Translate

lundi 14 février 2022

soupière bretonne

 


Nous avons eu le mois de janvier au mois de décembre, le mois de février au mois de janvier, et on dirait que nous sommes partis pour mars en février. Et ce serait très bien, si je savais qu'en mars, nous aurons avril, mais je crains un retour de bâton! Je fais beaucoup de considérations météorologiques, mais cela joue un tel rôle dans notre vie!

Me voici de nouveau dans les mondanités, avant-hier, je suis allée au vernissage de l'artiste peintre Ioulia qui avait séjourné chez moi et dessine les maisons traditionnelles de Pereslavl en voie de disparition. C'était dans une galerie qui expose aussi des objets artisanaux et des antiquités. Tout à coup, je vois une soupière qui m'avait l'air complètement bretonne et me rappelait le bol à oreilles avec mon nom dessus dans lequel je buvais dans ma petite enfance, chez mes grands-parents. Renseignement pris, elle l'était. 

Un écran diffusait des vues anciennes de Pereslavl, avant même les destructions soviétiques. C'était si incroyablement joli, d'innombrables coupoles, de belles maisons de bois, des prairies, et tout semblait en bon état et non en perpétuel chantier.

En sortant, j'ai vu un coucher de soleil fantastique, un ciel incandescent, par dessus la neige devenue si vite sale, et une maison jaune. La fulgurance brève d'une énorme braise. 

Hier soir, c'était l'épisode 2 de mon interminable jubilé, la fête pour ceux que je connais ici. Nous n'étions au départ pas très nombreux, mais Génia le balalaiker est arrivé avec sa petite amie, sa mère, ses soeurs et Katia et nous avons tous chanté. J'ai eu mon trou de mémoire, mais j'avais prévenu tout le monde. A part le trou, j'ai aussi fait des erreurs que je ne fais jamais dans le texte des chansons... Mais bon, cela aurait pu être pire. Et la soirée a été très chaleureuse, avec des perspectives pour l'utilisation culturelle du local de Gilles. Il y avait ma voisine Ania et son fils Aliocha qui est en train de devenir beau. Il y avait aussi Jan, le réparateur de lives anciens, sa femme Olga et leur fils Daniil. J'ai appris qu'il y avait un autre Hollandais dans le pays et que celui-ci avait une ferme, avec des vaches hollandaises et d'excellents produits laitiers. Une bonne compagnie. J'apprécie la chance que nous avons de pouvoir nous réunir, comme des gens normaux dans une période normale, sans irruption de robocops, comme en France. 

Maintenant, il me reste à préparer l'épisode 3 et final à Moscou, c'est une autre paire de manches. Il y aura beaucoup plus de monde, et il me faut aller m'en occuper là bas. Je crois que ce sera la dernière fois. Cela commence à être au dessus de mes forces et de mes moyens. L'année prochaine, je ferai quelque chose ici, viendra qui voudra ou pourra.

Je dois aussi aller au service d'immigration montrer patte blanche, et c'est pour moi une vraie corvée. La corvée annuelle.




4 commentaires:

  1. Le "perpétuel chantier" c'est une de leurs obsessions, Laurence ; et ils l'imposent partout, comme pour nous déséquilibrer intérieurement et nous dégoûter de notre "environnement". C'est arrivé ici aussi même dans mon bled andalou. Paris, Monaco, Washington sont des sanies.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cela fait longtemps que c'est comme cela en Russie, mais je pense que le libéralisme actuel est en droite ligne du bolchevisme tendance troskiste. Déja, dans les années 90 ici, j'avais l'intuition que je voyais le laboratoire de ce qui nous attendait. Les retraités à la rue, les salaires non payés, l'industrie sabotée ou vendue aux étrangers. Il y a eu en Russie un certain redressement, mais il concerne surtout les grandes villes, et ne ralentit pas la destruction du patrimoine, bien au contraire.

      Supprimer
  2. On vous cite ici (entre autres), Laurence : https://reseauinternational.net/laurence-guillon-et-le-gouvernement-le-plus-vache-de-la-terre/

    RépondreSupprimer