes, d'accacias, de saules. Serioja chantait: "Steppe, ma large steppe", au milieu de celle-ci, la steppe, large, odorante et vibrante de grillons, avec les touffes grises de la fameuse "absinthe, herbe amère", et délirait de lyrisme. "Serioja, lui dis-je, pourquoi restez-vous à Moscou ? Revenez donc ici !

- C'était mon intention, mais je viens de prendre une jeune épouse et notre petit père le tsar paie bien."

La jeune épouse, Sacha, est très belle, son père est un Grec pontique, sa mère est russe. Elle ressemble à une statue antique avec un sourire slave." Vous ne voulez pas venir par ici, Sacha ?

- Oh sans doute il le faudra, mais je voudrais faire carrière tant que je suis jeune et belle...

- Sacha, quelle carrière ? Ce sont des mirages tout ça. Vous êtes saine et naturelle, vous avez un mari, vous attendez un enfant, et la vie à Moscou, ce n'est pas la vie.

- Oui, mais de toute façon, il doit encore servir quelques annees, après on verra..."

Apres avoir déposé mes jeunes mariés, j'ai refait le trajet en sens inverse, j'ai fait le plein d'essence, et je n'ai pas eu le temps de finir de boire le café avec Kolia dans le vent tiède que Skountsev me convoquait pour l'emmener dans une stanitsa à 16 km de la, sur la tombe d'un ami à l'initiative du "bouclier d'or". Je ne suis pas entrée dans le cimetière, car je ne voulais pas laisser Rita dans la voiture, il faisait une chaleur terrible. J'ai fait une rapide aquarelle de l'église en voie de restauration, et j'ai rejoint toute une équipe de cosaques qui chantait en cercle en hommage au défunt, en faisant circuler entre eux une coupe commune, c'est-à-dire plutôt une soupière en bois. Rita n'en pouvait déjà plus. Après la photo de groupe devant l'église, j'ai du emmener Skountsev à l'hôpital minuscule du village voisin, où il devait voir sa mère et prendre les clés de sa maison. Puis à la maison elle-même ou il voulait prendre des affaires. Il est très lent, mal organisé, changé d'avis sans arrêt, et j'ai du l'attendre je ne sais combien de temps, moyennant quoi il a oublié de prendre sa tente. Il a fallu s'arrêter pour prendre le pain qu'il trouve le meilleur, et j'ai fait le taxi pour diverses courses, pour lui et pour moi, après quoi il m'a fallu reprendre la piste à travers la steppe, jusqu'au camp, j'ai dépensé en un jour le plein d'essence que j'avais fait le matin, et j'avais l'impression d'être partie depuis une semaine.

Le camp est situé dans un bois, au bord de la rivière, il bruisse de chansons cosaques et de refrains d'accordéon, se baigner en entendant chanter n'est pas du tout la même chose que de le faire au son discordant et braillard d'une radio de merde. La rivière passe au pied d'une colline desséchée où les cosaques tenaient conseil autour de leur ataman. Les participants du rassemblement vont rituellement tous les ans regarder le lever de soleil depuis son sommet. "Vous savez, me dit un participant, il y a ce moment avant l'aube ou tout est très sombre et très silencieux. Les oiseaux de la nuit se taisent et ceux du jour ne chantent pas encore, et tout à coup, l'horizon s'éclaircit, et apparaît quelque chose comme un jaune d'œuf chatoyant, ils commencent tous leur concert, tout s'illumine, le soleil monte, comme un bouclier d'or resplendissant."




jeudi 22 juillet 2021

Sur le départ...

 


Ce matin, je pensais que je ne partirais pas à Volgograd, car le jeune homme censé me conduire la bas avec Skountsev m'avait fait comprendre que tout le monde était sous la tente, se lavait dans la rivière et faisait la queue aux toilettes communes. Très peu pour moi, j'ai passé l'âge. Mais Skountsev m'a réservé ainsi qu'à lui-même et sa femme, une chambre d'hôtel. Il a pris un autre chauffeur, un militaire, cosaque bien sûr, qui travaille au Kremlin! Je ne vois pas comment me défiler. Et pourtant, si je suis persuadée que cera très intéressant et productif, je n'ai pas envie de partir. Je suis fatiguée, et surtout, j'éprouve tant de bonheur à rester dans mon jardin, à contempler le ciel au dessus de l'isba d'Ania et Kolia, cette splendeur toujours renouvelée des nuages chatoyants, ces grandes torsades qui essorent leur lumière sur un profond émail bleu, et le mouvement des feuillages et des fleurs, brassés par la brise, cette immense et magnifique respiration du Souffle de Dieu. Je voudrais voir fleurir mon astilbe mauve, or elle commence juste... quand je rentrerai, elle sera fanée. Je dessine et je joue de la musique, je ne sais ce qui me procure le plus de joie, et j'offre cette joie à Dieu qui me l'accorde en me prêtant vie. Car une grande partie de mes années passées a été gâchée par la nécessité de résider en ville, loin de tout ce qui ici m'irrigue et me transporte. Ces moments de contemplation dans mon jardin me détournent l'esprit du serpent qui nous fascine tous, ce serpent à plusieurs têtes qui nous enserre et nous endort avant de nous dévorer, si Dieu ne met pas un terme à ses entreprises. Les nouvelles qui me viennent de France sont si fantasmagoriques que j'ai l'impression de passer dans ce qu'on appelait autrefois un mauvais trip.

Xavier Moreau, qui était si bouleversé par le branle-bas de combat de la troisième vague en Russie (avant la quatrième, la cinquième, la sixième...) explique que l'industrie du médicament russe est liée au Big Pharma américain, ce qui explique peut-être ce brusque revirement, suivi d'ailleurs d'une reculade.

D'après lui, ce qui me rassure, même si ces liens mafieux sont avérés, la Russie ne fait pas partie du plan du grand reset prévu pour l'occident, et en effet, Poutine, si je me souviens bien, avait payé la dette de la Russie au FMI, même si les oligarques ont exporté d'énormes sommes d'argent volé au pays. Je conseille sa vidéo (et toutes les autres):



Il aborde la question de l'Ukraine, et je voudrais recommander également en complément, cette vidéo de présentation d'une jeune femme qui a tourné un film sur le Donbass. Pas spécialement soutien de Poutine, cette journaliste authentique est allée voir de plus près et ce qu'elle a vu lui a révélé l'ampleur des mensonges, des omissions et des calomnies de la presse libérale, qu'elle soit française ou russe d'ailleurs, elles ont les mêmes patrons. 

Quand en 2014, j'avais vu comment tout cela se déroulait, j'avais perdu absolument toute confiance dans les médias occidentaux officiels et aussi dans les gouvernements. C'est pourquoi aujourd'hui, je me méfie systématiquement de toute campagne bruyante et unilatérale, comme dans le cas du covid, où l'on a hypnotisé les gens avant de les masquer, de les enfermer, et maintenant de leur faire le chantage à la piquouse. Je suis profondément convaincue, que tous les gouvernements occidentaux et tous les médias à leur solde sont de grands malfaiteurs au service d'une pieuvre mafieuse supranationale.

Mais bon, je vais passer dix jours chez les cosaques. Je pense que cela sera folklo, à tous les sens du terme. Cela vaut sans doute le coup de me surmener un peu et de laisser mon merveilleux jardin....





mardi 20 juillet 2021

la voix des Solovki


Hier soir, Ira, la mère de Génia le balalaiker, m'a encore amené un groupe de paroissiens, avec lesquels j'ai dû m'entretenir, et ils étaient tout à fait charmants, avec des jeunes très attendrissants, mais je commence à ressentir une certaine lassitude à être sans arrêt sollicitée. Je pars bientôt pour une stanitsa des environs de Volgograd où se déroule un festival cosaque, ce qui sera très enrichissant, mais très fatigant. Skountsev travaillera activement avec moi, afin de mettre au point des apprentissages difficiles à réaliser à distance. Parallèlement, j'ai commencé à traduire Epitaphe avec mon éditeur, qui est très intelligent, et qui entend me donner ainsi une connaissance approfondie du russe littéraire, ce qui me manque effectivement, et d'ailleurs, je suis si fatiguée que je parle de plus en plus mal cette langue. Il m'a dit, comme je lui confiais que j'éprouvais de plus en plus de difficultés à remplir  toutes les tâches que je me donne, que pour les gens ici, j'étais comme le maure de Pierre le Grand, une sorte de jouet, qu'il fallait en avoir conscience, l'utiliser pour la promotion de ce que je fais sans me laisser non plus dévorer. En effet, et l'équilibre est difficile à atteindre. si j'étais plus jeune, je partirais plus loin, comme les Russes l'ont toujours fait quand on leur gâchait la vie. Je partirais pour avoir la paix, pour ne pas devenir un objet de pèlerinage, et pour être loin de Moscou, tombée depuis un siècle aux mains du diable. Plus on réside loin de l'épicentre de certains intérêts, mieux l'on se porte. Certes d'autres villes russes importantes peuvent être considérées comme des métastases, le cancer gagne le monde entier. Mais je pense que les choses iront moins vite en Russie qu'en occident, la reculade de Sobianine l'indique. A quelqu'un de jeune, je conseillerais de le faire. Du reste, pas mal de moscovites le font.

Je réfléchissais à cette reculade, l'annulation des QR codes par le maire de Moscou, et en retirai l'impression consolante qu'il devait gêner le business de quelques gros mafieux et qu'on avait dû lui dire de se calmer avec des arguments persuasifs. Ce qu'il y a de bien en Russie, c'est que des contrepoisons surgissent dans les interactions antagonistes des différents requins, et dans l'efficace résistance passive du peuple, pourtant travaillé par la propagande, et certains en sont victimes, malheureusement. Un article explique que Poutine va essayer de drainer son marais, il serait bien temps, mais wait and see. La chose la plus inquiétante qu'il me soit donnée de voir ici est la tentative d'imposer la dictature mondialiste à prétexte sanitaire, comme en occident, cela m'inquiète plus que n'importe quoi d'autre; car c'est révélateur d'une forte emprise des structures mondialistes sur la société russe. Que s'associent à cela des hiérarques orthodoxes est une tragédie. Et je salue l'évêque des Solovki Porphyre, qui a pris courageusement le contrepied dans une homélie, alors que celui de Valaam, à ma grande consternation, marche dans la combine.

https://vk.com/wall-49622204_468939?hash=a78a1af06ea090ba4

Cette vidéo est malheureusement déjà censurée sur youtube, et je ne sais comment l'enregistrer sur mon ordinateur.

Les Solovki ont un long passé de résistance, le monastère a d'ailleurs défendu la vieille foi jusqu'au martyre au moment du schisme du XVII° siècle. Et en cela sans doute n'avait-il pas tort, quand on voit où en est aujourd'hui. Les quelques erreurs de copie des livres saints valaient-ils une reddition à un réformisme pro occidental qui aboutit au métropolite Hilarion? Aux encouragements du métropolite Tikhon à nous soumettre à un pouvoir universel satanique? Ils prennent une lourde responsabilité. Car pas mal de gens se soumettent d'instinct à l'autorité civile et d'autant plus, religieuse. Avoir à les remettre en question est beaucoup plus terrifiant que le virus lui-même.

L'évêque Porphyre décrit, sur un plan religieux, exactement ce qu'explique ce lanceur d'alerte, dont je donne le lien plus bas, sur un plan plus général. Je ne doute pas une minute que l'un et l'autre aient raison, l'un et l'autre s'expriment de façon claire, mesurée et nous mettent en garde. Je ne doute pas une minute que l'opération Covid fasse partie d'un plan général ténébreux qui nous met tous en grand danger et oblitère gravement l'avenir de nos enfants, leur intégrité physique, psychique et spirituelle. Et cela sans mettre en doute que la maladie existe, comme l'éveque Porphyre lui-même, dont le monastère en a été atteint. Mais elle était planifiée, ou son exploitation par une caste de prédateurs psychopathes l'était depuis longtemps, ils nous le disent eux-mêmes, dans des articles, des livres, des discours, des interviews, par quelle étrange aberration ne les entendons-nous pas? Cela fait trop peur? Notre obéissance à cette caste nous mène à notre perte, physique, psychique et spirituelle, ce qui est pire que les risques, somme toute pas aussi grands qu'on voudrait nous le faire croire, de mourir de la covid. Le monde qu'ils nous préparent et dans lequel nous entrons, m'effraie bien davantage.

https://odysee.com/@Causerie:6/MACRON-le-complotiste-et-la-suite-du-plan:e?fbclid=IwAR1z5OQOX-Gdd4xCSbgWip9X0bEI-Xs4VhbwujORuFSYXqB4T9R8TCWxNMg

https://mail.google.com/mail/u/0/#inbox/FMfcgzGkZQRpvwLtWLcwJfQQdkDMcGrQ?projector=1

dimanche 18 juillet 2021

Aie confiance, crois en moi.

 


Pour que ce soit bien clair. Comme ancien pompier militaire et parce que j’ai souvent voyagé en zone endémique, j’ai été vacciné à maintes reprises dans le passé. Je n’ai donc évidemment aucune opposition de principe à la vaccination.

Je suis opposé à la vaccination obligatoire pour plusieurs raisons:
1- j’ai déjà eu le #COVID19 à deux reprise (symptomatologie atténuée), et suis de ce fait immunisé; je n’ai donc aucune envie de me faire administrer un produit reposant sur une techno ARNm en phase d’évaluation;
2- les laboratoires producteurs de ces technos ont été condamnés à de nombreuses reprises et se sont déchargés de toutes responsabilités sur les États pour ces produits;
3- nous ne disposons d’aucune garantie d’innocuité de ces produits (voir C. Vélot) à long terme en particulier;
4- le forcing indécent d’un gouvernement qui a préconisé tout et son contraire depuis le début de cette pandémie ne m’inspire aucune confiance;
5- les conflits d’intérêts et l’opacité au plus haut niveau gangrènent l’ensemble de la chaîne de décision sanitaire;
6- la stratégie d’immunisation artificielle (techno ARNm) de groupe face à un virus très mutagène est au mieux insuffisante (si l’innocuité était réelle) et au pire dangereuse et liberticide; elle implique une administration contrainte et renouvelée de ces produits que seule une mise sous laisse numérique peut garantir.
Cette logique débouche sur l’administration forcée de technos géniques en phase d’évaluation et d’une mise sous laisse numérique pour suivre leur administration à la population doublées de restrictions de liberté.
— Laurent Ozon, compte Twitter, 13 juillet 2021 


Un signe


Pendant que j'étais à Kourmych, j'ai reçu un appel de l'église des quarante Martyrs, à Pereslavl. A la suite de l'émission de Canal Spas, où j'avais été filmée en ces lieux, quelqu'un avait apporté et déposé quelque chose pour moi. Deux heures plus tard, j'avais été contactée par le jeune homme qui seconde Gilles au café français: quelqu'un avait apporté pour moi deux bouteilles de cidre.

Je me perdais depuis lors en conjectures. Aujourd'hui, j'ai décidé d'aller à la liturgie aux quarante Martyrs. Apparemment, c'est un paroissien de l'église de Vanves, la sainte Trinité, en laquelle je m'étais convertie à l'orthodoxie il y a cinquante ans, qui m'a laissé ce petit signe, il y avait une bougie "sainte Geneviève de Paris" et une carte représentant celle-ci et saint Nicolas le Thaumaturge, deux icônes du père Grégoire Kroug qui se trouvent à Vanves, et puis aussi un marque-pages du monastère de Polotsk, avec une phrase de saint Ignace de Briantchaninov: 

"La nature terrestre est pareille au paradis par ses beautés et nous le rappelle quand nous voyons les splendeurs de la terre et nous exclamaons involontairement "c'est le paradis". 

J'en ai éprouvé un véritable choc, et une sorte de bonheur, je dirais même de grâce, je suis restée les larmes aux yeux pendant tout l'office, qui était très fervent. Par la fenêtre latérale ouverte, on voyait le lac et le ciel. Ce rappel de ma première paroisse, cette visite de quelqu'un de là bas, me paraissaient pleins de sens, je voyais toute ma vie en perspective, aurai-je pensé quand j'allais à Vanves, et me sentais si exilée dans le Paris des années 70, qui m'était en réalité profondément étranger, qu'un jour je vivrais à Pereslavl Zalesski? Et puis cette phrase de saint Ignace semblait m'être personnellement adressée par quelqu'un qui me connaissait bien mais qui n'a pas laissé son nom. Et je le regrette. Quoique peut-être n'a-t-il été que le messager inconscient du signe que j'ai ainsi reçu, cela se produit aussi souvent.

Je rendais grâce à Dieu d'avoir orienté ma vie, toute indigne que je sois de cette sollicitude, et j'avais la certitude qu'Il continuait à le faire, qu'il y avait un Pilote dans l'avion. Je pensais à ce que m'avait dit mon balalaiker Sérioja: "Je ne me fais pas de souci pour vous, car votre bateau peut aller d'un côté, de l'autre, mais il est guidé par une étoile, alors que beaucoup de gens n'ont pas d'étoile  pour les guider, et leur capitaine est bourré". 

Après cela, je suis passée au café français. J'aurais pu deviner d'où venaient les deux bouteilles de cidre, c'était de la part de Kecha Keleinikov, que j'ai connu encore enfant, et qui avait découvert le cidre lors d'un séjour en France, chez maman. Kecha aurait dû me prévenir qu'il avait l'intention de passer par là... mais l'intention me touche beaucoup. Merci Kécha!


saint Nicolas et sainte Geneviève