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mardi 20 octobre 2026

Ravages


Ravages, c’était le titre d’un ouvrage d’anticipation de Barjavel qui m’avait beaucoup impressonnée quand j’étais adolescente. Je souhaitais évidemment que tout cela restât du domaine de la spéculation. Hélas, les choses prennent un tour de plus en plus cauchemardesque, car les malfaiteurs impliqués ne connaissent aucun frein et se fichent complètement des populations, surtout de celles qui sont encore enracinées, dignes, honnêtes, conscientes, solidaires et capables. Ils aiment les mous, les veules, les abrutis et les violents, ceux qui, issus de nulle part et élevés par personne, semblent surgir des crevasses de nos pays par génération spontanée. En vue de les achever. La frontière est floue entre ces grandes compagnies et la police elle-même. Pour moi, le critère est le suivant: si la mafia envoie ses provocateurs et ses chiens avec une brutalité implacable, la cause est juste, les réprimés des gens normaux, quels que soient leur âge, leur couleur, leur situation sociale ou leur orientation politique. Si elle laisse faire, c’est qu’elle a besoin de foutre la merde et de nous jeter les uns contre les autres, en frappant au besoin les deux côtés, comme au moment du maidan, ou en Yougoslavie. Et ca marche, grâce a des décennies de dressage. Ce sont les gauchiasses de Mélenchon, les "islamo-gauchistes". Ce sont les fachos, les racistes, les RN. La fracture est plus profonde qu’entre huguenots et catholiques et ne suit plus les memes lignes de faille, beaucoup de catholiques etant de gauche, et beaucoup de droitards sionistes, parce qu’ils sont obnubilés par l’invasion islamiste et que les juifs sont des gens fréquentables comme nous, avec des costars cravates et des brushings, et ils ne peuvent par définition commettre aucun forfait, et surtout pas un génocide. Du coup n’importe quel manifestant est assimilé a une racaille islamiste. On peut arracher un oeil à un môme dans la rue, c’est bien fait pour lui et pour ses cons de parents. On ne se souvient plus des gilets jaunes, des éleveurs, on ne remarque pas que la racaille n’est pas réprimée tandis que les gens normaux le sont, on aime tellement l’ordre établi, on veut tellement continuer à y croire et se cramponner au premier uniforme qui passe... Mais ce n’est pas Mélenchon qui a mis la France dans cet état, ́ni le Pen, ils n’étaient au gouvernement ni l’un ni l’autre, techniquement. Bien qu’au fond ils fassent partie du meme théätre et de la même mauvaise pièce, et usent des mêmes procédés. On oublie du coup, au spectacle d’insupportables violences largement provoquées et largement médiatisées, qui est à la manoeuvre. Avec le recul, je vois sur l'écran la racaille, et ne m’étendrai pas sur la violence du dégout qu’elle m’inspire. Mais je vois aussi des foules bon enfant qui fraternisent, au son d’un orchestre classique gazé par les robocops macronesques, des jeunes qui entonnent l’air des esclaves de Verdi, et puis je me dis ceux-là, ceux qui ont de bons comportements et qu’on castagne, où prendront-ils la motivation pour "s’en sortir par le travail", s’ils prêtent attention à la façon dont l’état laisse traiter les petits commerces par les voyous? Et, si je suis convaincue qu’il s’agit d’une manoeuvre déliberée pour aveugler la bêtise au front de taureau, je discerne même, pour un état mafieux toxique, un autre avantage à ces destructions: l’anéantissement par les pit-bulls de banlieue de ce qu’il subsiste de petites affaires indépendantes. Mais restez chez vous les enfants, et travaillez pour fournir aux uns les esclaves et aux autres la chair à canon, et vous ne serez privés ni de vos dents, ni de votre oeil, ni de vos mains...
Parallèlement, on détruit à marche forcée, outre le patrimoine, de façon plus ou moins sournoise, les paysages les plus beaux, les sites naturels les plus intacts, le peu qu'il reste en France d'espace pour la vie, la poésie, les renouveaux éventuels. A peine refroidies les cendres des incendies de forêts, des chasseurs au front bas, au moment même où le pays est mis au pillage, vont gaspiller des cartouches à faire des cartons sur les animaux sauvages rescapés ou les animaux d'élevage désiorentés et sans défense qui sont livrés chaque automne à leur sadisme. Des groupes financiers ravagent les derniers milieux naturels pour asphalter encore une autoroute de merde ou bétonner des data centers. Et il se trouve de nombreux abrutis pour les approuver, leurs enfants leur diront merci... 

J’ai été malade pendant 10 jours, une bronchite épouvantable assortie de maux de tête, et je ne suis encore pas bien vaillante. C'est un virus qui s'en donne, dit-on, à coeur joie dans le paysage. J'étais incapable d'écrire, et même de lire. Et puis internet a été bloqué à mort. Enfin bien entendu, le local fonctionne plus ou moins, et, chose étrange, Whatts'app. Mais pas Facebook, ni X, ni You Tube. De sorte que j'avais peu d'écho de ce qui se passait en France, même si je pressentais les développements. Des attaques de drones ont lieu en Russie sur Moscou et Saint-Petersbourg. Les conséquences sont fâcheuses, mais n’atteignent pas profondement le pays. Le temps fraichit sur l’automne d’or et l’air devient pur et léger comme un envol de séraphins. Ils sont encore un peu chez eux, ici. Dieu veuille qu’ils y demeurent. Car on ne cesse non plus, à Moscou, de détruire ce qu'il reste de l'ancienne beauté de la troisième Rome pour bâtir des tours post-soviétiques d'une laideur fantasmagorique. Moscou  s'engloutit dans la mémoire éternelle, elle devient peu à peu, elle aussi, la ville invisible de Kitej

J’ai cueilli avant le premier gel mon traditionnel bouquet d’octobre. Asters et orpins, mes dernières fleurs.


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