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samedi 23 octobre 2021

Orphelin

 


Hier, Ania la voisine est arrivée avec un chat noir dans les bras : « Qu’est-ce que c’est que cela, Ania ? Vous ne m’apportez pas un nouveau chat, j’espère ?

- Je viens vous demander que nous le nourrissions ensemble. Oncle Kolia est mort, son jeune chat cherche à entrer chez nous, il est seul, perdu, il  a besoin d’affection... »

J’étais absolument horrifiée. Je redoutais depuis longtemps la mort d’oncle Kolia, depuis qu’il avait recueilli le chat, d’ailleurs. Lui-même a eu la fin idéale, il a dû mourir chez lui dans son sommeil, comme sa femme il y a deux ans. Mais la mort d’oncle Kolia porte en germe toutes sortes d’affreuses conséquences, le chat noir, et puis il est fort possible que la petite maison qui me réjouissait la vue soit à présent esquintée, pourvue d’un étage supplémentaire ou plastifiée à mort.

«Ania,  me suis-je écriée, je veux bien vous aider financièrement à assumer le chat, mais vous en avez quatre, et moi j’en ai six, et même presque sept, car j’ai un vieux qui vient épisodiquement. Le chat d'oncle Kolia a besoin d’affection, mais moi, je n’en ai plus à donner, elle manque à ceux que j’ai déjà et qui sont incapables de s’en donner les uns aux autres. Qui plus est, s’il n’est jamais venu chez moi, c’est qu’il a peur des miens. J’ai déjà les incessantes querelles de Rom et de Robert, et je ne sais par quel miracle Chocha s’est arrêtée de pisser et de chier dans la cuisine, mais enfin vous avez vu ce que cela donnait... Je suis moi aussi une vieille, et la dépendance de tous ces chats à mon égard m’angoisse de plus en plus. Je prendrais plus facilement un chien, pour décourager de venir les chats ultérieurs. »

Ania s’excusait frénétiquement, je comprends bien son problème, je vais essayer de parler de ce chat aux bénévoles de Pereslavl, mais moi je ne peux plus...

Or les voisins immédiats d’oncle Kolia ont laissé mourir leur chien de faim. Leurs chats ont déménagé l’un chez Ania, l’autre chez moi. La voisine Violetta aurait peu de chats et beaucoup de place, mais son génial fils lui a offert un chien de type Rosie, complètement dingue, que contrairement à ce qu’auraient pu laisser présager les nombreuses leçons que Violetta me donnait, elle ne contrôle pas du tout, et qui pourrit la vie de la paire de chats qu’elle avait déjà...

Le sort fait aux animaux me révolte complètement. Je n’en peux plus des miens, mais j’ai quelquefois l’impression de racheter un peu tout le mal qu’on leur cause. D’un autre côté, il faut aussi préserver ceux dont on s’est chargé, il faut pouvoir assumer, j’assume de moins en moins.

vendredi 22 octobre 2021

Pas de troisième piège.

 Le premier moment de panique passé, j'ai commencé à réfléchir à l'information de Macha, qui diffère complètement de ce que m'avait dit l'urologue, lequel avait téléphoné    devant moi à un médecin de cette clinique (privée et payante). Le coup de l'enfermement systématique me suis-je dit, ça commence à bien faire. J'irai trouver l'urologue dans un premier temps, quand j'aurai le droit de sortir.

Il y a 2 jours, Volodia Skountsev m'avait adressée à son médecin personnel, un cosaque qui chante avec lui mais qui est aussi cardiologue, spécialiste de la covid et travaille à l'hôpital Botkine de Moscou. J'avais envoyé un texto à cet homme que j'hésitais à déranger. Il m'a appelée hier, je lui ai exposé toute l'affaire, il m'a demandé de lui envoyer tout mon dossier, ce que j'ai fait. Il m'a dit que côté covid, maintenant de toute façon, au bout de 3 semaines, le truc disparaissait forcément et qu' il fallait juste éviter des séquelles. Pour le reste, il proposait d'essayer de faire partir les cailloux par un traitement approprié, car ils n'étaient pas très gros, et que c'était possible. Au cas où on n'y arriverait pas, l'hôpital Botkine dispose d'un appareil pour pulvériser les cailloux, il serait toujours temps d'y recourir.

Donc nul besoin de se précipiter dans un troisième piège. Un ami du père Valentin dit qu'en Russie, il faut bien connaître son pope. Il faut aussi bien connaître son médecin.

En trois jours chez moi, n'étaient les problèmes de cailloux que nous allons traiter, j'ai repris pas mal de forces et un certain équilibre nerveux. Je ne dis pas que je pète le feu, mais c'est quand même le jour et la nuit. Je préfère confier ma santé au copain de Skountsev. Nous avons un ami commun, et la directrice de la clinique de Iaroslavl se fiche sans doute éperdument de ce qui peut m'arriver pour peu qu'elle arrive à me faire payer 10 nuits plutôt qu'une seule.

J'en ai un peu marre de bouffer des médicaments, mais il va falloir faire encore un effort. Si c'est chez moi, je tiendrai le coup.

J'ai récupéré Rita. Curieusement, depuis mon retour, ma vieille chatte Chocha s'abstient de souiller la cuisine. Ce doit être une sorte de miracle. 

Je suis sortie installer le restaurant des mésanges. La lumière est pâle, mais elle est là, irisée et magique. Le vent était doux, depuis quelques jours le froid recule, pour mieux sauter...




jeudi 21 octobre 2021

Jamais deux sans trois.

 Bon alors voilà. J'attends les résultats du test, qui devraient arriver demain. Mania, la fille de mon père spirituel, a appelé Iaroslavl, où on ne lui a pas donné du tout les mêmes renseignements que le joyeux urologue qui m'avait gardée 10 jours dans son bouillon de culture, le temps que j'attrape le cafard et le covid. Pour pulvériser les cailloux, c'est comme d'habitude, dix jours d'hospitalisation. Elle est en train de se renseigner sur l'hôpital orthodoxe de Moscou. J'ai pris un tel coup sur la tête que je ne sais même pas quoi dire. Je vais retrouver ma chienne et m'en séparer encore. Et il faudra traverser ces dix jours sans devenir complètement dingue, et ça, c'est plus problématique. Je commençais juste à être un peu moins ébranlée nerveusement... Ce qu'il y a de sûr, c'est que tant qu'à faire, j'irai plus volontiers à Moscou. Mon père spirituel a ses entrées sur place....

J'ai l'impression d'un cauchemar sans fin.

mardi 19 octobre 2021

A la maison, même les murs nous soignent.

 


Tout est si paisible, chez moi, cela me paraît irréel.

Il y avait constemment du bruit et de l’agitation, à l'hopital, il ne se passait rien, personne n’avait rien à se dire, mais il y avait ce bruit, le bouillonnement de l’oxygène, les raticinations d’une vieille qui jurait, invectivait et gémissait dans son coin, les téléphones qui sonnaient, les conversations, les va et vient... Je me demandais chaque matin comment je tiendrais jusqu’au soir, et le soir jusqu’au matin. Je commençais à avoir les mains qui tremblaient, et toutes sortes d’idées noires. Je commençais vraiment à avoir peur pour ma santé mentale. Et de m’imaginer Dany, à plat ventre avec son masque dans sa réa, m’emplissait d’une véritable terreur. Heureusement, elle commence aussi à sortir du tunnel.

Des gens m’écrivaient qu’il fallait sortir de là, que les hopitaux étaient « peu recommandables ». Je ne sais pas si c’est vraiment le cas, mais j’étais dans un état d’angoisse permanent.  Le médecin jouait avec mes nerfs, elle m’a lâché le 12° jour. En me disant que je devais rester en quarantaine jusqu’aux résultats du test.

Ce 12° jour, elle m’a laissé mariner encore la moitié de la journée, et puis j’ai eu à peine le temps d’apeller le collaborateur de Gilles, j’ai été accompagnée jusqu’à une porte dérobée qui m’a laissée dans une cour glaciale.

J’ai retrouvé ma maison sans y croire, et surtout sans parvenir à me calmer. Cette ignoble angoisse ne me quittait pas. Katia est venue m’apporter des provisions et discuter un peu avec moi. Puis c’est la voisine Ania qui est passée : « Ne vous en faites pas, s’ils ont vous ont laissé partir, c’est que c’est bon. »

Tout me paraissait d’un calme surnaturel. Et la vue par les fenêtres, qui n‘a pourtant rien de rare, lumineuse et ouverte. J’ai dormi comme une masse dans un lit normal et un silence total. Le lendemain, j’ai senti que les choses reprenaient leur place.

Ma fatigue reste écrasante. J’ai demandé à Nadia de m’aider, elle va m’apporter à manger. Ici, l’appétit revient quelque peu.

Tout le temps que je suis restée là bas, je songeais aux gens qui, pour diverses raisons, se retrouvaient enfermés, asiles psychiatriques, mouroirs, cachots, Florenski aux Solovki, dont les lettres sont si poignantes. Il faut une grande force d’âme pour surmonter ce genre d’épreuves. Ce petit aperçu m’a fait comprendre que j’étais loin de l’avoir.

Dès le départ, mon premier séjour a été une erreur d'aiguillage. On aurait du traiter la crise de coliques néphrétiques et m'envoyer aussitôt chez le spécialiste à Iaroslavl, mais ici, ils aiment bien enfermer les gens des siècles à l'hosto, avec tous les germes qui s'épanouissent et trouvent un terrain favorable dans les organismes stressés et affaiblis. 

dimanche 17 octobre 2021

Dernier jour

 Hier, j'étais prête à partir aujourd'hui, au besoin en chaussons. On m'a demandé de finir le protocole de soins pour sortir demain. Donc ce sera demain, au besoin en chaussons. Je suis à l'aube de ma dernière horrible, interminable journée dans ce lieu d'angoisse. L'avantage, c'est que je serai officiellement immunisée pendant quelques temps, peut-être arriverai-je à aller en France...

Une amie vaccinée Spoutnik V à récemment contracté la covid labellisee, avec perte d'odorat et de goût. C'est dire si ce que l'on nous met en demeure de nous injecter est efficace. À refaire tous les mois, sans doute....

Une journée et puis une nuit. J'essaie la mobilisation intérieure. Le pire c'est le matin jusqu'au déjeuner, vers une heure, après la soirée passe plus vite. Et la nuit si l'on échappe aux insomnies. 

Mania Asmus me dit que je ne suis pas obligée de retourner faire la queue à la polyclinique pour recevoir une nouvelle ordonnance pour Iaroslavl. Elle va s'en occuper, téléphoner, ce dont je lui suis bien reconnaissante. Je suis fatiguée, je voudrais en finir. J'ai plonge dans un marécage d'idées noires et d'angoisses sans beaucoup de défenses spirituelles. Ça fait réfléchir.

J'ai pris en aversion ce fil de nouvelles internet que je compulse sans arriver à m'arrêter à rien et qui me confronte à toutes sortes de monstres et de drames. Saint Paissios disait que s'il n'avait eu la certitude que le Christ aurait le dernier mot, il serait devenu fou. On se constitue une certaine carapace, la mienne à cede dans les grandes largeurs. Et tant mieux, au fond, il faudra en tirer les conclusions qui s'imposent. 

samedi 16 octobre 2021

Le bout du tunnel ?

 Sur mes deux toubibs, il y en a une qui est jeune, humaine et rassurante. Il me semble qu'elle me laissera sortir lundi, après une radio, je l'espère car chaque jour est plus dur que le précédent. J'ai beaucoup de mal à ne pas céder à la panique. Je fais des carrés au crochet en répétant la prière de Jésus. Ma tablette marche très mal, et voir défiler des infos sur les animaux martyrs, les psychopathes transhumanistes et les projets totalitaires des gouvernements à eux soumis ne me remonte pas précisément le moral. Un individu triomphe de me voir covidee, alors qu'il a vraiment fallu que je vienne le chercher dans son vivier hospitalier, le truc, j'ai vécu normalement et en pleine forme jusqu'ici, voyageant dans toute la Russie. Il me traite comme une imbécile, m'accusant de critiquer la France au profit de la Russie, or je n'ai jamais renie la France. Je critique son gouvernement et les bobos sur lesquels il repose mais ce n'est pas la France, ça. En revanche, ça a l'air d'être la sienne, il doit avoir un QR code au milieu du front, le gars. Un bon petit soldat du nouveau monde. 

À ceux qui brûlent de me rentrer mon indiscipline dans la gorge,  de me piquer et de me marquer, je dirais que si je pouvais avoir dans L'OMS leur belle confiance de moutons, je serais trop contente de me mettre à l'abri d'un autre joyeux séjour éventuel. Il fut même un temps où je me bercais de l'illusion que le spoutnik v n'était pas aussi suspect que ses équivalents occidentaux. Or je vois de plus en plus de témoignages du contraire. Ce matin encore une artiste peintre qu'une deuxième dose à rendue très malade et qui se renseigne sur covivac, le vaccin introuvable réservé à Poutine et au patriarche. Comme par hasard. Ce qu'il faut à L'OMS c'est un équivalent à sa merde.

Slobodan Despot fait bien le tour de cette question dans son dernier briefing:

Les enjeux sont graves, mais combien s'en rendent compte ? 


jeudi 14 octobre 2021

Le piege

 La toubib de service m'énerve au plus haut point. Elle fuit dans tous les sens, elle ne voit pas dans quel état nous sommes ? J'ai vu arriver deux pauvres quinquagénaires, une digne vieille dame, une vieille qui ne cesse de grommeler et de parler au telephone, et tout le monde essaie de faire bonne figure, mais c'est absolument insupportable, on ne sait que faire de sa peau. On voudrait s'endormir au plus vite, pour voir partir de bons paquets d'heures, mais l'on se réveille à partir de minuit, on tourne et on se retourne. Et les visages deviennent mornes, accablés. Et pourtant, le bon docteur préférerait crever que de donner des indications sur le moment où l'on pourra partir.

Pour arriver à se coucher à 21 ou 22 h c'est l'exploit. Il m'arrive de regarder plusieurs fois ma montre en me demandant si elle n'est pas arrêtée. Mais non, c'est le temps qui s'arrête. J'ai un livre de haute théologie, il me passe loin au dessus du bonnet, je ne peux pas me concentrer dessus. J'ai demandé à Gilles de m'apporter quelque  chose de distrayant, il m'a pris l'identité de la France de Fernand Braudel, vraiment le genre d'ouvrage qu'il me fallait. J'aurais préféré un polar...

La toubib pretend que mon caillou est parti, d'après ses analyses. Cela m'étonne un peu. Elle me fait du nochpa, à tout hasard... 

Les élections étant passées, c'est la grande offensive des suppôts de L'OMS, en Russie. En avant les masques, les QR codes, les pass sanitaires et les intimidations. En plus de tout le reste, cette folie malsaine ne me remonte pas le moral. Je contemple les diverses personnes que je connais, jetées ça et la à la surface du globe. On va ici, on va la, on court dans tous les sens, mais les gros poux obèses de la finance ont des tentacules partout. Des complices partout. Des yeux partout. Une amie est coincée chez son fils en Thaïlande depuis le début de l'affaire, et elle a vu comment on avait créé de toutes pièces une situation covid dans un pays qui en était complètement à l'abri, à coups de masques, de vaccins, il faut que tout le monde y passe. Et ça marche. On te coince des jours et des jours dans un hosto à la merci d'une pecore avec un stéthoscope et tu es prêt à n'importe quoi pour sortir. 

Karine Bechet Golovko est moins optimiste que Xavier Moreau. Et sa confiance en Poutine s'emousse, la mienne aussi d'ailleurs. 

https://russiepolitics.blogspot.com/2021/10/billet-dhumeur-tres-mauvaise-sortez.html

Je suis absolument certaine que tout a été fait pour empirer une situation qui n'aurait pas dû prendre ces proportions.

Une de mes braves quinquagénaires à parlé avec enthousiasme d'un office au monastère Saint Nicolas, c'était si beau, il y avait un hierarque magnifique, elle ne savait pas qui c'était, mais sa résolution était prise, elle irait se confesser en sortant d'ici. 

mercredi 13 octobre 2021

Des jours sans fin

 Écrire me coûte, je n'ai pas grand chose à dire. Les journées n'ont pas de fin, et les nuits non plus car je commence à mal dormir. J'éprouve un sourd sentiment d'angoisse. Normalement, quitter les lieux deviendra théoriquement possible à partir de lundi, 11 jour. Cela me paraît encore bien loin, et si on ne me lâche pas...

Des foules de gens prient pour moi et me soutiennent, c'est encourageant, mais ils sont loin. Moi, je n'arrive pas à grand chose. Je répète des formules. C'est curieux comme parfois j'ai reçu de grands soutiens spirituels inattendus, mais la, je ne ressens pas grand chose. Pourtant, Dieu sait que j'en aurais besoin. Plus le temps passe et plus c'est dur, et il ne passe pas vite. Je me sens très démunie.

Il me semble que je suis en prison. Il devrait y avoir moyen de s'échapper par l'esprit. Mais je n'y arrive pas bien.

Aujourd'hui on ne m'a pas mis de perf. J'ai un indice de 96. 


lundi 11 octobre 2021

Interminable

 Hier un sémillant jeune docteur me disait que tout allait bien, bon indice d'oxygène. Je ne tousse pas beaucoup, moins que lors de ma grippe de 17 qui ne m'avait pas valu l'hosto. Aujourd'hui je vois arriver une créature empaquetée. Est-ce que vous avez des étouffements ? Des problèmes de thyroïde (on me demande ça depuis que j'existe). J'ai une petite tension, oui, en effet, ça fait des siècles que je me morfonds et que je me force jusqu'à la nausée pour avaler leur bouffe immonde. Voilà qu'elle me recommande de me tenir sur le ventre. Déjà que je ne sais qu'elle position adopter sur ce fichu lit quand je suis assise.... "pourquoi voulez-vous m'imposer ça ? Je m'ennuie déjà éperdument et la je ne pourrai plus rien faire. Vous voulez me pousser à la deprime ?

- mais non, mais tout va bien, ne le prenez pas comme cela, et vous pouvez lire à plat ventre !

Il faudra qu'elle me fasse une demonstration. On ne peut absolument rien faire et on est horriblement mal, comme un sac enlisé. Je me mets à les détester tous, avec leurs soins, leur hôpital, leurs immondes bouillies, leur thé tellement bourré de sucre que j'en ai le cœur soulevé. On laisse sortir une pauvre femme obèse qui est la depuis un mois. Elle est sous masque à oxygène et tousse énormément mais elle sort. Et dans le fond, elle se remettra à son rythme sans qu'on l'emmerde. Moi rien que l'idée de rester encore une semaine me met au bord de la crise de panique. 

Heureusement Rita s'est bien adaptée chez Gilles.



J'ai vu une interview de Xavier Moreau qui donne une juste idée de la situation en Russie. Malgré son indépendance relative, le pays s'incline devant les instances internationales et l'on sait dans quelles mains elles sont, mais justement, il y a des "conflits d'intérêt". L'OMS à interdit la chloroquine et l'ivermectine, et on a commencé à dire ici que c'était très dangereux. Du coup, on a développé des recettes locales, des antiviraux que j'avale par grappes en souhaitant à Bill Gates de crever de son propre covid. 



dimanche 10 octobre 2021

Méfiez-vous des hopitaux

 Depuis deux ans que dure cette histoire de Covid, je n'ai jamais pris de précautions particulières, ne croyant guère dans les mesures imposées de type masque, et puis il faut bien vivre. Je me suis promenée, suis allée au restaurant, à diverses manifestations et concerts. Je suis allée régulièrement à l'église, j'ai normalement communie. Mais je me tenais à l'écart des hôpitaux. J'avais remis à plus tard de soigner mes genoux. Je me disais que si je devais attraper cette merde, ce serait justement à l'hôpital, et c'est précisément ce qui est arrivé.

Mes affaires ne sont pas si mauvaises. Le médecin a trouvé mon taux d'oxygène presque normal. Si je me sens bien, je pourrai sans doute rentrer chez moi après le test du 11jour. Mais mon histoire de rein n' est pas réglée et je n'en ai qu'un qui fonctionne. J'avale des tonnes de cachets, il est surmené au plus haut point.

 J'ai du mal à avaler leurs bouillies, je n'ai pas très faim. Ça me soulève le cœur. Je me le suis fait reprocher. Mais ça passe mal.

Quelle que soient les positions que je prenne sur ce fichu lit, je suis en porte-à-faux et j'ai mal partout. Il fait une chaleur terrible. L'air est si sec que je me réveille avec la bouche comme du carton. Les journées sont interminables. Je ne sais rien de pire que d'être enfermée. J'ai emporté un livre, mais je ne sais comment me placer pour le lire, et pour l'instant, il me prend la tête. 

samedi 9 octobre 2021

Tenir !

 Hier, j'ai été accueillie par une équipe douce et compétente. Aujourd'hui, j'ai déjà eu affaire à deux mégères qui me traitent comme une ennemie personnelle, avec des regards sauvages. On a l'impression que le simple fait de poser une question est d'une impudence incroyable, mais si après on n'a pas compris, on se fait engueuler comme une ado dans une maison de redressement.

Elles ont peut-être leurs règles....

On me bourre de ces horribles cachets, je ne suis pas sûre que mes reins et mon foie apprécient. Avaler les bouillies me soulève le cœur. Je me force à m'enfoncer quelques cuillerées dans le cornet. Pour lester la production chimique que j'ingurgite. Je préférerais actuellement être chez le docteur Raoult à Marseille.

Cette nuit je me suis réveillée trempee, comme si on avait balance un seau d'eau dans le lit. La chemise de nuit a essorer, le drap complètement mouille, la couette, c'est moi qui ait transpire tout ça. Je ne savais même pas qu'on pouvait transpirer autant.

Les deux vieilles sont très gentilles, visiblement plus atteintes que moi. Elles zonzonnent sans arrêt entre elles. Mais me souhaitent de guérir avec des signes de croix. La troisième vieille est complètement amorphe, mais de temps elle émerge. Autrement, on dirait qu'elle répète ses funérailles.

On dirait que Rita a compris, elle n'a pas fait d'histoires pour aller avec Gilles. 

vendredi 8 octobre 2021

Retour à l'hosto

 Après quelques jours fantasmagoriques, retour à la case départ. Je suis à l'hosto. J'ai du une fois de plus laisser ma Ritoulia. Je suis complètement exténuée et triste. Double pneumonie. J'en ai pour 11jours.

J'aurais dû me résigner plus vite, mais j'espérais ne pas être obligée de laisser les animaux. J'étais si faible, si malade et si souffrante, maux de gorge, maux de tête, forte fièvre, que je n'arrivais plus à faire face à mon quotidien, ces mêmes animaux m'epuisaient. Je me battais la nuit contre la couette et je ne sais combien de chats qui me grimpaient dessus. Et le jour, je gisais complètement hébétée.

Il y a longtemps que nous n'avons pas eu un automne aussi somptueux, et je n'ai absolument pas pu en profiter. Je le voyais par la fenêtre, entre deux somnolences. 

Je ne sais pas si je suis covidee, je n'ai perdu ni le goût ni l'odorat mais de toutes façons, cela se soigne au même endroit. Je suis environnée de vieilles decrepites, moins bruyantes qu' Alevtina. On m'a fait un test, normal, sans me ramoner les fosses nasales jusqu'au cerveau. On verra  bien ce qu'il nous dira. 


mardi 5 octobre 2021

ORL

 J'ai la  chance d'avoir contracté une infection à l'hôpital. Des le surlendemain de mon retour, j'étais malade comme un chien, maux de tête, maux de gorge, température, je ne pouvais rien avaler, même l'eau avait du mal à passer. En automne, j'évite d'aller chez le pere Valentin car je me fais souvent infecter par ses petites filles. Et à l'hosto, devant notre jeune compagne de chambre qui toussait, j'ai pensé: d'ici à ce qu'elle me contamine...

Je n'ai pas pu aller à la consultation à Yaroslavl, et je sens que je ne pourrai pas y aller avant la semaine prochaine, c'est-à-dire qu'il faudra retourner à la polyclinique pour avoir un rendez-vous avec l'urologue et recevoir une nouvelle ordonnance.... 

Ma voisine a fait venir un médecin de la polyclinique, c'est-à-dire qu'il a fallu trois jours pour la voir arriver. Et celle-ci me déclare que je dois faire un test covid et une fluographie des poumons. Pour cela, elle me propose de me rehospitaliser 10 jours ! J'avais eu bien raison, l'année dernière, quand j'avais fait ma dernière bronchite, d'écouler tranquillement le stock d'antibiotiques de ma sœur, après consultation téléphonique avec le médecin familial des Asmus. La bonne femme me rétorque que maintenant, il n'y a plus d'infections ORL, que c'est tout la covid. J'ai vu le tableau, dix jours là bas, si je n'avais pas la covid, j'étais quasi certaine de ressortir avec. L'autre option était d'aller moi même à la polyclinique pour faire ces deux examens. J'en suis incapable, pour l'instant. Mais il est hors de question qu'on me piege encore dix jours là dedans.

Et dehors, l'automne finit en une splendeur inhabituelle, tout est doré dans la lumière oblique, le ciel prend toutes sortes de nuances paradisiaques et je suis clouée sur mon lit, avec la perspective de toutes ces démarches épuisantes qui semblent conçues pour ramener le plus vite possible le patient à l'hosto des qu'il croit en être sorti.

Le médecin m'a quand même donné un traitement et je vais un peu mieux. 

vendredi 1 octobre 2021

Polyclinique

De bon matin arrive un médecin, avec mon ticket de sortie, les radios, tout. Je n'avais pu encore récupérer mes baskets ni mon manteau, ni mes papiers que la voisine avait emportés et que Gilles devait me transmettre. Me voici partie en sabots d'intérieur, recouverte d'un poncho déjà léger pour la saison, avec mes affaires dans des sacs en plastique, la SDF parfaite. La polyclinique n'était pas vraiment en face et puis il fallait trouver l'entrée principale. Une blouse blanche me marmonne:"pourquoi vous faut-il l'entrée principale du moment que vous entrez ?" Seulement la porte qu'elle m'indiquait était celle du service covid.... 

Une fois entrée la ou il faut, je tombe sur une queue immense qui ne bougeait pas des masses. Je n'avais pas mangé du tout et la veille avalé 4 cuillères de l'inoubliable bouillie de sarrazin. Au fur et à mesure que le temps passait, je sentais me tomber dessus une fatigue atroce. Je parviens au guichet et m'entend dire que l'on a mal recopié un de mes prénoms, sur la police d'assurance, les deux toupies du guichet ne veulent pas me donner rendez-vous avec l'urologue, et me reprochent en plus de ne pas avoir vérifié, alors que c'est ma voisine qui s'en est occupée pendant que je me tordais de douleur aux urgences. Il faut aller refaire ça au guichet Ingostrakh, au guichet, personne. Mais un numéro de téléphone. On me laisse le choix entre attendre 40 minutes ou traverser la cour pour aller au siège de l'assurance. 

Rassemblant mes dernières forces, je rallie l'endroit où l'on commence à m'envoyer d'un côté, de l'autre et à un guichet aussi vide que le précédent. La, je pique une crise de nerfs. "Asseyez-vous, on va venir." 

Arrive une bonne femme qui me reproche de ne pas avoir vérifié car en ce qui concerne leurs propres conneries, c'est le "facteur humain". "Je ne suis pas une assureuse professionnelle, lui dis-je, je suis une malade qui ne tient plus debout." Elle refait le papier et me demande de vérifier, je vérifie les nom et prénoms puisque tout le reste était correct, et quand j'arrive au premier guichet, après avoir parlemente 10 mn, les deux toupies me disent que le numéro de passeport est inexact. 

Je repars au second guichet, au fond de la salle, le premier qui était vide. Il l'est toujours. Je rappelle. Réponse: j'arrive dans dix minutes. Mais il y a déjà des gens devant moi. 

Quand la créature apparaît, je vois que ce n'est pas la même. Elle passe une demie heure sur son ordi et appelle sa collègue qui va au premier guichet avec moi. Encore une demie heures de palabres. Mon numéro de passeport n'entre pas dans les cases. Finalement tout s'arrange, mais encore un quart d'heure pour me donner rendez-vous l'après midi car l'urologue n'était pas là le matin. 

Épuisée, je suis allée attendre Gilles. Il m'avait amené Rita, qui de saisissement ne m'a pas donné le concert auquel je m'attendais mais m'a fait un lavage de museau éperdu. 

Après un vague repas et une douche, je suis revenue crevée et en essayant de me garer, je me suis payé un poteau. Fort heureusement, la Logan est une voiture hypersolide, aucune trace de l'événement. Le médecin a eu pitié de moi et à pris sur lui d'appeler Iaroslavl. La où c'est gratuit, l'appareil a ultrasons est hors service jusqu'en janvier. Celui qui marche n'est pas gratuit, mais tant pis. Pour que l'opération soit réalisée, il me faut aller en consultation à Iaroslavl lundi, fixer le jour, et revenir ma faire hospitaliser deux jours, car c'est sous anesthésie quand même. 

Enfin de retour chez moi, cela sentait tellement le fauve et c'était tellement degueu que je n'ai pas pu éviter un ménage minimum, la jeune femme qui m'aide ne pouvant pas venir aujourd'hui. Et après une telle journée, je me retrouve étendue chez moi dans un état pire qu'il y a trois jours. Je prie le ciel de ne pas avoir d'autre crise avant Iaroslavl.... On dirait que la fonction de la polyclinique est de saboter le boulot de l'hopital. Je gis sur mon lit comme une crêpe. 

Mon lien du jour

https://lecourrierdesstrateges.fr/2021/09/30/suite-et-fin-de-la-conference-dernst-wolff-2-2-le-coup-detat-du-systeme-financier-numerique/

jeudi 30 septembre 2021

Dernière journée.

 


Aux dernières nouvelles, j'ai un caillou engagé dans l'urètre et il me faudra aller à Iaroslavl pour faire pulvériser tout cela aux ultrasons ou qu'à Dieu ne plaise, opérer. La deuxième hypothèse me terrorise bien qu'elle soit moins probable que la première, parce que cela signifie encore 10 jours à l'hosto la bas, avec toutes les emmerdes qui en decoulent.

Je vis donc ma dernière journée ici avec une certaine angoisse et une céphalée tenace. J'ai eu presque tout le temps mal à la tête, dans cet hôpital.

En tous cas, je n'aurai plus à avaler de bouillies, car le régime était une préparation à l'urographie.

Dany ne semble plus voir aucun problème à la surveillance électronique qui s'installe à Moscou, ce sont les occidentaux et en particulier les Français qui en font un mauvais usage. Je ne sais pas, je n'ai personnellement pas envie de vivre en Chine universelle. Une correspondante américaine était étonnée par ce que je lui racontais sur la France, car la bas, ils n'en savent rien, évidemment. Nous tenir tous dans l'ignorance de ce qui se passe chez les autres est bien le signe d'une presse totalitaire. Ma correspondante Kathy me disait qu'elle avait envisagé avec son fils d'aller dans un autre pays mais que du coup, elle se demandait si ce n'était pas partout pareil. Je lui ai répondu qu'en Russie, pour l'instant, ce n'était pas le cas, et que pas mal d'occidentaux commençaient à venir, mais que je ne pouvais pas garantir que cela reste comme cela. J'ai eu tout à coup la vision globale de tous ceux qui comme moi ont senti venir le vent et commencent à courir le monde, qui va en Pologne ou en Hongrie, qui en Biélorussie, qui ici en Russie, pour avoir la paix, élever normalement ses enfants et échapper à la toile  transnationale de cette araignée oligarchique qui veut notre bien, nous guette et nous cherche. Je pense que Valérie Bugault a admirablement défini la situation dans cette vidéo.



C'est pourquoi, et je réponds ainsi à certains de mes proches, je me fous totalement de Zemmour, le sauveur qu'on nous présente à grand tapage. S'il devait vraiment nous sauver, on en parlerait moins.

J'ai lu aussi cet article sur Keanu Reeves, converti a l'orthodoxie:

https://www.medias-presse.info/lacteur-keanu-reeves-dit-prier-pour-que-nos-enfants-ne-soient-pas-instruits-et-guides-par-la-propagande-polluee-que-la-mafia-big-tech-essaie-de-nous-vendre/147068/ 

Il y a quand même chez les peoples des gens lucides.... 

mercredi 29 septembre 2021

La quille

 



La bouillie de sarazin passée à la moulinette, je ne peux plus la sentir. Hier, j'en ai mangé 4  cuillères aujourd'hui à peine deux. J'ai eu ce matin la visite d'un prêtre, qui aurait peut-être un prof de russe francophone pour Nil. Puis je suis partie à l'urographie, c'est au rez-de-chaussée et ça caille la bas. On m'a fait deux ou trois clichés et l'on m'a réexpédiée au troisième pour me faire injecter un produit opacifiant, je crois. Et retour au rez-de-chaussée.

Gilles m'a envoyée une photo de Rita au café. Elle semble contente. Mais aujourd'hui elle est restée seule et a poussé les hauts cris quand Ania est venue la nourrir...

Mon amie Dany va visiblement mieux et j'en suis ravie, je la trouve même plutôt pugnace, sur Facebook. Outre me chanter les louanges de l'équipe soignante, elle me dit que l'usine a covid ou elle gît est quasiment vide et que l'on ment sur les statistiques russes. Je n'en doute pas une minute, je crois qu'on n'a jamais aussi largement menti, en fait, la presse a été inventée pour nous raconter des salades.

Outre que je suis bloquée sur Facebook et que ma page vkontakte est aussi gelée pour d'autres raisons, internet marche ici très mal. Le désœuvrement commence à me monter au cerveau. Je suis mal allongée, je suis mal assise, j'ai des crampes partout. J'ai terminé mon rideau au crochet... Mais voilà que le grand ponte, juste à ce moment critique,  vient nous annoncer qu'il nous lâchait toutes vendredi. Il était temps...

J'ai encore de petites douleurs mais je me rends compte que je les avais déjà plusieurs fois ressenties et attribuées à tout autre chose. Si j'ai bien compris, le traitement, c'est les gouttes vertes que je prends depuis plusieurs jours, un concentré huileux de plusieurs plantes. 

lundi 27 septembre 2021

Collectivité....

 Avoir une tablette sous la main, même une merdique, c'est précieux, surtout avec une paire d'écouteurs. J'arrive un peu à m'isoler. Je mets de la musique sur YouTube ou le psautier lu par les moines de Valaam. Ça c'est la grande évasion. Et je fais du crochet, des vitrages pour me protéger des voisins qui, lorsqu'ils sont sur leur terrasse, me donnent l'impression d'être une grenouille exotique dans un vivarium.

La jeune femme récemment arrivée est très gentille mais elle écoute des machins bruyants qui m'emmerdent. Il y a les nouvelles de l'autre malade, que je n'ai pas envie d'entendre. Et Alevtina qui se conduit comme un vieil enfant incapable de s'occuper, c'est-à-dire que la seule chose qui l'occupe, à part dormir, c'est de parler tout le temps et outre qu'elle est difficilement compréhensible, elle ne fait que commenter les différentes péripéties de son fonctionnement physique et des malades de tout l'étage, la nécrose de l'un, le gatisme de l'autre. Elle peut venir se pencher sur moi pour regarder ce que j'écoute de mystérieux, sur la planchette, et il ne me reste qu'à laisser tomber momentanément.... Il me semble qu'il provient d'elle en permanence une sorte de bourdon sourd: "bouboubou...."entrecoupé de gloussements de rire. 

Cependant objectivement, elles sont toutes trois très bienveillantes, je fais de mon mieux pour supporter. Parfois nous arrivons aussi à discuter normalement. Cela pourrait être vraiment bien pire. 

Je me sens beaucoup mieux mais les douleurs n'ont pas complètement disparu. Avec mon régime en sus, la bouffe est tellement dégueulasse que je n'ai aucun appétit. Bouillies sinistres, et toujours le même bouillon, aujourd'hui sans sel et à peine tiède. Je n'ai pas pu. Vingt jours sous une benne, aurait dit la grand-mère de ma sœur....

J'ai un examen après demain, de sorte que je ne pourrai pas sortir avant vendredi. On se fait à tout, moi à l'hôpital, ma pauvre Rita à mon absence. Gilles est venue la chercher pour l'emmener au café ou elle a été gâtée par tout le monde. Elle a couiné en voyant son sac, que j'avais demandé à Nil de sortir de ma voiture. J'espère qu'elle l'a compris comme la promesse de mon retour. J

Nil s'est déjà fait des amis, et il a rencontré un Italien ébéniste, pourvu d'une femme russe, dont j'ignorais l'existence ici. 

dimanche 26 septembre 2021

Léger mieux

 Je ne sais pas quelle radio écoute m'a voisine de chambre, mais elle est d'une grande agressivité envers Poutine, et d'après ce que j'entends la Russie est au bord de l'insurrection, ce que je n'ai vu nulle part ailleurs, mais je n'ai pas la télé. Je n'ai pas beaucoup d'estime pour les députés de Russie Unie, mais je n'ai pas envie de voir s'installer ici une situation à l'ukrainienne qui introduira la dictature globaliste en voie d'installation partout ailleurs. Je ne me sens pas capable de supporter ces nouvelles et encore moins de les commenter avec mes bonnes femmes. Actuellement, je ne crois pas en grand monde, sur le plan politique. Poutine aurait pu depuis longtemps arrêter cette politique schizophrénique ou ses fonctionnaires font le contraire de ce qu'il prône dans ses discours. Il a laissé s'installer une situation culturelle consternante, avec une télé corruptrice qui rend les gens débiles comme partout ailleurs. Avec des ministres de la culture qui ne font rien pour le patrimoine matériel et immateriel du pays mais en favorisent la destruction et la subversion par la dérision, le cynisme, la vulgarité venues de l'ouest. Il fait une politique extérieure souverainiste, mais laisse mener une politique intérieure mondialiste. J'ai vu une émission de Tsargrad où l'on discutait le sujet et la nécessité d'adopter une position nette. On disait que pour la Covid, par exemple, la Russie avait signé des accords avec l'OMS sous Eltsine, et que cette organisation était entièrement passée entre des mains privées mafieuses, ce qui est la vérité, et qu'il fallait en sortir avant qu'on ne fasse ici ce qui se passe ailleurs. Oui, et alors qu'est-ce qu'on attend ? N'empêche que je ne vois pas trop à quoi pourrait mener dans ce contexte un coup d'état à la Maidan. Ou plutôt je le vois trop bien. De plus ces journalistes de la subversion soit disant persécutée ont une voix et des intonations répugnantes. Mes compagnes de chambre gobent cela comme le vaccin, avec confiance. Une amie vient de me dire au téléphone que Moscou était tout ce qu'il y a de plus calme, bien que saccagée par Sobianine et transformée en ville monde de la globalité transhumaniste covidienne. Qu'est ce que c'est que ces excites qui poussent impunément à l'émeute et nous décrivent une situation qui n'existe pas ? 

Tout cela pendant que les Français s'apprêtent à choisir entre deux leurres, Melanchon et Zemmour, parce que ceux-ci disent à chacune de leurs moitiés antagonistes ce qu'elles ont envie d'entendre, sans s'étonner qu'on leur fasse tout à coup une telle promotion. Je ne voterai pas Zemmour, parce que je me suis laissée convaincre de voter Sarkozy, au dernier moment, par des membres de ma famille qui me brandissaient un discours à la Bernanos, pondu pour lui par je ne sais plus quel litterateur, pour mieux nous enfler. Une semaine plus tard je me mordais les doigts jusqu'au coude d'avoir donné ma voix à ce nabot atlantiste qui nous a remis dans l'OTAN, qui a détruit la Lybie pour complaire à ses maimaitres de l'usure internationale et commis beaucoup d'autres méfaits. Non, on ne me fera plus le coup. Je pense, comme Valérie Bugaut, que le système des partis est complètement vicié, en fait il est vicieux par nature. Il repose sur notre division et notre perversion organisée. Notre hypnose, notre abrutissement, notre dégradation. 

Je constate un mieux, je recommence à râler.... C'est long, le joyeux séjour. 

Gilles, le patron du café, m'a proposé de prendre Rita avec lui pendant la journée dans notre établissement préféré, pour la distraire. Je pense que la prendre tout à fait la perturberait plus que de la laisser chez nous, dans son environnement habituel. J'ai pu observer avec mon chien Joulik que le confier à quelqu'un était beaucoup plus effrayant pour lui que de m'attendre à la maison, au milieu de mes affaires. J'espère que la pauvre petite chienne n'aura pas une crise cardiaque en me voyant reparaître.... 

samedi 25 septembre 2021

Orniere

 Grosse chute de moral hier. J'avais mal à la tête et une impression répugnante de faiblesse et de brouillard. Il y a des moments où notre vie semble tomber dans une ornière. C'est la maladie, l'hôpital où bien la prison. Tout devient étrange et l'on ne sait pas bien comment on fera face à ce milieu qu'on n'a pas choisi et à ces heures interminables. J'ai fait la conversation à Alevtina ou plutôt je l'ai laissée parler car je la comprends très mal. Elle s'ennuyait autant que moi et voulait me montrer par la fenêtre du couloir un monument aux morts de la covid et le square qu'on a créé autour et qu'elle trouve très beau: du bitume, quelques bancs et l'inévitable rangée de thuyas... J'essaie de prier mais je n'y arrive pas bien. 

Il se trouve que j'ai en fin de compte des coliques nephretiques, et ce matin, le médecin m'a dit qu'on me garderait le temps que finit la crise, et ensuite, il me faudrait aller chez un spécialiste pour pulvériser les cailloux au laser ou bien les dissoudre avec un médicament. Je suis rassurée de ne pas devoir me faire opérer et si Dieu le veut, je ne traînerai pas ici trop longtemps. Cette perspective m'a encouragée. Je compte les jours, les heures, les minutes, ma conscience du temps et de la vie se transforme. 

Il m'a ordonné un médicament pour hâter la fin de la crise, Ania doit me l'apporter. Ania tient absolument à me nourrir, alors que de toute façon j'ai un régime et que je n'ai pas faim. Elle assaillie l'hôpital de coups de fil. Elle m'a apporté une petite bouilloire électrique pour le thé, car tout est souvent froid ici, elle a toutes sortes d'attention. Alevtina insiste aussi pour me refiler des bonbons en dépit des instructions médicales.

L'hôpital me fait plutôt bonne impression, en dépit de sa vétusté, le personnel est attentif, les médecins aussi. Je suis soignée gratuitement, le temps qu' il faut. Quand j'avais été opérée dans une clinique de luxe à Moscou, j'avais été quasiment foutue dehors, au bout de trois jours, dans un état affreux, et c'était une collègue et son mari qui m'avaient recueillie... 

La vieille qui ronflait à été remplacée par une femme qui ronfle encore plus. En revanche, sa conversation m'intéresse davantage, car elle porte sur le mauvais œil et les procédés pour s'en garder, les vertus de l'ammanite tue-mouches et les différents miracles auxquels elle a assisté. C'est mieux que nos transformations physiques et les cimetières....

La mère Hypandia, higoumene du monastère de Solan, m'a fait part des vœux de guérison et des prières de sa fraternité, par mon amie Annamaria. 

jeudi 23 septembre 2021

Deuxième jour d'hosto

 La gentille Ania m'a apporté des affaires. On ne l'a pas laissée venir jusqu'à moi. Je l'ai remerciée par téléphone. "Merci à vous d'exister, me répond-elle, nous voulons vous garder !"

Les deux vieilles sont un peu saoulantes, d'autant plus que je ne les comprends pas toujours très bien. Mais elles sont adorables, surtout Alevtina qui se précipite pour aider tout le monde. Et j'aime bien ses yeux bleus, son sourire spontané. Toutes deux parlent santé, famille et cimetière. "J'ai plein de bleus, dit Alevtina en se marrant, je n'ai pourtant plus d'homme à la maison !" Elle a une thrombose.

Une jeune femme est arrivée, enjouée, décontractée, elle a range ses affaires, disparu une demie heure et la voilà qui nous revient endormie sur un brancard, déjà opérée.

Le chirurgien chef qui passe le matin avec son équipe n'a vraiment pas l'air commode. "oui, me disent les deux vieilles, mais dans son service, tout est propre et tout fonctionne." Il paraît que l'hôpital a un nouveau chef, venu de Iaroslavl, qui remet de l'ordre et fait des travaux. C'est une bonne nouvelle...

L'une des vieilles en est à son troisième vaccin. Je les ai entendu dire qu'on exigeait le vaccin pour opérer les gens. Quand je disais qu' on me le ferait le pistolet sur la tempe, ce sera peut-être le cas, si je me tords de douleur au bord de la péritonite...

D'après l'autre vieille, Galina, on ne devrait pas me garder trop longtemps, parce qu'on a besoin de places en chirurgie. Pourtant ce n'est pas surpeuplé. Je vis très mal de me retrouver loin de mes pauvres animaux et de Rita, qui le vit très mal aussi. Je me suis réveillée dans la nuit, et je les cherchais sur le lit.

Bourrée d'antibiotiques, je vais mieux, je ne pouvais rien manger ce matin, mais à midi, j'ai avalé le bouillon et la bouillie....je suis fatiguée et somnolente. 

Il pleut, le ciel est de ce gris uniforme et décourageant qui fait descendre le moral au 36ème dessous. Mais par les fenêtres, on voit seulement des arbres. Nulle lumière n'anime leurs feuillages jaunes, mais ils me fascinent néanmoins par leur mystérieuse mélancolie. Des ramures noires soulignent l'élégant brouillard de quelques bouleaux effeuillés, pareils à de hautes et légères fontaines. 

mercredi 22 septembre 2021

Hopital

 Me voici à l'hôpital de Pereslavl pour une crise de douleurs abdominales violentes. C'est une vieille histoire de colite chronique, mais la douleur ne passait pas. Je crois d'ailleurs que je préfère la migraine. On est complètent abruti et l'on dort, alors que les douleurs abdominales ne laissent pas de répit. La fille du SAMU local ne semblait pas trop savoir que faire, à part m'emmener à l'hosto, ou disait-elle, il n'y avait pas de spécialistes. Gilles, sa femme et leur collaborateur Sacha sont allés m'acheter des médicaments peu efficaces. Puis j'ai vu arriver ma voisine Ania qui a proposé de m'emmener quand même à l'hôpital. J' avais eu un mot de Mâcha, la fille du père Valentin, pour me dire que le médecin de famille Sonia considérait qu'il fallait m'opérer à Moscou. Liena, de son côté, me disait que si je venais chez eux, ses filles risquaient de me contaminer avec leurs habituels problèmes ORL. Ania insistait: il fallait d'abord sortir de cet état avant d'aller à Moscou.

L'opération, dans le cas qui nous occupe est une mesure extrême consistant à couper un morceau d'intestin, je ne suis pas trop pressée. Je n'avais pas envie non plus de faire cela à Pereslavl, mais deux heures de transport dans les douleurs sans savoir où j' allais atterrir.... Ania m'a accompagnée tout le long des interminables procédures d'admission. On m'a fait des analyses, et une radio puis une tomographie des poumons pour m'exclure de la covid, que je n'ai pas, mais il paraît que j'aurais une pneumonie d'un poumon, ce qui m'étonne grandement, j'ai eu une bronchite il y a un an et n'ai plus tousse depuis. Enfin ils n'en sont pas sûrs et moi non plus. Le chirurgien ne juge pas nécessaire de m'opérer mais il veut me garder une semaine au moins, les Russes adorent vous faire traîner des siècles dans les hôpitaux.

Je me suis enfin retrouvée dans une chambre avec deux vieilles et deux injections d'analgesiques dans la fesse. La chambre n'est pas flippante, je dois même observer qu'elle a des rideaux simples accordés à la couleur des murs. L'hôpital est vétuste mais propre. Vraiment pas surpeuplé. Le personnel brusque et peu avenant au premier abord, mais comme bien souvent en Russie, cette écorce rude cache une véritable humanité !

Enfin Dany va mieux dans son usine à covid et me voilà hospitalisée de mon côté. Rita était complètement paniquée et j'ai hâte de la retrouver sans compter que je vais m'emmerder comme un rat mort. 

mardi 21 septembre 2021

la laure sous la pluie


Nil avait un deuxième jour de congé pour faire du tourisme. Mais il y a longtemps que je n'avais pas vu un mois de septembre aussi pourri. Le chauffage s'étouffait tout le temps à cause des bourrasques de vent, et Nil n'avait pas songé à brancher le convecteur électrique, de sorte qu'il avait pris froid. J'ai fait venir le plombier Rouslan, qui a commencé à entretenir Nil, par mon intermédiaire, de divers sujets philosophico-religieux. Il lui a dit que le pape était noyauté par les corporations transnationales et qu'il allait fonder la "Religion du futur" évoquée par le père Séraphim Rose. Mais la Russie orthodoxe allait faire obstacle à tout cela, car si les Hébreux avaient été le peuple élu de l'ancien Testament, les Russes, par leur respect millénaire de l'Evangile, étaient devenus le peuple théophore. Cependant les moscovites ne comprennent pas ces choses, les moscovites ne comprennent plus rien et à la limite, ne sont même plus tellement russes, même leur langue ne ressemble plus à rien, alors qu'à Pereslavl, on a gardé et la langue, et l'esprit...
Malgré les rideaux de pluie, nous nous sommes lancés dans la visite de Serguiev Posad. Nous étions gelés l'un et l'autre et sommes d'abord allés nous réchauffer dans le restaurant Pelmennaïa, rue Karl Marx. On peut y manger ce qu'on mangeait en Union Soviétique, dans le décor correspondant, c'est-à-dire que les objets datent de cette époque, mais la déco pas du tout. Mais c'est joli, chaleureux, bon et pas cher.
Après, par chance, nous avons eu une petite éclaircie, ou disons un épisode sans pluie. J'étais transie jusqu'aux os, à mon avis, Nil aussi. On a beaucoup plus froid en automne qu'à la fin de l'hiver, parce qu'on se figure, dans nos vêtements d'été, que c'est pour toujours, et quand le temps se gâte, on est terriblement surpris... Nil aurait cette fois préféré que le café français se trouvât en Crimée! Je dois dire qu'il n'est pas gâté, rien n'est plus déprimant que ce genre de temps en Russie. Moi aussi, dans ces cas-là, je me demande ce que je fous ici!
Nous sommes entrés dans l'église de la Trinité, prier saint Serge. Je lui ai recommandé ma copine Dany, qui est malade à Moscou, et pour laquelle je me fais du souci. Je lui ai recommandé aussi Nil et sa mère, tous ceux qui veulent venir ici, et ceux qui y sont déjà. On chantait l'acathiste. Je l'ai prié avec toute la ferveur possible. 
Cette église est si belle, si légère et si dorée qu'on croirait une apparition. 
Nous devions acheter une icône de saint Serge que la mère de Nil veut offrir à sa paroisse, mais les icônes peintes sont plus chères, forcément. Nous en avons trouvé une encore abordable. Le vendeur et la vendeuse ont été très empressés, cela leur plaisait beaucoup, que l'icône partît dans une paroisse orthodoxe en France.

Je n'avais pas pris Rita, qui en a été si affectée qu'elle n'a pas touché à la friandise que je lui avais donnée pour la consoler. Après m'avoir fait des fêtes, ou m'avoir engueulée, au fond je ne sais pas, peut-être les deux, elle a récupéré la chose pour la mâcher en ma présence.




lundi 20 septembre 2021

Hiérarchies angéliques

 


Cinq petits degrés, vent et pluie. Nous avons visité le kremlin de Rostov. La salle des icônes était fermée, impossible de les voir. Nous avons suivi le chemin de ronde qui nous menait d'église en église autour de cet endroit féérique, et sera bientôt fermé pour l'hiver. Nil regrettait que le café français ne fût pas à Rostov, mais Pereslavl aussi était féérique, avant que son administration et ses habitants ne l'eussent saccégé à ce point, et il n'est pas dit que le même destin ne menace pas Rostov. 

Les fresques sont si profuses que l'on peut difficilement tout regarder. C'est un grouillement de scènes bibliques ou évangéliques, de saints, d'auréoles, d'anges et de séraphins, il faudrait éditer des albums, avec des fragments de ces fresques. Quelle lumière, quel mouvement serein, concentré et harmonieux habitent cette foule de personnages divins et paradisiaques... Nul doute que ceux qui les ont peints et ceux qui les regardaient en étaient eux-mêmes perpétuellement remplis. J'entendais les plaintes du vent à l'extérieur, il faisait gris, sombre et froid. Dans la première église, deux types proposaient de chanter gratuitement pour les visiteurs. Je pensais que ce ne serait pas terrible, à voir leur air de fonctionnaires blasés, mais quand ils ont commencé, il m'a semblé que j'étais soulevée dans les airs et j'ai senti monter un afflux de larmes. Le psaume 50: "Aie pitié de moi, ô Dieu selon ta grande miséridorde et dans ton immense compassion, efface mon péché..." C'était un chant très ancien, avec un "isson", une basse continue. Ils étaient seulement deux, et c'était comme si tous ces anges, séraphins et chérubins qui se bousculaient sur les piliers et les voûtes s'étaient mis à chanter en même temps. C'était une façon de nous démontrer quelle acoustique régnait dans les églises anciennes, et de nous pousser à acheter leur disque, mais je crois qu'il se passait quelque chose de plus miraculeux que l'acoustique. Ce chant faisait partie de la routine de ces deux bonshommes. Mais les hiérarchies angéliques présentes sur les voûtes leur faisaient pourtant écho, qu'ils fussent ou non conscients eux-mêmes du phénomène... 

Ensuite, nous sommes allés à Godenovo voir la Croix miraculeuse. En dépit de la Croix, et de la jolie petite église de campagne où celle-ci a été cachée si longtemps et où elle est toujours, cet endroit me met mal à l'aise. Ces photos géantes de la famille impériale le long de la route, j'aime profondément la famille impériale, je compatis à son sort affreux, mais ces photos, le simple principe de ces panneaux énormes, me rappelle trop les portraits de Lénine ou de Staline. On a commencé à édifier cette grosse réplique de sainte Sophie de Constantinople qui sera là bas complètement déplacée. On dirait qu'on va faire du sanctuaire de la Croix quelque chose dans le genre de Lourdes.

La dernière fois que j'y étais allée dans les mêmes dispositions, vénérer la Croix m'avait procuré le même sentiment de grâce que l'écoute du psaume au milieu des séraphins et de leur immobile tourbillon. Mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, Dieu m'avait déjà parlé. J'avais perçu cette symphonie visuelle, ces chatoyantes et immobiles présences dont le mouvement et le foisonnement s'envolaient sur les ailes de ces deux voix devenues multitude...

J'ai fait prier pour les orthodoxes malades que je connais.



dimanche 19 septembre 2021

Mila


Il y a deux jours, j'ai eu la visite d'une ancienne maman de l'école, Mila, et de sa fille Héloïse. J'ai eu les trois enfants de cette famille qui m'a, en plus, acheté mes meilleures aquarelles. Quand je suis revenue en Russie, passant un jour près de l'ambassade, j'ai vu venir à ma rencontre, sur le passage piéton, une femme qui m'ouvrait les bras, c'était Mila. Elle est venue visiter Pereslavl et me rencontrer. 

Tous ces enfants font maintenant de brillantes études à Paris. Le garçon, Anton, était plutôt un emmerdeur. Il avait un côté taquin. Il lui arrivait de dire à ses petits camarades des choses qu'il aurait mieux fait de garder pour lui, mais je n'en faisais pas une affaire d'état non plus. Et là, j'apprends que lorsqu'il était déjà au collège, sur dénonciation d'une jeune fille de sa classe, qui n'était pas directement concernée par l'incident, on l'avait exclu trois jours pour "propos racistes et homophobes"....

Comme il courait derrière une élève africaine et qu'elle n'allait pas assez vite, en éducation physique, il lui avait dit: "Si on te mettait un steak au bout d'une canne à pêche, peut-être que tu te dépêcherais?" Si la fille avait été blanche, aurait-il été dénoncé et exclus? Mila ne m'a pas précisée en quoi consistaient les propos homophobes...

Lorsque j'avais des problèmes de "racisme", et il arrivait, par exemple, que des petites filles russes ne voulussent pas s'asseoir auprès de l'enfant "marron", ou autres réactions de ce genre, je disais: "Il y a des petits chats blancs et des petits chats noirs et on les aime tous bien quand même." 

D'un autre côté, je n'ai jamais pu souffrir les cafards. Sur Facebook, je n'ai jamais dénoncé personne, même quand la vilenie des commentaires me donne envie de vomir. La dénonciation en soi me paraît quelque chose d'insupportable. C'est la marque du régime totalitaire. Le régime totalitaire encourage et récompense la dénonciation. Et les gens qui la pratiquent se prennent pour des justiciers.

En dehors de ce détail, j'étais très heureuse de revoir cette dame, avec qui je m'entendais bien, qui avait de l'humour, et d'évoquer ma classe d'alors. Elle était très étonnée d'apprendre que je n'avais pas la grande vocation d'institutrice et que j'aurais bien préféré ne pas travailler. J'ai pris de l'intérêt à mon métier, j'aurais pu faire pire, mais cela me surmenait beaucoup, car je suis du genre nerveux et distrait, je déteste le bruit depuis mon enfance. Lorsque je devais faire plusieurs choses à la fois, j'étais complètement stressée, et c'est précisément le sort de la maîtresse d'école. Il me fallait surveiller les enfants, les aider, répondre aux parents, ramasser tous les papiers administratifs qu'on distribuait sans arrêt pour les récupérer signés, et naturellement, je les perdais tout le temps, ainsi que mes lunettes. Et puis tout le reste, la hiérarchie, les réunions, la mentalité, je ne peux pas dire que j'étais bien dans mon élément.

J'expliquais à Nil que la plupart du temps, le travail qu'on fait n'a pour nous pas de sens. Ce qui a un sens, c'est de travailler sa terre pour en vivre, mais on nous explique depuis 200 ans que c'est juste pour les imbéciles, que les gens intelligents travaillent "de toutes leurs forces pour leur patron" selon l'expression du célèbre monsieur de Maesmeker, ou bien sont eux-mêmes patrons ou ministres. Mon travail d'institutrice, heureusement pour moi, avait quand même du sens, car il me permettait de donner aux enfants des choses dont ils sont généralement privés, il avait une dimension humaine et spirituelle. Du reste, mon père Valentin me l'avait dit. Il m'a fait grandir. 


Musée

 


J'ai emmené Nil visiter le musée de Pereslavl, qui a de magnifiques collections, mais elles étaient en partie inacessibles, soit les icônes et les tableaux qui ne sont plus dans les locaux. Restaient les très belles sculptures sur bois, les vêtements et objets populaires, les collections naturalistes, archéologiques, les souvenirs de l'Union soviétique et de la guerre... On exige là bas, une fois n'est pas coutume, le port du masque. Peu importe qu'on l'ait sous le nez, du moment qu'on fait semblant de s'accrocher la couche culotte en travers du museau, mais j'ai eu une idée suffisante des tourments imposés à ceux qui la portent du matin au soir, notemment les enfants, et aussi leurs instituteurs et professeurs. Parler à travers ce truc me fait étouffer au bout de quelques secondes. De grosses méduses totalitaires ricanent à la télé française que l'enfant-roi, ça suffit. Eh bien oui, apparemment, ce n'est plus la mode, dans le genre enfant-roi, on en arrive à Louis XVII au Temple...

Les dames du musée veillent jalousement à ce que leurs visiteurs voient absolument tout, avec attention! Elles brûlent de donner des explications, mais n'ont pas le droit, car cela coupe l'herbe sous le pied aux guides patentés.Alors elles nous font des allusions genre jeu télévisé.

Nous avons ensuite fait le tour du monastère, dans le vent, sous les nuages. Nil s'est décidé à tenter le coup, et Gilles aussi. Il va rentrer faire ses papiers et ses valises et revenir. Cela nous fera un Français de plus dans notre petite colonie... Et un Français sympathique, si sa mère venait le rejoindre, ce serait vraiment très bien.

Sur un petit marché provisoire, j'ai acheté des légumes à un Moldave. "Ne seriez-vous pas française? me demande-t-il. 

- Si, comment avez-vous deviné?

- Votre accent.... J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de Français ici.

- Pour l'instant, il y en a cinq!

- Moi je suis moldave, mais j'ai émigré, comme vous, et maintenant, je fais venir ma famille. Parce qu'on tape toujours sur la Russie, mais c'est notre seul espoir de vivre encore libre et dignement. Notre nouvelle présidente, pour complaire à l'UE, a offert de prendre je ne sais combien d'Afghans, et vous comprenez bien quel genre d'Afghans vont débarquer chez nous en masse, n'est-ce pas?" 

Une Russe de ma connaissance m'offre de me retirer dans une communauté, apparemment, tout un réseau de gens effrayés par l'expansion du mondialisme transhumaniste destructeur des peuples envisage de déserter le Meilleur des Mondes pour les isolats et les arches dans le fin fond des campagnes perdues. Les choses me semblent moins près de se réaliser ici qu'en Europe, car le peuple russe a plus de résistance, il est plus difficile à canaliser, sauf à recourir aux méthodes de la terreur rouge, mais l'idéologie de la caste des surhommes augmentés et le culte de la santé ont moins de chances de convaincre. Et puis ici, je pense qu'il y a des mafias antagonistes, alors que dans le monde occidental, elles vont dans le même sens. Mais je vois à l'oeuvre le même travail de sape, pour faire perdre au peuple russe l'estime de soi avec la mémoire, le sens de son homogénéité culturelle, spirituelle, génétique. Je ne regarde plus la télé depuis longtemps, mais d'après Dany, les recettes sont exactement les mêmes, et les chefs d'orchestre aussi. Comme sans doute les peuples d'Asie centrale ou du Caucase sont encore trop faciles à assimiler, on commence à diffuser les pubs avec les couples bicolores: quoi de mieux que de submerger les peuples blancs sous l'Afrique pour les faire disparaître? Curieux que l'on n'envisage jamais, par exemple, d'émigration massive d'Européens ou de Chinois en Afrique...

Je regardais de vieilles photos de Russes du début du XX° siècle, quelle concentration de beaux visages, quelle dignité, quelle pureté... Au musée, on voit des reconstructions de Russes médiévaux, d'après des crânes trouvés dans les fouilles. Ils avaient exactement le même type, ce type existe depuis des siècles, probablement des millénaires. Mais une bande de crapauds maniaques ivres d'orgueil ont décidé de détruire tout cela, d'achever le travail commencé en 89 et en 17 et de l'étendre à toute la planète. Je l'ai à présent bien compris, il s'agit d'un génocide planifié, un génocide soft, fourbe, sournois, patient et vil. Poutine disait qu'il n'aurait plus envie de vivre dans un monde dont la Russie serait absente. J'espère qu'il était sincère. Je pense exactement la même chose, et pas seulement à propos de la Russie, mais disons que si la Russie tombe, alors nous n'aurons plus de place sur cette terre.

Voici le ténébreux Attali qui nous expose le programme. Il veut notre bien, le bougre! Tous ces gens-là, depuis deux cents ans, et même plus, qu'ils sévissent, veulent notre bien. Ils ont détruit le plus essentiel de l'homme, son âme, au nom  de ce "bien" qu'ils nous infligent, que nous le voulions ou non, par la séduction, l'hypnose ou la terreur. Je l'écoute parler, si content de lui, le gourou du diable, et tout mon être se révolte contre lui et tout ce qu'il représente. Pour qui se prend-il? Quel droit s'arroge-t-il sur le destin des autres? En réalité, j'ai senti dès l'enfance où l'on voulait en venir, où l'on voulait nous amener. Leur "paradis", je n'en veux pas. 

https://www.facebook.com/TANRESIVEVO/videos/856706645227288/?__tn__=%2CO-R


Mes liens du jour, avec lesquels on peut comparer le discours vénéneux du transhumaniste ci-dessus. Il s'agit d'une très profonde analyse du docteur Fouché de ce qui est en train de nous arriver, et de celle de Slobodan Despot, dont l'Antipresse est l'antidote aux poisons qui nous rongent la cervelle et le coeur. 

https://www.facebook.com/BiOasisVSeffondrement/videos/175922861345100/?__cft__[0]=AZVp7ALc0XkxwqhnK9Q5r271UIJJwVN-6zowGNDJMZv5kvjDnAz5-L4PtAfwvCR9q7_1pgiUTa5jyeX-lR9z9PSPDSX-ZrHIIdtJXEZCbWzJxJVJjRYp3ynG-fj7aQ9mun7S-J0zjey6xHRE_LTx2aEfg_puOujar0ThJ-v6orlhuQ&__tn__=%2CO-R




 

jeudi 16 septembre 2021

Notre automne

 


On annonce des gelées, cette nuit, il souffle depuis deux jours un vent glacial, avec des averses, et parfois, de brusques et fantastiques illuminations. Les arbres jaunissent à toute vitesse, et il y a seulement quelques jours, je me tenais dans mon jardin, assise sur mon hamac, dans le fil d'un vent suave, et je me disais que c'était la dernière fois de l'année que j'en aurais l'occasion. Maintenant, je jardine, c'est-à-dire que je prépare l'hiver, et le printemps prochain qui est encore bien lointain...

J'ai continué le tourisme avec Nil, je l'ai emmené au monastère saint Daniel, où la dame qui vendait les cierges nous a fait cadeau de deux prosphores, et puis je lui ai montré le "val", les vestiges des fortifications qui faisaient le tour de la ville, et depuis lesquels on a de beaux points de vue sur les églises. Je dis les églises, parce que les jolies maisons ont presque toutes disparu, remplacées par un jeu de lego en plastique.

J'ai vu sur vkontakte une intéressante vidéo décrivant comment, à l'époque soviétique, on avait fabriqué un faux folklore idéologiquement compatible. Le vrai étant trop médiéval, ou plus simplement trop vrai, on a fabriqué une caricature mièvre, avec d'horribles costumes vulgaires, de petites voix couinantes, des sourires idiots et des gestes qui n'avaient jamais existé dans la tradition russe. Car on ne pouvait pas complètement faire fi de la tradition populaire, quand on se voulait la dictature du prolétariat. Alors il fallait la dénaturer. Dénaturer est le principal souci de la civilisation du Progrès, que ce soit dans son expression capitaliste ou dans son expression communiste. C'est là qu'il faut voir, avec le mépris et la calomnie systématiques de la Russie ancienne, l'origine du mauvais goût hallucinant qui ravage le pays. Malheureusement, cette attitude est plus ancienne que le communisme et le libéralisme. Le pied dans la porte a été mis par Pierre le Grand, et la noblesse, détachée par lui de sa civilisation d'origine qu'il trouvait méprisable, a fait le lit de la catastrophe qui allait l'emporter. Non qu'il ne fallût pas faire quelques réformes ou procéder à des adaptations rendues indispensables par la confrontation avec un occident colonialiste et conquérant qui se ruait de façon concomittente dans le progrès technique et l'apostasie. Mais sa soeur Sophie, si décriée, eût certainement procédé à tout cela avec plus de sagesse et de mesure. 

Un article sur les vieux-croyants pose la question que je me pose moi-même depuis un bon moment: pourquoi ceux-ci conservent-ils un sens de la beauté qui est absolument oublié de tous les autres? Leur habitat, leurs vêtements et même leurs visages reflètent une harmonie qui disparaît complètement du reste de la Russie.

https://zen.yandex.ru/media/id/6032ac65c24ba20515a455ca/lampovoderevnia-staroverov-pod-peterburgom-proval-vo-vremeni-6138d5bb0e73c923f439fd60

https://vk.com/loralira?z=video-75778798_169816935%2F6b504bc1425bf96626%2Fpl_wall_19879744

Ma copine française, atteinte de la covid, a été hospitalisée dans une sorte d'usine à soins, à Moscou, un immense hangar compartimenté, mais les soignants en scaphandre se montrent extrêmement humains et compétents, et la prise en charge est gratuite. Les urgences lui ont dit: "Nous savons maintenant très bien soigner le truc, ce n'est plus un problème". Bien que la Russie soit classée par la France en "zone rouge" et soi-disant ravagée par la maladie, elle note que son hangar est très loin d'être plein, bien qu'il ait été construit pour faire face à des foules de malades. Le test nasal qu'on lui a fait a plusieurs reprises n'est pas du tout aussi intrusif que le test PCR français, qui ramone les fosses nasales jusqu'au cerveau .

Cette maladie manipulée, et très probablement fabriquée, me paraît bien réelle, elle est loin d'être le fléau de Dieu qu'on nous présente, et ferait encore moins de victimes si on avait pour véritable souci de la traiter, mais elle ne disparaît pas, peut-être justement à cause de la façon dont on l'aborde, et peut-être aussi était-ce le but. Toujours est-il qu'elle est là, et qu'avec le coup du vaccin, les gens en seront bientôt à la dose mensuelle, avec contrôle permanent de leur état de santé et de leurs moindres faits et gestes, tout bénéfice pour la mafia qui veut régner sans partage et tondre le mouton jusqu'à l'os. Dieu sait que ce ne sont pas les moutons qui manquent. Mes amis, c'est pour en arriver là que la France a décapité son roi, trucidé sa paysannerie, et on peut en dire autant de la Russie, d'ailleurs. Pour en arriver au règne horrible des ploutocrates mafieux transhumanistes à la seringue entre les dents.

Tout se passe ici sans coercition, mais l'on cherche à imposer le tout électronique, la reconnaissance faciale et tout ce qui nous rendra la vie impossible, si cela se met en place partout; cependant, cela touche surtout Moscou, et de façon de plus en plus indépendante de la covid. Le reste du pays, avec son incurie, son bordel chronique, la nonchalance anarchique des Russes, leur sociabilité me semble loin d'être prêt pour ce programme. Et heureusement. Il se peut aussi que l'évolution de tout cela ne prenne pas ici le caractère dément et malsain qui caractérise la France, où le pays se retrouve en de bien mauvaises mains. J'ai regardé le coeur serré l'entretien de maître Di Vizio, qui me semble très sincère, et ne m'a pas inspiré un grand optimisme. Certes, les manifestations sont importantes, bien que minimisées par la presse, mais trop de gens se laissent mener par le bout du nez et fliquent obligemment ceux qui résistent aux pressions. Ce n'est pas du tout le cas ici. Je suis absolument horrifiée par cette espèce de délire fantasmagorique qui devrait dresser l'humanité comme un seul homme contre ce qu'on lui prépare, mais on dirait qu'elle devient folle, que tout ce progrès et ces lumières sont en train de faire de nous tous des zombies hagards sous la houlette d'une caste atroce, dont les imprécations du docteur Alexandre et son regard de fou furieux trahissent les intentions aussi ténébreuses que psychotiques. Je l'ai entendu invectiver la généticienne Henrion Claude avec des accents de commissaire du peuple qui confinaient aux hululements hystériques. On nous traite de complotistes, de ne pas faire une confiance aveugle à ce genre d'individus, mais lui présente le mouvement anti passe sanitaire comme un complot instigué par cette même Henrion Claude, sorcière dont il ne va pas tarder à exiger le procès et l'exécution sur un bûcher place de la Concorde, entre un album d'Astérix et un album de Tintin et Milou. Et cela ne fait pas frémir les gens. Je veux dire qu'à part le mouvement impressionnant qui déferle dans les rues, mais n'entraine pas l'ensemble de la nation, une part considérable de la population ne voit pas où est le problème. La grossièreté des journalistes, la folie de certains intervenants, la fourberie évidente et la médiocrité des autorités, leur méchanceté mesquine, qui devraient faire dresser l'oreille, ne leur inspire que de joindre leur voix au concert des hyènes. On comprend que l'avocat rende son tablier. Car il le comprend manifestement de façon très claire, ceux qui sont derrière tout ça sont absolument capables de tout, et l'ont peut être menacé, comme le professeur Raoult. La mafia est capable de tout. La mafia, par définition, n'a aucun principe, aucune limite, aucun honneur, aucune empathie.

Personnellement, si je n'avais pas la foi, je sombrerais dans la panique complète. 

Je recommande cette vidéo à ceux qui ont encore des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, et un cerveau pour penser. 



On peut aussi regarder le témoignage sensé de cette infirmière:

https://www.facebook.com/marie.deneux/videos/404111744386121/?__cft__[0]=AZUhGB3Ia-D2E8ednvZM7mW4zrLkwNrTTTnpote0U0akHDHqRBdtLNjP3JT7P3hRrtcdT7LGrEHOXchpdBxtPH1CVHf3prlj3mbMbNDwfMIouZPRNWwp2d__OfVeyGaGklQtWjYgXC6oZzTimWQ4pcJEfrqJfT8evnKQVX7urrUbkplaLwxJSfpIWWl8c7OG5tU

Et celui-ci, bouleversant: 

https://www.facebook.com/CampagneQuebecVie/posts/10157992216861857?__cft__[0]=AZUMd9PhBL3KpZm94MiQSPA5KKJOOFlbIGqFSQEhRjI_udnF83yqruxn2nOEUR-MVKUyFti_hCz9Gv-KJLQSvUf4ESyu4-rptFpiNLYEULhdubHiyU5Y2EL5wVrmwEcfFk2NNBtdaYoJvtciocNxHmldFY7vQUhkGyiRAhrwaD5Q0A&__tn__=%2CO%2CP-y-R


le monastère saint Daniel

Sur le "val"


Monsieur Moustachon se met au chaud. Cette façon de fabriquer de l'alcool de fruit maison s'appelle le salut à Gorbatchev,
en souvenir de la prohibition que celui-ci avait promulguée au moment de la perestroïka.....

samedi 11 septembre 2021

Korovine

 

la véranda de Korovine

Je fais un peu de tourisme avec Nil, à l'issue de son premier jour de travail, je l'ai emmené sur la colline d'Alexandre, d'où l'on a une belle vue sur notre lac nordique. Mais aujourd'hui, il commençait à tirer la patte, le rythme de travail est dur... Je devais aller chanter à la datcha-musée du peintre Constantin Korovine, grand ami de Chaliapine, qui y venait souvent. Korovine était un impressionniste russe, qui a écrit aussi ses mémoires sur la révolution. Il s'est retrouvé, comme Chaliapine lui-même, dans l'émigration, où il fait beaucoup de paysages français, ses tableaux russes ont massivement disparu dans la tourmente révolutionnaire.

 https://www.wikiart.org/fr/constantin-korovine

sur la colline d'Alexandre


J'aurais pu arriver le matin pour dessiner avec les peintres invités au festival, mais je n'ai pas eu le courage, car je devais me produire en fin d'après-midi. Et puis je pensais proposer à Nil de m'accompagner. Il n'était pas chaud. Il avait envie, mais il n'en pouvait plus. Je connais ça. Je suis parfois obligée de renoncer à des choses qui m'intéresseraient beaucoup parce que je sais que cela me surmènerait. Cependant, au dernier moment, il s'est décidé, et nous avons pris Aliocha avec nous. 

Aliocha essayait de communiquer, et Nil faisait tout son possible pour lui répondre, je faisais l'interprète aussi, mais je pense que le second parlera vite. Il n'hésite pas à se lancer, à utiliser les mots qu'il connaît. Il a envie d'y arriver. Aliocha et lui ont fini par utiliser la traducteur Yandex pour se comprendre.

La route était très jolie, beaucoup de grands pins sylvestres et de bouleaux, qui se couvrent de dorures à toute vitesse. Mais complètement défoncée. 

J'ai chanté sur une petite scène, une espèce de kiosque. J'avais choisi "rue saint Vincent", parce que Korovine avait vécu à Paris, peu de temps après la création de cette "romance urbaine", comme on dit ici, et puis elle est si poétique. Ensuite les Marins de Groix, des chansons de ma composition et une chanson russe aux gousli. J'étais très à l'aise, parce que l'atmosphère, si on fait abstraction de l'humidité, était très chaleureuse, avec des gens du musée de Pereslavl, des intellectuels moscovites. La datcha, modeste, avait beaucoup de charme. Des gens vendaient du miel, des champignons, des légumes du jardin. J'ai acheté des girolles et de vraies tomates. Nil a pu discuter, en français, en anglais, avec diverses personnes.

Après moi s'est produit un chirurgien local qui faisait du jazz avec son père. Le vieux monsieur avait l'air de se régaler, avec son clavier électronique. Les textes des chansons, en russe, étaient bien, le chirurgien jazzy tenait à utiliser sa langue, et il avait raison. Mais il est difficile de nationaliser le jazz, comme l'ont fait pourtant Charles Trenet ou Claude Nougaro. Le chirurgien a chanté sa version jazz d'une des principales prières orthodoxes, le Trisaghion. Là, je n'étais plus en phase. Il ne faut pas tout mélanger. Il a dit que l'évêque de Rostov n'avait pas du tout béni l'entreprise, et je le comprends. Le père Sérafim Rose, américain, disait que le jazz est une musique dépourvue de spiritualité. Et en effet, elle peut être agréable, moelleuse, sensuelle, sensible mais elle n'a pas d'échappée vers le haut. Elle ne met pas dans un état de prière.

Reste que ces manifestations culturelles dépourvues de prétention, avec des gens sincères et simples, se rencontrent assez peu en France, où tout ce qui est "créatif" a la grosse tête. 

Au retour, nous avons vu que la voiture qui nous précédait s'était arrêtée près d'un animal immobile, sur les pattes arrière. C'était un renard, pas du tout intimidé. Le conducteur lui a donné quelque chose à manger, et il s'est détourné pour emporter le cadeau dans la forêt.







 Sur Facebook, j'ai trouvé une vidéo sur des Français installés ici, qui participaient à une manifestation commerciale, à Moscou. Parmi eux, le gentil Sébastien, dont j'ai parlé dans une précédente chronique:

https://www.facebook.com/eric.leprovos/posts/10226486945178740?__cft__[0]=AZX6yq8negEgP-qXbLEJA5hguyZAv_cyD8GZPVlDpbMEJ_VzQ7KHAn0EtVEfwOGOPDtIHwwNHaiZ4evykb3AJ54VG0oDwQAOTBWCWvZKzGfblX8bxBAy0hiD1HkWatD1aIyW3NUtW2vqIiKaF_kfm2Fy&__tn__=%2CO%2CP-R

A mettre en parallèle avec ce lien-ci:

 https://www.facebook.com/laurence.guillon.10/posts/10223614522824867?__cft__[0]=AZUvHkQ3H8e7KbAgCiN5Jkb6EMkaUc9WhhjeLKyAs6XHZltq9xUfP5YTI2pNav00-Rrvz9umDIxoAvPSfsH41erCvfhPrKO_10Z3AYDDl6mJlRH7_l17SjWNiTjT8ziSQEJaiDcyoKnR878xgmBbqYDtB5a54DEbJtKfk129zTLDww&__tn__=%2CO%2CP-R





mercredi 8 septembre 2021

Nil

 


Hier soir tard, j'ai vu arriver Nil, qui vient tenter sa chance ici. Il avait fait un faux départ avant le vrai, pour cause de pass sanitaire, de test, et autres joyeusetés de la maison de fous covidienne. Ce matin, sans grasse matinée, le voilà parti visiter la ville. Gilles me téléphone pour nous demander de venir au plus vite rencontrer Didier, mais je ne savais pas comment contacter le jeune homme. Or il était déjà rentré de son petit tour, mais par discrétion, restait dans son trou, nous avons donc foncé au café.

Nous avons fait connaissance sur place, je vois que Didier est circonspect. Mais j'ai de l'espoir, car Nil me paraît avoir une bonne mentalité, d'aplomb, autonome, dégourdi, simple et pas sot. 

Didier a voulu me faire la bise, puis s'est tout à coup enquis s'il le pouvait: est-ce que j'étais vaccinée?

- Non, et toi tu l'es?

- Bien sûr!

- Alors tu as peur de me contaminer?

- Non, j'ai peur que toi, tu ne me contamines!

- Je ne suis pas malade! 

- Pourquoi tu ne fais pas le vaccin?

- Parce que je suis complotiste.

- Ah ça ne m'étonne pas de toi!"

Il y croit. Il reste contagieux, n'est dispensé d'aucune mesure, du moins en France, s'il y va, parce qu'ici tout le monde s'en fout, mais il y croit. Il a fait le vaccin russe, le Spoutnik V.

Il a tracé de Pereslavl un tableau assez peu engageant, l'hiver; c'est mort, le climat est terrible, marcher devient l'hiver très difficile, à cause du verglas. Nil trouve l'endroit très dépaysant, plus rien à voir avec Toulouse. Quand ma cousine était venue me voir, elle avait trouvé la Russie plus dépaysante que la Thaïlande. Il est sidéré par le mauvais goût chaotique de toutes les maisons plastifiées qui poussent n'importe comment et n'importe où. Et subjugué par le lac, qu'il trouve immense, et les nombreuses églises. Je lui ai montré l'embouchure de la rivière Troubej, l'église des Quarante Martyrs, celles du centre. Je lui ai fait faire la promenade du marécage, derrière chez moi, pour qu'il sût ou aller prendre l'air. Nous avons rencontré une vieille et son troupeau de chèvres, contemplé dans le vent froid et humide l'horizon nordique.  

Pour Nil, la France est quasiment morte. même sa langue est en train de mourir. Arabisée, vulgarisée, mutilée. Il est convaincu, comme moi, que c'est le résultat d'une politique délibérée. Et aussi que l'abominable processus a commencé à la Renaissance. Ce processus, en Russie, a débuté beaucoup plus tard. Il restait superficiel jusqu'à la révolution. Ensuite, il a été imposé avec la brutalité que l'on sait, mais si les cicatrices sont profondes, il reste encore de la vie dans ce grand corps du peuple russe. Je lui ai dit que s'il apprenait le russe assez rapidement, il ne s'ennuierait pas à Pereslavl; et ce d'autant plus qu'il est orthodoxe. Il y a suffisemment sur place de personnalités pittoresques, attachantes et aussi créatives.

Demain, il attaque à quatre heures du matin, serein.