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samedi 12 juillet 2025

Retour au front

 7, 8 et 9 juillet 2025


Complètement épuisée et vaseuse, je n'ai pas trouvé le courage d'aller à l'église, le dimanche matin. Katia, Fiodor et Elena, si. Le prêtre a pris une photo de Katia et de Fédia avec un journal orthodoxe où, en l'honneur des saints Piotr et Févronia, symboles de l'amour conjugal, s'affichait en première page une famille idéale. Le prêtre a donné un chapelet à Katia: "Prie pour lui". Katia a finement observé que la couverture du journal était un signe, et qu'il ne restait plus qu'à organiser la cérémonie.

Avant le retour au front, Fédia m'écoute chanter un vers spirituel accompagné sur les gousli. Il n'avait jamais entendu cet instrument traditionnel, ni la chanson, et il en est très ému. Je trace sur lui un signe de croix. 

Nous l'avons ramené à un poste de contrôle, au milieu de la steppe, sous un soleil ardent. Le chauffeur Génia était en retard, car sa camionnette l'avait lâché. "Revenez-nous vite! nous dit-il.

- Nous reviendrons avec de l'aide!

- Revenez, avec ou sans aide, pour lui, pour nous!"

L'aide humanitaire est le meilleur moyen qu'a trouvé Katia de revoir son fiancé et d'adoucir sa vie. Elle est extrêmement nécessaire et très bien venue. Nous avons pris congé, bouleversées de voir Fédia et son camarade repartir en enfer.

Tout au long de ce voyage qui m'a, comme prévu, tellement surmenée, j'ai ressenti une véritable paix intérieure, en dépit de l'angoisse de tomber malade dans une région en guerre où j'étais de passage. La certitude d'avoir fait ce que je devais, et d'avoir trouvé en cela une direction pour la suite des événements. Au plus près des nôtres, et au plus loin de toute la sombre pantomime des monstres qui ont tramé tout cela. En chemin, je disais au père Nikita que j'avais bien du mal à pardonner aux fourbes sanglants responsables de ce malheur: "Ils n'ont plus grand chose d'humain, m'a-t-il répondu. Il faut comprendre que pour ces gens, nous sommes des inutiles et des gêneurs. Ils se figurent que tout leur appartient. Nous respirons leur air, buvons leur eau, occupons leurs terres, dépensons leurs ressources. Il leur faut donc nous éliminer, car ils sont la caste supérieure, et nous des sous-hommes."

Ce tableau correspond bien au personnel politique de toute l'UE, qui ne s'en cache même plus. Je suis donc confirmée dans tout ce que je pensais au sujet de cette affaire, et calmement certaine d'avoir choisi le bon camp. 

Nous avons envoyé une petite vidéo à Serioja le balalaiker, qui nous a répondu: "Coucou à tous les artistes! Je suis bien content qu'on ne vous ait pas enlevées, il nous aurait fallu payer une rançon ou aller vous chercher au fond des steppes. Si vous répétez l'opération, je pourrais vous accompagner,d'abord parce que vous n'avez pas froid aux yeux, et ensuite parce que certains de nos gars y sont déjà allés, et que les soldats nous achètent pas mal de balalaïkas, je ne sais pas ce qu'ils en font, s'ils s'en servent pour se taper dessus, mais c'est un fait, et un petit concert avec master class serait bien venu!"

Au retour, nous avons fait escale à Zadonsk, une jolie petite ville où j'avais autrefois séjourné, et qui se trouve à mi-chemin. Nous nous sommes inclinées sur les reliques de saint Tikhon de Zadonsk. La ville a a été fondée seulement au XIX° siècle, et comme en beaucoup d'endroits, marquée par les marchands. Les marchands et les paysans, c'était le socle du pays. Il y a bien des fautes de goût à Zadonsk, mais tout de même, quelle différence avec Pereslavl-Zalesski! La ville reste homogène est charmante, très propre, pimpante, et la "mise-en-valeur" si souvent catastrophique n'y a pas fait trop de dégâts. 


 








3 commentaires:

  1. Je ne vois pas ce qui empêche Vladimir Poutine d'arrêter d'envoyer les soldats russes à la mort et faire la paix maintenant.
    À moins d'invoquer l'idée d'une Guerre Sainte, qui n'a objectivement aucune limite autre que l'Ukraine conquise, et sa population rééduquée et déportée par la ruine et la force.
    Donald Trump tend la main à la Russie tout en tordant le bras de Zelensky depuis le début de l'année. Vladimir Poutine a l'occasion de mettre honorablement fin à cette guerre. Mais je ne crois pas qu'il fera la paix.
    Sont-ce les idées tordues de Danilevski et consort qui le guident ? Ou la crainte du rejet par son peuple ? quand le tourbillon de la guerre décantera en un retour aux réalités moroses d'un pays partiellement resoviétisé.

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    1. Poutine a mis huit ans à intervenir au Donbass, si vous n'étiez pas au courant de ce qui s'y passait de terrible, je vous suggère de vous renseigner, moi, je le savais depuis le début, et j'avais le plus grand mal à faire passer les infos, comme tous ceux qui ont essayé alors. Beaucoup de ceux qui savaient tout cela et le Donbass lui-même avaient même du mal à comprendre pourquoi il ne le faisait pas, et avait accepté des accords de Minsk qui étaient une mascarade, de l'aveu même de Merkel et Hollande, destinée à armer l'Ukraine, des accords qui étaient constemment violés par cette dernière, et pas le contraire, comme l'affirme maintenant Macron, le traître de mélodrame que la France a laissé mettre à sa tête. Je pense, mais cela n'engage que moi, que Poutine avait lui-même besoin de réarmer la Russie. Et puis, contrairement à l'idée admise chez vous, il n'avait pas envie de faire la guerre, il n'avait même pas envie de récupérer le Donbass. La guerre, la Russie en a eu son compte. Et Poutine aurait bien voulu faire du commerce et des affaires avec l'Europe, cela lui suffisait amplement. En revanche, depuis au moins trente ans, quand je travaillais moi-même en Russie et comparais ce que je voyais avec ce qu'on racontait, je constatais que l'Occident voulait absolument achever et piller la Russie et cultivait une russophobie de plus en plus absurde et délirante, et de très mauvaise foi, en multipliant les provocations. Je suis convaincue que l'intervention de 2022 était effectivement une opération de police, destinée à calmer Kiev et à protéger les populations du Donbass, menacées de génocide, selon le schéma des Serbes de la Krajina, comme l'a souligné Slobodan Despot, ou de la Palestine: la valise ou le cercueil. Et en effet, Zelenski était allé assez rapidement négocier avec lui à Istanboul, mais Boris Johnson est venu tout faire capoter, on peut dire que lui, et toute la clique européenne, ont près d'un million de morts sur la conscience. Après cela, d'une part, il ne restait plus rien d'autre à faire que de récupérer les oblast menacés, selon leur voeu manifesté à deux reprises, lors d'un référendum en 2014 ignoré par les Européens, et lors de celui qui fut organisé lors de l'intervention; et d'autre part, d'aller plus avant tant qu'on n'avait pas l'assurance que les accords ne seraient pas violés à la première occasion. Toutes les trêves conclues avec l'Ukraine ont été immédiatement violées par elle. Les Européens ne veulent absoslument pas se calmer, et continuent à rôder comme des chacals partout où ils le peuvent, au détriment d'ailleurs de leurs poulations ruinées dont ils se fichent aussi éperdument que Zelenski de la sienne. Comment faire la paix avec des visages pâles à la langue fourchue qui n'ont pas de parole, pas de conscience, et qui semblent même avoir complètement perdu la raison? Où avez-vous pris que les populations seraient déportées? Pour l'instant, elles se sont en partie déportées elles-mêmes, pour fuir ce qui se passait chez elles depuis huit ans, je parle bien sûr des gens du Donbass, ce sont eux qui ont tout pris, et Kiev n'a aucune considération pour eux, puisqu'ils sont considérés comme russes, ce qu'ils sont d'ailleurs en réalité. Pour que la guerre prenne fin, il faut juste arrêter de profiter de la moindre trêve pour lancer des opérations ignobles contre des civils, arrêter d'intriguer et de mentir, de semer la discorde et la panique, de courir de la Géorgie à la Finlande, en passant par la Roumanie et les pays baltes pour semer la merde.

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    2. Je ne vois pas non plus en quoi la Russie est resoviétisée, et pour vous dire le fond de ma pensée, je pense que l'Ukraine, malgré le folklore nazi des abrutis qu'utilise son gouvernement de compradores, a des comportements beaucoup plus soviétiques que la Russie actuelle, à commencer par les persécutions inouïes déclenchées contre l'Eglise. De plus, le soutien occidental à ce folklore nazi, et les références constantes au soviétisme, dans lequel absolument toutes les républiques ont trempé, y compris l'Ukraine, mais dont la Russie est devenu, grâce aux occidentaux, le bouc émissaire pratique, est un puissant moteur de la nostalgie communiste et permet aux révisionnistes de justifier à posteriori l'épuration des "traîtres". Mais cela ne représente pas un courant massif, et je crains beaucoup moins le retour du soviétisme, qui ne reviendra à mon avis jamais, en tous cas, pas sous sa forme précédente, que le cocopitalisme totalitaire wokiste qui s'installe en UE. Ici, on nous fout la paix, une amie venue me voir m'a dit: "Je me sens libre et en sécurité", ce qui n'est pas le cas en France, où tout ce qui n'est pas interdit est obligatoire. Pour moi, l'URSS, maintenant, c'est l'UE, et pas celle, bonasse et ramollo de Brejnev, mais celle de Lénine et Trostski mâtinée de relents fascistes, comme si les deux monstres du XX° siècle, issus du capitalisme avaient fusionné en une pieuvre mafieuse infatigable qui menace le monde entier. Les gens que j'ai vus au Donbass sont très contents que les Russes soient intervenus, ils regrettent seulement que cela ne se soit pas produit plus tôt. Mais sans doute savez-vous mieux qu'eux-mêmes ce qu'ils sont censés éprouver?

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