J’ai logé le couple vedette du groupe de rock "décadent" au sens de la Sécession de Vienne ou du Siecle d’argent russe Obermaneken, Olga et Andjze. Ils mettent a leur sauce des chansons de Vertinski. Ils ont aussi leur propre répertoire. Je ne sais pas si on peut vraiment appeler cela du rock d’ailleurs. Quelque chose entre le rock, le jazz et un soupcon de musique balkanique. Andjze a déclaré qu’ils etaient "les spores d’un futur Siecle d’argent".
Olga se revendique aussi gothique, Edgar Poe et tout ça. Elle était moulée dans un fourreau étonnant par sa matière. Il me semblait tapissé de miroirs qui envoyaient des feux verts et mauves, mais c’etaient de minuscules sequins tissés tres serré. Ces reflets. m’ont fascinée tout au long du concert. Andzje a expliqué que c'était une peau de sirène du lac Plechtcheievo.
Je suis ensuite partie pour Moscou avec un reservoir plein. J’ai constaté en chemin que la situation dans les pompes à essence tendait a se normaliser. En arrivant a Moscou, impossible de trouver une place parce que "Serguei Bordurovitch", ainsi surnommé par les Moscovites en raison de sa passion pour les bordures en ciment, refaisait celles du quartier. J’ai reussi par miracle a garer dans la cour de l’eglise, elle-meme bondée, grace a une amie qui m’a permis de me glisser a sa place.
Le pere Valentin, à qui je confessais mon état d’angoisse latente et d’indignation ulcerée qui me conduit à maudire certains personnages me répond avec un sourire entendu: " Vous etes loin d’etre la seule dans ce cas..."
Ma tante Mano lis et relis mon Album de famille, et je suis bien heureuse qu'il soit entre ses mains. Bien qu'à vrai dire, je commence à penser que j'aurais dû attendre, approfondir, des éléments me reviennent encore que j'aurais pu faire figurer dans le texte. Mais j'avais tellement peur que quelque chose vint m'empêcher de le publier, que les communications fussent coupées entre nos deux pays. Maintenant, quoiqu'il arrive, ma famille en a la disposition. Mano découvre qu'en certaines occasions, nous avons eu des réactions comparables ou bien qu'avec maman, j'avais des relations plus amicales que filiales, des relations d'égalité: "Peut-être parce que tu avais perdu ton père?" Oui, sans doute, dans une certaine mesure, parce qu'avant son remariage, nous étions seules toutes les deux, et puis elle me parlait beaucoup, me responsabilisait, et j'étais moi-même par certains côtés peut-être plus mûre que les enfants de mon âge. Nous avions une espèce de complicité". Ma soeur m'a confié n'avoir pas vu jusqu'alors à quel point nous étions liées. J'ai parfois l'impression d'avoir sauvé une petite partie de la France disparue, et cela au moment où ce qu'il en reste brûle de tous les côtés, de trop de côtés pour ne pas se poser de questions et je m'en pose depuis longtemps. On dirait que nous sommes passés, au cours de ma vie, de " la Mer qu'on voit danser le long des golfes clairs" à la course à l'abîme d'Hector Berlioz. On dirait qu'on a mis un contrat sur la France, comme on en a certainement mis un sur la Grèce, comme on a essayé et essaye encore de détruire la Russie, et quand je dis la Russie, je parle des trois Russie. Tous les amis que le père Valentin a en Grèce ne doutent pas une minute que les incendies qui ont ravagé leur pays n’aient eté délibérement provoqués.
J'ai lu ce matin cette publication:
La montagne qui m’a vu grandir et que chaque jour je regardais changer au gré des saisons est en train de brûler. Cette montagne adorée, que j’ai tant et tant photographiée, se consume de part en part.
Depuis la cité toulousaine je vois défiler sur les réseaux et dans la presse des images de fumée et de flammes, des images du carnage…
Les larmes, la rage, la tristesse, la colère… tous ces sentiments me traversent et se mêlent. « Qui aurait pu prédire ? » disent-ils. « Il fait chaud, c’est normal c’est l’été » entend-on !
Mais en réalité, nous savions, ils savaient, ils savent et non c’est n’est pas normal et ce sera surement l’été le plus frais du reste de notre vie.
Mais en réalité, ils ont préféré le profit, l’argent, le capital et leurs intérêts financiers à nos vies.
Ce n’est pas seulement notre montagne qui brûle, c’est le vivant qu’on assassine sur l’autel des milliardaires et de leurs sbires. On se félicite qu’aucun dégât matériel ne soit à déplorer mais la blessure immense que laissera le feu après qu’on l’ait éteint, car bien sûr on finira par l’éteindre, ne se refermera jamais tout à fait. Il y aura les dommages sur la faune, la flore, les écosystèmes. Il y aura cette biodiversité calcinée qui petit à petit essaiera de se frayer un chemin et que la prochaine canicule étouffera dans l’œuf…
Ce soir, je me rappelle, quand j’étais petite, de ce vieux bonhomme qui disait à ma mère avec son accent du Diois que « tous ces spouniks qui tornent et tornent là haut » finiraient pas tout dérégler. L’histoire, quant à elle, se rappellera de ceux qui nous gouvernent et qui n’ont,non seulement rien fait, mais qui ont surtout empêché de refermer la porte des enfers au bénéfice des puissants.
Ce soir, je pense à mes enfants, aux enfants… je pense à ces degrés de réchauffement qu’on nous égraine depuis si longtemps et qui ont paru tellement dérisoire à beaucoup et je me dis que le climatoscepticisme est vraiment la gangrène de ce monde.
La folie du capitalisme nous mène au chaos, nous devons nous réveiller, nous regrouper, nous épauler et détruire un système mortifère qui ravage notre planète et sacrifie les plus faibles.
La tempête climatique est devant nos portes et le bruit sombre du fascisme résonne déjà si près. Réveillons nous, indignons-nous, révoltons nous et renversons ce vieux monde.
L’avenir sera écologique, féministe et métissé !
C'est le genre de texte qui me laisse peu d'espoir quant aux réactions adéquates à la situation de la population française, du moins d'une trop grande partie de celle-ci. J'en partage évidemment le constat de départ, avec les sentiments bien naturels qui l'accompagnent. Mais cette personne reste hypnotisée sur des partis pris idéologiques qui la font passer à côté des causes du désastre. Le réchauffement climatique en fait bien entendu partie. C'est un de ces trucs qu'on agite pour affoler les gens, leur faire accepter n'importe quelle brimade, tandis que parallèlement, on continue à assassiner la vie, que ces gens-là détestent viscéralement. Le vieux paysan avait sans doute raison à propos des spoutniks et de la bombe atomique: certes, d'une façon que nous ne prévoyions peut-être pas. cela contribue à nous créer un enfer en donnant tous les pouvoirs à ceux qui lui appartiennent et qui le servent. Et en effet, le capitalisme a aussi largement contribué à l'installation de ce monde horrible, encore que le communisme, sur le plan de la pollution, n'ait souvent pas fait mieux, sur celui des droits de la population non plus, d'ailleurs. Je suis persuadée que ce capitalisme mafieux qui ravage tout, n'arrange pas non plus le climat, mais tandis qu'il nous vend les éoliennes et les hectares de forêts vitrifiés par les fermes solaires, que fait-il, et que font les gens comme l'auteur de cette publication, entièrement focalisés sur le nucléaire et la pollution des voitures? Qu'est-ce qui ravage vraiment la vie? Pourquoi en sommes-nous là? La "tempête climatique", écrit-elle, "le bruit sombre du fascisme". Le voit-elle vraiment où il est, le fascisme? C'est quoi le fascisme, sinon un des épiphénomènes d'un seul totalitarisme qui déplace ses centres vitaux, change de masque et de drapeau quand ça l'arrange, justifie aujourd'hui ce qu'il condamnait hier et condamne ce qu'il exaltait? Je crains que son dernier avatar ne soit bien plus épouvantable que ses manifestations du XX° siècle, eux-même issus du XVIII°. Car nous assistons à une criminalisation totale, monstrueuse de ses représentants et de ses idéologues. Au lieu de se pencher sur ce fait, la personne que je cite nous assène en conclusion; "L'avenir sera écologique, féministe et métissé!" Le slogan même de ces criminels qui ont pris le pouvoir et font très probablement brûler ses montagnes, ou les laissent brûler délibérément, comme ils laissent assassiner les jeunes gens et violer les petites filles, comme ils sacrifient les Ukrainiens et les remplacent déjà par une émigration exotique. Moi, j'aime la nature, la vie, elles sont l'une et l'autre sacrées à mes yeux, mais jamais je ne profèrerais quelque chose d'aussi pathétique, et d'aussi stupide, que ce "l'avenir sera écologique, féministe et métissé!" Et c'est pourquoi, la plupart du temps, en France, je restais muette devant tant d'aveuglement et de confusion... En fait, j'appellerais l'état d'esprit du Français qui croit penser et que l'on a formaté à mort, le syndrome d'Orgon, et c'est valable pour l'écologie, le covid, l'Ukraine, je suis Charlie, le féminisme et toutes les calembredaines, toutes les pancartes, les étiquettes, les calomnies et les chiffons rouges ou arc-en-ciel dont on amuse l'imbécile béat depuis des décennies. Orgon est si entiché de son gourou Tartuffe que rien ne peut lui ouvrir les yeux. Son entourage a beau lui prodiguer discours de bon sens et preuves évidentes, il ne veut rien savoir, il préfère la construction mentale qu'il a opérée autour de ce triste personnage à sa propre famille, jusqu'au moment où il perd tout, ses biens, sa maison et sa liberté.
En complément de ce texte et de l'extrait d'Ernst Junger, je transmets aussi cette citation de Bernanos, que j'ai vue passer il n'y a pas longtemps, et dont je me souvenais très bien, car j'ai lu à dix-huit ans et relu par la suite "la France contre les robots" et ses écrits religieux ou polémiques:
“...Ceux qui m’ont déjà fait l’honneur de me lire savent que je n’ai pas l’habitude de désigner sous le nom d’imbéciles les ignorants ou les simples. Bien au contraire.

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