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lundi 20 avril 2026

Enfer

 

Cela recommence, avec les éleveurs, dont on vaccine les vaches de force, avec Dieu sait quelle saloperie. Une éleveuse s’était même enfuie dans la campagne avec son troupeau, mais on l’a rattrapée, on a endormi vaches et petits veaux nouveau-nés à la seringue hypodermique pour leur injecter une merde et faciliter la disparition de nos animaux de qualité, de notre agriculture équilibrée et normale, des petites exploitations humaines. La mafia à l’œuvre. Je regardais l’horrible vétérinaire requise par l’ignoble préfète, s’acquitter de son sale travail avec un sourire insolent et sadique, pendant que l’éleveuse pleurait. Une jeune femme qui fait beaucoup de vidéos révoltées sur le sujet s’est vu fermer tous ses comptes et confisquer  ses économies. Elle assistait à cette ignominie et essayait de parler à la flicaille, de faire appel à ses sentiments et à son honneur, quelle naïveté ! L’avocate des éleveurs essayait de s’interposer, personne n’en avait rien à foutre, la loi du plus fort, imposée par de sinistres cognes, qui, demain, agiront avec n'importe lesquels de leurs concitoyens de la même manière brutale et dénuée de la moindre empathie. On pourrait penser que ce sont des étrangers, des Ukrainiens, par exemple, car Macron en a recruté pour la gendarmerie. Mais non. J’ai vu ce matin la liste de cette bande de salauds, publiée sur Facebook, et avant même que je n’eusse commenté, le truc avait disparu, censure rapide comme l'éclair. Mais j’avais eu celui de voir que tous ces noms étaient bien français. J’ai pris flics et préfets en telle aversion que je ne manque jamais de les mettre plus bas que terre dans les commentaires, et qu’on ne vienne pas me dire qu’ils exécutent les ordres. Des ordres pareils ne devraient pas être exécutés. Des gens qui ont du cœur et de l’honneur ne peuvent pas faire cela; j'aurais un de ces sales types dans ma famille que je lui cracherais à la gueule et ne le reverrais pas de ma vie. Et que dire des vétérinaires qui s’associent à ce méfait ? Cette grosse truie ricanante au milieu de sa flicaille mécanique au front bas et au regard de veau en gelée ? La France est en enfer, au milieu des démons. 

Dans une courte vidéo, un intellectuel expliquait que nous entrions en tyrannie. « La tyrannie, disait-il, est confortable, car elle nous évite de faire des choix, ce qui est toujours difficile. De plus, elle se nourrit en France la complaisance de ceux qui envient leur voisin et sont ravis de le voir persécuté. » Les Irlandais, peuple héroïque et soudé, ont compris qu’il en allait de leur survie et se soulèvent comme un seul homme, jusqu’aux flics et à l’armée. Et chez nous ? Je me souviens d’une vidéo, au moment du covid et du confinement, où des gens, dont les fenêtres donnaient sur une église, s’écriaient avec des hululements de tricoteuses : « Regardez, regardez, ils vont à leur messe ! Appelez la police ! »

Ensuite, j’ai vu un paysan déclarer : « Arrêtez de faire les malins sur les réseaux, d’expliquer, prier et pleurer, vous ne voyez pas à qui vous avez affaire ? Vous ne voyez pas que vous êtes en dictature ? Organisez-vous en secret et en silence, entre vous. Les gens qui sont à des centaines de kilomètres ne peuvent pas nous aider ».

Le problème est que beaucoup de Français honnêtes refusent absolument d’envisager que les monstres en costar et tailleur Chanel, ou les cognes en uniforme, sont ce qu’ils sont : des ordures qui nous veulent la peau, servis par des sbires que rien n’émeut ni n’arrête. Je suppose que c’était aussi le problème du Russe normal au moment de la révolution d’octobre. Quand il allait protester contre la fermeture des églises, il ne s'attendait vraiment pas à se faire mitrailler, car les gens normaux ne font pas des choses pareilles. Mais cela va venir, cela vient déjà, chers Français. Ce qu'on fait aux éleveurs et à leurs bêtes, on vous le fera demain, on vous l'a déjà fait avec le vaccin de merde, avec vos enfants baillonnés et isolés du matin au soir, soumis à une déconstruction totale de leur personnalité par des écoles dévoyées.

Je pensais à mon beau-père, qui dormait avec son fusil sous son lit . A mon avis, aujourd’hui, il aurait pris le maquis avec son arme et ses bêtes. Et je lui aurais passé les cartouches. Le paysan d’autrefois ne se laissait pas faire, il ne s’en laissait pas conter.

Ce qui me glace le sang, c’est que la même chose se produise en Sibérie, on a l’impression que nous sommes tous partout assiégés par le même mal démesuré, déchaîné et infatigable, qui se nourrit de la complicité des imbéciles. Et si la majorité des commentaires, sous les publications qui exposent ces événements, font preuve d'empathie et d'indignation, il y a encore suffisemment de petits Dupont la Joie qui se prennent pour des penseurs parce qu'ils lisent la bonne presse et regardent les bonnes émissions. L'éleveuse maltraitée par la flicaille suscite leur joie mauvaise, ils lui conseillent de changer de métier, de respecter la loi, se gaussent des "complotistes" qui "ne s'informent pas". Eux "s'informent". Ils se font siphoner la cervelle par des nuisibles qui leur expliquent à quel point,  en écoutant leurs salades, ils se montrent plus intelligents que le vulgum pecus que nous sommes. Je les vois, depuis au moins l'infâme désinformation sur le Donbass, se rengorger et faire la leçon sur des sujets dont, complètement intoxiqués par la propagande et leur suffisance, ils ne savent et comprennent absolument rien.

La Semaine lumineuse a pris fin. Je suis allée hier aux vigiles, je me suis confessée à l’évêque. Je lui ai dit que j’étais tellement malade au vu de ce que le gouvernement inflige, chez nous, aux paysans que je souhaitais les pires maux à toute cette clique et la maudissais de toutes les manières. « Je vois mourir ma civilisation avec moi, je vois profaner tout ce que j’ai aimé et respecté par des gnomes, et ce n’est pas facile à vivre.

- Je comprends, m’a-t-il dit, eh bien nous allons prier pour vous ».

La Semaine lumineuse a pris fin. Ce matin, à la liturgie de l’aube, j'étais appaisée. Pour une fois, je reçois plus de grâce après Pâques que pendant la Semaine sainte. Je me sentais déborder d’amour pour le père Andreï et toutes les personnes présentes, tout me paraissait d’une étrange et chaude splendeur, dans cette église pourtant bien déshéritée, je songeais : « Un jour prochain, tout ce qu’il nous restera de beau dans le monde, ce sera les icônes dans nos églises. »

 Le père est sorti du sanctuaire, juste avant la communion, pour engueuler son sacristain : « Vitali, mon cher, j’entends chaque mot que tu dis depuis l’autel, qu’est-ce qui te prend de bavarder comme ça ? Je sais que c’est toi qui fais le ménage ici et que tu t’y sens chez toi, mais c’est quand même avant tout la maison de Dieu ! » Vitali était extrêmement confus, souriait humblement, et moi j’étais confuse pour lui, bien que le père Andreï ne lui eût pas parlé méchamment, je souffrais pour lui. Je ne sais pas si Vitali l’a senti, mais à la fin de l’office, il m’a donné une prosphore.

Après les vigiles, j’étais passée au bar du café ou l’on donnait un concert de jazz. En fait, je me fichais du programme, je n'avais juste rien à manger chez moi, une faim de loup et envie d'une pizza aux trois fromages... Mais le concert était très bien, une femme et un jeune homme, elle jouait du piano, lui du saxo, et il chantait aussi, il improvisait. Une partie des compositions était inspirée par des chansons françaises des années cinquante et je me suis mise à pleurer, Rita sur les genoux, dans l'obscurité propice aux débordements émotifs silencieux. Parce que je voyais Pierrelatte, Annonay et même Cavillargues, le mistral et la lumière, les coquelicots, la cour de la Surelle au moment des apéritifs sous les platanes, Pedro gardant ses moutons, mes tantes sur les chaises longues de l'Armençon, la plage et les mouettes, les pliages de draps à l'hôtel du Rocher, avec maman et le ciel bleu derrière les toiles blanches, le marché du vendredi, je pensais: "Et pourtant, Dieu sait que tu n'as pas été heureuse, en France, depuis que tu as quitté l'adolescence, Dieu sait que tu n'y avais pas ta place, et que les imbéciles au pouvoir maintenant y étaient déjà bien actifs."  


Oui, oui, c'est vrai. Mais il y avait tout ce soleil, et cette douceur de vivre, et les miens encore de ce monde. Pourquoi m'être tellement obstinée, autrefois, à ne pas rester auprès d'eux? A présent, je verrais s'écrouler ce qu'il reste du monde que j'aimais. Mais j'aurais davanatage profité de la présence des personnes chères, je n'aurais pas perdu ma jeunesse dans les villes, loin de la nature, des bêtes, de la vie... Car tout ce que nous proposent le diable et son train, ce n'est pas la vie. Et ceux qui ricanent de voir molester les paysans sont des morts vivants, c'est du reste ce qui les rend si mauvais, si envieux, si vils et désespérement stupides. Eux n'auront pas volé l'enfer qu'on leur prépare, mais le plus triste est qu'ils y sont adaptés, comme les rats à l'égoût. Il y a des gens faites pour l'enfer comme les chiens pour mordre.   

Je termine un portrait de ma soeur que j'avais commencé en 1985... Quarante ans plus tard. Mon record de procrastination!


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