Nini s’anime un peu, surtout en promenade. Ce n'est pas le chien le plus intelligent que j'ai vu de ma vie, elle me rappelle un peu Rantanplan dans Lucky Luke. Mais elle est très contente, et me regarde comme la source de tous les bienfaits qu'il ne faut pas lâcher une minute, de sorte qu'elle me suit comme mon ombre.
Génia, l’organisateur des concerts du café, a fait une annonce pour le petit concert de Noël que je vais y donner, en faisant allusion à mon engouement pour Ivan le Terrible, et à mes romans, et aussitôt, dans les commentaires, est tombée bien odorante une merde lâchée par la fille qui ne me pardonne pas d’avoir « diffamé » les Basmanov dans mon roman et m'avait organisé un tribunal populaire à la bibliothèque locale.
Ce matin, à l’aube, je suis allée à la liturgie de Noël à l’église du Signe, invitée par Katia, qui y chante, j’y suis allée aussi la veille, pour les vêpres. J’aime beaucoup les icônes, surtout celle du saint tsar Nicolas II, qui est vraiment magnifique, et l’ambiance de cette église contemporaine, mais de style plutôt médiéval, et elle était très bien décorée par la femme du prêtre. De ravissants sapins, et sur l’iconostase, une guirlande de toutes petites ampoules serrées, comme des perles ou des fruits de lumière, un simple toit de branches pour l’icône de la Nativité, et une très jolie petite crèche à l’occidentale, avec des santons, mais au lieu de papier rocher, des rameaux de thuyas. Les gens m’ont accueillie à bras ouverts : « Oh ! vous êtes revenue ! Vous allez venir chez nous, maintenant ?" me dit une vieille en me prenant par la main. Olga Viktorovna, que j’avais vue cet été, me demande si je la reconnais, et m'invite chez elle pour chanter. Puis je rencontre Tatiana, la femme du cosaque Dmitri, et elle se réjouit de même. Je m’enquiers : « Comment va votre mari ?
- Toujours sourd d’une
oreille, et son bras droit ne marche pas... »
Mais dans les circonstances, c’est
un moindre mal, il est vivant, pas trop lourdement handicapé, et il est revenu
chez lui...
Même le recteur, le père Serge, me regarde
avec émotion en me tendant la croix. C’est un dilemme pour moi, car j’aime
aussi la cathédrale, et puis il y a le père Jean qui m’attend toujours plus ou
moins à Glebovskoié...
Baignée par toute cette
sympathie, je contemple les petites lumières dans la pénombre dorée, je me
laisse bercer par les chants et les prières, le temps passe tout seul, et dans
la joie. Après l’office, nous avons tous pris le thé ensemble dans le
réfectoire de la paroisse.
Je devais aller à Serguiev
Possad, fêter Noël avec Aurélie et Hélène, la fille de la matouchka
Alexandra, mais à cause du chasse-neige qui avait créé une congère devant mon
portail, j’ai embugné ma voiture pour la troisième fois depuis qu’on me l’a
fait n’importe comment il y a huit ans. Et le matin, il y avait tempête de
neige. De sorte que j’ai fêté Noël avec Tania et Olga, qui sont devenues très
copines, sur la base d’origines cosaques communes, bien que Tania soit née dans
l’émigration.
Gilles m’a proposé de me payer en partie mon travail en me donnant six mois de consommations gratuites au
café !
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| la cathédrale... |


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Quelle belle illustration de la cathédrale....
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