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lundi 3 août 2026

ilôt de paix dans la tourmente

 


La France devient un vrai nid de démons. On la met à sac, à feu et à sang. Des incendies gigantesques brûlent des régions entières, avec leurs animaux sauvages qui ne savent plus où se réfugier, avec leurs oiseaux, avec leurs villages. Mais la préfète de la Gironde veut empêcher les agriculteurs d’aider les pompiers, ça c'est très important. Plus important que d'empêcher la vie de partir en fumée.

On dirait que la France s’ukrainise. Les paysans, les pompiers, les petites gens de province restent les Français que j’ai connus, dans le genre de ma famille. Mais il y a tellement d’abrutis, et d’abrutis diplômés, et même de brillants slavistes, qui se conduisent comme l’Orgon de Tartuffe entre les mains de l’abominable mafia qui nous gouverne, et hurlent à la mort contre les Russes, et contre tous ceux qui veulent rétablir la vérité, en face des calomnies et des inversions accusatoires… Ils s’avilissent à vue d’œil et ne sont pas loin de lyncher ceux qui pensent mal. Oui, c’est la contagion du maïdan, cette méchanceté stupide et cette vilenie qui me dégoûtaient chez les Ukrainiens ukrainisants, et qui à elles seules me persuadaient que le Donbass et la Russie étaient le bon camp. A présent, la meute se déchaîne contre une belle journaliste russe, qui a dirigé RT France, Xénia Fedorova. Quand on voit son visage calme, pensif et profond, et les gueules convulsées des gargouilles qui la livrent à leurs zombies glapissants, on a l’impression d’assister à un film d’épouvante. Ca ne choque pas les imbéciles que des hordes de filles ukrainiennes déchaînées viennent crier leur haine sur tous les plateaux, mais que la seule journaliste russe du paysage audiovisuel, digne et respectueuse, soit privée d'exprimer l'autre point de vue par le sinistre aux yeux sur pédoncule, cela n'est pas tolérable..

Tout ceci me perturbe et m’angoisse tellement que j’en ai en permanence la larme à l’œil.cela me serre terriblement le cœur. Je regrette presque d’être partie, j’aspire à « rentrer chez moi », au « Pays bleu » qui n’existe plus de la France de Trenet. Je me demande parfois ce que je fous ici, où tout le monde m’adore, où je vends des dessins, et même des livres ; où des théories de pèlerins font le déplacement pour discuter avec moi et m’entendre chanter. J’en ai eu toute une théorie aujourd’hui, ils ont été adorables, et moi un peu ahurie. Ils m'ont posé des tas de questions, sur mon itinéraire, et en partant m'ont embrassée comme si j'avais fait partie de leur famille. Mais quel que soit mon amour pour la Russie, la France de mon enfance m’occupe de plus en plus l’esprit, je péris de nostalgie devant des photos d’Annonay ou de l’Ardèche, des petits villages qu’ils vont tous détruire, des églises qui brûlent ou qui s’écroulent, des paysages qu’on saccage les uns après les autres. Cela ressemble à la fin du monde, et je ne trouve même plus les mots et la force pour exprimer ce qui me pèse sur l’âme.

Nicolas Bonnal me dit de me rapprocher de Dieu et le père Andreï de me confier à Lui, que les épreuves et les maladies sont là pour nous ouvrir les yeux. "Dans mon cas, lui dis-je, elles les fermeraient plutôt, car je perds la vue. 

- Eh bien les yeux spirituels..."

Ce qui est chiant quand on vieillit c'est qu'on finit par mourir. Je me demande s'ils vont s'ouvrir, mes yeux spirituels? L'eucharistie me paraît à chaque fois suave, élastique et vivante, et je m'entretiens beaucoup avec Dieu, mais est-ce que je m'entretiens vraiment? Est-ce que je déborde d'amour? Je déborde de larmes.

J'ai commencé, sur commande de la chaîne Spas, la traduction du scénario d'un film sur saint Augustin. C'est intéressant, j'avais lu les Confessions autrefois, c'était étonnement vivant, pour une époque où les écrits prenaient toujours de la distance, c'était quasiment une oeuvre moderne, une autobiographie. Evidemment, c'est peut-être surprenant de ma part, mais j'ai de la compassion pour le père païen du saint, tout heureux et tout fier de voir son fils devenir un homme qui s'intéresse aux filles et à la bonne bouffe dans les festins romains. Pendant ce temps, sainte Monique, avec laquelle peut-être il ne devait pas rigoler tous les jours, priait pour que l'adolescent choisît plutôt de se déssecher dans la chasteté, ce qu'il n'était pas vraiment pressé de faire, il le disait lui-même à Dieu, encore un moment monsieur le bourreau. Je n'arriverai jamais à comprendre pourquoi il est saint de mépriser les plaisirs de la chair, pour lesquels Dieu nous a pourtant Lui-même équipés au départ. Je comprends que leur satisfaction ne doive pas diriger toute notre vie, mais que la procréation doive se limiter à une gymnastique sinistre pour être convenable est un concept qui me paraît mener directement à son apparent contraire qui est la pornographie. Ces choses-là deviennent innocentes et belles quand on les fait par amour et avec bonheur, avec simplicité, avec naturel. Evidemment, quand on vous mariait avec un type qui ne vous plaisait pas, on avait peut-être du mal à le voir ainsi. Et trouver un type qui vous plaît, surtout à une époque où il fallait se marier de façon quasi obligatoire, ce n'est pas toujours simple.

Pour me changer les idées, je suis allée me baigner à l'embouchure de la rivière, près de l'église des Quarante Martyrs. J'y suis allée en vélo. La municipalité refait la berge et j'en suis très étonnée, d'une façon discrète, on a juste pavé la route, en laissant sur les bas-côtés les fleurs des maisons, les saules, les petits coins herbus, tout ce qui garde à l'endroit encore un peu de poésie et de pittoresque. Comme il a beaucoup neigé, et beaucoup plu, la rivière est pleine, propre, et je m'y suis glissée avec bonheur, pour nager vers le large du lac, bleu foncé, avec dans le ciel ces nuages qu'il y souffle en permanence, comme un enfant des bulles de savon. Sous l'église, une rangée de pêcheurs, un couple en ballade. Je regardais passer les hirondelles, dériver les canards, glisser les barques multicolores.Tout était si calme, si joli et si paisible. Au retour, j'ai appris que les Ukrotaniens avaient fait exploser un drone sur une plage, sur des gens désarmés, des enfants. Bien qu'ils en accusent toujours les Russes, c'est une vieille habitude, chez eux, que de faire des cartons sur les écoles, les gosses dans les bacs à sable, les grands-mères dans leurs potagers, les prêtres dans leurs églises, les ambulances... On voyait cela dès 2014, et inutile alors d'essayer d'attirer sur ce fait l'attention des personnes qui, aujourd'hui, insultent les Russes à longueur de commentaires. La presse veillait à ce qu'aucune info véritable n'arrivât à leurs oreilles, pourtant déjà bouchées à l'émeri. Le gnome de Kiev dit qu'il faut faire sentir la guerre à la Russie. Ah oui, parce qu'au Donbass, puis à Koursk, à Belgorod, on ne la sentait pas du tout, quand ses mercenaires y commettainet des atrocités. J'en connais qui ne veulent pas savoir. Mais ils deviennent rares, parce qu'ils sont généralement partis au pays de la démocratie de Nono la gargouille.


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