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| Mars au bord de la rivière |
Grosse explosion hier soir. Trois explosions, la seconde plus forte que les autres. Ce ne sont pas des feux d'artifice. La raffinerie de Iaroslavl est trop loin pour que nous entendions ici quelque chose. Donc, on ne sait pas ce que c'est, où c'est. Cela fait peur. Je pense au Donbass, à ma visite au père Nikita qui, à Dokoutchaïevsk, entendait cela couremment pendant les huit ans qui ont précédé l'intervention, et même après, mais dans l'autre sens. Avec des maisons éventrées, des cadavres dans les rues.
Nicolas Bonnal m'a envoyé un texte "ukrainien" qui se vante de nettoyer la vermine russe à coups de drones un peu partout pendant la semaine sainte. Et en effet, avec le goût pour ce genre de choses des terroristes et des génocidaires qui vont main dans la main, on s'est attaqué à des civils dans la région voisine de Vladimir, toute une famille y est passée, sauf une fillette de cinq ans qui a réussi à sauter par la fenêtre avant que le toit ne s'effondre. Je mets des guillemets à Ukraine, parce que ce trou noir qui bave des démons sur toute l'Europe, et même le Moyen-orient, n'a plus grand chose à voir, à mes yeux, avec Gogol et Boulgakov, les cosaques Zaporogues et les belles chansons, et je ne pense pas que les cerveaux de telles opérations soient tellement slaves, encore qu'il puisse y en avoir, dans le tas.
Je m'étais dit que j'essaierais d'éviter l'actualité pendant la semaine sainte, mais elle devient difficilement évitable. Pour les explosions, d'après Katia, c'était la défense antiaérienne,d'après ma voisine, citant la mairie, il s'agissait d'un avion qui passait le mur du son. Cela me rappelait diantrement, comme barouf, l'explosion du métro Rijskaïa à mon retour de l'école, dans les années 2000, mais il y a très longtemps que je n'ai pas entendu d'avion passer le mur du son, à croire que cela ne se faisait plus.
Enfin par ailleurs, j'ai des analyses de jeune fille, tout va bien... Je mourrai en bonne santé. Il m'est arrivé une chose étrange, brusquement, tous mes mails des derniers mois ont disparu, et j'ai vu ressurgir une foule de messages des années 14, 15, 16, 17 que j'avais en principe effacés car la Russie étant sous sanction, Gmail me refusait d'acheter de la place supplémentaire, et j'avais dû détruire en partie ce qui m'en prenait trop. Il semblerait donc que les mails détruits eussent subsisté quelque part, sinon, d'où viendraient-ils?
Tout d'un coup, bien que je me fusse refusé à les éplucher, pour ne pas y passer la nuit, je me suis retrouvée, en les survolant, dans une autre réalité, celle de la France, de Cavillargues, de Solan, des préparatifs de mon départ, et tout cela m'a paru à la fois si familier et si lointain, comme si je le voyais depuis l'autre monde, d'autant plus qu'une partie de mes correspondants a rejoint ce dernier depuis lors...
Sinon, mes dessins font leur chemin, ils plaisent. J'en ai mis quelques uns en dépôt dans une galerie qui montre un peu de tout, du meilleur et du pire. La patronne est très amicale. Elle me propose aussi une "soirée créative", mais j'ai besoin d'une pause.
J'ai vu ces deux citations qui me paraissent complémentaires et reflètent ce que je ressens depuis bien longtemps, elles expriment toutes les raisons de mon horreur de la modernité et du naufrage de la modernité dans l'horreur.

"Nicolas Bonnal m'a envoyé un texte "ukrainien" qui se vante de nettoyer la vermine russe à coups de drones un peu partout pendant la semaine sainte. Et en effet, avec le goût pour ce genre de choses des terroristes et des génocidaires qui vont main dans la main, on s'est attaqué à des civils dans la région voisine de Vladimir, toute une famille y est passée, sauf une fillette de cinq ans qui a réussi à sauter par la fenêtre avant que le toit ne s'effondre. Je mets des guillemets à Ukraine, parce que ce trou noir qui bave des démons sur toute l'Europe, et même le Moyen-orient, n'a plus grand chose à voir, à mes yeux, avec Gogol et Boulgakov, les cosaques Zaporogues et les belles chansons, et je ne pense pas que les cerveaux de telles opérations soient tellement slaves, encore qu'il puisse y en avoir, dans le tas"
RépondreSupprimerChère Laurence, C'est malheureusement le drame de cette histoire. Ce sont ces ukrainiens russophones, descendant des cosaques Zaporogues qui ne veulent plus vivre dans le giron russe. Ce n'est pas pour dire si c'est bien ou mal mais il suffit juste lire les opinions du Luke de Zaporizhe (église canonique d'Ukraine) pour comprendre qu'il y a eu une cassure.
https://orthochristian.com/146022.html
—Alors, quand Poutine vient en Ukraine et dit qu’il est venu protéger les russophones et l’Église russe, qu’avez-vous à dire ?
—L’Église ne lui a rien demandé. Nous avons confiance en Dieu pour nous protéger. Quant à moi, parler russe à mes fidèles… C’est parler russe, pas la langue de la Russie. Je considère qu’il est préférable de lire Dostoïevski, par exemple, en russe plutôt que dans une autre langue. Vous allez dire que je soutiens le « monde russe » ? Non, je ne soutiens absolument pas le monde russe. Je soutiens le monde orthodoxe. Et le monde orthodoxe ne se limite pas à la Russie ou à Odessa. C’est la plénitude du monde orthodoxe, que j’ai pu constater partout.
Je suis allée au Donbass cet été, chez les russophones descendants des cosaques zaporogues, et nonobstant la postion de monseigneur Luc, pour qui j'ai néanmoins beaucoup de respect ainsi que pour toute l'Eglise ukrainienne perspécutée, je n'ai pas du tout eu l'impression qu'ils ne "voulaient plus vivre dans le giron russe". Un prêtre local m'a confié que l'Eglise ukrainienne avait commis une grande erreur en ne s'accrochant pas à l'Eglise russe, comme l'avait recommandé le starets Zossima de Donetsk. Et pas seulement lui, d'ailleurs. Car ainsi qu'on le voit, "l'Ukraine indépendante" de Zelenski ne fait aucune place à l'Eglise orthodoxe. Elle lui veut même carrément la peau. Et ceux qui ont bricolé une "Eglise" concurrente avec la bénédiction du patriarche Bartholomée ne sont pas animés d'intentions meilleures ni envers elle ni envers n'importe quelle Eglise orthodoxe soumise à leur pouvoir politique
SupprimerOn est d'accord sur l'église de Constantinople. Les véritables orthodoxes Ukrainiens ne vont pas en masse de ces églises et cela est le principal marqueur. Ils sentent bien l'imposture...
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