
la place du Peuple - Pereslavl
Micha, le père Mikhaïl, fis aîné du père
Valentin, est venu avec son fils Kolia et deux amis, Fiodor et Maxime, déjeuner
avec moi au café Monpensier, parce qu’il a une terrasse qui donne sur l’église
de la Transfiguration et le parc autour, et comme son nom ne l’indique pas, de
la bonne cuisine russe. Ils venaient de Vologda, après un périple dans le
nord et rentraient à Moscou. Nous avons beaucoup discuté, bien ri,
autour d’un thé traditionnel, avec samovar et des tas de petites sucreries. Il
faisait bon, un vent doux et léger, tout était russe, le samovar, la cuisine,
le père Mikhaïl, son fils, ses copains, les églises et leurs bulbes, et
pourtant, cette terrasse dans le fil de la brise me rappelait les cafés de
Vaison-la-Romaine dans les années soixante-dix ! Je leur ai parlé de la
France, des persécutions de paysans, et aussi de dissidents comme Jacques Baud,
Xavier Moreau, Anna Novikova et Vincent Perfetti, Alain Soral et Dieudonné, des
gilets jaunes éborgnés, estropiés. Ils étaient fort étonnés. « N’y pensez
plus à cette France, me dit le père Mikhaïl, qui parle bien français.
- Eh bien vous savez, ce n’est pas si facile, mon cœur saigne pour elle ! »
Il y a trois jours, c’est Jean-Marc Bovy, de l’Antipresse, et sa femme Galia qui sont venus chez moi. Les observations de Jean-Marc sur la Russie, assez pessimistes, sont fondées, dans un sens : beaucoup d’immigrés d’Asie Centrale, une américanisation qui n’est pas moindre qu’en Europe, des modes ridicules, tous les rouages de la dictature électronique en place, même si, pour l’instant, on ne s’en sert pas pour nous opprimer. Et pourtant, la Russie, ce n’est pas que cela, et sur tout ce qui concerne cela, les choses n’en sont pas au point ou l’on en est arrivé en France. Pour tout dire, il y a plusieurs Russie qui se côtoient, ou plutôt la Russie côtoie l'Union soviétique, ou la Russie post-soviétique. Jean-Marc ne le nie pas, il trouve même le soviétisme encore bien présent. "En fait, lui dis-je, dans la perspective de tout ce que j'ai vu depuis ma jeunesse, si l'on fait abstraction de la collectivisation, des répressions politiques ou antireligieuses, de tout ce que je ne pardonne pas à ce régime, je trouve qu'en fin de compte, il a fait moins de dégâts sur la mentalité des gens que le capitalisme consumériste sur la nôtre. Et puis voyez, sous l'URSS, les gens n'étaient pas propriétaires de leur logement et de leur datcha, mais ils les occupaient souvent toute leur vie et leurs enfants en conservaient l'usage. Alors qu'en Europe, nous sommes théoriquement propriétaires, mais les impôts locaux exorbitants ne nous permettent pas toujours de rester chez nous, ni les impôts sur la succession de laisser notre maison à nos enfants".
Il a beaucoup parlé de la démographie, mais outre qu’en Europe, on ne se soucie même pas d’y remédier, au contraire, on ne rêve que de voir périr les derniers autochtones pour les remplacer par toutes sortes d’esclaves exotiques, il me semble que les choses s’arrangent quelque peu. Alexandre le Frussien observe qu'en Russie, il ne s'ennuie jamais, qu'il y a toujours quelque chose ou quelqu'un à découvrir, à vrai dire, c'est que malgré tous les problèmes, tout ce qui peut nous décevoir ou nous irriter, ou nous chagriner, la Russie, au contraire de l'Europe, est un pays encore vivant. Mon avis est qu’avec toute la nuisance dont font preuve les satrapes européens, la seule issue pour ce qu’il reste de la civilisation blanche européenne et sa culture, c’est le repli sur la Russie, et c’est aussi sans doute la seule chance de la Russie de subsister en tant que « civilisation orthodoxe », car nous avons été tellement saignés à blanc depuis deux siècles, que nous regrouper sur un espace géographique encore protégé nous permettrait peut-être de survivre encore quelques temps. J'ai vu une vidéo qui allait en ce sens, je partage beaucoup d'observations de Rachid Achachi. Il met en évidence le fait que les visées impérialistes que l'occident attribue, par inversion accusatoire, au tempérament russe, lui sont en réalité étrangères et ne se sont manifestées qu'aux moments où les dirigeants du pays en reniaient les particularités. C'est-à-dire Pierre le Grand qui a installé une gouvernance allemande de la Russie, et la période bolchevique qui l'a placée entre les mains de gens qui n'étaient ethniquement pas russes et foncièrment russophobes, jusqu'à ce que Staline laisse s'amorcer une certaine russification du nouveau pouvoir. Il souligne également une sorte de nihilisme orthodoxe positif qui conduit les Russes à une certaine indifférence aux choses matérielles, et au sentiment de leur précarité. Enfin, il explique que la Russie cherche essentiellement à conserver sa souveraineté et son identité face à ceux qui la menacent, parce qu'elle est l'antithèse de leur idéologie, et que son seul idéal actuel est celui du catheton, de l'arche salvatrice dans un contexte apocalyptique qui n'a d'autre avenir que la destruction. Parallèlement, celles de Slobodan Despot dans le dernier Antipresse sont également très pénétrantes. Il rejoint mes propres impressions sur l'évolution de la France en fonction du soutien de ses autorités à l'Ukraine. La France s'ukrainise, et depuis 2014, je ressens que l'Ukraine est le laboratoire de ce qui l'attend, ainsi que plus généralement l'Europe, et même le monde entier, si la Russie rate le bon virage à prendre. C'est-à-dire, en plus d'un chaos général, avec toutes les atrocités et les injustices que cela suppose, une dégénérescence morale, intellectuelle et spirituelle sans précédent. Il n'est que de regarder les sorcières ukrainiennes qui s'agitent dans les médias, et dont personne ne dénonce l'ingérence, leur haine stupide et hystérique, qui rappelle énormément celle qui transpirait des commentaires de leurs compatriotes quand on "grillait des doryphores" à Odessa, dans la Maison des syndicats, qu'on buvait du "sang de Russes", dans les boîtes ou mangeait des gâteaux en forme de bébés russes. L'une d'elle accuse "Macha et l'ours", le célèbre dessin animé, d'offrir des Russes une image gentille et drôle, alors qu'ils doivent obligatoirement être méchants, affreux, et juste bons à être massacrés, ce qui n'est pas sans rappeler la déshumanisation des Palestiniens, et en se prêtant à cela, les Ukrainiens de cette sorte favorisent le génocide de slaves qu'opèrent là bas l'Otan et l'UE, en forçant leur homme de main à poursuivre la guerre jusqu'au dernier ukrainien, et en piégeant la Russie dans un conflit qu'elle ne voulait pas, et qu'elle aurait terminé dès 2022 si Boris Johnson ne s'en était pas mêlé. Dans cette perspective se poursuit également la persécution de l'Eglise orthodoxe historique et traditionnelle, avec le martyr d'un moine lardé de coups de couteaux à la Laure de Sviatogorsk. Un autre moine et un novice sont dans un état critique. Le tout s'accompagne d'inversions accusatoires fantasmagoriques et éhontées, de faux drapeaux, et il est inutile d'opposer des arguments aux imbéciles éructants qui commentent de façon de plus en plus basse et déshonorante, sur les pages françaises des réseaux. Bloquer ces débiles est la seule chose à faire pour éviter de déraper dans la merde. A la suite de l'Ukraine, c'est toute l'Europe qui devient un chaudron de sorcières, et demain, il est très possible qu'entrent des flots de sang dans la sale cuisine. En tous cas, c'est le plan. Et moi, je parlais déjà de tout cela en 2014, et même en 2013. Et je tentais de diffuser des informations sur les croyants de l'Eglise d'Ukraine dès 2017 , avant l'autocéphalie CIA et bien avant l'opération spéciale... Cela n'intéressait pas ceux qui jouent aujourd'hui les justiciers masqués.
Pour finir, je suis allée avec deux Anglaises fraîchement immigrées, Anna, la fille et Wendy, la mère, chez une dame qui enseigne l'anglais à l'institut Saint-Tikhon de Moscou, Ioulia. Il faisait une de ces journées déjà automnales magiques, lumineuses, fraîches et douces, avec une brise pareille au souffle de Dieu, à un vol de séraphins. La route pour aller chez Ioulia est magnifique, avec des forêts de pins, des arbres déjà cuivrés ou dorés, de petits villages point trop abîmés, des églises de campagnes nichées au milieu des isbas, avec leurs coupoles qui semblent prêtes à éclore. Ioulia a demandé à Anna et Wendy ce qui les avait amenées à quitter leur pays. Elles ont répondu qu'elles avaient honte de sa politique, de ses mensonges à propos de la Russie, de l'Ukraine, de sa perfidie, et aussi qu'elles s'y sentaient opprimées et en danger, à cause de l'afflux de populations violentes qui ont toujours raison contre les indigènes.
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