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jeudi 6 août 2026

Chez Aricha

 



J’ai vu Katia, chez elle, à Filimonovo. Elle m’a demandé pourquoi je n’avais pas le moral, en dehors des événements de plus en plus sinistres. « Parce que je vieillis, que je perds la vue et que les miens sont loin. La distance entre eux et moi s'est considérablement accrue, et c'est presque comme si j'étais partie en URSS, parce que voyager est difficile, cher, et que les gens comme moi sont de plus en plus considérés comme des ennemis du peuple par ceux qui causent sa perte.

- On dit que parfois, les gens perdent la vue pour ne plus voir ce qui les fait pleurer. »

Avant, j’allais au moins une fois par an revoir mon pays d’origine et mes proches. Et là, je ne suis pas sûre que je le referai encore de mon vivant, ou du leur. Et ici, je suis seule, je n’ai pas de famille, vieillir est d’autant plus difficile. « Je comprends, me dit Katia, et je suis moi-même déjà effrayée par cette perspective, car je n’ai absolument personne. Mon frère vient de mourir, quand ma mère quittera ce monde, je serai absolument seule.

- Pourvu que votre Fédia revienne, je prie pour lui, tous les jours. Et voyez, il est quand même toujours en vie…

- Oui, sa vie ne tient qu’à nos prières… »

Il lui a envoyé un peu d’argent, pour acheter des médicaments à sa mère, alors que lui-même en a probablement moins qu’elle. Je lui ai dit, à ce propos : « Maintenant que vous avez acheté ce petit appartement à Pereslavl, pourquoi ne pas y installer votre mère ? Elle serait moins seule, elle ne serait pas avec vous, mais vous l’auriez à proximité, vous pourriez louer les services d’une bonne femme qui lui ferait les courses et la cuisine, et dormir dans cet appartement quand vous avez besoin de rester en ville.  De plus, si jamais elle était désorientée, tout le monde se connaît, ici, ce n’est pas comme si elle se perdait à Moscou…

- Oui, c’est vrai, j’y pense… »

Katia est allée en pèlerinage à Toutaïev, avec sa paroisse, pour la procession annuelle derrière une immense icône de la sainte Face, qui est portée par plusieurs hommes, en tête de la foule des croyants. Elle a beaucoup de vénération, comme moi-même, pour le starets Paul Grouzdiev, qui vivait à Toutaïev et y a été enseveli. Pendant toute la procession, la pluie tombait avec plus ou moins d’intensité, et les gens titubaient sous des trombes d’eau, derrière l’icône enveloppée d’un film protecteur, c’était très pénible, et étrange, mais à un certain moment, elle en a ressenti une grande grâce, comme il arrive dans ce genre de péripéties. Je dirais même que c'est une expérience particulièrement typique de la Russie.

Après nous avons fait un tour en voiture dans la campagne environnante, elle voulait voir ce que c’était que le village de Sémionovka, et en le cherchant, nous sommes arrivées à Pertsovo, où j’avais failli acheter une maison. La nature était merveilleusement belle, avec de larges espaces, des arbres équilibrés, variés et harmonieux, une douce lumière déjà automnale, bien que l’air soit tiède, mais justement, il est tiède, et non plus chaud, il est léger, et ça et là, de discrètes touches d’or apparaissent dans les feuillages. « Cela me rappelle septembre en Italie, me dit Katia.

- En effet, et moi la fin d’été en Provence… »

Mais j’ai pu observer que tous les villages étaient saccagés, les maisons difformes et plastifiées, et cela n’est même pas le résultat du plan mondialiste, mais celui de l’inculture, de l’absence totale de goût et de respect pour ce que faisaient les anciens.

En venant chez elle, j’ai tout-à-coup compris, en voyant de loin l’église de son village de Filimonovo, que c’était elle que j’avais représentée autrefois sur un tableau que je lui ai offert. Mais elle était vue d’un autre côté. J’avais un jour raccompagné deux vieux dans cette direction, quand je travaillais encore à Moscou, et je m’étais arrêtée au retour, pour dessiner une église qui surgissait sur une colline. Mais je n’avais aucune idée du nom du village et je viens seulement de faire le rapprochement. « En effet, me dit-elle, c’est à coup sûr l’église de Filimonovo, et vous me l’avez offerte sans le savoir ! N’est-ce pas incroyable ? »

A Moscou, on détruit les unes après les autres de merveilleuses usines anciennes, de la fin du XIX° ou du début du XX°, de véritables chefs d’œuvre architecturaux, afin de les remplacer par des horreurs disproportionnées et lourdingues. Un Russe me dit sur Facebook que c’est le programme mondialiste que d’effacer toute notre histoire. En effet, et ce plan est aussi à l’œuvre en France, où toutes les merveilles de notre passé médiéval me semblent désormais en sursis, ainsi que tous nos paysages, modelés par deux mille ans de ruralité laborieuse et modeste.  « On nous créée un tel enfer, lui ai-je répondu, que cela ne nous fera plus aucune peine de mourir ». Comme on dit dans l’Apocalypse, les vivants envieront les morts. 

la maison d'Aricha

Le lendemain, Katia m'a présenté Arina, Aricha, une artiste-peintre qui vit dans un village à une demie heure de Pereslavl. Aricha est sibérienne, et me rappelle Svetlana, rencontrée récemment chez Volodia et Mariana, une personne ronde, affable, caressante, chaleureuse, chez qui on devine une grande force morale, une grande force vitale, sans doute celle d'aimer. La Sibérie est probablement restée plus intacte du point de vue de la mentalité russe. 

Aricha a la balalaïka comme violon d'Ingres. Elle s'occupe beaucoup des soldats, pour qui elle fait des miracles, et des chiens martyrs, qu'elle recueille. Elle en a trois, dont une à qui il manque une patte, et bientôt lui en arrive une autre, à qui il en manque deux. Elle a commencé par nous envoyer nous baigner à la carrière voisine, et nous sommes descendues jusqu'à cet endroit étrange par une piste défoncée dont seul le tout-terrain de Katia pouvait venir à bout. Mais là, au fond de ce monde créé par l'industrie de l'homme qui se développe selon ses lois naturelles propres, quelle merveille... Une eau douce, claire, pleine de poissons d'or, des crêtes austères que colonisent déjà buissons et bouleaux, et cet arbre argenté nordique qui a un aspect méridional, l'argousier aux baies d'ambre. D'énormes nuages tournaient autour de cet oeil aquatique grand ouvert où je nageais avec délices, l'âme en paix, en écoutant le vent chanter dans les roseaux et les feuillages, sans aucune radio, sans aucune débroussailleuse, juste la rumeur régulière et lointaine de la carrière qui rappelait celui du train, régulier et mélancolique. Sur la berge, au soleil et au vent doux, je remerciais Dieu et Katia de m'offrir ce moment de pur bonheur de vivre. Car c'est pour cela que nous sommes nés: pour nous gorger de la vie et la consacrer à Dieu, du moins c'est ainsi que je le ressens. Toutes les heures que nous perdons dans les labyrinthes sinistres de la modernité nous habituent à l'enfer, et celles où nous rencontrons enfin la plénitude de la vie nous remettent dans le chemin du paradis et nous en donnent l'avant-goût. C'est pourquoi l'enfer s'acharne sur nos forêts, nos cours d'eau, nos animaux, nos villes et maisons anciennes, nos belles traditions, et tout ce qui peut nous détourner de lui en nous donnant la nostalgie de notre destinée réelle.

La maison d'Aricha est simple et ravissante, étonnement calme et douce. Elle l'a réparée en respectant le style russe, dont elle est elle-même l'incarnation. Sa grande terrasse de bois ouvre sur un paysage immense et vierge, que ne détruit aucune construction monstrueuse, des vagues de forêts et de collines qui déferlent doucement sur le ciel. Elle nous avait fait un repas conforme à sa maison: simple et délicieux. Et là encore, je me disais que ce moment entre nous de gentille amitié dans un décor naturel intact, c'était un instant volé à l'enfer, que partout où des êtres encore intacts se réunissaient avec affection, et discutaient ou faisaient de la musique, ou autre chose d'enrichissant, mettait en échec la danse macabre et la foire mécanique des robots.









Ce matin, j'ai écouté une vidéo où Pierre-Yves Rougeron reçoit Nicolas le Bault. Leur analyse des causes de notre dégénerescence est remarquable, tout cela, je le sentais quasiment dès l'enfance, sans pouvoir le formuler aussi clairement, mais là, c'est vraiment limpide. Il y a peut-être quelques angles morts, mais fondamentalement, c'est vrai. Et j'ai même pensé que si la Russie avait été quelque peu épargnée, c'est aussi parce que le régime communiste l'avait mise à l'abri du gauchisme qui est beaucoup plus délétère.


 

lundi 3 août 2026

ilôt de paix dans la tourmente

 


La France devient un vrai nid de démons. On la met à sac, à feu et à sang. Des incendies gigantesques brûlent des régions entières, avec leurs animaux sauvages qui ne savent plus où se réfugier, avec leurs oiseaux, avec leurs villages. Mais la préfète de la Gironde veut empêcher les agriculteurs d’aider les pompiers, ça c'est très important. Plus important que d'empêcher la vie de partir en fumée.

On dirait que la France s’ukrainise. Les paysans, les pompiers, les petites gens de province restent les Français que j’ai connus, dans le genre de ma famille. Mais il y a tellement d’abrutis, et d’abrutis diplômés, et même de brillants slavistes, qui se conduisent comme l’Orgon de Tartuffe entre les mains de l’abominable mafia qui nous gouverne, et hurlent à la mort contre les Russes, et contre tous ceux qui veulent rétablir la vérité, en face des calomnies et des inversions accusatoires… Ils s’avilissent à vue d’œil et ne sont pas loin de lyncher ceux qui pensent mal. Oui, c’est la contagion du maïdan, cette méchanceté stupide et cette vilenie qui me dégoûtaient chez les Ukrainiens ukrainisants, et qui à elles seules me persuadaient que le Donbass et la Russie étaient le bon camp. A présent, la meute se déchaîne contre une belle journaliste russe, qui a dirigé RT France, Xénia Fedorova. Quand on voit son visage calme, pensif et profond, et les gueules convulsées des gargouilles qui la livrent à leurs zombies glapissants, on a l’impression d’assister à un film d’épouvante. Ca ne choque pas les imbéciles que des hordes de filles ukrainiennes déchaînées viennent crier leur haine sur tous les plateaux, mais que la seule journaliste russe du paysage audiovisuel, digne et respectueuse, soit privée d'exprimer l'autre point de vue par le sinistre aux yeux sur pédoncule, cela n'est pas tolérable..

Tout ceci me perturbe et m’angoisse tellement que j’en ai en permanence la larme à l’œil.cela me serre terriblement le cœur. Je regrette presque d’être partie, j’aspire à « rentrer chez moi », au « Pays bleu » qui n’existe plus de la France de Trenet. Je me demande parfois ce que je fous ici, où tout le monde m’adore, où je vends des dessins, et même des livres ; où des théories de pèlerins font le déplacement pour discuter avec moi et m’entendre chanter. J’en ai eu toute une théorie aujourd’hui, ils ont été adorables, et moi un peu ahurie. Ils m'ont posé des tas de questions, sur mon itinéraire, et en partant m'ont embrassée comme si j'avais fait partie de leur famille. Mais quel que soit mon amour pour la Russie, la France de mon enfance m’occupe de plus en plus l’esprit, je péris de nostalgie devant des photos d’Annonay ou de l’Ardèche, des petits villages qu’ils vont tous détruire, des églises qui brûlent ou qui s’écroulent, des paysages qu’on saccage les uns après les autres. Cela ressemble à la fin du monde, et je ne trouve même plus les mots et la force pour exprimer ce qui me pèse sur l’âme.

Nicolas Bonnal me dit de me rapprocher de Dieu et le père Andreï de me confier à Lui, que les épreuves et les maladies sont là pour nous ouvrir les yeux. "Dans mon cas, lui dis-je, elles les fermeraient plutôt, car je perds la vue. 

- Eh bien les yeux spirituels..."

Ce qui est chiant quand on vieillit c'est qu'on finit par mourir. Je me demande s'ils vont s'ouvrir, mes yeux spirituels? L'eucharistie me paraît à chaque fois suave, élastique et vivante, et je m'entretiens beaucoup avec Dieu, mais est-ce que je m'entretiens vraiment? Est-ce que je déborde d'amour? Je déborde de larmes.

J'ai commencé, sur commande de la chaîne Spas, la traduction du scénario d'un film sur saint Augustin. C'est intéressant, j'avais lu les Confessions autrefois, c'était étonnement vivant, pour une époque où les écrits prenaient toujours de la distance, c'était quasiment une oeuvre moderne, une autobiographie. Evidemment, c'est peut-être surprenant de ma part, mais j'ai de la compassion pour le père païen du saint, tout heureux et tout fier de voir son fils devenir un homme qui s'intéresse aux filles et à la bonne bouffe dans les festins romains. Pendant ce temps, sainte Monique, avec laquelle peut-être il ne devait pas rigoler tous les jours, priait pour que l'adolescent choisît plutôt de se déssecher dans la chasteté, ce qu'il n'était pas vraiment pressé de faire, il le disait lui-même à Dieu, encore un moment monsieur le bourreau. Je n'arriverai jamais à comprendre pourquoi il est saint de mépriser les plaisirs de la chair, pour lesquels Dieu nous a pourtant Lui-même équipés au départ. Je comprends que leur satisfaction ne doive pas diriger toute notre vie, mais que la procréation doive se limiter à une gymnastique sinistre pour être convenable est un concept qui me paraît mener directement à son apparent contraire qui est la pornographie. Ces choses-là deviennent innocentes et belles quand on les fait par amour et avec bonheur, avec simplicité, avec naturel. Evidemment, quand on vous mariait avec un type qui ne vous plaisait pas, on avait peut-être du mal à le voir ainsi. Et trouver un type qui vous plaît, surtout à une époque où il fallait se marier de façon quasi obligatoire, ce n'est pas toujours simple.

Pour me changer les idées, je suis allée me baigner à l'embouchure de la rivière, près de l'église des Quarante Martyrs. J'y suis allée en vélo. La municipalité refait la berge et j'en suis très étonnée, d'une façon discrète, on a juste pavé la route, en laissant sur les bas-côtés les fleurs des maisons, les saules, les petits coins herbus, tout ce qui garde à l'endroit encore un peu de poésie et de pittoresque. Comme il a beaucoup neigé, et beaucoup plu, la rivière est pleine, propre, et je m'y suis glissée avec bonheur, pour nager vers le large du lac, bleu foncé, avec dans le ciel ces nuages qu'il y souffle en permanence, comme un enfant des bulles de savon. Sous l'église, une rangée de pêcheurs, un couple en ballade. Je regardais passer les hirondelles, dériver les canards, glisser les barques multicolores.Tout était si calme, si joli et si paisible. Au retour, j'ai appris que les Ukrotaniens avaient fait exploser un drone sur une plage, sur des gens désarmés, des enfants. Bien qu'ils en accusent toujours les Russes, c'est une vieille habitude, chez eux, que de faire des cartons sur les écoles, les gosses dans les bacs à sable, les grands-mères dans leurs potagers, les prêtres dans leurs églises, les ambulances... On voyait cela dès 2014, et inutile alors d'essayer d'attirer sur ce fait l'attention des personnes qui, aujourd'hui, insultent les Russes à longueur de commentaires. La presse veillait à ce qu'aucune info véritable n'arrivât à leurs oreilles, pourtant déjà bouchées à l'émeri. Le gnome de Kiev dit qu'il faut faire sentir la guerre à la Russie. Ah oui, parce qu'au Donbass, puis à Koursk, à Belgorod, on ne la sentait pas du tout, quand ses mercenaires y commettainet des atrocités. J'en connais qui ne veulent pas savoir. Mais ils deviennent rares, parce qu'ils sont généralement partis au pays de la démocratie de Nono la gargouille.


mardi 28 juillet 2026

Soubotnik


 Marina avait invité tout le monde à un soubotnik à Faleleïevo. Le soubotnik, c'est quand les gens se rassemblent un samedi pour nettoyer leur quartier ou leur cour d'immeuble, ou y faire divers travaux, une habitude héritée de la période soviétique. A Faleleievo, c'est l'église et ses abords qui sont concernés. La journée à commencé par un office d'action de grâce célébré par un prêtre de Pereslavl.

J'avais préparé des crêpes, mais je n'étais pas partante pour le nettoyage et le bricolage, j'en ai assez chez moi. Tania avait fait un clafouti, délicieux. Sur place, le gardien des lieux, un ancien moine, Matveï, préparait un plof ou riz pilaf. Cat les gens qui bossent ont faim. Les autres aussi, d'ailleurs. 

Il pleuvait plus ou moins, mais on a fait don à Marina d'une tente de cocktail. Cependant, tente ou pas, l'atmosphère était très humide, quoique chaleureuse. J'étais épatée par le travail effectué en un an dans cette église par toutes les petites fourmis requises par Marina. Le bâtiment est fermé, nettoyé, on y célèbre déjà des offices, y sont apparus des icônes, des chandeliers, quelques sièges. J'espère qu'on pensera à garder des endroits pour les hirondelles, qui nichent sous la coupole et vont et viennent au-dessus des fidèles et des bénévoles.

J'ai fait la connaissance d'une jeune femme, Nastia qui fait et commercialise des bijoux et des coiffes dans l'esprit traditionnel. Je lui ai même acheté un collier, alors que je n'en porte plus guère, pour soutenir la cause. Les enfants de Marina s'intéressaient beaucoup à cet artisanat et aussi aux tableaux exposés depuis notre plein air d'il y a quelques temps. Comme quoi les enfants dont on ouvre l'esprit ne deviennent pas forcément de petits nuisibles au QI de moule.

Pendant le pique-nique, Matveï plaisantait avec beaucoup d'humour. Il était sonneur de cloches et nous a parlé de son art, et des magnifiques bourdons de Rostov qui datent du XVII° siècle. Pendant ce temps, une jeune femme brossait son énorme chienne, dont les yeux chaviraient de bonheur, et qu'il couvrait de mots doux. Marina me dit qu'elle était très contente de ma visite, car elle aimait "les gens chaleureux et profonds". C'est bien réciproque. Malgré la pluie, la sérénité du village et la gentillesse des bénévoles m'ont fait oublier les nouvelles horribles. Nous en étions tous bien loin, sous la tente, ou sous les voûtes de l'église et ses hirondelles.


 

Ensuite, je suis passée chez Tania, qui aménage son appartement. Dans sa cuisine, on a l'impression de se trouver dans la véranda d'une datcha, car tout un mur est occupé par des fenêtres qui donnent sur le verger de l'isba voisine. 

A l'église, le lendemain, j'ai confessé un bon coup d'acédie. Aujourd"hui, un des ouvriers de Tania m'a parlé de la russophobie foncière de l'occident, et de la necessité pour les gens comme nous de choisir leur camp. D'une certaine façon, je l'ai choisi, car je déteste la politique infâme de celui d'en face, qui n'a aucune justification, sauf dans les mensonges dont il dissimule ses vraies intentions et ses véritables actions. Cependant, je suis bouleversée de ce qui arrive à la France, qui est aux mains de malfaiteurs d'une rare nuisance. Comme beaucoup de gens, je ne crois pas une minute que les feux qui ravagent le pays soient fortuits, ni même la canicule, et partout où ça brûle, on trouve à la base un projet de data center ou de panneaux photovoltaïques. Comment peut-on présenter ces panneaux, et les éoliennes, comme des projets écologiques, alors qu'ils vitrifient des milliers d'hectares de forêts et n'y laissent plus subsiter aucune vie? Et comment des imbéciles de vieux écolos peuvent-ils soutenir cela et ne pas voir où cela mène? C'est drôle, ici, pour l'instant, nous n'avons Dieu merci pas cela, nous n'avons même pas de chemtrails, même si beaucoup de gens en France considèrent le phénomène comme un fantasme de complotistes, je ne vois pas ici de ciel quadrillé dans tous les sens jusqu'à l'opacité, je vois de l'azur et des nuages. Et malgré le "réchauffement climatique", nous avons eu un hiver très froid et neigeux, notre été est frais et pluvieux, je l'aimerais un peu plus ensoleillé, mais avec ce qui se passe dans mon pays d'origine, je ne vais pas me plaindre, et pour ici, nous sommes dans la norme. Certes, les hivers russes ne sont pas du millefeuilles pour les personnes âgées, mais les étés torrides non plus. Mon été n'est pas torride.

D'autre part, la russophobie n'a pas toujours été si constante que le croit l'ouvrier de Tania. Certes, il y avait des frictions, on essayait déjà de convertir les Russes de force au temps d'Alexandre Nevski, les Polonais ont persécuté les orthodoxes du temps où ils étaient plus puissants que la Moscovie. Au XIX° siècle, les républicains français considéraient l'empire des tsars comme une tyrannie, et les catholiques étaient solidaires des Polonais, vaincus et annexés au XVIII°. Néanmoins, il y avait une grande fascination réciproque entre le monde russe et le monde occidental. Et de grands échanges culturels. Après la révolution, s'est formée en Europe une énorme diaspora russe qui a joué un grand rôle dans la culture des pays occidentaux et même dans leur spiritualité. Selon qu'on était sympathisants des communistes ou des émigrés tsaristes, on aimait les Russes rouges ou l'on aimait les Russes blancs, mais on ne peut pas dire qu'on détestait les Russes en tant que tels, on les trouvait séduisants, excentriques, on parlait de "charme slave"... Les choses ont changé à partir des années soixante-dix avec les nouveaux philosophes ancien trotskystes ou maoïstes, BHL et Glucksmann père, les dissidents russes, en majorité juifs, le mouvement des refuzniks qui voulaient rejoindre Israël et se heurtaient à la résistance du gouvernement soviétique.  On a commencé à démarquer la gauche du communisme russifié de Moscou, et du parti communiste français trop bêtement prolo, trop populiste, trop franchouillard. Après la Perestroïka, qui aurait dû calmer le jeu, c'est devenu pire, on s'est employé à mettre tous les crimes bolcheviques et staliniens sur le dos des seuls Russes, boucs émissaires pratiques pour les républiques ex soviétiques, et pour les partisans des idéologies marxistes de départ, qui, en Russie, étaient massivement non russes au moment de la révolution, et se sont rendus coupables ou complices de crimes abominables. J'ai vu s'installer toute cette imposture depuis 1990, j'en ai suivi toutes les étapes, jusqu'au maïdan et mon retour en Russie. 

Mon acédie provenait esssentiellement de la tristesse profonde où me plonge la guerre dans laquelle l'Occident a réussi à entraîner la Russie et l'Ukraine, et bien que j'ai vu chez les Ukrainiens des comportements détestables, je ne me réjouis vraiment pas de ce qui leur arrive, beaucoup d'entre eux sont victimes de la situation. Je note qu'à l'occasion de la commémoration des enfants du Donbass tués par les bombardements et les exactions ukrainiennes, des trolls ukrainiens reprochent leur mort aux Russes, c'est vraiment une sale manie de ces gens-là que l'inversion accusatoire... Car ce n'est vraiment pas ainsi que l'on m'a raconté ces événements au Donbass même, et le père Nikita m'emmenait dans tous les anciens points chauds discuter avec les habitants.

Elle provenait également de ce qui se passe en France, de la mauvaise foi et de la fourberie des autorités, de leur profonde vilenie. J'ai trouvé à ce propos un excellent texte:

Dans les flammes qui dévorent les forêts de France, ce n’est point seulement la nature qui se consume : c’est l’âme même de la patrie que l’on sacrifie sur l’autel de la corruption et de l’intérêt sordide.

Ô France malheureuse, gouvernée par des hommes sans honneur, où les feux de l’été deviennent le symbole tragique d’une nation livrée aux mains avides d’élites corrompues !

La filière bois, qui pèse près de soixante milliards d’euros et fait vivre près de quatre cent mille âmes laborieuses, est saignée à blanc.

Les massifs détruits privent les scieries et la construction d’un approvisionnement vital, tandis que l’État, ruiné par ses propres choix, ne possède plus que quatre Canadairs en état de voler.

Le reste rouille dans l’indifférence, car les milliards sont mieux employés, dit-on, à engraisser l’ami intime du président et son “Deep State” corrompu en Ukraine qu’à défendre le sol sacré de la patrie.

Les assurances, elles, augmentent sans pitié leurs primes, faisant peser sur le peuple le poids des sinistres répétés.

Quant au tourisme, joyau des régions du Sud et de la Gironde, il agonise :

campings évacués,

massifs fermés,

villages enveloppés de fumée,

tout un pan de l’économie populaire s’effondre dans les cendres.

Mais derrière ces ruines apparentes se cachent des intérêts bien plus noirs, car après l’incendie vient la curée :

le marché juteux de la reforestation,

les appels d’offres publics et privés distribués aux amis,

les pépiniéristes et les entreprises de travaux forestiers qui se partagent les milliards de la reconstruction.

Le bois brûlé, vendu à vil prix dans l’urgence pour éviter les scolytes (parasites), enrichit les industriels du granulé et de la pâte à papier.

Ainsi la tragédie devient-elle fructueuse pour quelques-uns seulement.

Cependant, la vérité,

cette flamme plus ardente encore,

perce le voile des mensonges officiels.

Ces feux ne sont point seulement le fruit du prétendu dérèglement climatique ou de l’imprudence de quelques promeneurs. Ils cachent, pour les esprits lucides, des manœuvres criminelles orchestrées par des élites financières sans foi ni loi.

La spéculation immobilière, ce cancer moderne, trouve dans les cendres son terrain le plus fertile. Des promoteurs sans scrupule, complices de municipalités corrompues, feraient allumer ces brasiers pour déclasser des zones protégées, transformer la forêt en terrain constructible et y élever des complexes touristiques ou des résidences de luxe réservées aux puissants.

La terre brûlée devient soudain négociable,

et le peuple perd à jamais ses forêts ancestrales.

Plus sordide encore est le complot des parcs éoliens et des champs solaires. Dans les Landes et ailleurs, les faits sont si criants qu’ils soulèvent le cœur.

Les incendies « nettoient » providentiellement des terrains sauvages pour y installer, au nom de la transition énergétique — ce nouveau dogme de la bêtise érigée en système —, des monstres d’acier et de verre subventionnés par l’État.

Ainsi, sous prétexte de sauver la planète :

on sacrifie la France profonde,

on enrichit les industriels du vent et du soleil,

et l’on transforme la campagne en un vaste champ de machines au service des grands fonds d’investissement.

Telle est la tragédie d’une France livrée à des corrompus :

ses forêts brûlent,

non par accident,

mais par calcul.

Chaque flammèche est un coup de poignard porté à son identité, à son économie réelle, à son indépendance. Pendant que le peuple suffoque dans la fumée, les puissants préparent les contrats, redistribuent les terres et célèbrent, dans l’ombre de leurs palais, la nouvelle frontière de leur enrichissement, comme à Hawaï.

Quand donc ce peuple, lassé d’être trahi, se relèvera-t-il pour exiger des comptes à ceux qui livrent son sol aux flammes et aux spéculateurs ?

Car dans ces incendies répétés se joue bien plus qu’une question écologique : c’est le destin même de la nation qui se consume.

Ô scandale des temps modernes, où la flamme qui dévore la forêt française n’est plus seulement l’instrument du ciel ou de l’imprudence humaine, mais l’arme froide et calculée d’un complot où se mêlent avidité financière, dogme écologiste et volonté de puissance !

Dans les cendres encore chaudes des massifs dévastés se cache une alliance ténébreuse entre les intérêts forestiers corrompus et les grands acteurs de la transition énergétique. Ce n’est point là une simple coïncidence du malheur :

c’est une stratégie concertée,

une œuvre de longue haleine ourdie par des élites qui ont fait de la destruction un marché

et de la « transition » un prétexte à l’enrichissement.

Les feux, soigneusement dirigés vers les zones les plus propices, « nettoient » la terre à moindres frais. Là où s’élevaient des forêts séculaires, fierté de la nation, surgissent bientôt les carcasses d’acier des éoliennes ou les champs monotones de panneaux solaires.

La forêt brûlée devient terrain vierge, débarrassée des protections environnementales qui entravaient jadis les appétits des promoteurs. Ainsi le complot forestier et énergétique révèle-t-il sa logique implacable :

sacrifier le vivant pour installer le mécanique,

remplacer l’arbre par la machine,

le bois par le métal, au nom d’une écologie de façade qui masque mal une nouvelle forme de spoliation.

Les industriels du vent et du soleil, soutenus par des fonds d’investissement internationaux et par un État captif, trouvent dans ces sinistres répétés un allié providentiel. Chaque incendie majeur ouvre des marchés publics colossaux :

déblaiement,

reforestation sélective,

installation d’infrastructures « vertes ».

Des milliards d’euros, prélevés sur le contribuable, sont ainsi redistribués aux amis du régime, tandis que les régions sinistrées voient leur paysage ancestral défiguré pour des décennies.

La Gironde,

les Landes,

la Provence

partout où la flamme a passé, les projets éoliens ou photovoltaïques progressent avec une rapidité suspecte.

Ce complot porte en lui une dimension plus profonde encore, presque métaphysique.

Il s’agit de briser le lien millénaire entre le Français et sa forêt, ce sanctuaire de mémoire et de liberté. En remplaçant les chênes et les pins par des totems d’acier tournant sans relâche, on impose une nouvelle religion :

celle du carbone et de la « neutralité », qui justifie toutes les profanations.

La nature n’est plus vénérée, elle est industrialisée.

La terre n’est plus mère, elle devient ressource monétisable.

Et pendant ce temps, les vrais coupables restent dans l’ombre.

Les enquêtes sérieuses sur les origines criminelles de certains départs de feu sont étouffées, les lanceurs d’alerte ridiculisés, les conclusions des experts indépendants jetées aux oubliettes, car reconnaître la main de l’homme derrière ces flammes, c’est risquer de dévoiler l’alliance contre nature entre certains grands groupes énergétiques, des promoteurs immobiliers et des décideurs politiques qui ont fait du chaos écologique un levier de profit et de contrôle.

Philippe A. Jandrok

Recommandez jandrok philippe à vos lecteurs

Écrivain, historien de la médecine, chroniqueur

Auquel j'ajouterai aussi ce post: 

■ Comprendra qui pourra 😬...
L'ambition stratégique qui se dessine en Gironde
Il n'existe pas, à ce jour, de document officiel présentant tous ces projets comme un programme unique. En revanche, lorsqu'on les analyse ensemble, ils convergent vers une même ambition :
«Faire de la Gironde, et plus particulièrement de la métropole bordelaise, un pôle stratégique européen réunissant la connectivité mondiale, l'intelligence artificielle, le calcul intensif, l'énergie bas carbone et les industries de haute technologie.»
Autrement dit, l'objectif est de construire un territoire capable de maîtriser toute la chaîne de valeur de l'économie numérique :
- connecter la Gironde aux grands réseaux internationaux ;
- faire entrer les données en Europe ;
- les transporter jusqu'aux infrastructures numériques ;
- les stocker et les traiter grâce à des centres de calcul de très grande puissance ;
- alimenter ces infrastructures avec une énergie abondante et décarbonée ;
- développer la recherche scientifique, l'innovation et les industries de demain.
L'ensemble de ces projets raconte une véritable stratégie territoriale.
🤐 Les grands projets qui participent à cette ambition
1. Le câble transatlantique AMITIÉ : la porte d'entrée numérique de la Gironde
Localisation : Le Porge (Gironde)
Objectif
Faire du littoral girondin une porte d'entrée stratégique des communications numériques entre l'Europe et l'Amérique du Nord.
Le câble :
- relie les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ;
- mesure environ 6 800 kilomètres ;
- offre une capacité pouvant atteindre 400 térabits par seconde ;
- est en service depuis 2023.
Pourquoi ce projet est-il fondamental ?
Le câble AMITIÉ constitue la porte d'entrée des données internationales.
Il ne transporte ni pétrole, ni gaz, ni électricité.
Il transporte :
- Internet ;
- le Cloud ;
- les échanges financiers ;
- les données scientifiques ;
- les services numériques ;
- les communications internationales ;
- les futurs échanges liés à l'intelligence artificielle.
Sans cette connectivité mondiale, les futurs grands centres de calcul perdraient une partie importante de leur intérêt stratégique.
La logique est la suivante :
Océan Atlantique → Le Porge → Réseau terrestre → Bordeaux → Data centers → Intelligence artificielle → Entreprises → Europe.
Le Porge devient ainsi un maillon essentiel de cette nouvelle architecture numérique.
2. Le campus IA BXIA : le cœur du calcul et de l'intelligence artificielle
Localisation : Bordeaux-Lac
Objectif
Construire l'un des plus grands campus européens dédiés à l'intelligence artificielle et au calcul haute performance.
L'ambition est de faire de Bordeaux un territoire capable d'accueillir les infrastructures nécessaires au développement de l'IA, du cloud et des futurs services numériques.
Caractéristiques annoncées
- Investissement estimé à environ 3 milliards d'euros.
- 5 bâtiments de data centers.
- 250 MW de puissance informatique.
- Environ 20 hectares.
- L'une des plus importantes capacités de calcul actuellement envisagées en France.
Pourquoi ce projet est-il si important ?
Les data centers sont les véritables usines du numérique.
C'est à l'intérieur de ces bâtiments que fonctionneront des dizaines de milliers de serveurs capables :
- d'entraîner des intelligences artificielles ;
- d'héberger des services cloud ;
- de traiter d'immenses volumes de données ;
- d'effectuer des calculs scientifiques ;
- de stocker les données des entreprises, des administrations et des laboratoires.
Autrement dit, sans centres de calcul, il n'existe pas d'intelligence artificielle à grande échelle.
Pourquoi nécessite-t-il autant d'énergie ?
Ces serveurs fonctionnent 24 heures sur 24.
Ils nécessitent :
- une alimentation électrique gigantesque ;
- des systèmes de refroidissement permanents ;
- une alimentation sécurisée ;
- des infrastructures électriques extrêmement robustes.
Cette consommation explique pourquoi les projets énergétiques deviennent indispensables.
3. HORIZEO : produire l'énergie nécessaire
Localisation : Saucats
Objectif
Construire l'un des plus grands parcs photovoltaïques de France.
Surface prévue
Environ 680 hectares.
Pourquoi ce projet est-il essentiel ?
L'intelligence artificielle ne fonctionne que si elle dispose d'une quantité considérable d'électricité.
HORIZEO vise à augmenter fortement la production régionale d'énergie renouvelable afin d'accompagner cette transformation.
Les principaux enjeux
- production électrique ;
- défrichement d'une partie de la forêt de production ;
- biodiversité ;
- prévention des incendies ;
- raccordement au réseau.
4. Le parc éolien offshore d'Oléron
Objectif
Renforcer la production d'électricité bas carbone alimentant le réseau national et régional.
Même situé au large de la Charente-Maritime, il participe à l'augmentation des capacités électriques disponibles en Nouvelle-Aquitaine.
5. Le projet industriel EMME
Localisation : Parempuyre – Blanquefort
Objectif
Développer une industrie stratégique destinée à la fabrication de matériaux pour les batteries électriques.
Ce projet participe à la réindustrialisation du territoire autour des technologies de demain.
6. Les pôles de recherche et d'innovation
Autour :
- de l'Université de Bordeaux ;
- d'Inria ;
- du CNRS ;
- des programmes CAP IA et AI par UBx.
Objectif
Former les ingénieurs, chercheurs, entrepreneurs et entreprises qui feront vivre cet écosystème numérique.
Une stratégie cohérente 🤫
Tous ces projets ne sont pas indépendants.
Ils constituent les différentes briques d'une même architecture :
1. Le Porge connecte la Gironde au reste du monde.
2. Bordeaux traite ces données grâce aux futurs data centers.
3. Les infrastructures énergétiques fournissent l'électricité indispensable à leur fonctionnement.
4. Les universités et les centres de recherche développent les compétences et les innovations.
5. Les nouveaux projets industriels viennent compléter cet écosystème de haute technologie.
Autrement dit, il ne s'agit pas simplement de construire un data center ou un parc solaire.
L'ambition est de faire émerger, en Gironde, un territoire capable de réunir les réseaux internationaux, les infrastructures numériques, l'énergie, la recherche et l'industrie, afin de devenir l'un des pôles européens majeurs de l'économie numérique et de l'intelligence artificielle.
■ Les conséquences environnementales d'un projet d'une telle ampleur
Faire de la Gironde un pôle majeur de l'intelligence artificielle, de l'énergie et des hautes technologies constitue une transformation territoriale sans précédent. Une telle ambition ne peut pas se réaliser sans modifier profondément certains milieux naturels.
1. Une réduction des espaces forestiers
L'implantation de grands projets industriels, énergétiques et numériques nécessite des surfaces importantes. Selon les projets, cela peut conduire au défrichement de secteurs forestiers ou à la conversion de terrains naturels ou agricoles.
Pour les zones concernées, cela signifie la disparition d'un couvert forestier installé depuis parfois plusieurs décennies.
Une forêt ne se résume pas à un ensemble d'arbres : c'est un écosystème complexe, dont la reconstitution demande des dizaines d'années, voire davantage.
2. Une perte d'habitats pour la faune et la flore
Lorsque des espaces naturels sont remplacés par des infrastructures, les espèces qui y vivent perdent une partie de leur habitat.
Certaines peuvent se déplacer, d'autres voient leurs populations diminuer localement lorsque les conditions nécessaires à leur alimentation, leur reproduction ou leur refuge ne sont plus réunies.
Les effets sont particulièrement sensibles pour les espèces les moins mobiles ou les plus spécialisées.
3. Une fragmentation des milieux naturels
Même lorsque toute la forêt n'est pas supprimée, les nouvelles routes, plateformes, bâtiments, lignes électriques et clôtures peuvent morceler les habitats.
Cette fragmentation complique les déplacements de nombreuses espèces, isole certaines populations et réduit les échanges biologiques entre massifs.
4. Une artificialisation durable des sols
Les data centers, installations industrielles, postes électriques, voiries et plateformes techniques remplacent des sols auparavant perméables par des surfaces bâties ou aménagées.
Cette artificialisation modifie durablement le fonctionnement naturel des sols, notamment leur capacité à infiltrer l'eau, à stocker du carbone et à accueillir une biodiversité variée.
5. Une forte demande en électricité
Les centres de calcul destinés à l'intelligence artificielle comptent parmi les infrastructures les plus énergivores.
Leur alimentation nécessite une production d'électricité importante ainsi que le développement ou le renforcement des réseaux de transport et de distribution.
6. Une pression possible sur la ressource en eau
Selon les technologies de refroidissement retenues, certains data centers peuvent nécessiter des volumes importants d'eau.
Dans une région où les épisodes de sécheresse sont appelés à devenir plus fréquents, cette ressource constitue un enjeu majeur.
7. Une transformation durable des paysages
Des secteurs auparavant dominés par la forêt, les espaces agricoles ou les milieux naturels accueillent progressivement des infrastructures techniques et industrielles.
Le paysage évolue avec l'apparition de bâtiments de grande taille, de postes électriques, de panneaux photovoltaïques et d'autres équipements.
8. Des effets cumulés
Pris séparément, chaque projet fait l'objet d'études d'impact.
Mais lorsque plusieurs projets se développent sur un même territoire, leurs effets peuvent s'additionner : consommation d'espace, pression sur les ressources, fragmentation des milieux et évolution des paysages.
9. Un changement de vocation du territoire
Au-delà des impacts environnementaux, cette transformation modifie l'identité économique de la Gironde.
Le territoire conserve ses activités traditionnelles, mais devient également un espace stratégique pour les infrastructures numériques, énergétiques et industrielles.
Cette évolution peut créer des emplois, attirer des investissements et renforcer la souveraineté technologique, mais elle implique aussi des arbitrages entre développement économique et préservation des milieux naturels.
Bisous d'amour les copains 💋

   Ce qui me fascine, c'est l'écolo de base qui ne voit pas venir tout cela, parce qu'il se cramponne à ses contes et légendes, parce que le nucléaire c'est pas bien et que la planète se réchauffe. Personnellement, je suis écologiste, je suis profondément solidaire de la nature et de la vie, c'est pourquoi cramer des forêts avec leurs habitants et leur faune, pour créer des déserts vitrifiés n'emporte vraiment pas mon adhésion, même lorsqu'un journaliste nous explique le projet avec la voix enthousiaste que prennent tous les messagers des totalitarismes les plus noirs. Je crois au retour à une "digne pauvreté", comme disait un écrivain japonais déjà dans les années quatre-vingt-dix. A l'agroécologie, à la permaculture, aux énergies individuelles, dans un cadre de vie économe et solidaire, cela me paraît l'unique chance pour l'humanité d'avoir un avenir, mais tant qu'elle sera aux mains de la mafia, nous courrons à l'abîme. Après, peut-être, s'il reste des gens sur terre...

  En attendant, la France est mise à sac, à feu et à sang. Qu'en restera-t-il au milieu du siècle? Je serai probablement morte, je ne verrai pas la fin de ce film d'épouvante, mais cela ne me console pas vraiment. La préfète de la Gironde veut interdire aux agriculteurs de venir en aide aux pompiers et aux habitants, alors que tous ensemble, ils font beaucoup mieux que tout son appareil bureaucratique et ses hommes de main, lesquels n'ont d'autre fonction efficace que d'emmerder le monde. Qu'est-ce qui la dérange, cette mégère? A-t-elle conscience de l'infamie de sa profession, de son rôle, de toute sa personne? Qu'est-ce qu'elle fait sur terre, est-ce qu'elle se pose parfois la question en se tartinant le bec de rouge à lèvres le matin? J'aurais ça dans ma famille que je ne lui adresserais plus jamais la parole. Mais dans ma famille, il n'y a pas de créatures de ce genre...

 Dans ce désastre, c'est la solidarité des gens qui me remonte le moral. La même solidarité qui réunit à Faleleievo des personnes de bonne volonté au pied d'une ruine qui, lentement, reprend son aspect et sa fonction sacrée. C'est que la solidarité des petites gens ne plaît pas à la caste, à tous ces parasites délirants qui nous oppriment, la solidarité, la dignité, la compassion, le courage, pas de ça Lisette... Dans leur profonde corruption, dans le trou noir qui remplace leurs âmes, ils sentent bien que les qualités humaines sont la seule chose qui pourrait encore nous sauver, et ils veulent notre perte. 

A vrai dire, pour être "complotiste", il suffit découter ce qu'ils disent eux-mêmes, et de regarder ce qui leur tient lieu de visage et que je ne sais comment appeler. Leur faciès, leur masque. D'ailleurs, ne mettent-ils pas un masque pour torturer et violer les enfants? Eh bien ce masque leur colle à la physionomie, on ne voit plus rien d'autre. Quand on a des yeux pour voir. La première fois que j'ai vu Macron, j'ai eu le frisson de la mort. Cet oeil vide et glacé, cette impudence, ces expressions fausses et étudiées, mais comment ne pas voir en lui le félon idéal des films ce cape et d'épée? On a repassé quelques uns de ses grands moments. La Bête de l'apocalypse; son programme, énoncé avec des gestes convulsifs et griffus, et un sourire narquois: pour construire (l'enfer qu'on nous prépare), il faut tout détruire (ce qu'il reste du monde vivant dont beaucoup d'entre nous ont encore le souvenir et l'habitude).

 En réalité, il faudrait interdire l'exploitation immobilière ou industrielle des zones sinistrées pendant au moins dix ans. Je suis sûre que les incendies et les canicules seraient beaucoup moins fréquents. Mais c'est une mesure qu'on ne risque pas de prendre.

L'autre jour, pendant que mon couple de Français transportait des achats dans leur maison, j'ai discuté avec leur voisin qui promenait son chien. "Ils savent, me demande-t-il, que la vie ici n'est pas facile?

- En tous cas, ils connaissent le climat et l'administration! 

- Chez nous, il faut rester près de l'Eglise. "

Ah oui, je suis bien d'accord, mais ici, l'Eglise est très présente, alors qu'en France, où ferment et brûlent les sanctuaires en série, où on les détruit et les profane, et où finalement, on ne trouve pas auprès de l'Eglise, le soutien, la fermeté et la direction qu'il faudrait? Car c'est bien de cela qu'il s'agit, toute une partie des croyants suit l'affreux mouvement avec enthousiasme, il faut que l'Eglise "évolue" et enfourche la Bête progressiste pour cavaler sur son dos, là où Hector Berlioz conduisait Faust. Je ne parle évidemment pas de tous les catholiques et de certains je me sens solidaire, je me sens solidaire, mais je les plains.