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mercredi 18 mai 2022

icônes

 Une amie m'avait offert une icône naïve ancienne qui intrigue beaucoup de gens. On y voit la mère de Dieu avec deux moines et personne ne pouvait dire qui ils étaient, peut-être des commanditaires, car ils n'avaient pas de nimbes. Or je suis tombée, sur vkontakte, sur une icône du même type, il s'agit de la Mère de Dieu "Petcherskaïa", "des Grottes, avec deux saints moines de la Laure des Grottes de Pskov, Antoine et Théodose. 


Mon icône. A côté, une fleur en tissu qu'a faite Cécile, et un coeur en pâte à sel qui me vient d'Anne Frinking, souvenirs de Cavillargues et Solan.


L'icône d'internet

La première icone de ce type aurait été faite par saint Alipi des Grottes de Pskov, considéré comme le premier iconographe russe (+ en 1114). L'icône originale est liée à plusieurs miracles, elle a rendu la vue au prince Roman de Tchernigov. On la prie pour recouvrer le vue, pour se délivrer des démons et restaurer sa santé spirituelle et son équilibre.

Et à propos de santé spirituelle, d'équilibre et de démons, voici le genre d'icônes qu'affectionne la propagande de Kiev, je la dédie aux fervents soutiens de ce régime, en leur souhaitant de recouvrer la vue:



 Ceux qui fournissent les mitraillettes ne viennent certainement pas du paradis.

Pourtant, on fait tout pour nous le faire croire!





samedi 14 mai 2022

Froid mais beau


Je suis allée le même jour chez le coiffeur et au salon pour chiens faire toiletter Rita. J'ai récupéré un bijou de chienne, j'ai même eu rétrospectivement honte de ne pas l'avoir mieux entretenue, c'est une transformation merveilleuse, la voici prête à rencontrer l'été, à l'issue de notre absence de printemps, et toute rajeunie, ce qui n'est pas mon cas! J'ai passé la journée à courir. La dame qui m'avait amené Tania, la réfugiée du Donbass, m'avait demandé, la veille, de louer l'appartement des invités à une amie venue en pèlerinage,  et de lui préparer un repas simple, pour son retour des vêpres. Je suis allée en vitesse acheter du poisson avant de récupérer ma chienne, et puis j'ai préparé pour deux personnes, elle et moi. Mais au grand embarras de son amie, elle m'a fait faux bond au dernier moment pour rester au monastère. 
C'est dire si les locations, tout de même, ce n'est pas trop ma tasse de thé. S'enquiquiner à tout préparer, et puis les gens ne viennent pas, et je ne suis pas précisément une bonne petite ménagère. Ou bien ils me demandent de déplacer les meubles, ou bien il faut que je leur procure des séances de psychanalyse gratuites, ou bien ils viennent me casser les pieds quand je rêvasse dans mon jardin. Je crois que si j'ai d'un côté le voisin, de l'autre des locataires, cela va devenir compliqué. 
Il est arrivé avec des copains, j'ai trois bagnoles sous les fenêtres, je m'attends au tintamarre sur la terrasse dans le courant de la journée. Il fait froid, mais il y a de merveilleux nuages, sculpturaux et éblouissants, que bouscule le vent et qui laissent passer le soleil, et pendant que tout cela dormait encore à côté, j'ai jardiné, puis me suis étendue sur le hamac avec Rita, pour regarder passer ces énormes présences mousseuses et argentées et écouter le déferlement presque marin de ce vent froid et violent, tout en prenant mon indispensable bain de soleil, et me reconstituer physiquement et moralement. J'entendais les oiseaux, les mouettes, les mésanges, et encore d'autres angelots rapides que je n'identifiais pas.
Le beau temps, ici, est rare. Mais le ciel est d'une incroyable beauté. C'est une des raisons de mon retour à Pereslavl. Le lac est presque une sorte de petite mer, il en vient de grandes rumeurs, des chants, de graves et puissants oratorios et des débâcles somptueuses, des icebergs aériens dérivants. Hier soir, les averses se succédaient, glaciales et violentes, et entre elles jaillissait le soleil depuis de béants gouffres bleus. Je suis revenue de chez la toiletteuse sans trop regarder la route tellement c'était magique: de lointaines falaises blanches, des cavalcades dorées, d'énormes et sombres vagues et des arcs en ciel, doubles, triples, des arcs en ciel de tous les côtés.





Ci-dessous, un gradé américain dit carrément qu'ils ont travaillé huit ans (c'est-à-dire depuis le Maïdan de 2014) à préparer l'armée ukrainienne à une guerre contre la Russie. 

Et ici une vidéo déjà supprimée par youtube où Michel Coullon dénonce les manipulations de l'information en vue de désamorcer les témoignages des victimes. C'est une chose à laquelle j'assiste depuis huit ans et qui ne m'étonne plus, ce qui continue à m'étonner, c'est la crédulité, le parti-pris et le manque de discernement chez des gens qui font profession de penser et ont le temps de le faire. Michel Coullon est un véritable intellectuel :

L'ancien militaire à la moralité irréprochable qui témoigne, avec cependant les précautions oratoires de rigueur, n'avoir vu que des atrocités ukrainiennes se fait déjà calomnier et huer par toutes sortes de trollichons français, ukrainiens ou même russes. C'était fatal, on a tous ses hyènes.

La mentalité du troll est une énigme, quand il n'est pas payé pour faire son boulot, car je n'aurais personnellement pas l'idée d'aller sur les pages de ces gens pour les insulter ni même leur débiter des arguments auxquels ils sont imperméables, mais eux ne peuvent pas vivre tant que subsiste un ennemi de classe ou un mal pensant, enfin un esprit libre.

vendredi 13 mai 2022

Gay mais pas joyeux

 En référence à mon article d'hier, voici une vidéo exhaustive, ce n'est pas nous qui délirons, ce sont eux qui le disent. Gay, mais pas joyeux.

 https://odysee.com/@Vivresainement:f/yuval-noah-harari:dd

Il faut avoir les yeux ouverts. Et voir aussi l'Ukraine et la Russie à la lueur, ou plutôt aux ténèbres, de ce genre de choses et d'individus. Personnellement, je me ferai aux drapeaux rouges. Skountsev qui déteste les bolcheviques, grands massacreurs de cosaques, m'a dit: "mais c'est le drapeau de notre victoire..." Oui, bon, je sais, je connais le paradoxe, je m'y ferai, et pourtant, l'admirable livre que j'ai commencé sur les îles Solovki, la "lampe inextinguible", ne m'incite pas a adhérer à la légende. Enfin à choisir, je préfère le communisme russifié à cette horreur trotskisante brute mâtinée de nazisme, ou de nazisionisme, d'autant plus que dans cette émission, on voit la confirmation de ce que je sentais émerger, et que mon amie Isabelle appelle le cocopitalisme, soit le capitalisme pour eux, pour la caste, pour les surhommes, le communisme pour les esclaves. La société russe me démontre en ce moment qu'elle n'est pas mûre pour le Nouvel Ordre Mondial. Elle reste très humaine, avec de grands sentiments, des émotions, de l'héroïsme... le sens de la communauté et du sacrifice.



Je voudrais aussi diffuser cette vidéo. C'est une famille nombreuse de Marioupol, le petit dernier, né il y a un mois, a été baptisé Vladimir. Le père s'est cassé une jambe, vivent avec eux le grand-père et la grand-mère, dont l'immeuble a été bombardé, et aussi les deux frères invalides de la mère de famille, ils n'ont pas la vie facile, ils subsistent grâce à l'aide humanitaire, et pourtant des visages rayonnants. Ils jouent "Katioucha", la chanson fétiche de la seconde guerre mondiale. Le grand-père profite de l'interview pour saluer son copain de régiment en Russie et lui demander de le contacter. Tous envoient à leurs diverses connaissances le message qu'ils sont sains et saufs et qu'ils vont bien.


J'ai pensé à mon amie Yelena qui, depuis huit ans, traduit des témoignages sur des gens simples comme eux, et m'a dit récemment: "Ne fais pas attention à ce qu'on peut te dire, moi, maintenant, je m'en fous, parce que je téléphone à ma maman, à Marioupol, et je ne me fais plus de souci pour elle, et j'ai aussi reconnu des cousins sur un reportage! C'est ça, le plus important". 

C'est la réponse que je donnerai au troll de service, dont le dernier message m'est parvenu à l'instant, et dont je vous laisse apprécier la teneur, et à tous ceux qui lui ressemblent!

« … l'empire américano-sioniste… » : tiens-donc, cette vieille rengaine conspirationniste sur le sionisme qui refait surface, remarque qu’un nazi ne renierait certainement pas. Puis « le juif nazi ». On pourrait peut-être en sourire, si cela ne venait d’une paumée qui cautionne l’invasion fomentée par son dictateur en chef, au nom… d’une guerre contre le nazisme. À ta décharge, un Alzheimer déjà bien lancé. Le cognitif en déroute, dans un pays qui saura te prendre en charge comme il se doit. Fais-nous le plaisir d’un geste plein de cohérence : ne mets plus jamais les pieds en Occident. Même pour te faire soigner. Et profites-en pour octroyer l'asile à ton cercle de désaxés. J’ai le sentiment qu’il n’en faut pas beaucoup pour les convaincre de te rejoindre. L’air deviendrait ainsi plus respirable des deux côtés, dans le pays qu’ils quitteront et dans leur nouvelle terre d'accueil, cette Russie aux relents nauséabonds.


mardi 10 mai 2022

La victoire en chantant


J'avais répété pour la fête de la victoire la chanson "le corbeau noir de Donetsk" qui a quelque chose de traditionnel, bien qu'elle ne le soit pas, et que Skountsev chante avec ses fils. Mais je n'ai pas eu le courage de rejoindre mes cosaques. Tout le centre était bouclé, il faisait un froid polaire avec des averses intermittentes et violentes de neige fondue, j'avais peur que ma vielle ne me trahît, car elle a horreur de l'humidité et du froid, et je la comprends. J'ai donc fait un enregistrement.

Pendant la dernière guerre, mon père était parti au STO. Il avait un grave problème cardiaque, consécutif à des rhumatismes articulaires mal soignés qui l'a emporté à l'âge de 30 ans, et ne pouvait être soldat, mais on l'avait envoyé au STO. Catholique et de droite, il trouvait le communisme plus dangereux que le nazisme. Au STO, il avait rencontré des Polonaises et des Russes. Les Russes lui paraissaient complètement endoctrinées mais beaucoup plus sympas que les Polonaises. Au moment de la débâcle allemande, il avait fait un retour épique, traînant attaché à son sac à dos un copain qui flanchait et qu'il ne voulait pas laisser derrière lui, ce qui n'avait pas dû arranger son état de santé. 
Mon oncle Henry, avec lequel il était ami, et ils portaient tous deux le même prénom, était parti au maquis à 17 ans en volant le vélo d'un cousin qui ne le lui avait jamais pardonné.
Mon avis personnel est qu'à part ceux qui ont fait du fric sur notre dos, bâti une puissance financière illicite et démesurée et provoqué la situation où nous sommes actuellement, personne, dans cette guerre n'a vraiment été vainqueur. Je n'ai pas la mentalité idéologique, je suis pour la société traditionnelle et organique de type monarchique. Je suis donc ce qu'on appelle une anarchiste de droite, ni facho ni coco. 
Cependant, cette société traditionnelle, à laquelle appartenaient en fin de compte et mon père, et mon oncle, et ma mère et mes tantes, mon grand-père et ma grand-mère, mon beau-père et toute ma famille, a été mise à mal tout autant par le capitalisme occidental qu'elle le fut en Russie par le communisme soviétique, et parfois même, je me demande si elle ne le fut pas davantage, car ainsi que le dit ma tante Mano, le consumérisme américain conquérant et débilitant est arrivé sur une population dont la gauche républicaine socialiste, matérialiste et progressiste avait éliminé la plupart des anticorps culturels et spirituels. Actuellement, la question ne me paraît plus d'être communiste ou facho, mais d'être antilibéral, c'est-à-dire contre le dernier avatar totalitaire du même monstre matérialiste et technocratique qui est en train d'atteindre des abysses d'ignominie encore mal explorés. 
Je ne suis vraiment pas communiste, et beaucoup de choses me restent en travers du gosier de ce côté-là. Mais actuellement, communistes ou pas communistes, j'observe que les Russes se conduisent beaucoup mieux que les occidentaux, c'est-à-dire que depuis la fin de la guerre froide, le capitalisme de ce qu'on appelle l'empire américano-sioniste a pris un tour extrêmement agressif et dépourvu du moindre scrupule, entre la fourberie et l'impudence, quelque chose qui relève de la mentalité du malfrat tout-puissant. Nous en sommes arrivés à un capitalisme mafieux qui, des divers systèmes totalitaires, prend le plus mauvais et en fait une étrange mixture. Les Russes voient se manifester en occident une renaissance du nazisme, qui justifie a posteriori le communisme et la lutte héroïque de leurs ancêtres durant la seconde guerre mondiale. J'y vois un mélange de trotskisme et de nazisme hypocrite, et si l'on peut reprocher tout ce qu'on veut au nazisme, il n'était guère hypocrite, mais la caste occidentale l'est; elle l'est avec arrogance, impudence, cynisme. La caste ment, contre toute vraisemblance, elle ment jusqu'au bout, elle nie l'évidence, de sorte que même les gens de bonne foi finissent par avoir l'impression d'avoir la berlue. Des intellectuels juifs ne voient pas de croix gammées en Ukraine, et moi, cela fait huit ans que je suis et diffuse des documents et des témoignages qui les attestent. La mère Carrère d'Encausse ricane elle aussi que c'est tout à fait impossible et ridicule. Sans doute parce qu'il serait trop difficile d'être ostracisée par son petit milieu parisien bien tiède? 
L'argument massue du bobo hagard c'est: "ils ne peuvent pas être nazis, ils ont un président juif". C'est touchant de naïveté. Posez-vous donc la question en ces termes: "D'où vient que ces nazis aient un président juif et qu'un certain nombre d'intellectuels juifs qui ont trempé dans les pires combines de la fin du siècle dernier, de l'Irak à la Syrie en passant par la Serbie et la Lybie, n'y voient que du feu et, s'ils le concèdent, déclarent que ce n'est rien du tout, des gamineries, du folklore"?
Des personnalités et personnes juives discernent clairement ce qui se passe, avec l'Ukraine comme avec l'opération covid auparavant, et le dénoncent, mais elles ne partent pas du postulat idiot que si un être humain est juif, il est forcément bon, honnête et systématiquement calomnié par de vilains fachos. Elles savent bien que pour penser de la sorte, il faut être extrêmement endoctriné ou n'avoir pas les neurones à la bonne place.  Du reste, c'est dans la bouche d'un intellectuel israélien que j'ai entendu l'expression "nazisionisme". C'est que malgré tout, si y on réfléchit, le concept de peuple élu, s'il n'est pas compris dans le sens d'une élection spirituelle, n'est pas trop éloigné de celui de race supérieure ou de surhomme, et si l'on a mauvais esprit, on fait aussi le lien avec le transhumanisme, et avec la certitude de certains puissants de ce monde qu'ils peuvent tout se permettre à l'égard des sans-dents français, ou des prolos du Donbass, ou autres populations méprisables de second ordre, s'ils se mettent en travers de leur chemin. Je ne dis pas que toutes les personnes qui constituent la caste soient juives, Biden et son horrible fils ne le sont pas, je dis qu'être juif n'empêche pas d'être un salaud prêt à sacrifier des millions de vies, on l'a vu avec Trotski. Et je n'ai jamais oublié ces paroles d'un vieux médecin juif à son fils révolutionnaire, dans la Marche de Radetzky de Joseph Roth: "le problème avec toi, c'est que tu n'as pas de coeur". Certains donneurs de leçons de l'intelligentsia française n'en ont pas non plus. Ils ont des intérêts et des rancoeurs.

Ce que je vois se profiler à l'horizon côté occidental me fait paraître plus acceptable le communisme russifié que le libéralisme mondialiste, et c'est peut-être cette russification du communisme qu'on n'a pas pardonné à la Russie. Les conceptions des Russes et leur comportement, actuellement, restent humains. Ils donnent leur interprétation des faits, de la seconde guerre mondiale comme de la troisième en cours, mais ils ne montent pas de faux drapeaux, de faux reportages ni toutes sortes de traquenards ignobles, ne se livrent pas à des déclarations haineuses hystériques, à des agressions, des lynchages, des calomnies éhontées;  non plus, en dépit des inversions accusatoires occidentales, qu'aux tortures, exécutions et viols sadiques dont on a eu déjà tellement d'exemples au Donbass où non, ce n'était pas "pareil des deux côtés"... Ils n'essaient même plus de se justifier, ils vont de l'avant; et je pense que ce qu'ils vont découvrir et nous découvrir nous fera dresser les cheveux sur le crâne.
Aussi je m'associe à leur victoire passée et je souhaite leur victoire future. Celle de l'humain sur le monstrueux, celle de tous les humains sur les mutants, et sur l'avenir affreux qu'ils nous préparent. Les vampires de la caste mondialiste ne s'en iront pas tout seuls.

Ici le témoignage d'un journaliste français sur ce thème:

Et sur le même excellent blog:

Et aussi:
Et sur l'opération covid:
 
Réunissons les pièces du puzzle...




dimanche 8 mai 2022

Fêtes et fêtards

 


Fête des femmes myrrhophores. Le sacristain, me rencontrant sur le parvis, m'a joyeusement félicitée, "C'est la fête des femmes, la seule, la vraie!"

C'est aussi la veille du 9 mai, la ville est bourrée de monde, et je n'ai même pas pu entrer dans le café la Forêt après la liturgie.

Et bien sûr, débarquement du voisin, qui, cette fois, a tenté la musique sur la terrasse, musique affreuse qui va avec le bonhomme et la maison, la semelle de glaise et la bagnole par dessus. Je pourrai arriver à ne plus trop le voir, mais il me sera difficile de ne plus l'entendre. Il n'y a rien qui me soit plus insupportable que la musique de merde, surtout en stéréophonie avec le bricolage de l'autre voisin! Mais le bricolage est plus supportable, parce que plus lointain. La terrasse est non seulement très proche mais en plus, en surplomb... S'il y a tous les soirs de joyeuses soirées et tous les jours des chachliks avec le tohu-bohu de rigueur...

J'ai donc quitté le jardin, le hamac, le vent et le soleil pour m'enfermer avec ma vielle, afin d'entendre ma musique et non la sienne. Hier matin, sa mère a fait livrer tout un camion de sable, ils trouvent sans doute qu'ils ne trônent pas assez haut sur leur socle, je pense que ce sont des maniaques. 

Avant le sable, j'étais sur le perron, sur le point d'être vitré, pour garder à la fois un peu de vue et d'intimité, et dans la brise lumineuse, j'écoutais les oiseaux, avec ma corde de prière, dans un état de stupeur et de béatitude, je pensais à Henri et son Bugarach, on a les Bugarach qu'on peut. J'étais étonnée d'être aussi paisible, une paix qui ressemblait à une sorte de léger enivrement épuisé.


Mais il est difficile de rester dans une bienheureuse contemplation avec le vacarme qui rend idiot ceux qui ne le sont pas déjà. Il y a quelques jours, un ami m'a envoyé la photo d'une maison magnifique pour un prix dérisoire, et elle est habitable, mais c'est dans un village du côté d'Ouglitch, à 160 km d'ici. En essayant d'oublier le balourd d'à côté, je songeais à cette maison, mais je sentais tout le poids de l'âge, comment me résoudre à encore m'arracher, et comment assumer un terrain superbe mais immense, et toutes les contraintes matérielles alors que je suis seule et de plus en plus faiblarde? Pourtant, je me sens parfois poussée dehors. 

Quand j'avais objecté mon âge au père Placide, lorsqu'il me conseillait de repartir, il m'avait répondu que je pouvais encore le faire mais que dans cinq ans, ce serait réellement au dessus de mes forces. Eh bien nous y voici.

Heureusement, ce voisin travaille à Moscou et j'ai de merveilleux jours où je ne le vois ni ne l'entends, mais s'il s'installait ici en permanence, ce serait terrible, et l'été, il sera là souvent.

Je reçois une jeune femme réfugiée de Lougansk, avec une jolie petite fille et un tout petit garçon. Elle est venue en pélerinage avec une guide de Moscou qui s'occupe d'aide humanitaire dans sa paroisse. Comme elle s'étonnait de la sérénité de sa protégée par rapport à d'autres réfugiés complètement traumatisés qui ne savent plus où ils sont ni comment ils s'appellent, elle lui a répondu: "A un certain moment, je me suis dit qu'il me fallait voir du monde et sortir de la déprime". 

Elle fait partie de ceux qui ont été évacués du Donbass juste avant l'intervention. Elle venait d'acheter avec son mari une maison à crédit.

Elle se sent russe, et elle soutient l'intervention.

J'ai appelé une amie du Gard et son mari. Ils n'ont ni internet ni la télé mais ils veulent savoir ce qui se passe! Mon amie m'a dit qu'ils ne sentaient plus très bien dans leur village. "Pourquoi? 

- Eh bien tu sais, comme nous ne sommes pas vaccinés et tout cela, on nous tient à l'écart."

Le monde merveilleux des concombres masqués triple dose...

mardi 3 mai 2022

Rideaux

 


Les fêtes sont un peu difficiles à passer. Il déferle tant de moscovites, qu'il n'y a plus de places ni dans la rue ni dans le café français. Et le voisin est arrivé avec armes, bagages, voiture, camion, invités. J'ai beau essayer de rester calme, j'ai un peu trop l'impression d'être une ourse qui grogne dans son fossé, au zoo, pendant que défilent au dessus d'elle des blaireaux débraillés qui lui trouvent l'air très très méchant. Dieu sait que je n'ai pas envie de déménager, mais si la chose pouvait se faire d'un coup de baguette magique... parce qu'il va falloir quand même un moment avant que les arbres ne poussent, même les saules, et je n'ai pas tant d'années devant moi. 

Je suis en train de vitrer le perron et de faire une entrée et une terrasse de l'autre côté, dans un recoin protégé par le poirier et par la maison, pour ne plus me sentir en permanence sous les regards de cette équipe. Ce sont des frais dont je me serais passé, mais je voudrais retrouver une certaine sérénité. J'ai dû équiper de rideaux la plupart de mes fenêtres,parce que sinon, je fais l'ourse dans sa fosse le jour, et le poisson dans son aquarium, la nuit.

Il y a longtemps que je n'avais pas eu de pareille tentation, et elle est plus ou moins permanente. Ce type est absolument obsédant, enfin cela pourrait être pire, il pourrait être carrément chez moi, je comprends que les appartements communautaires aient été si criminogènes. 

J'ai appelé des amis de Solan, ils voulaient avoir des informations sur la Russie, car ils n'ont ni internet ni la télé, comme les soeurs du monastère. Ils m'ont dit que l'atmosphère devenait déplorable, qu'on les traitait comme des parias parce qu'ils ne voulaient pas se faire vacciner. Une autre amie m'a écrit qu'on leur avait pris tous leurs droits, et que la réélection du Foutriquet des banquiers était une catastrophe. Là dessus, je tombe ce matin sur cette vidéo, une interview de Virginie Joron, députée au parlement européen, qui m'a toujours paru courageuse et honnête. Elle parle d'un puzzle qui se met en place depuis un moment, et c'est une impression que je partage, mais peu de gens ont le réflexe d'associer les différentes pièces pour obtenir l'affreux tableau général. Or, sans être au courant des effets secondaires du vaccin miracle, la seule machination qu'on a monté pour nous l'imposer, avec le genre de société qu'il va engendrer, suffit à me rendre extrêmement méfiante à son égard, à l'égard de ses promoteurs financiers, politiques et médiatiques. J'ai même eu une crise de larmes à la pensée de ceux qui sont là bas, qui ont des enfants et petits enfants, à la merci de cette bande de crocodiles psychopathes.



En fait, les perspectives sont si affreuses qu'à la façon de mon correspondant Spirydon, je finis par envisager la mort avec sérénité, la vie que nous préparent ces gens est pire que la mort. Mais je suis une vieille femme. Que deviendront les petits enfants, quel sera l'effet de ces expériences médico-sociales sur leur destin?

J'ai dit à mes amis du Gard que les Russes ne faisaient pas la guerre aux Ukrainiens, mais aux possédés occidentaux qui s'agitent derrière. Un de mes correspondants, qui est à moitié en Biélorussie, est très très pessimiste, on peut même dire désespéré. Si je ne suis pas désespérée, c'est que je suis croyante et que la mafia de l'empire de la haine et du mensonge a tellement passé toutes les bornes, qu'elle suscite une colère croissante, et cette colère pourrait être l'expression et l'instrument de celle de Dieu. 

Néanmoins, si Dieu fait pleuvoir sur les bons comme sur les méchants, son châtiment ne fait pas toujours non plus de détails. 

Pour se rendre compte de toute la perversité à l'oeuvre en occident, il suffit certes de regarder les faciès de ceux qui le gouvernent, mais ils nous envoient en outre des signes qui laissent songeur. Un ami m'a posté le rapprochement qu'il a fait entre l'affiche de la fête de l'Europe et la vidéo atroce où une Ukrainienne de carnaval décapite un Russe à la serpe en incitant ses compatriotes à faire pareil:






Je ne trouve pas cela très rassurant, et la ressemblance ne me semble pas fortuite.

Prier m'a rassérénée, quand même, et j'ai lu avec bonheur l'article de Claude Ginesty "sans cesse" vraiment? sur la prière du coeur. 

https://orthodoxologie.blogspot.com/2022/05/sans-cesse-vraiment.html

Moi qui me croyais la très mauvaise élève, le cancre de l'orthodoxie, eh bien c'est plus ou moins ce que je fais, et peut-être que cela me permet, en ce moment, de ne pas sécher d'angoisse au point de mon correspondant de Biélorussie...

dimanche 1 mai 2022

à l'ouest

 Un des piliers de la cave culturelle du café la Forêt a perdu son fils adolescent, et c'est le deuxième en six mois. Le gamin est on ne sait pourquoi entré dans un vieux transformateur, et il est mort électrocuté.

Je pensais n'aller qu'au service religieux, mais le père éploré m'a demandé de venir chanter les Marins de Groix et un vers spirituel russe au repas des funérailles. Ce que je pouvais difficilement refuser.

L'office avait lieu dans l'église saint Serge de Radonej, qui a été pendant des années occupée par la Sberbank, puis récemment rendue au culte. Elle est couverte d'échafaudages, exiguë, et il y avait beaucoup de monde, beaucoup de jeunes gens, bien sûr, et le pauvre petit Ignat dans son cercueil, avec son jeune frère qui lui tenait la main. 

Le repas avait lieu au réfectoire du monastère de la Trinité-saint-Daniel. J'ai chanté comme promis, ce qui m'a attiré des réflexions touchantes. J'étais à côté de la femme de Génia Kolesov, Tania, et en face d'une jeune femme que je ne connaissais pas, elle venait de Petrozavodsk, où elle dirige le choeur d'une église. Elle s'appelle Anna, et nous avons découvert que nous avions en commun une vénération particulière pour le métropolite Philippe de Moscou, et elle a fait comme moi le pélerinage aux îles Solovki. Elle a appelé son fils Philippe en son honneur. 

Elle m'a dit qu'elle trouvait la personnalité du métropolite très attachante, et en effet, moi-même, en lisant de lui une biographie historique, je m'étais aperçue qu'il ne correspondait pas à l'image qu'on pouvait en avoir, c'était un homme doux, qui détestait les conflits, et c'est pourtant lui qui a tenu tête à Ivan le Terrible jusqu'au martyre.

Qu'elle se manifeste au moment où mon livre est sur le point de paraître me semble une sorte de signe. Philippe de Moscou n'est pas un de ces saints que tout le monde invoque, dont on voit l'icône partout, comme saint Serge, saint Séraphin de Sarov, saint Nicolas, sainte Matrona, et rencontrer quelqu'un qui l'a choisi comme intercesseur n'est pas fréquent. 

L'éditeur m'a nevoyé la maquette de la couverture de Yarilo. Je prie généralement saint Philippe d'intercéder pour la sainte Russie, pour moi qui suis venue y vivre, pour mon livre et tous ceux que j'y ai fait figurer.


en principe, ce sera sur
fond rouge

Je suis très fatiguée, mais tout le monde l'est autour de moi, et Anna de Petrozavodsk m'a dit que dans le nord, c'était pire, qu'ici, elle avait l'impression d'être sous les tropiques et de déborder d'énergie. Le printemps est glacial, je n'ai pas encore vu fleurir les jonquilles. A l'église, ma vieille copine de 80 ans a parfois du mal à se lever, et s'occuper du jardin est de plus en plus au dessus de ses forces. "Et puis ce printemps qui n'arrive pas, en hiver, on supporte d'être habillé, mais maintenant, j'ai l'impression de porter un scaphandre". 

Le père Andreï m'a dit en confession qu'il me fallait prendre les choses avec philosophie, car de même qu'on ne devait pas placer ses parents au dessus de Dieu, il ne fallait pas non plus y placer sa patrie. "Oui, sans doute, bien que ce ne soit pas toujours facile, car je suis entre deux pays, enfin d'ailleurs je ne le suis plus vraiment, puisque je suis ici. Mais c'est là bas que j'ai grandi. Le père Valentin m'a dit que l'indignation nous ravalait souvent au rang de ceux qui nous indignent. Et je m'indigne...Mais je reste quand même calme, parce que voyez-vous, sous les bolcheviques, il y avait ici à l'oeuvre un grand mal, mais ce mal est parti, il est passé à l'ouest. Et donc pour moi, il est tout à fait clair que présentement Dieu n'est pas à l'ouest, j'ai donc confiance. 

- Eh bien c'est parfait. Et puis c'est intéressant, on voit les démons sortir de toutes les failles, les choses deviennent très évidentes."

Dans la foulée, je suis tombée sur Iann, le Hollandais restaurateur de livres. Son fils participait à un spectacle paroissial après la liturgie, mais je n'avais pas le courage de rester, j'aspirais à une partie de hamac au trop rare soleil. Nous avons discuté sur le parvis. Certains compatriotes l'appellent pour lui dire qu'il a eu du flair. Mais dans l'ensemble, me dit-il, "ils sont tous en train de devenir fous, là bas, c'est invraisemblable ce que j'entends raconter..."

En effet, et j'ai vu de mon côté cette vidéo qui m'emplit de perplexité:


Les généraux dont on parle ignorent-ils les tenants et les aboutissants, comme les je-sais-tout qui éructent des commentaires stupides sur les réseaux sociaux? Non, bien sûr. Mais ils se foutent des vies françaises comme des vies ukrainiennes, ou russes, ils sont devenus des mercenaires de l'OTAN, qui est une organisation mafieuse.  


jeudi 28 avril 2022

A l'extérieur du trou

 Les enfants du prêtre ukrainien de la cathédrale, le père Vassili, m'ont félicitée pour Pâques avec une vidéo: Christ est ressuscité!


Hier, je suis allée à la réunion des cosaques, ils fêtaient Pâques et les soixante ans de l'oncle Slava, l'accordéoniste. Il a été question de l'Ukraine et des forces qui s'agitent derrière, mais pas longtemps, on est ensuite passé à la musique et aux projets. Notemment le défilé du régiment immortel, que les "ennemis intérieurs" voudraient limiter au domaine informatique, mais les cosaques tiennent à le faire pour de vrai, avec les photos des ancêtres vétérans, comme il se doit.

Ce qui m'ennuie, dans les défilés, ou les processions, c'est que j'ai du mal à marcher.

Un ami folkloriste qui vit maintenant dans son Oural natal a envoyé des photos et une vidéo de la façon dont il fête Pâques là bas, avec des proches, et j'y ai vu tout ce que j'aime en Russie, et que les Russes eux-mêmes n'apprécient pas toujours à sa juste valeur. La simplicité, la chaleur humaine, le bonheur d'être ensemble aux premiers beaux jours, autour d'une table branlante et exigüe couverte de victuailles.

En réalité, je pense que beaucoup de Russes n'ont pas besoin de grand chose d'autre. Ils voudraient juste continuer à se permettre de vivre de cette manière, et dans la nostalgie d'une partie d'entre eux pour l'Union soviétique, c'est exactement cela qui entre en jeu. Je peux parfaitement le comprendre. 


https://vk.com/video9788821_456240985

J'ai lu cette réflexion d'Olivier de Hangest, sur Facebook:

Ne me prenez pas (trop vite) pour un dingue.

En accueillant des millions de réfugiés ukrainiens sur son territoire, essentiellement des femmes, des enfants, des seniors et des invalides, l'Union européenne devra également, à terme, accueillir les combattants vaincus du nationalisme ukrainien, dont une grande partie épouse non pas une idéologie, mais une mémoire, une historiographie, une réalité sociopolitique qui plongent leurs racines dans l'épopée de l'OUN, de la SS et de «l'Europe nouvelle».

Plus les tensions monteront entre nos deux mondes (Occident versus Eurasie), plus l'OTAN devra mobiliser les consciences européennes. Je doute fort qu'elle puisse le faire en mettant en avant la sous-culture «woke», LGBT+, multiraciale, consumériste et libérale — la nature a horreur du vide et du néant. Il n'est donc pas impossible que l'Europe change progressivement de paradigme et abandonne les fondements démocratiques nés du «compromis historique» de 1945: l'antinazisme, l'antifascisme, la société ouverte.

En 2015, à Donetsk, j'avais déjà «compris» que l'Europe occidentale ne serait pas à l'abri d'une guerre mondiale. Et l'hiver vient!

En 2022, je «comprends» que l'Europe, se trouvant au bord de la ruine, du grand remplacement et du tombeau, aura besoin de surmonter son impuissance et ses contradictions en modifiant de fond en comble son logiciel, en se rattachant à une certaine vision de l'histoire, invisibilisée et honnie depuis 1945.

Russophobie oblige et nécessité faisant loi, le «grand méchant» ne sera plus Adolf Hitler («tonton» pour les intimes) mais Joseph Staline («l'oncle Jo» pour les amoureux de la Sibérie). Un regain de légitimité pour les réprouvés de la lutte contre le bolchevisme, comme en Ukraine depuis 1991. Même nos brillants intellectuels et nos historiens officiels s'y mettront. La dialectique est faite pour ça.

Cela nous parait aujourd'hui invraisemblable. Mais la perspective d'une guerre nucléaire en Europe paraissait encore invraisemblable il y a quelques mois à peine... Et il s'agit bien d'une menace réelle immédiate, non d'une menace imaginaire (du type «pandémie») ou lointaine (du type «réchauffement climatique»). Constatons la façon dont nos élites réagissent face à ce risque de grande intensité: en soufflant sur les braises. Elles réagiront de la même manière devant les héros de cette guerre juste contre la barbarie russe.

Certes, les bataillons nationalistes ukrainiens sont en train d'être sacrifiés par le régime de Kiev et l'Otan. La coalition russe ne détruit pas seulement le matériel et la logistique fournis par l'Occident. Elle «démilitarise» et elle «dénazifie» cette chair à canon — pour le plus grand plaisir des démocraties occidentales.

Mais il y aura des survivants.

Ceux-ci seront remplis (à juste titre) de rancoeur, de haine et de ressentiment contre les démocraties. Et ils auront leur mot à dire car la guerre entre l'Occident et l'Eurasie se poursuivra. Et elle sera totale. Ainsi imposeront-ils à l'Europe leur vision du monde.

Et cette vision du monde n'est pas celle de Winnie l'ourson. 

Moi, je ne prends pas Olivier pour un dingue, car je me fais des réflexions du même ordre. Le "fascisme" honni chez nous, est très bien toléré lorsqu'on peut l'utiliser contre les Russes. Il suscite d'ailleurs chez ceux-ci un néostalinisme ou un néosoviétisme permettant de ressusciter un ennemi convenable qui sert à mobiliser aussi bien le gauchiste bas de plafond que la droite arriérée congelée dans l'après guerre. Mais je ne sais pas s'il s'agit vraiment, en occident, d'un néonazisme, car je trouve aux promoteurs de ce sentiment des côtés très néobolcheviques, ou plus exactement trotskistes. La parenté avec le nazisme, c'est la conviction, chez ces gens-là, d'être d'une essence supérieure qui leur permet de traiter les sous-hommes surnuméraires comme de la merde, et de les éliminer sans remords excessifs, après la diabolisation de rigueur.

C'est-à-dire, pour faire court, que les Russes conservent partiellement et dépoussièrent un communisme russifié à la papa, celui des années Brejnev, l'orthodoxie en plus, tandis qu'en face, on a récupéré le virus d'un totalitarisme agressif particulièrement vil et stupide qui semble un affreux mélange de tout ce qu'on a pu connaître de pire dans le genre, depuis Robespierre jusqu'à nos jours.

Ce que je trouve très consternant, c'est le nombre de descendants d'émigrés et d'orthodoxes français qui marchent là dedans, et règlent, en fait, leurs comptes, parfois de très mesquins petits comptes de paroisses, des rancoeurs contre la hiérarchie russe, pas toujours irréprochable d'ailleurs, je l'admets. Ou avec le pouvoir soviétique, qui a changé de nature, avec les décénnies et la perestroïka, mais ils ne veulent pas le savoir, ça les déstabilise. Ils ont besoin de mariner dans leur rancoeur.

C'est moche. Ils ont ignoré le métropolite Onuphre et les persécutions dont ses fidèles et son clergé étaient l'objet, encensé les intrigues de Bartholomée et de ses prélats, mais l'utilisent au besoin, maintenant. Ils ont ignoré les massacres au Donbass pendant huit ans. Et maintenant, ils se jettent sur Moscou et son patriarche, pires que des hyènes, sans rien vérifier: les Russes sont forcément des barbares, des "soviétiques" surveillés par le KGB, disparu il y a plus de 30 ans. Ils se jettent avec ivresse sur toutes les calomnies et tous les faux drapeaux, cravachés dans leur délire par des Ukrainiens haineux qui intriguent là bas depuis bien longtemps, depuis bien avant les derniers événements. A ce titre, la lettre ouverte de Colosimo "aux orthodoxes de France qui n'ont pas tort de se sentir mal" est ce que j'ai vu de plus honteux dans le genre. Je pense que dans quelques années, il ne sera pas fier de l'avoir écrite. Encore qu'à mon avis, il sache très bien ce qu'il fait, comme me dit Dany, qui la trouve parfaitement satanique. Je suis fascinée par les imprécations auxquelles il se livre et son ignorance délibérée de la réalité dans son ensemble. Pour qui se prend-il?

https://parlonsorthodoxie.wordpress.com/2022/04/08/jean-francois-colosimo-lettre-ouverte-aux-orthodoxes-de-france-qui-nont-pas-tort-de-se-sentir-mal/

En tous cas moi, comme orthodoxe, je ne me sens pas mal du tout, il faut dire que je ne suis plus en France. Et je peux l'assurer que, dans l'ensemble, la population russe et son clergé ont très bien compris qui leur voulait la peau et pourquoi. 
Je connais des orthodoxes coincés en France qui seraient heureux de venir me rejoindre et de laisser Colosimo à l'empire de la haine et du mensonge qu'il sert si bien, avec ses dieux implacables et inséparables, Moloch et Mammon. Baphomet et Belzebuth. Tous leurs usuriers, leurs procureurs, leurs vampires, leurs sorcières, leurs gitons, leurs histrions et leurs ménades, le diable et son train.
Je me sens mieux, à la rigueur, avec le communisme de papa qu'avec le cocopitalisme ou le nazitrotskisme transhumaniste des Soros, Rothschild, Biden père et fils, BHL, Macron, Trudeau, Fauci et autres créatures des ténèbres. Je leur préfèrerais n'importe quoi. Et c'est à eux, et non aux Ukrainiens, que les Russes font la guerre. Colosimo et son public sont les seuls à ne pas s'en apercevoir. D'ailleurs les Français ont perdu absolument tout discernement, cette qualité spirituelle primordiale, selon le père Barsanuphe. Et ceux qui ne l'ont pas perdu n'ont pas la vie facile. Colosimo et son public sont en train de contribuer à transformer l'Europe non en Grèce, comme on l'annonce dans cette vidéo de Sud Radio, mais en trou noir ukrainien, avec des gendarmes recrutés dans la Natzgard pour mieux éborgner les gilets jaunes sans états d'âme. Un trou noir mafieux, avec une caricature d'église de type Epiphane, une parodie uniatoïde inscriptible dans la "religion du futur", à l'usage des quelques sous-hommes que la caste voudra bien laisser vivre. A moins que la Russie ne fasse échouer ce beau projet...






dimanche 24 avril 2022

Pâques

 Le jour de Pâques, je suis toujours exténuée, et je reste chez moi à manger des oeufs durs, du koulitch et de la Paskha. J'ai appris hier à l'église qu'un repas en commun avait lieu par une gentille petite vieille qui n'arrivait pas à se défiler, j'ai pris mes jambes à mon cou avant de me laisser coincer. Dans un sens, j'aurais aimé participer, mais je n'étais absolument plus en état de le faire.

Hier matin, j'ai voulu faire les choses bien et aller à la liturgie du samedi saint, mais j'avais oublié la lecture absolument interminable des prophéties auxquelles je ne comprenais rien. Du coup, je suis partie faire mes courses, et ramener ma pauvre chienne à la maison, avec les paquets. J'ai pris mes oeufs durs et mon koulitch dans un panier, quand je suis revenue à l'église, on n'avait même pas encore chanté le symbole de Nicée. Ensuite, Super Vladyka a béni les victuailles de ses paroissiens. Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de koulitchs surmontés de cierges rouges allumés, beaucoup d'oeufs teints, et monseigneur ne nous a pas plaint l'eau bénite, on se serait cru en bord de mer face aux embruns.

photo Eparchie de Pereslavl


Je n'étais pas du tout certaine que je ferais toute la nuit de Pâques d'un seul trait, mais j'ai tenu le choc. Quelque chose me chagrine toujours dans l'office de Pâques, ce sont les débauches de trilles façon rossignol milanais qui sont censées exprimer la joie mystique de la Résurrection et me font trop penser à des ritournelles de foire napolitaine. Tout cela passe quand c'est chanté sobrement par les moines de la Trinité-Saint-Serge, et ce n'était malheureusement pas le cas. Vraiment, le XVIII° siècle a laissé partout des traces bien regrettables. Le XVIII° siècle, c'est l'avènement du mauvais goût, du maniérisme creux, du faux-semblant.

Cela s'accompagne de l'allumage de tous les lustres disponibles, qui jettent une lumière froide, crue et implacable évoquant plus celle d'un hall de gare que celle du mont Thabor. Heureusement, la procession au pied de la belle église de la Transfiguration, avec toutes les petites flammes des cierges et des lanternes qui se succèdent dans la nuit derrière les atours dorés du clergé et les bannières flamboyantes, nous a rendu un peu de beauté, et de poésie. Et puis j'essayais de rester recueuillie, repliée sur mon coeur, à l'abri des pensées voltigeantes qui ne sont pas toutes des papillons ni des colombes... 

Sur VK, j'ai trouvé une version traditionnelle populaire du tropaire de Pâques. C'est tellement plus beau, plus digne que ce que j'entends d'habitude...



Ce jour de Pâques, les Français ont voté à 58% pour un type qui ferait un casting idéal pour un traître de mélodrame et qui nous a amplement démontré de quoi il était capable, et de quel genre de maîtres il était l'émanation. Le merveilleux Sébastien Recchia commente cela dans sa dernière vidéo, avec tant de courage, de profondeur, de sincérité, derrière le sarcasme, que j'en ai le coeur serré d'inquiétude. Pour lui qui brave les démons, et pour tous ceux que j'ai laissés là bas ou qui y restent coincés, à la merci de cette bande. Son dilemme concernant le vote correspond en tous points au mien. Et pourtant, si je m'étais inscrite à temps, je serais allée voter contre le malfaiteur numéro 1, l'éborgneur et le magouilleur cynique. https://t.me/restezcouches/247

Le pire, c'est que le consulat m'avait répondu, mais je ne m'en suis aperçue qu'au bout de 6 mois, parce que c'était sur une adresse que je ne regarde jamais. L'administration et moi, ça fait deux, il me faudrait un secrétaire...

Ma jeune amie russe qui vient repérer les lieux avant de rentrer avec armes et bagages, mère, mari et enfants, n'est pas optimiste, et pourtant, elle était si bien intégrée qu'elle faisait partie des sapeurs pompiers de sa ville.

D'après la vidéo envoyée par sa fille, mon père Valentin, mourant au début du carême, a trouvé le moyen de célébrer l'office de Pâques. Dans son cas, on peut dire, grâce à Dieu, que c'est une véritable résurrection...



Pâques à la cathédrale, photos de l'éparchie de Pereslavl



vendredi 22 avril 2022

Les derniers mètres...

 




J'ai assisté hier à la liturgie de la Cène, puis à la lecture des 12 évangiles de la Passion, et rapporté à la maison la flamme du cierge que j'ai tenu pendant ces lectures, pour en allumer ma veilleuse. En sortant de l'église, j'ai vu que les nuages couvraient presque entièrement le ciel, mais sur le fond de la déchirure restante se détachaient des coupoles de la Protection de la Mère de Dieu que je n'avais jamais remarquées, sans doute parce que les feuilles les masquent en été, tandis qu'en plein hiver il fait nuit...

J'étais arrivée avec deux paniers de transport pour chats, l'un rose fluo et l'autre vert pomme, pour une amie qui déménage, ce qui m'a valu les plaisanteries fines du père Andreï. Il m'a demandé si j'avais une Logan par patriotisme, je lui ai dit que c'était une bonne voiture économique, et il m'a parlé de sa Chrysler, que je trouve très jolie, très rétro, et c'est pour cela qu'il l'a achetée, parce qu'il a "la faiblesse d'aimer ce qui est beau", et c'est une faiblesse que je partage, mais je trouve pratiquement toutes les voitures moches, à part la sienne!

J'avais mal au dos et aux genoux, et je me demande avec angoisse si je pourrai longtemps continuer à jardiner. Enfin là, il y avait le jardinage, plus six heures debout, encore que je me fusses assise entre toutes les lectures, car je ne tenais pas le coup. 

Je me sens aussi très indigne de ce qui se passe chaque année dans l'église à la faveur de la Pâques. Je ne l'ai vraiment vécu qu'une fois dans ma vie, je veux dire vécu, sur place, par une sorte d'abolition ou de téléscopage du temps. Les 12 lectures ressemblent à un reportage, sobre et terrible, et chaque fois, je me dis que les auteurs de ces évangiles ont été des témoins directs, témoins jusqu'à la mort, à l'exception de saint Jean qui n'a pas subi le martyre.

L'évêque nous a dit qu'on pouvait se demander comment Judas avait pu commettre le plus grand péché de toute l'histoire de l'humanité, alors qu'il savait à qui il avait affaire, et qu'il venait juste de communier, ce qui prouvait que la communion était certes nécessaire mais ne faisait pas tout. Et d'autre part, il fallait reconnaître que nous mêmes, à peine la communion passée, nous retombions tous dans notre ornière, et commencions à commenter la conduite du voisin, ou à nous mettre en colère, donnant ainsi notre petit baiser de Judas, bien qu'il me semble que nous soyons plus dans le reniement de Pierre que dans la trahison de Judas, quand même...

Notre cathédrale est loin d'être magnifique, les vêtements de nos prêtres  non plus, ils sont beaucoup plus esthétiques chez mon père Valentin, par exemple, et le choeur n'est pas sensationnel. Mais il m'apparaissait néanmoins nettement combien tout cela était beau et plein de sens, l'Eglise est le dernier lieu où l'on trouve de la beauté et de la noblesse dans notre triste monde.

J'ai discuté à la sortie avec la femme de Genia Kolesov, qui m'a organisé le concert de Moscou. Elle me disait qu'en obligeant les enfants à assister aux offices, on les en dégoûte souvent pour le restant de leur vie. Le père Valentin conseille de les amener juste pour la communion, mais il est des prêtres qui incitent tout le monde à rester des heures, les gosses comme les vieilles. Il faut trouver un juste milieu. Ne pas imposer de fardeaux que l'on ne peut pas porter, mais aussi apprendre à faire des efforts. "J'en fais, lui ai-je dit, ce matin, je me suis forcée à venir. Maintenant, sortir le matin est une tragédie pour moi, mais si je ne vais pas à l'église, je tombe dans la déprime..."

Ce soir, c'était l'office de l'ensevelissement du Christ qui est déjà plein de la lumière de Pâques. Il a duré quatre heures, et je n'en pouvais plus. Ce qui prouve à quel point je suis peu détachée de ma carcasse de plus en plus défaillante. Mais la gentillesse des paroissiens est très réconfortante.

le père Andreï et le père Vassili






jeudi 21 avril 2022

oasis printanière


 Deux jours de grand soleil venteux, je me suis jetée sur le jardinage, et je le paie, j'ai très mal au genou, et au dos, pour la semaine Sainte, ce n'est pas terrible. Cet hiver, j'avais presque complètement récupéré mes jambes, et oublié que je n'étais pas en train de rajeunir... 

J'ai sorti les meubles de jardin, le hamac, sur lequel j'ai dérivé au grand air, sous un ciel immaculé. Les chats se roulaient par terre de bonheur, Rita se balançait avec moi, les mésanges voletaient avec des bruits soyeux et des chants flûtés, pareilles à de petits fruits duveteux, sonores et agiles aux branches encore nues du poirier. 

Je pensais à ce dessin de Gaston Lagaffe, sur un hamac, avec son chat dingue et sa mouette rieuse.

Andreï, qui m'avait emmenée à Iaroslavl chercher ma table Goldorak "transformer", est venu m'aider à tailler les fruitiers, pour essayer de les sauver. Il y en a qui sont vieux, et en fonction du terrain marécageux, je m'attends prochainement au pire. Et puis il y a toujours la question du voisin. Tant que les arbres n'auront pas poussé, j'aurai l'impression de vivre comme une ourse dans une fosse, à laquelle il se prépare, du haut de sa terrasse et de son remblai, à jeter des morceaux de pain... Andreï m'a dit que les saules étaient une peste végétale invasive, et en effet, mais ils poussent très vite, c'est le seul moyen pour moi de m'isoler en un temps record. Je pense que le voisin espérait peut-être que la petite vieille serait toute contente d'avoir de la compagnie, de faire coucou le matin en chemise de nuit du haut de son perron et de venir participer aux chachliks avec musique de merde et conversations mortelles...

Je lui laisserai en héritage une forêt de saules.

Andreï a lui-même un terrain dans un village infesté de moustiques. Ici, malgré le marécage, ce n'est pas le cas, les moustiques restent en quantité tolérable, grâce au vent. 

Sveta Soutiaguina  la vieille armoire

Sveta Soutiaguina me disait que des gens lui reprochaient de publier des photos de ses tableaux alors que nous étions tous assis sur un volcan, c'est intéressant comme réaction. Le troll me reprochait, entre autres, de parler des cordes de mes gousli, donc si la situation est inquiétante, il faut arrêter de vivre. Ne plus créer, ne plus rire entre amis, ne plus marcher dans la campagne ni cultiver ses fleurs, mais mener sévèrement sa croisade contre les créatures des ténèbres: cependant les créatures des ténèbres, en l'occurrence, ce sont eux, et pas nous. 

Il me semble au contraire que générer des égrégores positifs est un devoir sacré. On a tout fait pour nous en enlever la possibilité, pour nous couper tout accès au beau et au bien, à ce qui donnait à nos ancêtres la possibilité de transfigurer leurs épreuves. Mais c'est bien une guerre entre ces gens-là et l'humanité qui se déroule. Entre les trolls, les rhinocéros, les piranhas, les hyènes et les êtres humains.

J'ai eu diverses altercations avec des personnes péremptoires qui savent tout, et qui n'envisagent pas une minute qu'elles puissent être à côté de la plaque, il faut dire que voir les choses autrement leur compliquerait bien la vie. L'inutilité de la discussion me coupe bras et jambes. J'ai quitté la nef des fous pour la dernière arche et je les vois s'éloigner l'une de l'autre à grande vitesse. Pourtant, les Russes me disaient souvent que leur arche n'était pas très étanche. Peut-être, mais elle a quand même levé l'ancre, et la voilà qui prend le large. Et ça tangue, mais ça bouge, ça avance, des rafales iodées balaient le pont, la houle soulève tout ce qui n'est pas bien accroché.

Ce qui se passe là bas, c'est-à-dire en occident et dans ses divers fiefs, est si pervers, si satanique, qu'il est difficile d'y garder son bon sens. Je vois vaciller des gens qui me paraissaient en avoir pas mal. Ceux qui le gardent le mieux sont les gilets jaunes et les Gaulois réfractaires, les travailleurs, les petits. Ou certains anarchistes incurablement rebelles, du genre recours aux forêts. Je crois qu'il faut à un certain moment savoir s'éloigner sans se retourner, sous peine de se transformer en statue de sel. J'attends les esquifs de la dernière heure, il ne leur faudrait pas trop tarder, nous leur jetterons des câbles, des bouées et des gilets de sauvetage...    



Une certaine dame orthodoxe estime que cette vidéo, filmée par un type qui vit là bas depuis dix ans, et traduite bénévolement par une Ukrainienne qui suit cela depuis le même temps, est "destinée à susciter l'indignation sans réfléchir" ; ce qui n'est évidemment pas le cas de ce qu'elle écoute et regarde de la part de "gens compétents". Les démocrates occidentaux sont des gens sérieux, n'est-ce pas... 
J'ai vu sur sa page qu'elle accusait sans cesse les Russes d'un patriotisme incompatible avec l'orthodoxie, je suppose qu'il nous faudra décanoniser saint Serge et saint Alexandre Nevski. Mais c'est très à la mode chez les démocrates de l'empire de la haine et du mensonge. A se demander pourquoi il trouvent ce sentiment si digne d'estime quand il s'agit des Ukrainiens. En gros, un patriote russe, ou français, est pour ces gens obligatoirement facho, mais un néonazi ukrainien couvert de croix gammées n'est pas nazi, il est patriote, ce qui lui est permis, puisqu'il est antirusse.

Pour les gens curieux:










lundi 18 avril 2022

Rameaux

 


Petit séjour à Moscou pour chanter des vers spirituels au monastère Donskoï, avec l'assistance de Skountsev. C'était très chaleureux, et je me suis laissé aller à une sincérité totale, ce qui a touché profondément le public. La sincérité me paraît la chose la plus nécessaire du monde, dans la dystopie où nous avons sombré, où tout est à l'envers, où tout est mensonge et faux-semblant. Et d'ailleurs, il n'est pas dans ma nature de me conduire autrement.

C'était le samedi de Lazare, le dimanche des Rameaux. Je les ai fêtés "en famille", avec le père Valentin et les siens, son fils le père Mikhaïl, sa fille Liéna, son gendre Aliocha, ses petites filles, son petit-fils Marc,  fils de Macha. Marc est un enfant tout rond, avec le rire désarmant de sa mère, spontané, communicatif. Comme elle, il est très bon, très attentif aux autres. Il m'a demandé plusieurs fois si j'avais mangé, et aussi si j'avais communié, se souciant de ma santé physique et de ma santé spirituelle! Il fait à l'église le servant d'autel en robe doré, avec un grand zèle. "Que veux-tu faire dans la vie, Marc?

- Prêtre!"

Je ne suis pas étonnée!

Le samedi, il y avait à l'église un choeur de 60 personnes, et c'était bien sûr très impressionnant et très au point, mais j'étais peu émue, cela faisait fastes de Saint-Pétersbourg, musique décorative extérieure pour pantins en perruques poudrés qui sont pressés d'aller au bal.

Pourtant, j'éprouvais une sorte de joie subtile, mêlée à une profonde nostalgie. Ma vieillesse déployait toute mon existence derrière elle; et je me rendais compte qu'il en restait si peu de choses... De toutes mes souffrances, qui étaient vécues au jour le jour, mêlées à de petites joies, et même à des grandes, car rien n'est totalement tragique. Mais c'est une vieillesse lumineuse et ascensionnelle, et du coup, c'est toute ma vie qui monte avec elle. De Gaulle disait que la vieillesse était un naufrage, la mienne me paraît un accomplissement. Il y a une quinzaine d'années, le père Valentin me l'avait prédit.



Avec la famille du père Valentin, comme avec mes amies de la paroisse, au café du coin, nous avons abondemment commenté la situation internationale, comme on dit: le sabbat de sorcières européen et les calomnies enragées, la fourberie des dirigeants occidentaux et des mafieux ukrainiens, la cruauté des sbires néonazis de "l'empire de la haine et du mensonge", comme dit le Saker, à l'oeuvre dans ce triste laboratoire, à tous les sens du terme, de l'avenir qu'il nous réserve. Le Saker écrit que la propagande occidentale en a trop fait, et que les Russes, dans l'ensemble, sont complètement réveillés et conscients qu'on leur veut la peau. C'est exactement l'impression que j'ai. Même des gens que je pensais libéraux font corps avec les autres. 

https://lesakerfrancophone.fr/50eme-jour-de-loperation-speciale-russe-les-choses-deviennent-elles-plus-claires

Après Xioucha, c'est Sveta Soutiaguina qui a observé: "Laurence nous parlait de tout cela depuis des années, et nous n'y avons pas prêté l'attention requise!

- Oui, a répondu Yana, mais il faut dire que même ici, la presse en parlait peu..."

Pardi bien sûr, parce qu'ainsi que je le dis aussi depuis longtemps, une grande partie de la presse russe était aux ordres des mêmes maîtres que la nôtre et servait la propagande de la CIA  et du vieux Soros plutôt que celle du Kremlin.


Et à ce propos, on diffuse dans la presse occidentale la photo d'un jeune garçon mutilé, en mettant ce malheur sur le dos des Russes. Je m'en souviens parfaitement, c'état en 2016. Un enfant du Donbass, victime des bombardements de l'armée de Kiev. L'enfant était extrêmement attachant, j'en avais été bouleversée. Et le vilain dictateur Poutine avait même organisé son transfert à Moscou pour le faire soigner. 

Maintenant, ceux qui cachaient ce genre de drames ressortent les photos soigneusement ignorées pour les utiliser contre les Russes, avec leur vilenie habituelle. 

De sorte qu'aucun faux drapeau ne m'étonne plus de leur part, et ce réflexe qui est le mien est aussi celui des gilets jaunes, sur les réseaux sociaux. Quand on a été confronté à ce cynisme, à cette fourberie, à cette absence totale de conscience et d'empathie, on sait à quoi s'en tenir, à moins d'être complètement idiot.

Claude Ginesty m'écrit: 

Chère Laurence,


Certains lecteurs de nos blogs sont un peu distraits. Ainsi on me met ce commentaire ( anonyme!(en croyant s'adresser à toi:

Chère Laurence je lis aussi votre Blog. Au sujet de choses étonnantes : fin 2020 j'enseignais le français à LVIV. J'Y ai rencontré un français travaillant là depuis 10 ans il parle ukrainien. Sur messenger je lui transmets des informations sur le conflit du moment en réaction à ses propos antirusses. Puis je continue lui évoquer les 8 ans du martyr du Donbass. Il me répond à ce sujet "avez-vous bien vérifié vos informations qui frisent la propagande " 
Ceci pour vous dire que des habitants de l'ouest de l'Ukraine tentent d'ignorer ce qui se passe à l'est. Je l'ai rencontré dans les rencontres francophones de LVIV où les gens sont assez privilégiés ignorant la misère très proche. 
J'ai une pensée pour mes élèves de l'alliance française à Lviv


Cela m'a beaucoup amusée que l'on confonde nos deux blogs! Ce qui met en évidence leur parenté d'esprit, sans doute, leur côté fout la merde et pieds dans le plat... La réaction rapportée est très répandue en Ukraine de l'ouest, en occident et on la trouve même en Russie. En fonction de l'option de départ, la haine de la Russie, ou la haine de Poutine, l'adoption inconditionnelle du point de vue local admis, la peur d'être désavoué par le groupe ou de quitter sa zone de confort, on ignore délibérément des crimes, on les justifie. 

Je rencontre cela aussi chez les communistes, qui traitent d'ennemis du peuple les orthodoxes ou les paysans qui ont été victimes des répressions bolcheviques ou staliniennes, pour blanchir les rouges. Il s'est déchaîné en Russie dans les années 20 et 30 un mal qui a ravagé la France après 1789 avant d'infecter les autres pays; et maintenant, ce mal se déplace de nouveau à l'ouest, dont il est issu, pour revenir attaquer la Russie par Ukraine interposée, et quand je dis l'Ukraine, quelle Ukraine? Les nazis et nazisionistes de la bande banderiste de Kiev et leurs soutiens occidentaux glapissants? 

Un couple de vieux a acceuilli en libérateurs, avec le drapeau rouge, des soldats de Kiev qu'ils avaient pris pour des Russes. Les soldats ont arraché et piétiné le drapeau rouge de la grand-mère, et elle leur a rendu les vivres qu'ils venaient de lui distribuer, ne voulant rien recevoir de leur part. Ce drapeau était pour elle celui sous lequel son grand-père avait combattu les fascistes. Et ce sont des fascistes qu'elle voit dans les armées de Kiev et leur président juif, irréprochable par définition. 

Une abominable vidéo de propagande ukrainienne, où une jeune femme  en costume pseudo-national égorge un prisonnier russe à la serpe, scandalise en ce moment les réseaux russes. Quelqu'un a opposé sur un dessin la fille à la serpe et l'héroïque grand-mère au drapeau rouge. J'ai l'impression d'une imposture de part et d'autre, car la créature à la serpe ne représente pas le monde traditionnel  que caricature sa tenue, mais l'empire de la haine et du mensonge, apatride et transhumaniste, qui hait toute espèce de racines et le monde paysan en bloc. Quand à la vieille, ce qu'elle porte n'incarne pas la Russie mais le drapeau de gens qui la détestaient tout autant que l'empire de la haine et du mensonge et ses idiots utiles à croix gammées. Cependant, si peu communiste que je sois moi-même, je n'aurais pas offensé cette grand-mère, ni n'aurait soumis la distribution de vivres au rejet de son drapeau. Et puis, à tort ou à raison, tout ceci a été russifié partiellement au cours des décennies, le drapeau lavé dans le sang de la guerre de 40, et ne présente plus de danger, parce que le communisme et ses prolétaires ont été rejetés sur le côté de la route par l'hydre protéiforme de Moloch et de Mammon qui est passée à autre chose.

Actuellement, l'armée russe est une armée régulière, avec des codes de conduite, qui fait son boulot sans débordements abominables et qui a la consigne d'épargner autant que faire se peut les populations locales que son gouvernement a tout intérêt à se concilier. En face d'eux, en sus de l'armée, des hordes de repris de justice sadiques et fanatisés de style Daech version néonazie, issus des chaudrons de l'OTAN qui sème partout la désolation depuis les années 90. Contrairement à ce qu'on prétend en occident ou même dans les milieux libéraux russes, depuis huit ans que je suis l'affaire, je n'ai jamais vu côté Donbass une méchanceté, une vilenie et une stupidité comparables à celles des Ukrainiens maïdanites et leurs commanditaires et sponsors.

En Occident , tous les imbéciles qui se fichaient éperdument des vrais drames dénoncés, sous les mensonges, les calomnies et les ricanements,  par des justiciers isolés, poussent des cris de hyènes au signal, comme s'ils n'avaient tout ce temps-là fait que chercher un ennemi digne "d'avoir leur haine", celle qu'ils ne voulaient pas donner aux islamistes venus sur leur territoire les assassiner. Mais qu'il s'agisse des islamistes ou des néonazis, les marionnettistes sont exactement les mêmes.

Constantin Soutiaguine a dit à sa femme: "Cette guerre dépasse de loin le cadre de l'Ukraine, c'est la guerre de Satan contre l'orthodoxie, et si Satan est contre nous, c'est que Dieu est avec nous, et si Dieu est avec nous, alors qu'avons-nous à craindre?" 
En effet, et c'est une chose que je ressens profondément. Non que je pense la Russie et ses dirigeants irréprochables, mais de ce côté-ci, nous avons affaire à des êtres humains, imparfaits mais humains, avec un comportement normal, et de l'autre, à des goules, des vampires, des démons et des sorcières, des sectateurs de Satan qui hululent, bêlent et rugissent dans tous les sens, je parle des gouvernements, de leur presse et des idiots qui les croient, qu'ils soient ou non instruits et diplômés; et les orthodoxes ne sont hélas pas les derniers à brailler sans avoir jamais rien voulu savoir. Ce qui émerge maintenant de l'occident ressemble à ces tableaux de la renaissance où des faces de cauchemar grouillent autour d'un Christ impassible.
Il y a trois ans brûlait Notre Dame et j'y ai vu le symbole de la perdition occidentale. Maintenant, c'est le tour de la si touchante petite église saint Séraphin de Sarov, dans le quinzième arrondissement de Paris, construite par des émigrés sans le sou, décorée par eux, et consacrée au saint russe le plus lumineux et le plus vénéré. Ces émigrés qui nous ont apporté l'orthodoxie russe, celle qui m'avait convertie.
Quel symbole peut-on y voir aujourd'hui?
Je pose juste la question...