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jeudi 12 mars 2026

Jaseur boreal


 Une amie m’a envoyé une photo de l’oiseau dont j’ai vu toute une bande l’autre jour. Il s’agit d’un jaseur boreal. On ne voit aucune de ces belles couleurs sur mes photos, à cause du contre-jour et du temps gris. 
Les Suisses m'ont apporté un livre d'Eric Werner, Prendre le maquis avec Ernst Junger, qui est un commentaire du Traité du rebelle d'Ernst Junger, écrit dans les années cinquante, lu par moi dans les années soixante-dix, et qui avait éveillé en moi un profond écho, car je suis à la fois rebelle et traditionnelle, ce qui d'ailleurs n'est pas du tout incompatible. La tradition développe des anticorps à l'idéologie qui, par la pensée systématique où elle enferme les gens qui veulent tout casser, prédispose à l'endoctrinement, à l'esprit de secte. Eric Werner médite sur Ernst Junger dans la perspective de tout ce qui s'est produit depuis, et qui continue à se produire. Pour lui comme pour Ernst Junger, la culture est l'antidote à l'automatisme, raison pour laquelle la culture est déconstruite, défigurée, trahie, moquée, anihilée, calomniée, le premier devoir du totalitarisme est de s'en prendre à elle. Il fait le parallèle avec l'effondrement de la culture antique au début du Moyen Age, vers le V° siècle, sous les coups des invasions barbares, mais je me permettrai de contester un peu ce point de vue. Il est vrai que peu à peu, l'Europe occidentale a perdu l'accès aux livres grecs, car elle pratiquait surtout le latin. Mais d'abord, je ne pense pas que la culture qu'il a en vue touchait la majorité des gens, même dans l'Antiquité, et d'autre part, elle survivait dans les monastères et certains cercles. Et puis surtout, le peuple, y compris les nouveaux barbares, s'il n'avait pas de culture livresque, avait une forte culture orale, poétique et musicale qui remontait à la préhistoire, ainsi que des savoir-faire artisanaux et agricoles, ce n'était pas une page blanche. Alors que de nos jours, les masses déracinées n'ont plus accès à cela, ni à la culture classique, ni à ce substrat extrêmement ancien qui cimentait les individus, assurait une transmission, sublimait les existences les plus humbles, développait les esprits autant que les âmes et constituait partiellement le terreau de la culture classique. Tout le monde n'était pas équipé pour lire Platon, mais tout le monde chantait, dansait, disait des contes, connaissait des épopées et s'exprimait dans une langue riche et savoureuse, tout le monde savait faire quelque chose de beau et d'utile de ses mains. La catastrophe culturelle et spirituelle actuelle est donc pour moi sans équivalent dans l'histoire. 
Sergueï Gortchakov, le fondateur de la fabrique Mir Gousleï, écrit: 

Le chant est une forme très ancienne de psychothérapie.   
Quand résonne la voix, s'éveille la mémoire de l'espèce. 
Nous cherchons l'équilibre, méditons, essayons d'arrêter l'esprit...
Or dans la tradition russe, cette voie vers la paix intérieure existait déjà, dans le chant. 
Autrefois, dans les villages, absolument tout le monde chantait, les vieux, les enfants, les hommes, les femmes. Parce que le chant est l'état naturel du Russe, installé en nous génétiquement, comme le souffle et la parole. Dans le chant traditionnel, il n'y a pas l'évaluation "c'est beau". Il y a juste la vérité. On est réuni avec nous-mêmes, avec notre lignée, avec nos ancêtres, avec la nature.  

Песня — это древнейшая форма психотерапии.
Когда звучит голос, пробуждается память рода.
Мы ищем баланс, медитируем, пытаемся остановить ум…
А в русской традиции этот путь к внутренней тишине уже был — в песне.
Когда человек поёт народную песню, он входит в особое состояние —
в резонанс с телом, дыханием, природой.   
Раньше в деревнях пели абсолютно все- старики, дети, мужчины, женщины. Потому что песня это естественное состояние русского человека,
встроенное в нас генетически, как дыхание и речь. 
В традиционном пении нет оценки — «красиво». Есть только истинность.
Ты соединён с собой, с родом, с предками, с природой. 


J'ai vu avec consternation, sur le site de Boris Karpov, se pratiquer en Russie ce qui me choque tellement en France:

‼️⚡️En Sibérie, on abat le bétail bovin, soi-disant à cause d'une épidémie de pasteurellose. 

Les agriculteurs pensent que l'épidémie a été délibérément provoquée pour détruire toutes les exploitations locales et soumettre la production de viande et de produits laitiers à un monopole unique. Ce qui ressemble beaucoup à la vérité. On traite le bétail bovin, on ne l'abat et ne le brûle pas. 

Dans ma pratique, c'est arrivé quand un agriculteur a refusé de quitter le marché à l'amiable. Finalement, ils sont venus et ont brûlé un grand troupeau d'oies. 

Ivan Alexandrovitch Otrakovski

 @boriskarpovrussie

La différence, c'est que c'est local, au lieu d'être national et même supranational, mais mafieux dans les deux cas et dans les deux cas abject.

Dans les Proverbes, que je lisais avec une certaine distraction, j'ai focalisé sur ce passage: 

Qui reprend le moqueur s'en fait un ennemi, qui censure un méchant s'attire des affronts. Ne reprends pas les méchants, de peur qu'ils ne te haïssent; reprends le sage, et il t'en aimera. Donne au sage l'occasion, il deviendra plus sage; instruis le juste, il augmentera son savoir.

J'ai pensé aux scuds que je lâche parfois, et même trop souvent, sur les fils de commentaires des réseaux sociaux. En effet, cela ne sert qu'à faire jaillir la boue jusqu'au ciel, la plupart du temps. Quand à reprendre et enseigner les sages et les justes, je n'en ai pas la prétention. 

Au petit matin, je sors la chienne, et dans une pénombre bleue et rose, je vois un énorme croissant posé sur le toit du voisin. Dommage que mon opération m'ai rendue myope. La lune est souvent énorme, ici, c'est un autre ciel que chez nous, d'autres nuages, une autre lumière, un peu comme si on changeait de planète. Peut-être parce que nous nous trouvons beaucoup plus au nord. C'est boréal, comme le jaseur, comme les aurores, et comme mon âme, d'après le père Valentin.



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