C'était samedi le 9 mai et je suis toujours émue en pensant aux souffrances des Russes au cours de cette guerre, à leur héroïsme et à l'injustice qui leur est faite par l'Occident qui préfère travestir l'histoire et effacer leur rôle dans la victoire commune. Pratiquement toutes les familles russes ont été marquées par la guerre. J'ai lu les souvenirs d'enfance du père Andreï, plusieurs de ses proches, des civils, ont été abattus par les Allemands. Cela laisse des traces profondes, dont les Français n'ont pas idée. Honneur aux morts, aux héros, aux victimes innocentes. Et que Dieu reconnaisse les siens...
Celui que tourmente la vérité et la justice est toujours très seul. Et il en arrive toujours à se taire. Comme le Christ devant ses juges. J'ai mis un certain nombre d'années à le comprendre.
Je devais chanter au café, à la place de Skountsev qui s'est défilé. Ce que j'ai fait. La petite salle était pleine de gens que je ne connaissais pas et qui étaient apparemment très contents. J'avais choisi des chansons pascales et des chansons cosaques sur la guerre, plus celle que j'ai composée sur le Donbass, la chanson de Dokoutchaïevsk, et des chansons françaises. Un jeune homme enthousiaste est venu me baiser la main, et un petit enfant m'a saluée en français, parce qu'il l'apprend à l'école. Gilles m'a dit qu'il me paierait en consommations gratuites, ce qui nous arrange tous deux. Le chef génial venu former son personnel met à ma disposition des menus gastronomiques français. Il m'aura fallu venir à Pereslavl-Zalesski pour avoir facilement accès aux productions du pâtissier de haut vol Didier puis à la cuisine raffinée de Frédéric...
Il ne fait vraiment pas chaud, s'il ne pleut pas trop, je suis déjà contente, au moins il n'y a pas de moustiques, et je peux profiter, entre deux nuages, du soleil sur ma terrasse en contemplant le jardin et en écoutant les oiseaux. Mais aujourd'hui, j'ai vu arriver avec horreur des camions, des grues, et l'on a déposé je ne sais combien de conteneurs métalliques sur le terrain où le propriétaire avait déjà déversé, chaque jour pendant tout un mois, une quinzaine de camions de terre à grand fracas, il y a quelques années. En plus de l'horreur qui va inévitablement pousser là, cela nous promet le vacarme des travaux pour toute la belle saison, et ensuite, les joyeux chachliks avec la radio à tue-tête. Je le crains fort, et plains les rossignols, dont l'habitat diminue, et qui, comme moi, devront subir ce tohu-bohu infernal. Infernal est le mot.
Comme ce qu'il me reste de famille me manque, j'envisageais d'aller en France, et Gilles me conseillait d'acheter un billet avant que le voyage ne devienne inabordable. Mais voilà que la mafia, sous son avatar de l'OMS, a décidé de nous refaire le coup de la plandémie. Ces gens-là ne se reposent jamais, ils ne cessent pas une minute de nuire. Naturellement, si c'est à nouveau le grand cirque des confinements, des torchons sur le nez, des passes sanitaires et des piquouses forcées, je n'irai nulle part. Si mes souvenirs sont bons, la Russie est fort heureusement sortie de l'OMS, et elle a d'autres soucis. Dans l'ensemble, les gens paraissent avoir compris qu'on se fout de leur gueule, mais il y a toujours assez de gogos de service pour foncer dans ce genre de panneaux. Quand on quitte la terre pour habiter dans le béton, on finit toujours par devenir un peu con, et en plus, on se croit, on prend les ploucs pour des imbéciles... Il faut dire que de nos jours, même les ploucs perdent parfois le nord.
J'ai vu une vidéo russe qui évoque les massacres de troupeaux qui, en Sibérie, ont fait écho à ceux de l'Ariège. Il y est carrément expliqué que c'est une opération mafieuse, un moyen de se débarrasser de la concurrence des petits exploitants et de leur voler leurs terres. En France et en Europe, c'est exactement la même chose, mais les responsables de ces méfaits ne défuntent pas opportunément et mystérieusement, comme en Sibérie. Ils continuent à sévir, avec leurs préfets, leurs flics et leurs vétos vendus. https://www.facebook.com/profile.php?id=100002851737552&sk=reels_tab&__cft__[0]=AZZUyfaAnwl-sXJAVBj37vCaOTFZkB7-GBBz3xdvi_yHPu3jfmp58crwwm7BNqwPVapjvugA1eAsaOLc9RGaJxyPzF2FYI2DVNou5BRhOpiM2QFq76WoLifJmOR8DIfpYZw&__tn__=-]F
Mon cousin m'a envoyé une vidéo, un entretien avec Krishnamurty, et je ne peux pas dire que je ne sois pas d'accord, mais je ne peux pas dire que cela m'apporte beaucoup non plus. Il me dit que je n'ai pas compris, que je me sens attaquée dans ma religion, et que Krishnamurty n'attaque personne. Il est possible que je n'ai pas écouté comme il convient, mais en même temps, quand je me trouve devant une source d'eau vive, il est rare que je m'en détourne. Krishnamurty, d'après ce que j'ai perçu, met en cause les conditionnements culturels, nationaux, religieux qui nous empêchent de percevoir ce qui nous entoure dans sa profonde dimension divine, et il remet en cause la notion même de Dieu, si tant est qu'on puisse avoir de Dieu une notion. Mais à voir ce qu'ont donné les affranchissements de ces conditionnements dans la société occidentale, je ne trouve pas que ce soit une démarche très réussie. Certes, en Dieu, il n'y a plus ni juif, ni héllène, ni homme ni femme, mais c'est au terme d'un itinéraire qui suppose, à mes yeux, un terreau de départ, constitué par sa nature génétique, sa famille, son environnement culturel, son héritage, son appartenance à une communauté, à une lignée d'ancêtres . Et Dieu a maudit la tour de Babel. Disons qu'on arrive à l'universel à travers le particulier. Il est vrai, comme il l'explique, que lorsqu'on regarde un arbre, on ne le voit pas tel qu'il est, on en voit la représentation qui nous est donnée par l'entourage, la science, tout ce qu'on veut. Au terme d'une contemplation spirituelle profonde, d'une opération poétique, on le verra autrement. Et aussi si l'on fume un joint qui, en provoquanr un déplacement de conscience, fait passer au deuxième plan la vision utilitaire et conditionnée que nous avons des choses. Il est vrai, je crois, qu'un indien d'Amérique ou un masaï n'auront pas de cet arbre la même perception qu'un Européen, ou un adulte surmené qu'un enfant rêveur. J'ai toute ma vie cherché à affiner la perception que j'avais des êtres pour les voir dans leur essence pure. Le drame de notre époque est que très peu font cette démarche, et la plupart des gens ne voient absolument plus rien, c'est la raison pour laquelle le monde qu'ils font est si difforme, il n'a plus rien de vrai, plus rien de vivant, et si on le leur fait observer, ils deviennent agressifs. Pour ce qui est des gens de culture différente, j'en ai toujours eu le respect, dans la mesure où ils ne venaient pas essayer de m'imposer leur point de vue et leur façon de vivre. Mais dans l'ensemble, toute personne qui a une approche poétique et spirituelle de la vie en arrive à cela tôt ou tard. Je ne crois pas que le préalable puisse être: annulons tous les conditionnements ou alors il faut bien définir ce qu'on entend par ce mot. Car on peut en arriver ainsi à l'idéologie woke, pour laquelle tout ce qui est naturel, biologique, culturel, spirituel est un conditionnement, et où l'on obtient de misérables dingues qui ne savent plus qui ils sont, d'où ils viennent ni où ils vont, des sortes d'enfants loups culturels et spirituels. Les animaux eux-mêmes ont des codes. Il s'agirait plutôt de nettoyer le regard et pour nettoyer le regard, il faut nettoyer l'âme.
Hier matin, à l'église, c'était le jeune père Alexis qui officiait, et, à propos de la Samaritaine, il a parlé justement des préjugés que bravait le Christ en s'adressant à cette femme, d'une secte honnie par les juifs. Et il y a toujours quelque chose ou quelqu'un que nous pouvons honnir nous-mêmes et qu'il faut apprendre à voir autrement. Le Chrétien doit apprendre à voir et à apprécier la beauté du monde. Voir et apprécier la beauté est une démarche spirituelle. C'est essentiellement la mienne et, dans ma vieillesse, je redoute de perdre la vue, ou bien de ne plus rien avoir à regarder, ce qui pourrait bien finir par arriver, au rythme où se répand la lèpre de la laideur.











