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lundi 31 août 2026

Humeur râleuse

 

Le regard énamouré de Robert.

J'ai rêvé que je serrais un nourrisson sur mon coeur, mais ce n'était pas le mien. Je pleurais de n'en avoir pas eu. Dans la foulée, j'ai entendu une saucisse officielle proclamer que les tenants de la famille traditionnelle, en France, étaient des fachos d'extrême droite. Beurk... Le nombre de filles paumées et de gosses mal aimés que j'ai vus, depuis soixante-huit, souffrir de ce genre de discours! Je dois être d'extrême droite, car j'aime la famille, c'est d'ailleurs la seule institution que j'ai jamais reconnue, avec l'Eglise, Corps du Christ. L'Etat, jamais. L'administration, non plus. L'armée, dans la mesure où elle est soumise à l'un et à l'autre, pas bien davantage. Idem pour la police, surtout de nos jours: des hommes de main, des sbires, des oppresseurs de paysans et de petites gens. L'école, je n'en parle même pas.

J'ai voulu regarder le débat entre Guénolé et Soral. Je ne connaissais pas ce Guénolé. J'ai vite senti qu'il incarnait tout ce que je déteste en France, et qui d'ailleurs n'est pas vraiment français mais a pris le dessus partout, chez nous: une espèce d'arrogance de profaillon, de satisfaction de soi intolérante et supérieure. Le gars commence bille en tête par donner la définition de l'antisémitisme établie à Jérusalem par un concile de deux cents universitaires comme s'il citait la Bible à un hérétique. Avec l"assurance touchante que cela ne pouvait être qu'incontestable et sans réplique, et réclamer une condamnation immédiate et totale de l'accusé assis en face de lui. Je n'ai pas eu le courage, pour l'instant, d'aller plus loin. Parce que pour moi, il n'est pas de pires bourrins idéologiquement formatés que les universitaires qui ont passé tous les tests de conformité aux dogmes pour avoir leur fichu diplôme. Un petit commissaire du peuple (élu) imbuvable. Je me demande d'ailleurs pourquoi de pareils conciles ne se rassemblent pas au sujet de la christianophobie qui sévit de plus en plus, des persécutions à l'égard de l'Eglise Ukrainienne originelle. De la russophobie qui atteint une vilenie et une stupidité indécentes. Pourquoi ni les chrétiens ni les Russes ne jugent utile de les réclamer avec des accents vengeurs. 

Soral a bien fait de se barrer, il est vivant, lui, et il a de la personnalité, ce n'est pas une petite mécanique à citer des articles et à proférer des anathèmes. Mais il ne parle pas le russe, et il n'a pas le moral, cela m'a serré le coeur de l'entendre évoquer son malaise, dans une autre émission. Car je parle le russe, j'ai aimé et choisi la Russie qui me le rend bien, mais l'aggravation de la situation fait de la France un endroit terriblement lointain et inaccessible, et ce n'est pas toujours simple. 

https://www.facebook.com/reel/1090814016820628

Au téléphone, ma cousine me déclare: "La France, c'est fini. Elle est morte." Je venais de lui dire que je passais mon temps au restau avec mes amis suisses: "Ah eh bien d'accord, quelle horreur, c'est vraiment le goulag, là bas!"

Slobodan et Ioulia sont passés à leur retour du nord. Ioulia semble décontenancée par l'afflux d'étrangers, en partie suisses, dans la ville de Pereslavl-Zalesski. Je viens de m'apercevoir que je polis parfois mes icônes avec un bouchon étiqueté Bovy, sans doute celui d'une bouteille que Jean-Marc Bovy m'avait fait passer par des lecteurs de l'Antipresse, la revue salutaire du dissident foncier. Des dizaines de bouchons auraient pu servir à la place de celui-ci et je m'en suis servie plusieurs fois en l'espace de quatre ou cinq ans, avant de remarquer qu'il était une émanation chiffrée de la bande d'intellectuels suspects.


Toutes les églises de Pereslavl ont été plus ou moins repeintes, d'après ce que j'ai entendu dire, sur ordre du président, à l'occasion du 150 eme anniversaire de la naissance du saint évêque Luc de Crimée, prix Staline de chirurgie, qui a travaillé ici quelques années, et qui est très vénéré dans la ville. Mais notre malheureuse cathédrale a vu ses coupoles barbouillées d'un vert infâme, pire que le précédent, parce que plus vif, et brillant, qui tue le ciel, les feuillages, les murs, tout ce qu'il y a autour. J'en ai parlé en confession au père Andreï qui a poussé un soupir: "S'il s'était agi de deniers privés, on aurait pu discuter..." Eh oui. On aurait pu mettre un vert foncé, comme aux Quarante Martyrs, ou un gris, ou les deux, un ton harmonieux. Mais c'est l'administration, dont je reconnais le goût habituel, qui a dû avoir au rabais cette teinte de hall de gare, celle-la même qui nous met partout des arbres en plastique, et nous installe dans la rivière des fontaines psychédéliques qui changent constemment de couleur. L'esthétique de la boîte de nuit, de la zone industrielle, du parc d'attractions.

Une jeune japonaise a fait une vidéo sur la façon dont les Français râlent. On ne râle pas, au Japon. En Russie non plus. Mais moi, je râle. Ce doit être génétique.

mercredi 26 août 2026

Anarchisme passéiste


 Dany relit Epitaphe et me dit que ce livre aurait tout pour faire un succès, s'il était soutenu, ce qu'il n'est pas du tout, parce que je ne suis pas passée par un éditeur mais par le samizdat du Net, que je ne peux rien organiser en France, et ne saurais même à quelles célébrités médiatiques l'envoyer, d'autant plus qu'il est si terriblement politiquement incorrect que les réactions risqueraient d'être violentes. Elle pense que lorsqu'on est une femme, qu'on n'a pas derrière soi une structure masculine, un mari, un père, un directeur littéraire, c'est très difficile. C'est sûr qu'être une femme créatrice n'est pas des plus faciles, je dis cela sans être outre mesure féministe. Mais je ne pense pas que cela joue un si grand rôle. Bien qu'en effet, j'ai remarqué dans mon jeune temps, que si on n'était pas un homme, ou un homosexuel, et si l'on n'appartenait pas à un certain milieu, les choses devenaient compliquées et que l'on se faisait même souvent accabler de mépris, comme un roturier en sabots qui se serait aventuré dans une fête galante. A moins, aussi, d'être le prolo de service auprès des dames patronesses de gauche, le fou du roi...

Personnellement, j'aime moins Epitaphe, que j'ai écrit pour me défouler, que Yarilo et Parthène qui, malgré leur contexte historique exotique, touche à des thématiques actuelles ou disons éternelles. Album de Famille pourrait plaire à beaucoup, dans ma génération, d'abord, enfin chez ceux qui n'appartiennent pas à l'espèce des soixante-huitards irréductibles, mais même à leurs descendants, curieux de savoir ce qui les a précédés, s'il en existe encore...

Ce qui me ferait de la pub serait d'avoir une audience audiovisuelle, mais je répugne un peu à me lancer là-dedans, parce que c'est Daniel dans la Fosse aux Lions. L'écrit met une certaine distance entre moi et le grand public, d'abord parce qu'il m'impose une certaine retenue et ensuite parce que pour avoir accès au contenu, il faut déjà savoir lire. Je tente une vidéo d'information. Ceux qui ont lu mes livres pourront la commenter, s'ils pensent qu'ils gagnent à être connus.

Pasolini ne m'inspirait pas de sympathie quand j'étais étudiante, car il passait pour un gauchiste et j'avais une overdose de cette sorte de gens. Et puis ses films me restaient étrangers, mais je crois que je vais les revoir. En fait, s'il est parti de la gauche, et moi de la droite, nous sommes l'un et l'autre arrivés au point où nous n'entrions dans aucune case, et nous faisions rejeter de tous ceux qui en ont de bien définies, à une sorte d'anarchisme conservateur. Avec l'âge, j'ai compris par exemple que le communisme avait fait peut-être moins de mal aux mentalités que le capitalisme consumériste, qui ne prétendait pas pratiquer la politique de la table rase, mais la pratiquait sournoisement et de façon plus efficace, comme je le disais dans ma précédente chronique. La droite de ma jeunesse n'était évidemment pas celle du capitalisme consumériste. C'était celle des réfractaires au tour qu'il donnait aux choses. Et en fin de compte, avec mon amour de la paysannerie, de la Tradition, et ma conscience du sacré de la vie, je n'étais pas loin de Pasolini.


Voici le moine assassiné à la Laure de Sviatogorsk. 


Père Barsanuphe, je te remercie pour tout. Gloire à Dieu pour tout. Repose en paix. Que le Seigneur t'accorde le Royaume des Cieux.

Je veux prier et demander à chacun de prier pour qu'il n'y ait ni haine ni malice dans nos cœurs, même envers ceux qui ont commis ce meurtre brutal. Le Seigneur dit : « Aimez vos ennemis… et priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent » (Matthieu 5, 44). Je ne veux pas que la haine et la malice augmentent. Au contraire, je veux qu'elles diminuent. « Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais triomphe du mal par le bien » (Romains 12, 21). 🕊️ C'est la seule façon de rester chrétiens et de donner l'exemple aux disciples du Christ : ne pas fomenter la haine, ne pas multiplier le mal, mais y répondre par la prière et l'amour. Pour une raison qui m'échappe, une anecdote toute simple concernant le Père Barsanuphius m'est revenue à l'esprit. Quand je venais manger, il ne me refusait jamais une deuxième portion. Je ne sais pas comment il se comportait avec les autres, mais il s'adressait toujours à moi avec respect, malgré son âge. Il venait me voir et me demandait : « Vous en voulez encore ?» Et quand il n'y avait plus rien à manger, il disait toujours : « Désolé, il n'y a plus de service aujourd'hui.»

Des mots qui paraissent si anodins. Rien de spécial. Et pourtant, c'est précisément dans ces petits gestes qu'on pouvait percevoir un amour et une bonté immenses pour son prochain. C'est peut-être pour cela que cette pensée m'est venue.

Отче Варсонофий, благодарю тебя за всё. Слава Богу за всё. 🙏 Покойся с миром и почивай с миром. Пусть Господь дарует тебе Царствие Небесное.

Хочу помолиться сам и прошу всех молиться о том, чтобы в наших сердцах не было ненависти и злобы даже к тем людям, которые совершили это зверское убийство. Господь говорит: «Любите врагов ваших… и молитесь за обижающих вас и гонящих вас» (Мф. 5:44). Не хочется, чтобы ненависть и злоба множились. Наоборот, хочется, чтобы их становилось меньше. «Не будь побежден злом, но побеждай зло добром» (Рим. 12:21). 🕊️ Только так мы можем оставаться христианами и показывать тот пример, который должны показывать последователи Христа: не разжигать ненависть, не умножать зло, а отвечать на него молитвой и любовью.
Об отце Варсонофии почему-то именно сейчас вспомнилась одна совсем простая история. Когда я приходил на трапезу, он никогда не отказывал мне в добавке еды. Не знаю, как он общался с другими, но ко мне он всегда обращался на «вы», хотя был старше меня. Он подходил и спрашивал: «Не хотите ещё добавки?» А когда еды уже не оставалось, всегда говорил: «Простите, сегодня добавки нет».
Казалось бы, совершенно простые слова. В них не было ничего особенного. Но почему-то именно в таких мелочах чувствовались огромная любовь к ближнему и доброта. Наверное, именно поэтому сейчас вспомнилось именно это.
Сложно сейчас что-то ещё говорить

Je parlais de ces persécutions il y a déjà longtemps. L'Eglise ukrainienne a cru bon de se désolidariser de la Russie, alors que le starets Zossima, de Donetsk, recommandait de se cramponner à elle. Aujourd'hui, en dépit de ce fait, les orthodoxes occidentaux la qualifient de "soviétique", et les démons exultent sur le corps de ce martyr, bien fait, bien fait, allégeance ou pas, l'Eglise traditionnelle sera toujours assimilée à la Russie, et en tant que telle, massacrable à merci.

lundi 24 août 2026

Visites

 

la place du Peuple - Pereslavl

Micha, le père Mikhaïl, fis aîné du père Valentin, est venu avec son fils Kolia et deux amis, Fiodor et Maxime, déjeuner avec moi au café Monpensier, parce qu’il a une terrasse qui donne sur l’église de la Transfiguration et le parc autour, et comme son nom ne l’indique pas, de la bonne cuisine russe. Ils venaient de Vologda, après un périple dans le nord et rentraient à Moscou. Nous avons beaucoup discuté, bien ri, autour d’un thé traditionnel, avec samovar et des tas de petites sucreries. Il faisait bon, un vent doux et léger, tout était russe, le samovar, la cuisine, le père Mikhaïl, son fils, ses copains, les églises et leurs bulbes, et pourtant, cette terrasse dans le fil de la brise me rappelait les cafés de Vaison-la-Romaine dans les années soixante-dix ! Je leur ai parlé de la France, des persécutions de paysans, et aussi de dissidents comme Jacques Baud, Xavier Moreau, Anna Novikova et Vincent Perfetti, Alain Soral et Dieudonné, des gilets jaunes éborgnés, estropiés. Ils étaient fort étonnés. « N’y pensez plus à cette France, me dit le père Mikhaïl, qui parle bien français.

- Eh bien vous savez, ce n’est pas si facile, mon cœur saigne pour elle ! »

Il y a trois jours, c’est Jean-Marc Bovy, de l’Antipresse, et sa femme Galia qui sont venus chez moi. Les observations de Jean-Marc sur la Russie, assez pessimistes, sont fondées, dans un sens : beaucoup d’immigrés d’Asie Centrale, une américanisation qui n’est pas moindre qu’en Europe, des modes ridicules, tous les rouages de la dictature électronique en place, même si, pour l’instant, on ne s’en sert pas pour nous opprimer. Et pourtant, la Russie, ce n’est pas que cela, et sur tout ce qui concerne cela, les choses n’en sont pas au point ou l’on en est arrivé en France. Pour tout dire, il y a plusieurs Russie qui se côtoient, ou plutôt la Russie côtoie l'Union soviétique, ou la Russie post-soviétique. Jean-Marc ne le nie pas, il trouve même le soviétisme encore bien présent. "En fait, lui dis-je, dans la perspective de tout ce que j'ai vu depuis ma jeunesse, si l'on fait abstraction de la collectivisation, des répressions politiques ou antireligieuses, de tout ce que je ne pardonne pas à ce régime, je trouve qu'en fin de compte, il a fait moins de dégâts sur la mentalité des gens que le capitalisme consumériste sur la nôtre. Et puis voyez, sous l'URSS, les gens n'étaient pas propriétaires de leur logement et de leur datcha, mais ils les occupaient souvent toute leur vie et leurs enfants en conservaient l'usage. Alors qu'en Europe, nous sommes théoriquement propriétaires, mais les impôts locaux exorbitants ne nous permettent pas toujours de rester chez nous, ni les impôts sur la succession de laisser notre maison à nos enfants". 

 Il a beaucoup parlé de la démographie, mais outre qu’en Europe, on ne se soucie même pas d’y remédier, au contraire, on ne rêve que de voir périr les derniers autochtones pour les remplacer par toutes sortes d’esclaves exotiques, il me semble que les choses s’arrangent quelque peu. Alexandre le Frussien observe qu'en Russie, il ne s'ennuie jamais, qu'il y a toujours quelque chose ou quelqu'un à découvrir, à vrai dire, c'est que malgré tous les problèmes, tout ce qui peut nous décevoir ou nous irriter, ou nous chagriner, la Russie, au contraire de l'Europe, est un pays encore vivant. Mon avis est qu’avec toute la nuisance dont font preuve les satrapes européens, la seule issue pour ce qu’il reste de la civilisation blanche européenne et sa culture, c’est le repli sur la Russie, et c’est aussi sans doute la seule chance de la Russie de subsister en tant que « civilisation orthodoxe », car nous avons été tellement saignés à blanc depuis deux siècles, que nous regrouper sur un espace géographique encore protégé nous permettrait peut-être de survivre encore quelques temps. J'ai vu une vidéo qui allait en ce sens, je partage beaucoup d'observations de Rachid Achachi. Il met en évidence le fait que les visées impérialistes que l'occident attribue, par inversion accusatoire, au tempérament russe, lui sont en réalité étrangères et ne se sont manifestées qu'aux moments où les dirigeants du pays en reniaient les particularités. C'est-à-dire Pierre le Grand qui a installé une gouvernance allemande de la Russie, et la période bolchevique qui l'a placée entre les mains de gens qui n'étaient ethniquement pas russes et foncièrement russophobes, jusqu'à ce que Staline laissât s'amorcer une certaine russification du nouveau pouvoir. Il souligne également une sorte de nihilisme orthodoxe positif qui conduit les Russes à une certaine indifférence aux choses matérielles, et au sentiment de leur précarité. Enfin, il explique que la Russie cherche essentiellement à conserver sa souveraineté et son identité face à ceux qui la menacent, parce qu'elle est l'antithèse de leur idéologie, et que son seul idéal actuel est celui du catheton, de l'arche salvatrice dans un contexte apocalyptique qui n'a d'autre avenir que la destruction. Parallèlement, celles de Slobodan Despot dans le dernier Antipresse sont également très pénétrantes. Il rejoint mes propres impressions sur l'évolution de la France en fonction du soutien de ses autorités à l'Ukraine. La France s'ukrainise, et depuis 2014, je ressens que l'Ukraine est le laboratoire de ce qui l'attend, ainsi que plus généralement l'Europe, et même le monde entier, si la Russie rate le bon virage à prendre. C'est-à-dire, en plus d'un chaos général, avec toutes les atrocités et les injustices que cela suppose, une dégénérescence morale, intellectuelle et spirituelle sans précédent. Il n'est que de regarder les sorcières ukrainiennes qui s'agitent dans les médias, et dont personne ne dénonce l'ingérence, leur haine stupide et hystérique, qui rappelle énormément celle qui transpirait des commentaires de leurs compatriotes quand on "grillait des doryphores" à Odessa, dans la Maison des syndicats, qu'on buvait du "sang de Russes", dans les boîtes ou mangeait des gâteaux en forme de bébés russes. L'une d'elle accuse "Macha et l'ours", le célèbre dessin animé, d'offrir des Russes une image gentille et drôle, alors qu'ils doivent obligatoirement être méchants, affreux, et juste bons à être massacrés, ce qui n'est pas sans rappeler la déshumanisation des Palestiniens, et en se prêtant à cela, les Ukrainiens de cette sorte favorisent le génocide de slaves qu'opèrent là bas l'Otan et l'UE, en forçant leur homme de main à poursuivre la guerre jusqu'au dernier ukrainien, et en piégeant la Russie dans un conflit qu'elle ne voulait pas, et qu'elle aurait terminé dès 2022 si Boris Johnson ne s'en était pas mêlé. Dans cette perspective se poursuit également la persécution de l'Eglise orthodoxe historique et traditionnelle, avec le martyr d'un moine lardé de coups de couteaux à la Laure de Sviatogorsk. Un autre moine et un novice sont dans un état critique. Le tout s'accompagne d'inversions accusatoires fantasmagoriques et éhontées, de faux drapeaux, et il est inutile d'opposer des arguments aux imbéciles éructants qui commentent de façon de plus en plus basse et déshonorante, sur les pages françaises des réseaux. Bloquer ces débiles est la seule chose à faire pour éviter de déraper dans la merde. A la suite de l'Ukraine, c'est toute l'Europe qui devient un chaudron de sorcières, et demain, il est très possible qu'entrent des flots de sang dans la sale cuisine. En tous cas, c'est le plan. Et moi, je parlais déjà de tout cela en 2014, et même en 2013. Et je tentais de diffuser des informations sur les croyants de l'Eglise d'Ukraine dès 2017 , avant l'autocéphalie CIA et bien avant l'opération spéciale... Cela n'intéressait pas ceux qui jouent aujourd'hui les justiciers masqués.

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 Pour finir, je suis allée avec deux Anglaises fraîchement immigrées, Anna, la fille, et Wendy, la mère, chez une dame qui enseigne l'anglais à l'institut Saint-Tikhon de Moscou, Ioulia. Il faisait une de ces journées déjà automnales magiques, lumineuses, fraîches et douces, avec une brise pareille au souffle de Dieu, à un vol de séraphins. La route pour aller chez Ioulia est magnifique, avec des forêts de pins, des arbres déjà cuivrés ou dorés, de petits villages point trop abîmés, des églises de campagnes nichées au milieu des isbas, avec leurs coupoles qui semblent prêtes à éclore. Ioulia a demandé à Anna et Wendy ce qui les avait amenées à quitter leur pays. Elles ont répondu qu'elles avaient honte de sa politique, de ses mensonges à propos de la Russie, de l'Ukraine, de sa perfidie, et aussi qu'elles s'y sentaient opprimées et en danger, à cause de l'afflux de populations violentes qui ont toujours raison contre les indigènes.

dimanche 16 août 2026

Incursion serbe


Après deux jours de vent gris et glacial, nous voici au seuil de l’automne, finies les baignades qui venaient à peine de commencer... Mais l’air est vivifiant et doré, comme au mois d’octobre en France. Je n’ai pas eu le temps d’écrire, j’avais à faire une traduction, les sous-titres d’une émission de la chaîne Spas sur saint Augustin. La transcription était pleine de fautes, heureusement que j’avais lu saint Augustin autrefois, que j’ai appris le latin au lycée et que je connaissais bien l’antiquité gréco-romaine… J’aime bien saint Augustin, et ses Confessions sont très intéressantes et vivantes, elles nous projettent dans ces temps reculés comme si nous venions juste d’en sortir, et parfois, je me demande d’ailleurs si nous en sommes vraiment sortis.

En plus de la traduction, j’ai eu l’excellente surprise de voir arriver Slobodan et sa compagne, la belle Ioulia. Presque à l’improviste. En fait, Slobodan se trouve dans l’isba familiale que Ioulia répare au diable-vauvert, et ils en ont eu tous les deux ras le bol de leurs artisans, de l’isolement, et comme ici se trouvent également nos amis suisses, ils ont pris la route. Comme ils ne venaient pas longtemps, le programme a été chargé. Ioulia s’intéressait aux maisons de Katia et Aricha, car elle est obsédée par les travaux de la sienne. Je les ai emmenés chez Katia. Aricha n’était pas sur place, mais elle a envoyé un reportage sur sa maison qui la présente très bien.

Moustachon regarde venir l'automne

Il faisait si bon, chez Katia, c’était notre dernier jour d’été, juste avant que la pluie ne s’abattît sur nous et que déferlât ce vent glacial, pour annoncer ce qui nous attend. Nous avons pris le thé sur sa terrasse, après qu’elle eut répondu en détails à toutes les questions de Ioulia, séduite par son isba, et elle a commencé à interroger Slobodan sur les événements, et leur issue, qu’en pensait-il ? En fait, Slobodan m’a paru plus pessimiste que dans ses briefings ou ses articles, bien qu’il fût porté au rire, à la joie, aux plaisirs de la vie. Il m’a dit que la caste était constituée de véritables monstres, ce qui est bien mon avis. En face de cette caste prête à toutes les vilenies et tous les crimes, il trouve les Russes indolents, et encore beaucoup trop imprégnés de communisme. Les Serbes ont éliminé toutes les traces de cette oppression idéologique. Je crois que les Serbes, comme les autres pays de l’est, sont arrivés dans l’orbite communiste après la guerre, juste avant la mort de Staline, ils n’ont pas connu les répressions et la rééducation féroces qu’ont subi les Russes. Slobodan pense que malgré sa brutalité, Staline a mis fin aux délires sociétaux des bolcheviques, d’une certaine manière, il a joué le rôle de Napoléon Bonaparte après la Terreur. C’était l’avis de mon ami Slava, l’historien et cinéaste Viatcheslav Lopatine, « amant posthume » de Catherine II, sur laquelle il a écrit je ne sais combien d’ouvrages. De plus, la seconde guerre mondiale a certainement beaucoup contribué à consolider un communisme d’ailleurs quelque peu russifié par les sacrifices inouïs qu’ont supportés les gens à ce moment-là. Et enfin, si après la Perestroïka, beaucoup de choses étaient remises en question, l’attitude de l’Occident et son instrumentalisation de l’Ukraine, ses mensonges et ses fourberies, son soutien hypocrite aux formations néonazies ou paranazies pilotées par des bandits à double ou triple passeport ont fait le maximum pour favoriser un certain révisionnisme dans l’autre sens…

Slobodan me semble extrêmement attentif et délicat, sensible, et il aime rire. Ioulia a quelque chose de félin et de malicieux, avec une sorte d’ironie exultante qui lui monte parfois aux lèvres et aux yeux. Leur venue m’a remonté le moral, que j’avais plutôt bas, car nous avons échangé, parlé, ri, partagé de bons moments au restau avec les Suisses et l’architecte Pavel Baranov, bref nous avons vécu. En occident, on tue la vie, et ici, je suis parfois très affectée par les nouvelles qui m’en proviennent, mais cela reste vivant. Et calme, je dirais d’une espèce de puissante nonchalance. Les maisons sont moches mais les gens extraordinairement gentils. Nombre d’hommes de tous âge me tiennent la porte des magasins avec un air protecteur, ou m'aident spontanément, il ya chez beaucoup de Russes une sorte de bienveillance instinctive. Ce matin, c'était l'évêque qui officiait à la liturgie de l'aube chantante, et j'avais la sensation de me trouver dans une espèce de bulle d'amour qui me soulevait doucement au-dessus des aléas de la vie. Pourtant, j'avais failli ne pas venir tellement cela m'a coûté de me lever et de me précipiter à l'église dans un demi sommeil vaseux et grognon.

 J’ai l’impression de me trouver, ici, à Pereslavl, « sur les falaises de marbre ».  


La maison d’Aricha



jeudi 6 août 2026

Chez Aricha

 



J’ai vu Katia, chez elle, à Filimonovo. Elle m’a demandé pourquoi je n’avais pas le moral, en dehors des événements de plus en plus sinistres. « Parce que je vieillis, que je perds la vue et que les miens sont loin. La distance entre eux et moi s'est considérablement accrue, et c'est presque comme si j'étais partie en URSS, parce que voyager est difficile, cher, et que les gens comme moi sont de plus en plus considérés comme des ennemis du peuple par ceux qui causent sa perte.

- On dit que parfois, les gens perdent la vue pour ne plus voir ce qui les fait pleurer. »

Avant, j’allais au moins une fois par an revoir mon pays d’origine et mes proches. Et là, je ne suis pas sûre que je le referai encore de mon vivant, ou du leur. Et ici, je suis seule, je n’ai pas de famille, vieillir est d’autant plus difficile. « Je comprends, me dit Katia, et je suis moi-même déjà effrayée par cette perspective, car je n’ai absolument personne. Mon frère vient de mourir, quand ma mère quittera ce monde, je serai absolument seule.

- Pourvu que votre Fédia revienne, je prie pour lui, tous les jours. Et voyez, il est quand même toujours en vie…

- Oui, sa vie ne tient qu’à nos prières… »

Il lui a envoyé un peu d’argent, pour acheter des médicaments à sa mère, alors que lui-même en a probablement moins qu’elle. Je lui ai dit, à ce propos : « Maintenant que vous avez acheté ce petit appartement à Pereslavl, pourquoi ne pas y installer votre mère ? Elle serait moins seule, elle ne serait pas avec vous, mais vous l’auriez à proximité, vous pourriez louer les services d’une bonne femme qui lui ferait les courses et la cuisine, et dormir dans cet appartement quand vous avez besoin de rester en ville.  De plus, si jamais elle était désorientée, tout le monde se connaît, ici, ce n’est pas comme si elle se perdait à Moscou…

- Oui, c’est vrai, j’y pense… »

Katia est allée en pèlerinage à Toutaïev, avec sa paroisse, pour la procession annuelle derrière une immense icône de la sainte Face, qui est portée par plusieurs hommes, en tête de la foule des croyants. Elle a beaucoup de vénération, comme moi-même, pour le starets Paul Grouzdiev, qui vivait à Toutaïev et y a été enseveli. Pendant toute la procession, la pluie tombait avec plus ou moins d’intensité, et les gens titubaient sous des trombes d’eau, derrière l’icône enveloppée d’un film protecteur, c’était très pénible, et étrange, mais à un certain moment, elle en a ressenti une grande grâce, comme il arrive dans ce genre de péripéties. Je dirais même que c'est une expérience particulièrement typique de la Russie.

Après nous avons fait un tour en voiture dans la campagne environnante, elle voulait voir ce que c’était que le village de Sémionovka, et en le cherchant, nous sommes arrivées à Pertsovo, où j’avais failli acheter une maison. La nature était merveilleusement belle, avec de larges espaces, des arbres équilibrés, variés et harmonieux, une douce lumière déjà automnale, bien que l’air soit tiède, mais justement, il est tiède, et non plus chaud, il est léger, et ça et là, de discrètes touches d’or apparaissent dans les feuillages. « Cela me rappelle septembre en Italie, me dit Katia.

- En effet, et moi la fin d’été en Provence… »

Mais j’ai pu observer que tous les villages étaient saccagés, les maisons difformes et plastifiées, et cela n’est même pas le résultat du plan mondialiste, mais celui de l’inculture, de l’absence totale de goût et de respect pour ce que faisaient les anciens.

En venant chez elle, j’ai tout-à-coup compris, en voyant de loin l’église de son village de Filimonovo, que c’était elle que j’avais représentée autrefois sur un tableau que je lui ai offert. Mais elle était vue d’un autre côté. J’avais un jour raccompagné deux vieux dans cette direction, quand je travaillais encore à Moscou, et je m’étais arrêtée au retour, pour dessiner une église qui surgissait sur une colline. Mais je n’avais aucune idée du nom du village et je viens seulement de faire le rapprochement. « En effet, me dit-elle, c’est à coup sûr l’église de Filimonovo, et vous me l’avez offerte sans le savoir ! N’est-ce pas incroyable ? »

A Moscou, on détruit les unes après les autres de merveilleuses usines anciennes, de la fin du XIX° ou du début du XX°, de véritables chefs d’œuvre architecturaux, afin de les remplacer par des horreurs disproportionnées et lourdingues. Un Russe me dit sur Facebook que c’est le programme mondialiste que d’effacer toute notre histoire. En effet, et ce plan est aussi à l’œuvre en France, où toutes les merveilles de notre passé médiéval me semblent désormais en sursis, ainsi que tous nos paysages, modelés par deux mille ans de ruralité laborieuse et modeste.  « On nous créée un tel enfer, lui ai-je répondu, que cela ne nous fera plus aucune peine de mourir ». Comme on dit dans l’Apocalypse, les vivants envieront les morts. 

la maison d'Aricha

Le lendemain, Katia m'a présenté Arina, Aricha, une artiste-peintre qui vit dans un village à une demie heure de Pereslavl. Aricha est sibérienne, et me rappelle Svetlana, rencontrée récemment chez Volodia et Mariana, une personne ronde, affable, caressante, chaleureuse, chez qui on devine une grande force morale, une grande force vitale, sans doute celle d'aimer. La Sibérie est probablement restée plus intacte du point de vue de la mentalité russe. 

Aricha a la balalaïka comme violon d'Ingres. Elle s'occupe beaucoup des soldats, pour qui elle fait des miracles, et des chiens martyrs, qu'elle recueille. Elle en a trois, dont un à qui il manque une patte, et bientôt lui en arrive un autre, à qui il en manque deux. Elle a commencé par nous envoyer nous baigner à la carrière voisine, et nous sommes descendues jusqu'à cet endroit étrange par une piste défoncée dont seul le tout-terrain de Katia pouvait venir à bout. Mais là, au fond de ce monde créé par l'industrie de l'homme qui se développe selon ses lois naturelles propres, quelle merveille... Une eau douce, claire, pleine de poissons d'or, des crêtes austères que colonisent déjà buissons et bouleaux, et cet arbre argenté nordique qui a un aspect méridional, l'argousier aux baies d'ambre. D'énormes nuages tournaient autour de cet oeil aquatique grand ouvert où je nageais avec délices, l'âme en paix, en écoutant le vent chanter dans les roseaux et les feuillages, sans aucune radio, sans aucune débroussailleuse, juste la rumeur régulière et lointaine de la carrière qui rappelait celui du train, régulier et mélancolique. Sur la berge, au soleil et au vent doux, je remerciais Dieu et Katia de m'offrir ce moment de pur bonheur de vivre. Car c'est pour cela que nous sommes nés: pour nous gorger de la vie et la consacrer à Dieu, du moins c'est ainsi que je le ressens. Toutes les heures que nous perdons dans les labyrinthes sinistres de la modernité nous habituent à l'enfer, et celles où nous rencontrons enfin la plénitude de la vie nous remettent dans le chemin du paradis et nous en donnent l'avant-goût. C'est pourquoi l'enfer s'acharne sur nos forêts, nos cours d'eau, nos animaux, nos villes et maisons anciennes, nos belles traditions, et tout ce qui peut nous détourner de lui en nous donnant la nostalgie de notre destinée réelle.

La maison d'Aricha est simple et ravissante, étonnement calme et douce. Elle l'a réparée en respectant le style russe, dont elle est elle-même l'incarnation. Sa grande terrasse de bois ouvre sur un paysage immense et vierge, que ne détruit aucune construction monstrueuse, des vagues de forêts et de collines qui déferlent doucement sur le ciel. Elle nous avait fait un repas conforme à sa maison: simple et délicieux. Et là encore, je me disais que ce moment entre nous de gentille amitié dans un décor naturel intact, c'était un instant volé à l'enfer, que partout où des êtres encore humains se réunissaient avec affection, et discutaient ou faisaient de la musique, ou autre chose d'enrichissant, mettait en échec la danse macabre et la foire mécanique des robots.









Ce matin, j'ai écouté une vidéo où Pierre-Yves Rougeron reçoit Nicolas le Bault. Leur analyse des causes de notre dégénerescence est remarquable, tout cela, je le sentais quasiment dès l'enfance, sans pouvoir le formuler aussi clairement, mais là, c'est vraiment limpide. Il y a peut-être quelques angles morts, mais fondamentalement, c'est vrai. Et j'ai même pensé que si la Russie avait été quelque peu épargnée, c'est aussi parce que le régime communiste l'avait mise à l'abri du gauchisme qui est beaucoup plus délétère.


 

lundi 3 août 2026

ilôt de paix dans la tourmente

 


La France devient un vrai nid de démons. On la met à sac, à feu et à sang. Des incendies gigantesques brûlent des régions entières, avec leurs animaux sauvages qui ne savent plus où se réfugier, avec leurs oiseaux, avec leurs villages. Mais la préfète de la Gironde veut empêcher les agriculteurs d’aider les pompiers, ça c'est très important. Plus important que d'empêcher la vie de partir en fumée.

On dirait que la France s’ukrainise. Les paysans, les pompiers, les petites gens de province restent les Français que j’ai connus, dans le genre de ma famille. Mais il y a tellement d’abrutis, et d’abrutis diplômés, et même de brillants slavistes, qui se conduisent comme l’Orgon de Tartuffe entre les mains de l’abominable mafia qui nous gouverne, et hurlent à la mort contre les Russes, et contre tous ceux qui veulent rétablir la vérité, en face des calomnies et des inversions accusatoires… Ils s’avilissent à vue d’œil et ne sont pas loin de lyncher ceux qui pensent mal. Oui, c’est la contagion du maïdan, cette méchanceté stupide et cette vilenie qui me dégoûtaient chez les Ukrainiens ukrainisants, et qui à elles seules me persuadaient que le Donbass et la Russie étaient le bon camp. A présent, la meute se déchaîne contre une belle journaliste russe, qui a dirigé RT France, Xénia Fedorova. Quand on voit son visage calme, pensif et profond, et les gueules convulsées des gargouilles qui la livrent à leurs zombies glapissants, on a l’impression d’assister à un film d’épouvante. Ca ne choque pas les imbéciles que des hordes de filles ukrainiennes déchaînées viennent crier leur haine sur tous les plateaux, mais que la seule journaliste russe du paysage audiovisuel, digne et respectueuse, soit privée d'exprimer l'autre point de vue par le sinistre aux yeux sur pédoncule, cela n'est pas tolérable..

Tout ceci me perturbe et m’angoisse tellement que j’en ai en permanence la larme à l’œil.cela me serre terriblement le cœur. Je regrette presque d’être partie, j’aspire à « rentrer chez moi », au « Pays bleu » qui n’existe plus de la France de Trenet. Je me demande parfois ce que je fous ici, où tout le monde m’adore, où je vends des dessins, et même des livres ; où des théories de pèlerins font le déplacement pour discuter avec moi et m’entendre chanter. J’en ai eu toute une théorie aujourd’hui, ils ont été adorables, et moi un peu ahurie. Ils m'ont posé des tas de questions, sur mon itinéraire, et en partant m'ont embrassée comme si j'avais fait partie de leur famille. Mais quel que soit mon amour pour la Russie, la France de mon enfance m’occupe de plus en plus l’esprit, je péris de nostalgie devant des photos d’Annonay ou de l’Ardèche, des petits villages qu’ils vont tous détruire, des églises qui brûlent ou qui s’écroulent, des paysages qu’on saccage les uns après les autres. Cela ressemble à la fin du monde, et je ne trouve même plus les mots et la force pour exprimer ce qui me pèse sur l’âme.

Nicolas Bonnal me dit de me rapprocher de Dieu et le père Andreï de me confier à Lui, que les épreuves et les maladies sont là pour nous ouvrir les yeux. "Dans mon cas, lui dis-je, elles les fermeraient plutôt, car je perds la vue. 

- Eh bien les yeux spirituels..."

Ce qui est chiant quand on vieillit c'est qu'on finit par mourir. Je me demande s'ils vont s'ouvrir, mes yeux spirituels? L'eucharistie me paraît à chaque fois suave, élastique et vivante, et je m'entretiens beaucoup avec Dieu, mais est-ce que je m'entretiens vraiment? Est-ce que je déborde d'amour? Je déborde de larmes.

J'ai commencé, sur commande de la chaîne Spas, la traduction du scénario d'un film sur saint Augustin. C'est intéressant, j'avais lu les Confessions autrefois, c'était étonnement vivant, pour une époque où les écrits prenaient toujours de la distance, c'était quasiment une oeuvre moderne, une autobiographie. Evidemment, c'est peut-être surprenant de ma part, mais j'ai de la compassion pour le père païen du saint, tout heureux et tout fier de voir son fils devenir un homme qui s'intéresse aux filles et à la bonne bouffe dans les festins romains. Pendant ce temps, sainte Monique, avec laquelle peut-être il ne devait pas rigoler tous les jours, priait pour que l'adolescent choisît plutôt de se déssecher dans la chasteté, ce qu'il n'était pas vraiment pressé de faire, il le disait lui-même à Dieu, encore un moment monsieur le bourreau. Je n'arriverai jamais à comprendre pourquoi il est saint de mépriser les plaisirs de la chair, pour lesquels Dieu nous a pourtant Lui-même équipés au départ. Je comprends que leur satisfaction ne doive pas diriger toute notre vie, mais que la procréation doive se limiter à une gymnastique sinistre pour être convenable est un concept qui me paraît mener directement à son apparent contraire qui est la pornographie. Ces choses-là deviennent innocentes et belles quand on les fait par amour et avec bonheur, avec simplicité, avec naturel. Evidemment, quand on vous mariait avec un type qui ne vous plaisait pas, on avait peut-être du mal à le voir ainsi. Et trouver un type qui vous plaît, surtout à une époque où il fallait se marier de façon quasi obligatoire, ce n'est pas toujours simple.

Pour me changer les idées, je suis allée me baigner à l'embouchure de la rivière, près de l'église des Quarante Martyrs. J'y suis allée en vélo. La municipalité refait la berge et j'en suis très étonnée, d'une façon discrète, on a juste pavé la route, en laissant sur les bas-côtés les fleurs des maisons, les saules, les petits coins herbus, tout ce qui garde à l'endroit encore un peu de poésie et de pittoresque. Comme il a beaucoup neigé, et beaucoup plu, la rivière est pleine, propre, et je m'y suis glissée avec bonheur, pour nager vers le large du lac, bleu foncé, avec dans le ciel ces nuages qu'il y souffle en permanence, comme un enfant des bulles de savon. Sous l'église, une rangée de pêcheurs, un couple en ballade. Je regardais passer les hirondelles, dériver les canards, glisser les barques multicolores.Tout était si calme, si joli et si paisible. Au retour, j'ai appris que les Ukrotaniens avaient fait exploser un drone sur une plage, sur des gens désarmés, des enfants. Bien qu'ils en accusent toujours les Russes, c'est une vieille habitude, chez eux, que de faire des cartons sur les écoles, les gosses dans les bacs à sable, les grands-mères dans leurs potagers, les prêtres dans leurs églises, les ambulances... On voyait cela dès 2014, et inutile alors d'essayer d'attirer sur ce fait l'attention des personnes qui, aujourd'hui, insultent les Russes à longueur de commentaires. La presse veillait à ce qu'aucune info véritable n'arrivât à leurs oreilles, pourtant déjà bouchées à l'émeri. Le gnome de Kiev dit qu'il faut faire sentir la guerre à la Russie. Ah oui, parce qu'au Donbass, puis à Koursk, à Belgorod, on ne la sentait pas du tout, quand ses mercenaires y commettainet des atrocités. J'en connais qui ne veulent pas savoir. Mais ils deviennent rares, parce qu'ils sont généralement partis au pays de la démocratie de Nono la gargouille.