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samedi 17 juin 2017

Dressage du fauve

La dresseuse de chien est venue, elle s’appelle Olga, très gentille. Elle sait y faire et m’a montré comment repousser Rosie d’un coup de genou quand elle me saute dessus en disant niet, puis khorocho, khorocho quand elle s’exécute, comment l’attraper par la mâchoire de manière à lui coincer les babines sur les dents quand elle mord trop fort, niet, khorocho, khorocho, laisser mordiller en disant « akkouratno » mais niet et une baffe si elle s’obstine à mordre et si elle regimbe, carrément la coller au sol en l’attrapant par le collier. Rembarrer, féliciter gentiment, dressage permanent, car la bête ne comprend que les rapports de domination, ce qui n’était pas le cas de mes intellectuels, Jules et Doggie, dont je comprends tout le caractère exceptionnel. Olga ne trouve pas le cas de Rosie désespéré, elle a pire. C’est un chiot actif, dit-elle, et en plus, un chien de traîneau, un bâtard de laïka. Ce sont, d’après elle, des chiens assez sauvages, pas faciles, très dévoués quand on sait les prendre. Elle sait y faire, mais quand j’ai voulu appliquer ses recettes, j’ai vu que Rosie ne réagissait pas du tout de la même manière, elle était furieuse et regimbait énormément. Enfin, j’ai signé pour dix séances, ça va peut-être s’arranger…
Olga m’a dit qu’il y avait toutes sortes de chiens et qu’on n’avait pas toujours des affinités. Elle en a eu avec qui c’était le grand amour et d’autres avec lesquels c’était plus difficile. Je sens que là, ça va être plus difficile.
Nous avons vu aujourd’hui du soleil entre deux averses diluviennes, et les arcs en ciel sont fréquents parmi les gros nuages spectaculaires, comme dans mon souvenir. J’en ai profité pour passer la débroussailleuse. Je n’ai fait qu’une partie du terrain, et après tout, faut-il vraiment tout ratiboiser ? J’aime bien voir les boutons d’or se mélanger aux longues herbes et aux roseaux. Olga dit qu’il vaut mieux, à cause des tiques. Personne n’a de tiques, dans ma ménagerie…

A l’issue du processus, je me suis souvenue d’un dessin de Franquin où un type n’arrêtait pas de trembloter après avoir fait usage d’un marteau piqueur. Mes bras vibraient et tout m’échappait des mains. J’ai vu des tondeuses mécaniques, comme celle de mon grand-père. Je vais en acheter une pour le devant de la maison, afin de ne pas toujours recourir à l’engin bruyant. Olga se sert d’une faux, et je le voudrais bien, mais elle en a cassé cinq avant de prendre le coup, et je sens qu’à mon âge, je ne le prendrai pas vite…

Les très jolies fleurs de la viorne aubier
ou kalina, la kalina kalinka de la chanson

Blackos en pleine sieste. Je ne sais quelle est l'histoire de ce chat, mais il est parfaitement domestique et se réjouit tous les jours d'avoir un toit, il fait plaisir à voir. 

Je rêve d'iris de cette sorte et aussi d'iris des marais.

jeudi 15 juin 2017

Que du bonheur

Pluie, froidure et grisaille, on se croirait fin octobre. Couchée à minuit, je suis réveillée à quatre heures du matin par le chat Rom qui veut bouffer et ne supporte pas d’attendre et qui n’est surpassé, dans l’emmerdement maximum quotidien causé, que par Rosie, laquelle, au contraire de mes spitz dort très peu, s’ennuie et entreprend de tout démonter et trimballer dans la maison ou de  m’arracher une poignée de cheveux ou une oreille pour me tirer du lit. Après quelques hurlements exaspérés, je récupère mes pantoufles, que je dois poser hors d’atteinte sur le bord de la fenêtre, si je ne veux pas les chercher pieds nus pendant une heure. Rom miaule sans relâche et crache sur tous ceux qui l’approchent, tant il a peur de ne pas avoir toute la bouffe qu’il lui faut, celle qu’il préfère et qui est obligatoirement dans l’écuelle du voisin. La chienne bondit autour de moi, pour la même raison. Je les déteste minutieusement et les traite de tous les noms. La partie civilisée de l’équipe attend gentiment : Chocha, Georgette, Blackos. Je vais verser des croquettes à la chienne, qui se rue sur l’écuelle de telle manière que je ne peux y arriver, je répète en français et en russe, « doucement », et je finis par lui claquer furieusement le museau, ça elle comprend, cinq minutes, pas plus. Après, elle est occupée à manger, je m’occupe des civilisés, qui passent après les sauvages, comme au Goulag, et c’est profondément injuste. Ils ont droit à ma compassion et à mes excuses, pour avoir hébergé les deux emmerdeurs qui nous gâchent la vie à tous.
Après, j’essaie de préparer mon petit déjeuner, après lequel je redeviens normalement un être humain si on me fout la paix quand je le prends. Mais je suis constamment sur le qui-vive. En principe, Rosie a plus ou moins intégré d’aller dans son panier pendant ce moment sacré, mais elle contrevient assez souvent, cherchant à monter sur mon lit ou partant faire Dieu sait quels méfaits dans le reste de la maison.
Ensuite, il me faut déminer le parquet. Je pensais qu’elle commençait à faire ses besoins dehors, mais la pluie me fait réaliser qu’il n’en est rien. Moi qui ai horreur du ménage, je suis sans arrêt le balai et la serpillère à la main. En plus des mines, j’ai la décharge publique dans la maison et autour, car elle me rapporte tout ce qu’elle peut trouver de vieux chiffons, gants de jardinage, ferrailles, ossements, canettes vides qu’elle tire à mon avis chez les voisins et déchiquète dans son antre, c’est-à-dire chez moi.
J’ai aussi les odeurs. Celles des déjections. En plus d’en faire dans la maison, elle ne manque pas d’entrer dans les toilettes des chats pour se parfumer le matin. Moi qui adore les maisons qui sentent bon, lorsqu’enfin elle se calme et se couche à mes pieds, j’ai des relents de merde, de pisse ou de pets, un vrai bonheur.
Comme j’ai pitié de l’animal, et qu’il faut la fatiguer et essayer de créer un lien, je joue avec, à jeter la baballe, ce qui lui plaît c’est de disputer un truc, de le défendre et de l’arracher à l’adversaire, avec un doigt si possible. Une amie russe me conseille de couiner pour montrer que j’ai mal. Ca ne marche pas toujours. Et puis pour la fatiguer, il faudrait jouer la moitié de la journée. A cause de la pluie, elle ne va plus chez les voisins qui d’ailleurs en ont ras le bol.
L’autre distraction est de courser les chats. Rom la hait et il a le coup de patte comme elle a le coup de dent, qui se ressemble ne s’assemble pas forcément. Chocha ne se laisse pas faire non plus. Blackos et Georgette miaulent à fendre l’âme pour m’appeler au secours. Le pire est que cette imbécile aime bien Georgette, mais comme elle manque de lui casser la colonne vertébrale à chaque fois qu’elle veut jouer avec, le sentiment n’est pas vraiment partagé.
Evidemment, si elle sort, avec la pluie, elle revient les pattes dégueulasses et la première chose qu’elle fait est de me sauter dessus, cette horrible manie des chiens cons. Je vois bien, quand elle m’a conduite au bord du meurtre, à la rage hystérique, qu’elle se calme un peu et qu’elle en est même peinée, mais jusqu’à ce stade, j’aurai le cirque complet. Rares sont les moments où je peux la caresser, car aussitôt, elle me mordille, si l’on peut appeler cela mordiller. Pas moyen non plus de partager des moments apaisés, complices, c’est la lutte au couteau, les rapports de force.
Des amies russes à qui je racontais cela étaient hier soir pliées de rire. L’une d’elle, une charmante nouvelle connaissance, m’a dit : «Laurence, tout cela, c’est pour vous habituer à vivre chez nous ! Quand vous serez venue à bout de votre chienne, vous pourrez affronter n’importe quel fonctionnaire et toutes les difficultés de notre existence ! Vous serez aguerrie ! »
J’ai passé une excellente soirée avec ces femmes intelligentes, subtiles, drôles et bonnes, et quand je suis arrivée chez moi, j’ai trouvé le dépotoir municipal, mes coussins fraîchement achetés et âprement défendus tous les jours, jetés à travers la pièce, le sucrier renversé sur la table et vidé de son contenu, un miracle qu’il soit resté entier. Car elle grimpe sur la table sans problèmes, et plus elle grandit, plus il me devient difficile de mettre les choses hors de sa portée.

En fait j’ai compris : c’est ma punition, pour avoir négligé la santé de mon petit chien, qui me manque affreusement, et dont je revois sans arrêt l’infinie tristesse, dans cette cage où il croyait que je l’abandonnais et où il est mort sans moi. C’est ma croix.


mercredi 14 juin 2017

Témoignage sur la manifestation Navalny

J'ai lu et décidé de publier un reportage éloquent sur la manifestation Navalny que j'ai évoquée hier. C'est celui d'un "reconstructeur".Ce sont des gens qui restituent des techniques du moyen âge ou organisent des combats en tenue de preux du moyen âge, et qui avaient une manifestation organisée et prévue depuis longtemps, à l'endroit où ce malfaiteur avait entraîné sa meute d'ados hagards. En dépit des excellentes raisons de mécontentement que peuvent avoir les Russes, dues à l'indignité de leurs fonctionnaires, mais aussi aux manoeuvres occidentales, ce qu'ils ne sont pas toujours capables de voir, il est évident à mes yeux que Navalny est une marionnette orange prête à tout, qui se fout éperdument des gens, et attend au contraire, comme au Maïdan de Kiev, qu'une provocation amène un bon massacre d'innocents sur place ou de petits cons embarqués par lui dans l'aventure. Des petits cons élevés hors sol, comme pas mal de petits cons équivalents des pays occidentaux, de famille souvent aisées, et j'en ai vu passer dans mes classes, gâtés pourris, et hostiles dès leur plus jeune âge à leur propre culture, parce que leurs parents y étaient hostiles. Ce que l'on désigne par le terme "mais-ce-sont-des-enfants", онижедети. Sur les "mais-ce-sont-des-enfants" se lamentent les libéraux. Pas sur les gosses du Donbass déchiquetés par les bombes de ceux qui financent et soutiennent tout ce qui peut nuire à leur pays. Signé Soros et la CIA, comme d'habitude...
J'ai vu un commentaire qui injuriait Poutine et lui prédisait la fin de Khaddafi. J'ai répondu dessous: "Et vous aurez la Libye ou l'Ukraine, le bordel sanglant et l'esclavage". 
Cent ans après la révolution d'octobre, les mêmes forces sont à l'oeuvre pour répéter le même scénario, avec les mêmes imbéciles, pour aboutir cette fois, si Dieu ne fait pas obstacle, à la destruction totale du pays et à sa colonisation définitive. C'est le plan. Pas sûr qu'il aboutisse. S'il aboutit, tout est perdu, et pour l'Europe également, si tant est qu'elle ait encore une chance d'échapper à ce qui lui advient...

La manifestation et la fête. L’avis d’un reconstructeur courtois.

Un reconstructeur, qui fabrique des colliers que portaient hommes et femmes il y a une dizaine de siècles, était venu de Tver diriger in stage sur la Tverskaïa au moment de la fête (de la Russie). Avec les outils indispensables et de bonnes intentions. Voici son récit :
Je veux parler des événements sur la Tverskaïa. Je vais essayer de m’abstraire et de transmettre le plus calmement possible ce qui s’est passé autour de moi et ce que j’ai vu de mes yeux et entendu de mes oreilles. Je me tenais avec mon « atelier de perles » en face du passage Gnezdnikovski, à 3 mètres de la tente des byzantins. Depuis 10 heures du matin, je parlais non stop de l’histoire du verre, des sortes de perles, des variantes de décorations. Je donnais la possibilité de participer à la création des colliers et d’emporter gratuitement le résultat.
Au bout d’un moment, j’ai commencé à remarquer que dans les environs s’accumulait une concentration de jeunes gens (14-18 ans), et après quelques temps, du côté de la place Pouchkine, s’élevèrent des cris, et on commença à scander. Au début, je n’y prêtai pas attention, car je pensais qu’on accueillait et approuvait le « programme de combats », les batailles entre vikings et « roussitchs ». Mais ce n’était pas cela… Il s’avéra que pendant que je me répandais comme un rossignol sur les perles, les partisans de Navalny étaient arrivés sur la Tverskaïa (au lieu de l’avenue Sakharov qui leur avait été attribuée) et y faisaient leur manifestation, en se foutant pas mal du festival qui y avait lieu et des gens qui s’y promenaient. La concentration de la foule alentour ne cessait d’augmenter.  Avec mon four, je me trouvais à l’épicentre de cette manifestation.  Je ne pouvais abandonner mon four.  Avec moi se trouvaient aussi coincées quelques personnes avec des enfants. Alentour se déchaînait la jeunesse…  On me posa quelquefois des questions provocatrices, je voyais clairement le jeu des « entraîneurs ». Dans ce tourbillon, mon « atelier de perles » était un îlot de tranquillité. Il ne me restait plus qu’à continuer le travail. A défaut d’autre chose, cela avait une action apaisante sur les gens qui étaient bloqués avec moi. Au bout de quelques temps, la foule se rua du côté de la Pouchkinskaïa, les OMON se mirent en action. On faillit me renverser avec mon four. En même temps, je hurlais et faisais des signaux aux OMON pour leur montrer qu’il y avait ici un obstacle et des gens. J’ai eu de la chance qu’ils nous aient vus et se soient « coulés » de chaque côté.  A un certain moment, apparut dans la foule un « chemin de traverse», que me montra (merci beaucoup !) une jeune fille, avec trois (me semble-t-il) bonshommes, nous nous sommes emparés de « l’atelier de perles » et l’avons emporté dans le passage, vers la zone technique. Quelqu’un saisit au passage et apporta le reste du matériel.  Grand merci à tous pour votre aide !!!!! Ni mes outils ni moi n’avons souffert.
Dans le passage se tenait déjà une partie des manifestants. On nous hurlait au visage, aux musiciens, aux reconstructeurs et à moi-même, que nous étions des « traîtres », que nous nous occupions de « conneries », alors que nous devrions manifester, que nous étions des vendus et qu’on nous avait mis là pour gêner la manifestation.  A nos protestations que nous aidions les gens à se familiariser avec les métiers artisanaux, l’histoire etc . , nous reçûmes la réponse que « qu’est-ce qu’on, en a à foutre de tout cela ! Il faut manifester et faire la révolution ! » On avait vraiment envie de casser la gueule à tous ces gens, mais on nous criait de ne pas répondre aux provocations, car TOUT était filmé EN PERMANENCE par des dizaines de caméras.
Le résultat est que le programme reprit après deux ou trois heures. Je ne fis plus de perles, car il fallait de nouveau chauffer le four, et il restait peu de temps pour travailler. Dans l’un des camps, on avait emporté et détruit une tente, dans un autre on en avait brisé une. Mais, armés de leurs  boucliers, les reconstructeurs avaient protégé l’endroit de la défaite totale. Je comprends combien il leur était difficile de ne pas prendre aussi leurs lances et leurs haches. Mais on nous aurait alors accusés de tous les péchés mortels… Personnellement, je me fous complètement de Navalny et de ses partisans. Mais POURQUOI DIABLE utiliser une autre manifestation (prévue depuis six mois) pour faire votre pub !!! Pourquoi diable briser et abîmer la propriété des autres, effrayer les gens venus se distraire et regarder ce qui les intéresse ? Et j’ai vraiment pitié des ados de 15 ans qui hurlaient sur commande, les yeux hors de la tête, au sujet des retraites et d’un digne travail (en filmant tout sur des I-phones et tous habillés en vêtements de marque) au lieu, tout simplement, d’aller travailler ! 
 
Oleg le reconstructeur à l'oeuvre, mais pas le jour de l'événement


Après avoir écrit cet article, j'ai vu un autre témoignage sur Facebook, qui complète celui-ci:
 Il s'avère que là où ma femme et moi n'avions pu passer, il se passait ceci. Dois-je en parler ici? Je crois que j'en parlerai quand même. Des gens (puisque la dénomination d'écoliers ne vous plaît pas), qui au début, comptant sur on ne sait quoi hurlaient des injures grossières aux visages des policiers, et même plus que ça, voulaient se foutre du travail d'autres personnes (dans ce cas, des reconstructeurs), de leurs projets, de leurs bien matériels (la fameuse "propriété privée") et, si emphatique que cela puisse résonner, de l'histoire.
Je ne tirerai aucune conclusion sur les dénominations des places, les couvertures et la bonne humeur, pourquoi faire, vous voyez tout vous mêmes.
UPD: la parole aux reconstructeurs:
"Sur le terrain "Ancienne Russie", dans les tentes des reconstructeurs, dormaient des enfants, leurs mères faisaient à côté des démonstrations d'artisanat médiéval. Des centaines de personnes se promenaient autour, échangeaient, se distrayaient... Un flux dense. Voici que fait irruption au milieu une foule avec des slogans, la foule monte sur le toit des petites maisons de la culture de Diakov, la foule piétine le campement, il y a dans les tentes des affaires, de la vaisselle, il y aurait pu y avoir des gens. Rien à foutre.
On a fait monter les petits enfants le long de l'escalier dans la barque historique, pour qu'ils ne soient pas piétinés. Ils se sont infiltrés jusque là. Les reconstructeurs essaient de retenir les clôtures fragiles qui entourent le campement. Mais les autres les piétinent, se ruent en avant. L'important, en effet, c'est la liberté politique. L'avis personnel".
https://www.facebook.com/johnklinok/videos/10213463315605595/?permPage=1


Реконструктор, занимающийся изготовлением бус, которые  носили женщины и мужчины десяток веков назад, приехал с мастер-классом на Тверскую во время праздника. С необходимым оборудованием и добрыми намерениями. Вот его рассказ:

"Я про события на Тверской. Постараюсь абстрагироваться и передать, максимально, спокойно то что происходило вокруг меня и то что я видел и слышал своими глазами и ушами.
Я стоял со своей "бусодельней" напротив М.Гнездниковского переулка, в 3 метрах от шатра византийцев. С 10 утра я нонстопом рассказывал людям о истории стекла, видах бусин, вариантах декора. Я давал возможность им поучаствовать в создании бусин и бесплатно забрать сделанную бусину.
Через какое-то время я начал замечать, что вокруг увеличивается концентрация молодых людей (14-18 лет), ещё через какое-то время в стороне Пушкинской площади начались крики и скандирования. По началу, я не придал этому значения, т.к. думал, что это приветствия и одобрения "боевой программы", сражения между викингами и русичами. Но не тут-то было... Оказалось, что пока я разливался соловьём о бусах, сторонники навального пришли на Тверскую (вместо выделенного им пр-та Сахарова) и учинили тут свой митинг, наплевав на проходящий тут фестиваль и гуляющих людей. Концентрация толпы вокруг всё увеличивалась. Я с горном оказался в эпицентре этого митинга. Бросить свой горн я не мог. Со мной оказались блокированы и несколько человек с детьми. Вокруг бесновалась молодёжь... Несколько раз мне задавали провокационные вопросы, я чётко видел работу "заводил". В этом водовороте моя "бусодельня" была островком спокойствия. Ничего не оставалось, как продолжать работать. По крайней мере, это успокаивающе действовало на людей, блокированных со мной. Через какое-то время, Толпа ломанулась в сторону Пушкинской, начал работать ОМОН. Мне чуть не снесли бусодельню с горяченным горном. Одновременно, держа станок, я орал и сигнализировал ОМОНУ, что здесь препятствие и люди. Мне повезло, что они увидели нас и "обтекли" нас по бокам. На какой-то момент образовалась "прогалина" в толпе на которую мне и указала какая-то девушка (спасибо ей большое!) втроём (кажется) с мужчинами мы ухватили "бусодельню" и оттащили её в переулок к тех.зоне. Кто-то подхватил и принёс другой мой реквизит. Огромное всем спасибо за помощь!!!!!! Ни я, ни моё оборудование не пострадало.
В переулке уже стояла часть митингующих. Мне, музыкантам и реконструкторам орали в лицо, что мы "Предатели", что занимаемся х...нёй, когда нужно митинговать, что мы продажные твари и нас тут поставили, чтобы помешать им митинговать. На возражения, что мы помогаем людям, знакомим их с ремёслами, с историей и т.д. мы получили слова, что "На х.. никому не надо! Надо митинговать и делать революцию!". Очень хотелось разбить лицо этим людям, но нам кричали, чтобы мы не поддавались на провокации, ибо ВСЁ и ПОСТОЯННО снималось на десятки камер.
В результате программа продолжилась через пару часов. Бусоделить я, уже, не стал, ибо нужно было заново растапливать горн, а времени для работы оставалось немного.
В одном из лагерей снесли и переломали шатёр, сломали палатку в другом. Но реконы, вооружившись щитами удержали точки от тотального разгрома. Я понимаю, как трудно было не схватить ещё и копья и топоры. Но тогда бы нас обвинили во всех смертных грехах....
Мне, лично, абсолютно наплевать на навального и его сторонников. Но КАКОГО ЧЁРТА вы используете чужое (согласованное за полгода) мероприятие для самопиара!!! Какого чёрта вы ломаете и портите чужое имущество, пугаете людей, которые пришли отдохнуть и посмотреть интересное? И очень жаль 15-летних подростков, которые выпучив глаза орали по команде о пенсии и достойной работе (снимая всё на айфоны и будучи одетыми в брэндовые шмотки) вместо того, чтобы, попросту, поработать!"

mardi 13 juin 2017

Le dernier bateau

Humeur massacrante, sombre, il fait mauvais, Rosie m’a réveillée à quatre heures du matin, comme tous les êtres à la psychologie sommaire, elle est hyperactive, d’une énergie et d’une santé à toute épreuve. Je suis consternée par ce qui se passe en France, mais très inquiète des menées de Navalny, le Macron russe, et de l’enrôlement dans ses combines des petits ados gâtés moscovites qui « en ont assez de la pauvreté », et rêvent de l’Europe, elle-même au seuil de l’abîme, grâce aux mêmes oligarques et mafieux internationaux qui financent leur idole et ont plongé leur pays dans la merde par deux fois, en 17, en 90 et rêveraient d’achever le travail pour fêter l’anniversaire du viol et de la défiguration acharnée de la sainte Russie. Navalny a le même profil que Macron : un bellâtre qui peut faire illusion sur les insensés, avec une expression fausse et prédatrice de traître de mélodrame, à qui on ne confierait pas son enfant pour aller faire une course, quand on est encore dans son bon sens. Une marionnette prête à tous les coups bas, aux ordres de Soros et de la CIA qui ne s’en cachent même pas. Je regarde ces petits ados tout farauds, qui jouent au cow-boys avec une police bien gentille. Et je regarde le petit Vladik, privé de ses parents au Donbass, et luttant lui-même contre la mort dans un hôpital de Donetsk. Les petits merdeux de Moscou sont du côté de ses bourreaux et ont de grandes chances de subir son sort, si les commanditaires des bataillons punitifs ukrainiens comme de Navalny parviennent à leurs fins. Naturellement, devant le petit Vladik, il y a toujours des imbéciles, en Europe, mais aussi, plus grave, en Russie, pour glapir que c’est la faute aux « troupes russes » fantômes qui soit-disant occupent le Donbass depuis trois ans sans avoir été fichues, contre une armée aussi lamentable que l’armée ukrainienne, d’arriver jusqu’à Kiev pour renverser ce régime de laquais sanglants et d’oligarques rapaces. J’ai même lu l’émoi d’une jeune femme que je connais, libérale, devant ces affreuses brutes de policiers russes qui « tordent les bras » de ces gentils petits ados. Et je propose, ces ados, de les envoyer à Donestk, dans un de ces villages pilonnés par les démocrates, et de leur faire passer leurs vacances scolaires dans une des caves où leurs frères russophones passent leur vie sans eau ni chauffage, ni pouvoir aller normalement à l’école, comme ils ont la chance de le faire.
J’ai peur, Poutine n’étant pas éternel, et la pieuvre s’efforçant de lui faire la peau, que le bordel tant rêvé par les malfaisants qui détruisent l’Europe avec le Moyen Orient, ne finisse par s’installer, porté, comme d’habitude, par cette frange de parasites qu’on appelle l’intelligentsia et qui, sous tous les cieux depuis deux cents ans, méprise et méconnaît son peuple et couche avec ses bourreaux.
Les raisons d’être mécontent en Russie, malheureusement, ne manquent pas, et les Russes, comme tout le monde, ne voient pas plus loin que le bout de leur cour d’immeuble. Pas tous, mais en partie, c’est humain. Les fonctionnaires pourris, les juges iniques, la destruction du patrimoine au nom du profit débridé, sans frein, sans scrupules. La destruction de la culture et des valeurs ancestrales, tournées en dérision, comme chez nous, l’adoption de modèles occidentaux qui ont fait chez nous les preuves de leur nocivité, à croire que certains fonctionnaires prennent leurs ordres à Bruxelles ou Washington, et non au Kremlin. Aussi, c’est malheureux à dire, pour une partie d’entre eux, seul l’écroulement de l’Europe, en marche irrévocable confirmée par la victoire de Macron en France, pourra constituer un désenchantement susceptible de leur ouvrir les yeux. Si Poutine gagne du temps, c’est peut-être aussi là-dessus qu’il compte. Car bien entendu, nous savons, nous, quand nous ne sommes pas hypnotisés par notre téléviseur ou nos journaux, que le paradis des petites culottes en dentelles en a pris un bon coup dans l’aile, que la pauvreté, la précarité, la corruption vont croissant, et les libertés civiques en diminuant, qu’actuellement, nous en avons moins que les Russes, que notre presse est beaucoup plus unanimement aux ordres, et que nous n’avons plus de gouvernement national, mais une équipe de compradores qui font ce que les banquiers et la CIA leur disent.
Si la Russie ne tient pas, alors ce sera l’épouvante générale, et je pourrai passer à l'ultime partie de mon programme : mourir avec le dernier carré des orthodoxes, le dernier petit troupeau de la sainte Russie en attente du Christ, il n’y aura plus rien d’autre à faire. Ce que je sais à présent, c’est que si je suis venue ici, ce n’est pas parce que j’y aurais la vie plus facile et plus sûre, ce n’est même pas tellement pour le confort psychologique de voir grenouiller un peu moins de singes hurleurs dans les médias et les cercles intellectuels distingués, j’y suis venue parce que c’est mon dernier embarcadère, et que j’y ai été convoquée il y a très longtemps par le tsar Ivan et son favori Fédia, par le métropolite Philippe et le bienheureux petit tsar Féodor, sur lesquels j’ai commencé à écrire à l’âge de seize ans et qui attendront avec moi l’arche des derniers temps. Leur présence silencieuse et invisible est de plus en plus, pour les yeux de mon cœur, une certitude.

 Le ciel du nord plein de nuages
Bouge sans cesse en murmurant
Sur les toits gris près du rivage
Et ses roseaux déambulants

Les vagues calmes de la terre
A l’infini vont s’étalant
Drapant les lacs et les rivières
Dans leurs plis verts et chatoyants

C’est là que j’ai cru fuir la guerre
Que font à mon âme en pleurant
Les beaux souvenirs de naguère
Tristes enfants vagabondants

J’ai rejoint mon embarcadère
Et sur le quai je vais guettant
Sur l’étendue des eaux amères
Le grand vaisseau des derniers temps.




lundi 12 juin 2017

Echanges de vues politiques

Discussion avec les voisins d'en face, les deux petits vieux. Ils m'ont parlé de la manif Navalny après le compte-rendu d'Echo Moskvy. Je leur ai dit qu'Echo Moskvy était de la merde.
Rosie fait le tour des voisins et ceux-ci me demandent quand je vais la mettre à la chaîne, ce que je n'ai pas l'intention de faire, mais quelle catastrophe sur pattes... Elle se jette sur tout le monde, renverse les enfants, mordille ou griffe trop fort. Il y a des chiens et même surtout des chiennes qui savent jouer doucement, et celle-là, c'est une brute excitée. Si elle ne se calme pas, elle va m'obliger à refaire ma clôture de A à Z plus tôt que prévu.
Les gens sont persuadés que si un chien n'est pas à la chaîne, il ne garde pas la maison, il devient trop gentil et sociable. S'il devient fou au bout de sa chaîne, alors là, c'est bien, sauf que le malfaiteur peut se débrouiller pour l'éviter, puisqu'il est enchaîné, et il est facile à empoisonner...
Je suis allée ensuite rejoindre Dounia, la fille du père Valéri, et Yana, au monastère saint Nicolas. L'église aux coupoles dorées est neuve, un mécène l'a financée. De près, on voit des détails dorés superflus. A l'intérieur, devant l'icône de saint Luc de Crimée, ses lunettes et son stéthoscope. Saint Luc, l’évêque chirurgien, prix Staline de chirurgie, a séjourné et travaillé à Pereslavl Zalesski. Il y a aussi la châsse de saint Corneille de Pereslavl, celui de la source, et celle de saint Simon de Smolensk.
La cour est pleine de lilas odorants. Le monastère semble opulent, par rapport à saint Théodore. L'higoumène est paraît-il une artiste.
Je raconte à Yana ce qui se passe en France. Elle me répond que je lui décris exactement ce qu'elle et son mari observent chez eux, la destruction du patrimoine, de l'éducation, le mépris de la culture indigène, l'importation forcée d'étrangers musulmans, De tout cela, ils rendent le gouvernement responsable. Le malheur, c'est que chez les fonctionnaires, et dans les médias, on trouve à l'oeuvre les mêmes pourris que chez nous, et ils servent les mêmes commanditaires. Ils dirigent la rancœur provoquée par leurs agissements sur leurs adversaires politiques. Je suis persuadée que Poutine et son équipe proche font à peu près ce qu'ils peuvent, mais qu'ils sont loin de tout pouvoir, et que la gangrène des années Elstine, et même de l’appareil soviétique antérieur sous forme mutante, continue à nuire. Cela dit, Yana a tort, son pays n'en est pas au point où nous en sommes. Il est plus pauvre par bien des aspects, mais il ne me semble pas aussi profondément malade, aussi menacé de disparition prochaine. Elle était sidérée d'apprendre par exemple que l'éducation sexuelle commencerait dès la maternelle,.. Elle avait lu Houellebecq. "Eh bien voyez, lui ai-je dit, nous y sommes!"
Je pense que si des Russes traduisaient des infos françaises, comme certains d'entre nous traduisent parfois des articles russes, cela donnerait à davantage de gens une vue d'ensemble. Car ils ne faut pas compter sur la presse pour le faire à notre place: elle est pourrie de fond en comble...
Curieusement, aujourd'hui, les moustiques m'ont laissée me reposer dans mon hamac. Les moustiques, ça va ça vient... Mais c'est vrai qu'ainsi que Dounia l'a remarqué, ils ne sont pas très virulents, l'irritation passe vite.
Le jardin du monastère saint Nicolas


La cour

Le monastère saint Nicolas

Une montgolfière se mire dans la rivière Troubej. Elle fait un bruit étrange,
comme le souffle profond et intermittent d'un cachalot.


La rivière Troubej


dimanche 11 juin 2017

Le néo "palais du XVII° siècle"

Je ne suis pas allée au monastère, parce que j’attendais le bricolo Oleg et une livraison de planches. Le bricolo n’est pas venu, les planches ont été livrées l’après-midi, je ne peux toujours pas tondre le territoire, car j’attends Oleg pour me montrer comment faire démarrer l’engin.
Il fait beau, mais pas moyen de rester dans mon hamac à cause des moustiques.
Chez le marchand de fruits et légumes, il y avait du romarin et du thym frais, j’ai revu la garrigue, du côté de Saint Pons ou de Solan, quand je m’y promenais avec mon petit Doggie, et j’ai failli fondre en larmes dans le magasin.
Rosie s’assagit un peu, elle est parfois drôle et touchante, mais n’a pas la finesse de mes petits spitz.
Je suis allée à l’inauguration du club culturel, au café français. J’avais peur que ma vielle me  trahît, le matin même, alors que je pensais presque me faire porter pâle, elle sonnait normalement, mais en mode mineur, impossible de passer en mode majeur. Les gosses étaient mignons, certains très intéressés, leurs parents aussi. En revanche pas d’adultes, mais Macha avait annoncé : « aquarelle française musicale ». Je ne sais pas moi-même ce qu’elle entend par là. Je m’occuperai donc seulement d’un atelier d’enfants, cela me suffit, c’est presque du bénévolat.
Gilles, le patron du café, était entouré d’amis français, avec de vraies têtes de Français, très gentils, portés sur la bonne bouffe. J’en retirais une étrange impression. Une sorte de télescopage spatio-temporel…
J’ai rencontré sur place la propriétaire du palais du XVI° siècle construit dans le centre et qui faisait mon admiration. Enfin une construction de style russe, de style vraiment russe, qui ne viole pas le paysage autour. Malheureusement, il est entouré de constructions moches qui n'ont tenu aucun compte de son voisinage. On m’a précisé qu’il était plutôt de style XVII° que de style XVI°, soit. Il comporte un musée d’art populaire, "le cheval avec un manteau", ce que ces gens ont collecté par les villages du nord, assorti d’explications. L’intérieur du palais ressemble à une maison contemporaine ordinaire.

On m’a dit qu’à la veille de la révolution, les vêtements des gens du peuple étaient exactement ceux que tout le monde portait au moyen âge, mais c’est en partie vrai aussi en France. En revanche, il y a tout un univers païen cosmique contenu dans les décorations aussi bien des tissus que des objets ou des murs. Tout un répertoire de symboles. Et les gens ont été majoritairement coupés de toute cette richesse en l’espace de quelques décennies. Privés de poésie, de beauté, de chants et de danses, de transfiguration, de dignité. Elevés pour servir dans des métiers qui n’ont pour la plupart d’entre eux aucun sens, instruits pour lire le journal où on leur rince la cervelle. Avec pour horizon culturel le musée et la salle de concert, cette momification distinguée des forces vives opérée par des profs et des intellectuels de broussailles. On s’étonne ensuite que notre QI baisse… Je suis persuadée que n'importe quel paysan du fin fond aussi bien de la Bretagne que du Kamtchatka était plus intelligent, plus développé, avait une personnalité plus riche et plus créative, plus originale que le citadin d'aujourd'hui, jusques et y compris les représentants de l'intelligentsia péroreuse et glapissante, qu'elle soit russe ou française.

Le club

le club

La cour du petit "palais"


gros nuage russe vu de mon hamac

Georgette méditant de me rejoindre pour la sieste

vendredi 9 juin 2017

Art contemporain


Expédition à Iaroslavl avec Liéna, qui remplaçait Ilya, pour les certificats médicaux nécessaires à l'obtention d'un permis de séjour temporaire. Nous avons mis des heures à trouver le dispensaire où faire la prise de sang destinée à garantir l'absence de SIDA, et le machin est ouvert jusqu'à 12 heures en semaine, 11 heures le vendredi, c'est-à-dire 10 heures sur l'affiche de la porte, donc trop tard. Or ceci est la première étape, et pas moyen de passer aux autres certificats sans avoir obtenu le premier, c'est comme ça.
Comme Liéna était accompagnée de son fils Génia, qui a d'ailleurs été très sage, nous sommes allées au Destki Mir pour lui acheter des petites voitures, et manger dans un café des trucs qui font grossir. Il y avait là une église du XVII° siècle ravissante, écrabouillée par le voisinage du centre commercial. Elle était sobre, et je l'aurais crue plus ancienne. Pas de traces d'influence baroque occidentale dégoulinante.
Après cela, nous avons vu une exposition dans une jolie maison du début du XX° siècle, c'est le musée d'art contemporain de la ville. J'ai demandé et oublié le nom de l'artiste, il est connu, mais je l'ai oublié. C'est un type de la génération d'après guerre, comme moi, élevé en URSS. Il a du talent, ce qu'il fait est puissant, rien à dire, mais je suis hérmétique à son inspiration. Le jeune homme qui me faisait visiter m'expliquait toutes ses intentions et ses symboles, mais justement, c'était cela qui m'emmerdait, trop d'intentions. J'aime l'art qui n'a pas d'intentions et laisse arriver par là le plus intéressant, c'est-à-dire le non intentionnel, l'irrationnel, le sacré.
Toutes ses femmes sont des amazones, des guerrières, la femme russe qui assume tout, qui soutient tout le pays, et j'en ai ras le bol des guerrières, j'aimerais voir plus de guerriers.
Evidemment, c'est aussi un néopaïen, et si je suis assez proche du paganisme, je trouve la démarche du néopaganisme artificielle, j'inclus très bien mon paganisme dans le christianisme, comme le christianisme l'a fait d'ailleurs dans son ensemble, comme mon enfance dans l'âge adulte, et le néopaganisme antichristique de ce produit du soviétisme me casse les pieds.
Enfin, clou de l'exposition, une sculpture représentant un poivrot, sa mégère qui fume, leur dégénéré de fils qui attend de leur ressembler. Les parents ont des jambes déformées, le gosse a carrément des pieds de chèvre, et il y a un pneu qui symbolise le cercle vicieux de la famille russe destinée à reproduire indéfiniment son vice intrinsèque. Très bien sculpté, mais ras le bol.
Le petit jeune homme était sympathique et touchant, il adore la France, les Français, comme d'habitude, et je me suis fait encore un copain, bien qu'Edouard et moi ayons de plus grandes affinités par Ivan le Redoutable interposé.
A mon retour, je me suis rendu compte que mon imprimante déconnait complètement et que je n'arriverais pas à sortir le matériel dont j'avais besoin pour mes séances de demain, le français créatif! La vielle est inaccordable, l'imprimante inflexible et tout à coup je me dis que tant d'obstacles ne peuvent signifier qu'une chose: не судьба. Ce n'est pas mon destin. Je sens derrière moi la présence narquoise (bien qu'attendrie tout de même) du tsar Ivan et de son favori Fédia: "tu ne croyais tout de même pas que nous allions te laisser te livrer à des billevesées, alors que nous attendions depuis trente ans que tu reviennes t'occuper de nous?"
Ces deux emmerdeurs me fichent tout en l'air. Ce n'est pas nouveau. Mais je les aime...


L'amazone russe coupe des choux, parce que les choux,
c'est le blé, c'est-à-dire le fric

la famille russe et son cercle vicieux


eux!!!
Ps: l'artiste, c'est Alexandre Roukavichnikov