Translate

vendredi 13 février 2026

Timonia

 


Ce matin, je vois un article ignoble où l’on accuse Moscou d’utiliser l’Orthodoxie pour faire la guerre à l’Ukraine. C’est exactement le contraire qui a lieu, et c’est en place depuis bien longtemps, l’autocéphalie bidon bricolée par le patriarche Bartholomée avec la CIA n’ayant servi qu’à déclencher une persécution sans précédent de la véritable Eglise ukrainienne. J’en ai parlé depuis 2018, dans l’indifférence hypocrite de la plupart, et les voilà qui, la bouche en cul de poule, font à présent des considérations sur l’utilisation politique de l’Eglise... Un peu plus tard, je vois encore un général Boum-boum de la secte proclamer que les Russes forcent les gens à aller au front, les attrapent dans la rue, les attachent aux arbres, ce qui est pratiqué en Ukraine depuis des temps, sans que les médias occidentaux aient jamais daigné en parler. En fait, il faut inverser tout ce que ces immondices racontent sur le conflit pour comprendre ce qui se passe. Cela s’appelle remettre les choses à l’endroit. La publication du dossier Epstein fait du bruit, mais pas autant que ne le réclamerait l’ampleur des crimes et des manipulations. Les parasites de la caste se hâtent d’accuser les Russes. On a beau prononcer Epstein « Epstine » pour faire plus russe, un internaute remarque avec justesse que la plupart des gens impliqués ne sont pourtant pas vraiment slaves...J’ai lu un échange de mail entre cet individu et un de ses clients. D’après ce dernier, la petite fille violée qu’il utilise affirme que Jésus se tient à côté d’elle, pendant que tout cela se produit, et qu’il la sauvera. Et l’autre démon lui répond : « Déguise-toi en Jésus, alors... »

Je pense que de telles choses ne pourront pas être pardonnées.

 Je suis allée, comme chaque année, montrer patte blanche au service d’immigration. Maintenant, je m’y sens presque chez moi. La juriste Tatiana qui prépare la visite en rédigeant le formulaire a écouté avec stupeur ce que je lui racontais sur Jacques Baud, enfermé en Belgique sans aucune possibilité de rentrer en Suisse ni d’avoir accès à ses comptes, nourri par les voisins, et cela sans aucun procès. Ou sur Xavier Moreau, moins impacté, parce que résidant en Russie. « Eh bien, m’a-t-elle dit, dans quel monde vivons-nous, vraiment ! »

Aujourd’hui tempête de neige et j’avais promis à Katia d’aller chez elle pour le stage de danse russe « Timonia » qu’elle organisait. Je pouvais donc difficilement me défiler, mais je n’en menais pas large, j’avais peur de me retrouver en rade dans une congère, sur le bord de la route.

Le village et son église me sont apparus au détour de la route, complètement fantasmatiques dans le soir neigeux. C’était assez glissant, et près de chez Katia, j’avais peur de rester enlisée, ce qui a bien failli m’arriver.


 Sa maison me fait penser à celle des trois ours ; elle est juste de la bonne taille, chaleureuse, toute en bois, avec son gros poêle, sur lequel se perche le chat Kossia, ravi de son nouveau logis. Mais j’ai compris que je n’avais pas intérêt à acheter la maison voisine, c’est-à-dire que matériellement si, cela dégagerait la mienne que je pourrais louer cher, mais je suis trop vieille pour affronter les éléments déchaînés, en plus des travaux et du déménagement. Cependant, je serais plus jeune, je le ferais, car il faut fuir les villes et s’assurer une autonomie alimentaire, de nos jours. Avoir des légumes, des poules, et même des chèvres ou des vaches. 

J’ai su que Skountsev et sa famille ne cessaient d’animer des noces et des « master classes », le folklore est à la mode. Et chez Katia, pratiquement toutes ses copines étaient venues apprendre les rudiments de la danse « Timonia » de la région de Koursk, récemment martyrisée par les Ukrotaniens, qui possède une des plus belles traditions du pays. A vrai dire, j’y étais surtout pour soutenir la cause, car je suis un peu vieille pour apprendre à danser, bien qu'une jeune femme m'aie félicité de le faire: "Laurence, vous m'épatez! Vous réalisez le nombre de connections neuronales nouvelles qui s'opèrent chez vous, avec tout ce que vous faites? Vous allez nous faire une centenaire..." 


 



C’était très gai et très joli, et puis il y avait une petite fille attachante, Macha, qui chantait bien et participait si volontiers que j’ai engagé sa mère à la soutenir dans cette voie. Katia avait commandé le dîner chez une amie, Xénia, qui a trouvé cette façon de gagner sa vie et cuisine remarquablement bien. De sorte que nous nous sommes toutes retrouvées à table, et la folkloriste venue enseigner a joué de la balalaïka, tandis que l’assistance chantait des tchastouchki. Au milieu de la fête est arrivée la vieille voisine, « tante Zoïa », qui apporte régulièrement des pirojki à Katia et venait chercher sa petite-fille  Polina. Tante Zoïa est ravie d’avoir une nouvelle voisine qui vit au village à demeure. Il ne manque plus que Fédia, je prie le Ciel pour qu’il revienne.








Photos Anna Panikhina

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire