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lundi 19 janvier 2026

С Праздником!

 






J’ai amené Rita chez le vétérinaire avec l’impression que je n’allais pas la revoir vivante. Elle l’a endormie sur mes genoux, pour ne pas lui créer de stress. Ensuite, je suis allée au café, et j’étais à peine installée qu’elle m’appelait, j’ai cru que ma chienne était morte. Mais non, l’opération était juste déjà finie. Elle est coriace, Rita. Lorsque je suis arrivée au cabinet, j’ai appelé doucement : « Ritoucha ». Elle a levé la tête, du fond de son coltar, et la vétérinaire l’a mise sur mes genoux. Elle avait les yeux ouverts ; elle me regardait, avec une adoration et un bonheur indescriptibles, une véritable béatitude, et un authentique sourire : « Tu es là et tout m’est égal. Tu es avec moi. » 
La vétérinaire m’a donné des médicaments pour la toux, des calmants, car c’est souvent la surexcitation qui la fait tousser, et depuis l'anesthésie, elle ne tousse plus, peut-être grâce au traitement pour lui soutenir le coeur et atténuer ses émotions.  Du coup, je me prends à espérer que ma petite copine passera encore un an ou deux à mes côtés, peut-être plus...

J’ai vu une vidéo d’Emmanuel Todd, dont j’apprécie d’ordinaire l’intelligence et l’honnêteté intellectuelle, mais en l’occurrence, je ne suis pas du tout d’accord avec son analyse. Il prétend que la dislocation de la société occidentale provient de l’hyper éducation des masses, initiée par la religion du progrès. C’est-à-dire que les gens instruits sont en trop grand nombre pour les postes disponibles à leur niveau de compétence, et que cette instruction leur donne un sens critique qui en fait avec cela des aigris toujours en révolte contre l’ordre établi. Sans vouloir lui faire de peine, encore une vision de monde typiquement universitaire. Que les gens diplômés soient en surnombre par rapport aux postes disponibles dans leur niveau de compétence, cela n’est pas faux. Dire que leur instruction en fait des aigris et des rebelles, cela suppose que toute personne n’ayant pas fait d’études supérieures est forcément inculte, et dépourvue de sens critique. C’est-à-dire que pour l’intelligent Emmanuel Todd, la culture est forcément universitaire, homologuée. Cette mentalité, et cette façon d’aborder la question, très française et très contemporaine, fausse complètement le débat, en ne tenant pas compte d’une partie de la réalité. D’après mon expérience personnelle, le sens critique, l’intelligence, la créativité et la culture ne sont pas fatalement associés aux diplômes, même élevés, peut-être même au contraire. Les individus les plus crédules, les plus conformistes et les plus malléables, on les trouve chez tous ces intellectuels diplômés, incontestablement en surnombre, et se croyant d’une autre essence, car ils ont été séléctionnés non par rapport à leur réelle culture et à leur sens critique, mais à leur correspondance à un certain moule idéologique, à une bien-pensance, à une interprétation particulière des choses qu’ils ne veulent à aucun prix remettre en question, pour ne pas se faire ostraciser par leurs semblables. Aigris, ils le sont, s’ils n’ont pas trouvé la niche confortable digne de leurs diplômes, or ce souvent des médiocres qui n’ont pas les moyens de leurs ambitions et qu’on a poussé à l’université alors qu’ils auraient fait de bons ébénistes ou de bons paysans cultivés, si on ne leur avait appris à mépriser tous ceux qui n’ont pas reçu le sceau sacro-saint des études supérieures, substitut,  dans nos sociétés, de la particule pour un bourgeois du XVII°. Emmanuel Todd ignore complètement la culture populaire, il est vrai en voie de disparition, mais qui faisait de n’importe quelle personne l'héritière d’une tradition poétique, musicale, de savoir-faire divers dans toutes sortes de domaines, ce qui était tout aussi respectable et tout aussi générateur d’intelligence et de sens critique que des études dans des facs orientées politiquement et coupées du monde réel, sinon même beaucoup plus. Je dirais même que c’était justement dans les rangs de ce petit peuple laborieux et dépositaire des traditions qu’on trouvait les personnes les plus réfractaires aux endoctrinements. Dans son analyse, il ne tient pas compte du bagage qu’avaient ces couches populaires avant qu’on en pousse les enfants à faire des études généralement inutiles, non seulement sur le plan des débouchés pratiques, mais même sur celui de la culture personnelle, qui n’est plus en odeur de sainteté depuis plusieurs décennies dans les cénacles de la bien-pensance, je le constatais déjà dans les années soixante-dix. Dans ma famille, aucune de mes tantes n’avait de diplôme, sauf une seule, qui avait brillemment passé son bac. Et pourtant, toutes lisaient, toutes avaient du goût, aimaient les belles choses, faisaient preuve d'un esprit indépendant et critique, et ne se sentaient pas déshonorées ni amères d'être femme au foyer, hôtellière ou représentante en colle industrielle. Ma tante Jacquie, qui n'avait jamais fait d'études supérieures, lisait Ernst Junger, Nietzsche, Mircea Eliade et Marcel Proust. Mon beau-père paysan avait eu son bac latin grec, mais n’avait pas supporté de vivre en ville, et il était revenu s’occuper de la ferme, qui le laissait exister en parfait anarchiste, loin des conventions sociales et des contraintes citadines, avec son fusil sous le lit et sa petite cigarette au bord de son champ, devant le coucher de soleil. Et cela, tandis que je voyais tellement de pseudo-intellectuels, incapables d’une idée originale, répéter des doxas politiques inculquées, et juger toute la culture au travers de ce prisme, méprisant nombre de chefs d’oeuvre qui n’entraient pas dans leur grille de lecture. Cela ne l’empêchait pas de se cultiver, et d’une manière plus curieuse et ouverte que le produit des facs de l’après soixante-huit, occupé à déconstruire l’héritage «bourgeois » . Le problème est plutôt qu'à présent, le peuple a perdu sa culture authentique et traditionnelle, et les soi-disant intellectuels n'ont plus qu'une culture factice, dénaturée et émasculée par l'idéologie.

J’ai vu également des vidéos de la charmante Gabrielle Duvoisin, qui cherche à faire connaître sous un vrai jour la Russie, où elle vit depuis trois ans, consacrées à un blogueur français qui ment sur ce thème d’une façon absolument honteuse et, à mon avis, ne peut pas ignorer qu’il le fait. Elle le démontre à sa façon habituelle, posée, ferme et efficace. Quel est le mécanisme mental de ce genre de petit salopard, qui va délibérément inventer des calomnies fantasmagoriques sur un groupe ou un peuple désigné à la vindicte publique par des agitateurs et des manipulateurs avec une patience d’araignée depuis des décennies ? Gabrielle a l’intelligence de mettre des sous-titres à ses vidéos, pour que les Russes apprécient le degré de perversité qu’atteignent journalistes et informateurs homologués dans les pays d’Europe en général, et en France particulièrement. Car une bonne partie d’entre eux ne l’imagine même pas. Son témoignage est utile des deux côtés. En particulier auprès de certains jeunes Russes de ma connaissance, qui croient tout ce qui vient de l’Occident par principe.



Dans la série calomnies, j’ai vu qu’on menait une campagne de presse contre les moniales de Sainte Elizabeth de Minsk accusées d’être des espionnes russes qui collectent de l’argent pour l’armement. Ces femmes, afin de financer leurs bonnes oeuvres, vendent leurs icônes et leurs matriochkas dans les monastères orthodoxes occidentaux, et même chez les catholiques, depuis des années et des années, on les recevait à bras ouverts, et on les connaissait bien, mais il suffit que de vils journaleux se mettent sur commande à leur glapir aux chausses pour que plein de bonnes âmes leur ferment la porte, et je trouve cela tellement lamentable que j’ai honte du pays d’où je viens, d’autant plus qu’ici, on se fait une joie d’accueillir les Européens et de me saluer en français. Je comprends d’autant mieux la jeune indignation de Gabrielle Duvoisin... On m’a envoyé récemment une vidéo qui m’a laissée pantoise, manifestement conçue par l’IA, et intitulée : « Noel orthodoxe à Moscou ».  C’est une sorte de parade qui tient le milieu entre Disneyland et un défilé hitlérien, avec des mouvements d’ensemble réglés comme du papier à musique, un gigantisme absolument étranger à l’orthodoxie et les chants religieux, qui n’existent pas dans la nature, sont en anglais. Quand on a vu les processions du métropolite Onuphre en Ukraine, dont personne ne disait rien en occident, même sur les sites orthodoxes, ou celle de Moscou, récemment, ou qu’on a participé soi-même à ce genre d’évènement, on sait que derrière les prêtres, les bannières et les icônes, marche une foule de gens de toutes sortes, en désordre et en toute liberté, avec des gosses dans des poussettes, des infirmes en fauteuil roulant, des cosaques d’un côté, des grands-mères de l’autre, bref, rien à voir avec un défilé du premier mai du temps de Staline. Le pire est que certains commentaires enthousiastes semblent venir de Serbes ou d’autres pays orthodoxes, mais ce sont peut-être des trolls. Je me suis demandé d’où sortait cette étrange profanation qui semble issue d’un autre monde, car elle a quelque chose de maléfique, de profondément étrange, et si des imbéciles l'ont conçue de bonne foi, ce que j’aurais vraiment du mal à croire, alors par leur intermédiaire, c’est le singe de Dieu qui s’exprime, afin de discréditer la dernière religion qui lui fait obstacle, et encore pas partout, puisque Bartholomée s’est déjà complètement prosterné devant lui.



Je voulais aller aux vigiles de la Théophanie, fête qui me tient particulièrement à coeur par son aspect spirituel et cosmique, et c’est à la Théophanie que je suis devenue orthodoxe il y a fort longtemps. Mais pour une seconde d’inattention causée par l’irruption derrière moi de la bagnole du voisin, je me suis retrouvée coincée dans la neige, et après avoir bataillé seule, puis avec ma voisine, puis avec le fils de ma voisine, pour sortir de là, j’avais perdu tellement de temps que cela ne valait plus le coup de risquer de m’enliser à nouveau. Ce matin, j’ai tenté le coup. Je suis allée à l’église du Signe, c’est plus calme, et le parking est bien déneigé. Cette église est vraiment ravissante, j’y retrouve Katia et Olga Viktorovna, que j’aime bien, mais je tiens aussi à la cathédrale, et au père Andreï... A la sortie, je suis allée au café avec Katia, et Liéna, la femme de Sacha, collaborateur de Gilles, est venue nous rejoindre. C’est une jeune femme adorable, tellement spontanée et positive, un rayon de soleil. Et nous avons ri, conversé et plaisanté toutes les trois, projeté une séance commune de bains de vapeur, des soirées musique ou folklore, commenté nos accoutrements douillets et les froids à venir encore. Katia ressemble à un jouet en peluche, même son sac-à-main est matelassé, et Liéna, toute emmitouflée, avait l’air d’une petite paysanne d’autrefois.

Sur le chemin du retour, je me sentais calme et joyeuse, la Théophanie a toujours été pour moi une journée spéciale, depuis ma conversion, j’y reçois toujours un encouragement. Cette année, c’était le moment que j’ai passé avec ces jeunes femmes, à rire et converser de bon coeur, dans ce lieu chaleureux où je n’ai que des amis.




jeudi 15 janvier 2026

Neige

 



Dimanche, j’ai commis l’erreur d’aller me promener avec Nini, comptant que le temps difficile allait arrêter les amateurs de luge, mais pas du tout, ils venaient avec leurs gosses et des voitures énormes, à travers la tempête de neige, et restaient coincés dans les congères, faisant des démarrages en trombe pour s’en arracher, et ne me laissant pas la place de me réfugier sur le côté. Habituellement, j’attends que tous les gamins remontent la pente pour traverser la piste, et c’est ce que j’ai fait, mais l’un de ces petis cons n’a pas attendu d’atteindre le sommet pour descendre et a foncé droit sur moi, me projetant à terre. J’ai tapé sur le visage et la poitrine, et j’ai eu tellement mal que je ne pouvais reprendre mon souffle, mais aucune excuse, et personne ne m’a aidée à me relever. J’ai traité cette bande d’ados de petits débiles mal élevés, ce qu’ils sont en vérité. Depuis, j’ai toujours un peu mal.

Auparavant, j’étais allée à l’église, priant le Ciel pour ne pas m’enliser, mais je l’ai fait au retour, à deux pas de chez moi. Il a fallu l’aide du voisin pour me tirer de là. Depuis, ma voiture est immobilisée, une des roues ne tourne pas. Je vais à pied faire les courses, et je constate que je marche bien mieux qu’avant, merci au docteur Simakov qui m’a remis le ménisque dans l’axe...

Des gars sont venus voir ma maison pour y faire un tournage. Dany m’a dit que c’était épouvantable, et qu’il fallait me faire payer en conséquence, et exiger qu’ils remettent tout en place. J’ai demandé aux types de m’emmener en voiture dans le centre, je devais aller à la poste, et puis je suis passée au café. Gilles avait réussi à venir : dans son village, on déneige. A Pereslavl, on peut toujours attendre. En revanche, le gouverneur exulte devant les recettes faramineuses que lui rapportent les parkings payants qui nous empoisonnent la vie dans tout l’oblast de Iaroslavl. Je suis un peu gênée de consommer gratis, chez Gilles, mais il m’a dit : « Ca m’arrange complètement ! Vas-y sans hésiter ! »

Au retour, j'ai fait des photos et un dessin de l'église de la Protection, qui est sur mon chemin. La magie de l'hiver russe et des illuminations de Noël qui durent ici pratiquement jusqu'à Pâques!



Elena Petchanikova est ravie du travail de rédaction que je lui ai fait et trouve même qu’il n’est pas assez payé ! Je m'en souviendrai la prochaine fois... Du coup, elle va inscrire sur le livre que c’est moi qui m’en suis occupée. J’espère que cela me rapportera d’autres commandes du même genre. Du coup, j’arrive à presque gagner ma vie. 

Nini n’est pas une lumière, mais elle commence à me regarder avec adoration et à faire tout ce qu’elle peut pour me plaire, la pauvre. Visiblement, elle n’en revient pas d’avoir une pareille vie de château. Elle ne s’éloigne pas, court volontiers dans la cour avec quelques incursions dans la rue, mais ne veut surtout pas me lâcher, je suis sous surveillance permanente. Elle fait parfois même de petits bonds joyeux. Je pense qu’elle sera sans problèmes, elle ne fait pas peur, n’est pas agressive, ni exagérément énergique.



Rita tousse parfois beaucoup, et j’en suis très affectée, je redoute terriblement le moment de la perdre. Cependant, au café, une cliente m’a dit que son spitz avait toussé de la sorte jusqu’à l’âge de dix-neuf ans... Lui ayant découvert une grosseur sur le ventre, je suis allée chez la vétérinaire. Il s’agit d’une hernie certainement causée par un point de sa cicatrice d’il y a deux ans, et il faut l’opérer, bien qu’elle soit vieille et fragile, mais comme c’est superficiel, cela ne demandera pas une grosse anésthésie. Au moins n’a-t-elle pas de cancer généralisé, comme ma pauvre Georgette. L’opération aura lieu demain. 

Dans une rue voisine, j’ai vu une très jolie petite maison aux couleurs de Noël, rouge et verte dans la neige, et je l’ai photographiée. Le type d’en face, qui avait aussi autrefois une isba, mais l’a complètement défigurée en lui adjoignant d’énormes excroissances de contreplaqué, m’a dit d’un ton condescendant : « Mais c’est une vieille maison...

- Eh oui, mais justement, elle est jolie. »

Ils font des maisons affreuses et sont vexés de voir que peintres et touristes leur tournent le dos pour s’intéresser à de vraies maisons russes poétiques avec des proportions harmonieuses et des teintes qui s'accordent bien.



dimanche 11 janvier 2026

La femme de Lot

 Des paysans assemblés à Paris chantent ensemble un chant occitan si grave, si profond, et certainement si ancien que j'en ai les larmes aux yeux. Si souvent les révoltés d'ici ou d'ailleurs ne recourent qu'à des parodies de mauvaise variété ou à du rapp pour s'exprimer, au lieu d'utiliser leur tradition, et voilà que soudain elle revient, comme une source comblée qui trouve une faille pour sourdre à nouveau.

Ces paysans sont beaucoup trop gentils, normaux et corrects pour la répugnante mafia à laquelle ils sont confrontés; et cela me rappelle la stupeur des gens du Donbass, en 2014, devant la méchanceté déchaînée et imbécile de leurs "compatriotes" ukrainiens. Je les regarde s'obstiner à essayer de convaincre une police qui n'est plus qu'une milice aux ordres de la mafia, comme d'ailleurs l'essentiel de notre armée. Autant parler à un mur. Tenter d'arrêter, comme les habitants de Marioupol en 2014, les chars d'assaut à mains nues, en comptant sur l'honnêteté et l'humanité de ceux qui les conduisent. Mais quand on est quelqu'un de correct, de digne, d'humain, il est bien difficile de s'imaginer qu'en face, on a affaire à des brutes et à des salauds capables de n'importe quoi d'atroce, de fourbe et de bas. Il faut, pour la méchanceté, des talents dont tout le monde n'est pas pourvu.

Sergueï Moïsseïev

Le lendemain de la Nativité, j'ai donc donné le petit concert dans le bar du café, en bas. A ma grande surprise, j'ai eu beaucoup de monde, et je ne me suis pas trompée dans mes chansons! Juste avant moi, il y avait une conférence de Sergueï Moïsseïev, journaliste et écrivain impliqué dans le "printemps russe" de Kharkov après le Maïdan. Il est à présent réfugié à Moscou, comme Ian Takhtior, Igor Drouz ou le père Andreï Tkatchev. J'ai appris que le drapeau qui lui sert de fond, et que l'on voit partout au Donbass, c'était lui qui l'avait conçu. Le père Nikita m'en avait offert un, quand j'étais là bas, pour l'accrocher sur ma façade. 

Sergueï Moïsseïev s'est battu pour obtenir l'édification dans la région de Kharkov d'un monument à Alexandre III. Pour lui, Kharkov est une ville russe, il s'appuie sur toutes sortes de détails historiques pour le démontrer. Il a toujours parlé le russe, il se considère comme russe. Il fait allusion au roman de Gogol Tarass Boulba, que je cite souvent moi-même pour corroborer le fait qu'à part les uniates de l'ouest autrefois sous domination polonaise et austro-hongroise, la petite-Russie et la Russie ont une même origine, une même foi et un même destin. Moïsseïev est monarchiste et rêve de réunir comme autrefois les trois Russie en lesquelles il voit l'arche où la civilisation chrétienne trouvera refuge. J'ai été impressionnée par sa force de conviction, sa foi, sa résistance, et j'ai pensé que je devais m'orienter sur ce genre de témoignages face au pessimisme universel, ou pire, à l'imbécilité et à la trahison... Comme il le dit, la femme de Lot, qui s'était retournée en arrière sur Sodome et Gomorhe, a été transformée en statue de sel. Et c'est ce que je fais, en suivant, le coeur saignant, l'épopée de nos derniers paysans trahis. Pourtant, si Dieu était prêt à sauver ces villes maudites pour dix justes, que ne le fait-Il pour 450 000 paysans? 

Sa femme m'a parlé de beaucoup de choses qui n'allaient pas dans la façon dont la Russie gère le Donbass récupéré, et des entraves que mettait, dans tout le pays, l'administration à l'existence et au travail des paysans, comme chez nous. Cependant, je ne suis pas sûre que ce soit au même point. Pour ce qui est des migrants, par exemple, de nombreux Russes me disent: "Mais chez nous, c'est comme chez vous!" Eh bien non. Je le vois bien ici, où je n'ai jamais peur, et même à Moscou. Bien sûr, j'ai parfois des échos de bagarres ou d'agressions, et potentiellement, si l'on n'arrête pas ce qui n'est ni plus ni moins qu'un processus d'invasion, on pourrait obtenir une situation comparable à celle de l'Europe, mais ce n'est pas le cas pour l'instant. Et pour le prouver, une jeune blogueuse française, Gabrielle Voisin, est partie se promener dans un "mauvais quartier" de Pétersboug, où ses amis russes lui déconseillaient vivement d'aller, et n'y a subi aucune agression ni même aucune incivilité. C'est la même chose avec la dictature numérique. Potentiellement, on peut nous l'installer. Mais pour l'instant, on ne sent rien de tel. 

Moïsseïev a déclaré que lui-même, qui n'est pas communiste, pensait que pendant la guerre de quarante avec l'Allemagne, au delà de l'idéologie, il y avait chez ses compatriotes quelque chose de profondément russe qui avait mis Dieu de leur côté, des vertus chrétiennes qui subsistaient et je pense que c'est vrai, cela se sent du reste assez fortement dans le cinéma soviétique sur cette époque, la Ballade du soldat, le Destin d'un homme... Aussi croit-il, et moi aussi, qu'actuellement, la guerre est métaphysique, morale, et que la personnalité des fonctionnaires et des dirigeants n'est pas ce qui joue le plus grand rôle dans son déroulement. 

Cependant, il est vrai qu'existent en Russie des forces négatives, des complicités avec les responsables de ce qui se passe en Occident, des recettes d'asservissement, de dépossession, d'avilissement que tel ou tel cherche à appliquer. D'après Dany, la télé est une entreprise de perversion totalement répugnante, où l'on voit s'étaler ce qui est officiellement condamné chez l'Europe pourrie, mais qui est toujours à la mode au sein d'un certain milieu et chez ceux qui en tirent profit. Mais tout cela se manifeste sans être vraiment appliqué comme un programme planifié.

Des personnages comme Moïsseïev me donnent des raisons d'espérer. Il comprend ce qui se passe, il est courageux, décidé, il fait partie de ces Russes habités par un idéal que rien n'arrête, et des Russes de ce genre, je crois qu'il y en a encore pas mal. Il nous a dit que les "commerçants" ne devraient jamais avoir accès au pouvoir, seulement ceux qui sont prêts à servir et élevés pour cela. Et je partage ce point de vue. Les usuriers et les marchands du temple ne devraient pas avoir accès au pouvoir, en aucune façon, seulement ceux qui ont été élevés pour servir, et ceux qui sont prêts à verser leur sang.

Une amie m'a envoyé une vidéo sur Pereslavl et le café la Forêt, elle est faite par un jeune influenceur, à l'usage des Français, dans leur langue, et je l'ai trouvée très sympa. J'ai écrit en commentaire que j'étais l'auteur des tableaux, et Azamat m'a répondu par une rafale de photos de moi prise par le père Nikita au Donbass, le monde est petit, il se trouve qu'ils sont amis. Mais qui ne connaît pas le père Nikita à Donetsk? Il ne peut pas faire un pas dans la rue sans que quelqu'un ne l'aborde...



mercredi 7 janvier 2026

Joyeux Noël

 


Nini s’anime un peu, surtout en promenade. Ce n'est pas le chien le plus intelligent que j'ai vu de ma vie, elle me rappelle un peu Rantanplan dans Lucky Luke. Mais elle est très contente, et me regarde comme la source de tous les bienfaits qu'il ne faut pas lâcher une minute, de sorte qu'elle me suit comme mon ombre. 

  

Génia, l’organisateur des concerts du café, a fait une annonce pour le petit concert de Noël que je vais y donner, en faisant allusion à mon engouement pour Ivan le Terrible, et à mes romans, et aussitôt, dans les commentaires, est tombée bien odorante une merde lâchée par la fille qui ne me pardonne pas d’avoir « diffamé » les Basmanov dans mon roman et m'avait organisé un tribunal populaire à la bibliothèque locale. 

Ce matin, à l’aube, je suis allée à la liturgie de Noël à l’église du Signe, invitée par Katia, qui y chante, j’y suis allée aussi la veille, pour les vêpres. J’aime beaucoup les icônes, surtout celle du saint tsar Nicolas II, qui est vraiment magnifique, et l’ambiance de cette église contemporaine, mais de style plutôt médiéval, et elle était très bien décorée par la femme du prêtre. De ravissants sapins, et sur l’iconostase, une guirlande de toutes petites ampoules serrées, comme des perles ou des fruits de lumière, un simple toit de branches pour l’icône de la Nativité, et une très jolie petite crèche à l’occidentale, avec des santons, mais au lieu de papier rocher, des rameaux de thuyas. Les gens m’ont accueillie à bras ouverts : « Oh ! vous êtes revenue ! Vous allez venir chez nous, maintenant ?" me dit une vieille en me prenant par la main. Olga Viktorovna, que j’avais vue cet été, me demande si je la reconnais, et m'invite chez elle pour chanter. Puis je rencontre Tatiana, la femme du cosaque Dmitri, et elle se réjouit de même. Je m’enquiers : « Comment va votre mari ? 


- Toujours sourd d’une oreille, et son bras droit ne marche pas... »

Mais dans les circonstances, c’est un moindre mal, il est vivant, pas trop lourdement handicapé, et il est revenu chez lui...

 Même le recteur, le père Serge, me regarde avec émotion en me tendant la croix. C’est un dilemme pour moi, car j’aime aussi la cathédrale, et puis il y a le père Jean qui m’attend toujours plus ou moins à Glebovskoié...

Baignée par toute cette sympathie, je contemple les petites lumières dans la pénombre dorée, je me laisse bercer par les chants et les prières, le temps passe tout seul, et dans la joie. Après l’office, nous avons tous pris le thé ensemble dans le réfectoire de la paroisse. 

Je devais aller à Serguiev Possad, fêter Noël avec Aurélie et Hélène, la fille de la matouchka Alexandra, mais à cause du chasse-neige qui avait créé une congère devant mon portail, j’ai embugné ma voiture pour la troisième fois depuis qu’on me l’a fait n’importe comment il y a huit ans. Et le matin, il y avait tempête de neige. De sorte que j’ai fêté Noël avec Tania et Olga, qui sont devenues très copines, sur la base d’origines cosaques communes, bien que Tania soit née dans l’émigration.

Gilles m’a proposé de me payer en partie mon travail en me donnant six mois de consommations gratuites au café !


la cathédrale...


samedi 3 janvier 2026

Gloria in excelsis Deo

nouvel an chez le voisin

Horrible événement en Suisse, où une discothèque, à la suite de l'incurie de propriétaires cupides, a englouti dans un incendie la vie de plusieurs dizaines d'adolescents inconscients qui, au lieu de quitter les lieux au plus vite, filmaient avec leur téléphone. J'ai toujours détesté les discothèques, et plusieurs ont brûlé de cette manière, sans compter qu'on peut y faire de très mauvaises rencontres. Bref les fêtes pour la jeunesse devraient avoir lieu soit à domicile, soit sur les places des village ou dans les bals de quartier, à condition, bien entendu, que la racaille ne vienne pas coller la zone...

Dans le même temps, les Ukrainiens ont bombardé un café où de paisibles civils de la région de Kharkov (théoriquement, selon les médias occidentaux, pourtant leurs compatriotes) fêtaient le nouvel an. 

Bonne année...

Ils ont aussi bombardé la résidence de Poutine et les lieux stratégiques qui l'entourent, une tentative de plus pour entraîner la Russie à faire le premier pas dans la guerre nucléaire dont rêvent les parasites de Kiev et leurs sponsors. C'est justement parce qu'ils ne pensent qu'à cela et ne savent plus comment le provoquer qu'à mon avis, les Russes ne le feront pas. Mais comme tous les êtres vils et médiocres, pleins d'astuce mais dénués de réelle intelligence, notre caste de mafieux prend cela pour de la faiblesse. Sur une courte vidéo, un jeune Ukrainien, dans un français impeccable, demande à Macron de se mêler de ses affaires et de ne pas entretenir la guerre plus longtemps. Mais ses affaires sont celles de Black Rock, Soros, Rothschild qui ont des affaires partout et des rancunes immémoriales et inexpiables envers toute l'humanité. Philippe de Villiers a révélé que 200 députés européens étaient au service de Soros, ce crapaud qui bave de l'acide chlorhydrique et chie des billets de banque que nul ne peut toucher sans se transformer en larve infernale.

Le colonel Jacques Baud, personnalité impeccable et sérieuse, qui ne prend pour source de ses ouvrages de géopolitique que des sources ukrainiennes et occidentales pour ne pas être accusé de "diffuser la propagande de Poutine", ne peut plus franchir de frontière, pour retourner par exemple dans sa patrie en Suisse, ni tirer d'argent, et ceux qui se risqueraient à lui en virer seraient exposés à cinq ans de prison, on bloque même les commandes alimentaires que des gens compatissants essaient de lui envoyer. Ceci sur simple lettre de cachet. Dans la belle démocratie de l'UE, on ne vous enfermera plus en camp, on vous laissera mourir de faim enfermé chez vous. Ou bien l'on vous "suicidera" dans votre voiture. Dans le même temps, Macron déclare qu'il mourra peut-être d'une balle dans la tête. Les risques du métier. Mais à mon avis, il n'a rien à craindre, car il est déjà mort. Des yeux de veau en gelée, vides et fuyants, un sourire faux, une tronche en biais, c'est un remake de la Nuit des morts vivants que nous vivons, et du Bal des vampires. Bon, c'est sûr que ces morts-là, il faudrait les arrêter de nuire, mais ce n'est pas une balle qui le fera. Il faudrait un pieu, un crucifix et une gousse d'ail. Et un exorciste.

Je pense que le pouvoir de ces rats se lézarde, mais ils font tout ce qu'ils peuvent pour nous détruire à fond avant de s'en aller dans des résidences outre-mer, ruminer leur défaite sur tout ce qu'ils nous auront volé. J'ai peur qu'il ne reste pas grand chose de ce qu'on appelait la France, et que les vieillards emportent avec eux en mourant.Il me semble revivre ce qu'éprouvaient sans doute les émigrés russes dans le Paris des années vingt, autour de leurs paroisses, de leurs épiceries et de leurs restaurants. Ma soeur, en voyant les photos des panneaux du café, m'a dit: "Tu m'as filé une telle nostalgie, la bonne femme en robe à pois, sur le bord de la mer, me rappelle maman, et le berger, Pedro... 


Moustachon rêvasse...

Dans cette perspective nostalgique, je répète des noëls, dont le fameux Les anges dans nos campagnes, que tout le monde connaissait quand j'étais petite, et je l'ai soudain entendu résonner dans le vide, le vide de la désolation, de l'abomination de la désolation, ce qui m'a inspiré encore un poème.

Gloria in excelsis Deo

 

Et les anges dans nos campagnes

Ne trouvent plus de doux bergers,

De moutons blancs sur les montagnes

Sous le ciel vide électrisé,

D’étoile guidant les Rois mages,

D’orient venus vers l’Enfant né.

Personne ne rend plus hommage

Dedans nos lieux saints profanés. 

Personne n’entend plus, la nuit,

De chants ténus ni de bruits d’ailes,

Plus de cantiques à minuit,

Ni de cloches qui nous appellent.

 

Mais dans les fermes dévastées,

Meuglent les vaches effrayées

Par les moteurs et les jurons,

Les cris et les supplications.

 

Noël ne nous fait plus rêver

Ni prier, ni chanter au vent

Qui sur les champs allait courant

Après la file des bergers.

Les églises au ciel brûlant

Comme cierges devant Marie

Eclairent les démons hurlant

Qui planent sur notre patrie

 

Sortez la croix et la bannière

Pour du moins mourir en beauté,

Parmi les chants et les prières

Que l’on vous a fait oublier.

Et tant pis si sur vous ricanent

Des millions de possédés,

Passez par dessus les chicanes

Qui nous volent l’éternité.

 

Gloire à Dieu au plus haut des cieux,

Paix sur la terre aux courageux

Qui fêtent Noël en dépit

De tout ce noir charivari.




jeudi 1 janvier 2026

Bon courage




Ce matin, à l'aube tardive de cette nouvelle année, je suis allée promener Nini Peau d'chien, qui me donne l’impression d'avoir adopté un SDF autiste, mais après sept ans à la chaîne à prendre des torgnoles, elle apprécie beaucoup les virées dans le marécage enneigé, et gambade presque comme un jeune chiot. L'hiver est si merveilleux et si féerique que je me sens réconciliée avec cette saison habituellement difficile. Tout scintille sous un ciel rose tendu de brumes bleues et mauves, le soleil d'or se prend aux branchages enneigés et aux herbes hautes cristallisées par le givre, c'est la Reine des Neiges, je redeviens Gerda à la recherche de Kay, que je n'ai jamais trouvé. Il fait froid, mais c'est très supportable, et même vivifiant. Après quoi, je suis allée chez Vladimir et Mariana, au village de Dobrilovo, à travers une plaine immaculée et sans limites. Volodia m'avait réservé une suprise: son ami, le peintre Mark Margoulis, lui avait demandé de me transmettre le dernier exemplaire de son album sur sa collection de dessins d'enfants et un dépliant sur une exposition où figuraient des aquarelles qu'il m'avait prises autrefois et qu'il avait incluses, à mon insu total, dans une exposition à la galerie Tretiakov. Il m'avait fait participer autrefois à une exposition de travaux d'enfants où j'avais montré ceux des miens, car je partageais sa passion pour cette forme d'art méconnue. Sur l'album, il m'a mis une dédicace de dix kilomètres, et je suis vraiment extrêmement touchée et encouragée. Car aussitôt qu'il a compris que Volodia me connaissait, il s'est répandu en commentaires enthousiastes, il est allé chercher les aquarelles pour les lui montrer, et l'album pour me le transmettre.

Je suis tombée sur une citation, dans facebook, de Savitri Devi : « le divin dort dans la pierre, s’éveille dans la plante, sent dans l’animal et pense dans l’homme ». Cela me paraît d’une profonde vérité, c’est ce que je ressens en permanence. J’ajouterais que le divin, dans l’homme, crée. Peut-être même en premier lieu. En même temps, je me demande si cela est compatible avec le christianisme. Et pourtant, je crois que cela est vrai. De même que je suis tous les ancêtres qui m’ont précédée, je suis toute la Création, chaque être la récapitule en soi et est appelé à l'accomplir. Le grand péché de l’homme moderne est de ne plus ressentir cela, de se croire d’une autre essence, à qui tout est permis. Il se conduit envers le Vivant comme une cellule cancéreuse. Lorsque j’ai été si émue par l’écoute de la Mer de Debussy, j’ai senti que cette oeuvre dépassait largement son auteur qui en fut le médium doué. C’était la Mer qui chantait en lui, et en la Mer, le divin dont elle émane.

Les gens de Pereslavl, y compris moi-même, boycottent largement les parkings payants du gouverneur de Iaroslavl. Ils sont presque vides.  Mais quand il y a aura beaucoup de monde, cela va devenir invivable. D’abord, évidemment, les cours d’immeubles brusquement envahies vont se doter de barrières mobiles. On ne saura plus où se mettre. En hiver, parfois, c’est très glissant et je n’ai pas envie de faire du patinage artistique sur les trottoirs...

J’ai vu mes panneaux installés, au café, et je suis très fière de moi. Dany m’a dit que j’avais mis de l’âme dans cet endroit, Anne que c’était un morceau de France poétique dans la lointaine Russie. Le personnel du café est très enthousiaste, j’attends les réactions de la clientèle.

J’ai écouté les larmes aux yeux une déclaration de Philippe de Villers. Je ne sais pas s’ils ferait un bon président, mais à la différence de tous les autres politiciens, il sait parler avec poésie, passion et une apparente conviction de la France, dans ce qu’elle a de charnel et de spirituel, de sa civilisation, de nos lignées d’ancêtres, de nos héros, de nos saints, de nos génies, raison pour laquelle les tarés de la caste le traitent d’illuminé. Mais c’est de ce langage-là dont les gens ont besoin. Je croyais entendre parler un Russe de son pays, comme ils le font encore souvent sans complexes. Et tout de suite, on sent déferler le vent, on voit arriver la lumière, on sent circuler la vie. Les autres parlent géopolitique, économie, politique intérieure, et cela pue la mort.

J'ai parlé à Vladimir et Mariana de ce qui se passait en France, et ils étaient médusés: "On croirait les années vingt et trente en Russie... Tout cela est venu de chez vous, et puis maintenant, c'est retourné au point de départ. Mais les dégâts que nous avons subis sont tels que nous n'en sommes toujours pas vraiment remis, beaucoup de savoir-faire ont été irrémédiablement perdus. Le plus sidérant, c'est qu'ils nous accusent nous, de ce que eux pratiquent chez vous! C'est d'une fourberie absolument confondante!"


Cette fourberie et cette mauvaise foi, cette profonde vilenie ont imprégné une grande partie de la population française, élevée dans ce triste esprit, et aussi cette mentalité systématique d'imprécateurs et de commissaires du peuple, toujours à juger et condamner. Certes, je me régale à lire beaucoup de commentaires pleins de verve et de lucidité sous les mensonges énormes de la presse aux ordres. Mais quand même, la secte a de nombreux zombies. Je le vois à propos de la mort de Brigitte Bardot qu'à peine refroidie, on s'empresse de couvrir de boue, parce qu'elle avait l'esprit beaucoup trop libre, et la parole trop franche pour le mougeon de service. Je n'en rafolais pas comme actrice, mais pour moi, c'est toute la France de mon enfance qui s'en va avec elle, assassinée aujourd'hui par ces gnomes, celle des paysans en béret, des mémés en robe de satin fermière parmi les géraniums des ruelles de pierre blonde, des magasins et des restaus du coin de la rue, des cafés du commerce, et de la "plage ensoleillée", avec ses coquillages et ses crustacés. Il paraît qu'elle était raciste, pourquoi? Parce qu'elle a traité de sauvages les réunionnais qui enfilent un crochet dans la truffe des chats et des chiens pour s'en servir d'appât à la chasse aux requins. Mais elle avait absolument raison, et ce n'est pas une
 question de couleur ou d'ethnie. N'importe quel sadique qui se livre à ce genre d'occupation, qu'il soit noir, blanc, rouge, jaune ou vert ne mérite pas d'autre qualificatif, sinon quelque chose de pire que cela, car les vrais sauvages ne sont pas aussi dégueulasses.

Nicolas Bonnal m'envoie cet article remarquable sur la paysannerie:

https://lesakerfrancophone.fr/michel-serres-et-le-monde-perdu-de-la-paysannerie

Cela ne m'intéresse pas de vivre dans un monde sans paysans, et je suis finalement soulagée de ne pas y laisser de descendants. Ce monde-là sera peut-être hautement technologique, si ne le frappe pas le feu du Ciel ou les conséquences de ses actes ignobles, mais il sera totalement moche, sinistre et inhumain, d'une cruauté et d'une bassesse sans aucun précédent, et cela ne m'inspire nulle admiration, juste un dégoût immense. Même la culture classique que respectaient encore les idéologues tarés du siècle dernier n'aurait pas existé sans la paysannerie. Elle y plongeait ses racines. Elle en était nourrie. Je ne pardonnerai jamais ce qu'ont fait les deux dernières révolutions, la française et la russe, à la paysannerie, et je ne pardonnerai jamais à notre caste criminelle de l'achever sous nos yeux de cette manière infâme.

 Chaque année, depuis presque une décennie, étant pire que la précédente, je me contenterai de souhaiter bon courage. Mais le pire n'est pas toujours certain... Je suis comme Léon Bloy, j'attends les cosaques et le Saint-Esprit.






                                                                                    

 

 

jeudi 25 décembre 2025

Cadeau de Noël

 


Les agriculteurs continuent leur action, très soutenue, et d’autres gens se joignent à eux, mais le pouvoir n’en a rien à foutre, et comme pour le Donbass, fait le black out total de l’information. Ou alors diffuse des fakes et des insinuations révoltantes, des calomnies. Tant qu’on n’aura pas mis la dinde Ursula au four et le chapon Manu à la cocotte, l’un et l’autre continueront à faire leur sale besogne, forts du soutien occulte de gros parrains immondes et difficiles à débusquer. La ministre, une espèce de bourgeoise en plastique, avec des lunettes dessus et des démons dedans, ne dévie pas d’un poil, mais elle larmoie sur le sort des paysans qu’elle étrangle et dont elle massacre les bêtes massivement saines. On dirait que rien ne peut arrêter ces gens, tout leur ricoche dessus. Je crains, en fait, que le nombre de vrais Français ne soit très limité. Entre les agriculteurs, les artisans, les indépendants, et les personnes normales qu’on trouve encore disséminées dans les autres couches de la société, plus les intellectuels et artistes dissidents et ostracisés, on arrive à quoi ? Deux millions ? Bon, mettons trente pour cent. Et les autres, c’est des mutants, du mougeon pure laine, qu’ils soient ou non diplômés, c’est déjà un autre modèle anthropologique.

Le pire est qu’on s’habitue. Je vois passer beaucoup de vidéos de sympathiques paysans exprimant leur désespoir, leur fureur, beaucoup de déclarations honteuses, fourbes, viles, stupides, bellicistes de la part de la classe politico-médiatique, et vient le moment où l’on sature et se protège, on ferme les écoutilles. Je suppose que c’est pareil à la guerre, à force de voir des cadavres et des atrocités, on ne réagit plus. Même chose avec les enfants mutilés, massacrés, violés, vendus, avec les animaux, sauvages et domestiques, qui sont tous menacés et bouleversants, avec les monuments détruits qui sont tous irremplaçables. Notre mental est attaqué de toutes parts, notre coeur saigne en permanence, et nous finissons par en éprouver une sorte de stupeur. Cependant, quand les gens n’ont plus rien à perdre, il peut arriver n’importe quoi, le moment viendra où ce sera eux ou nous. Il est même déjà là.

Ce matin le père Noël m’a livré une nouvelle pensionnaire. Une créature pitoyable et déjà âgée, de la taille d'un cocker, que je me suis laissé refiler par les bénévoles de Donetsk, parce que j'ai besoin d'un chien pour m'obliger à sortir faire des marches à pied, et Rita déteste marcher, elle ne veut pas de la laisse, c'est moi qui dois la porter. Ce n'est pas un premier prix de beauté, et elle n'est peut-être pas non plus une super lumière, mais elle terminera sa vie au chaud et me poussera à faire avec elle des promenades utiles à ma forme physique et à ma santé morale. Elle sera aussi facile à laisser, car elle a l’habitude d’être dehors et de vivre à la dure. Je pourrai, quand elle sera habituée, la mettre dans le couloir d’accès, avec sortie sur le jardin et sac de croquettes, au moins pour deux jours.

La neige est venue tard, mais elle est belle, moelleuse, et je suis restée en extase devant le lac sous un ciel plombé, la phosphorescence étrange de sa surface gelée, les pentes herbues traversées de lueurs mouvantes. Le vent soufllait et sifflait de toutes parts. J’ai remercié Dieu pour ce moment qui me lavait l’âme de toutes les scories démoniaques qu’y laisse l’actualité. Près de la chapelle, je suis tombée sur deux vieilles très aimables qui promenaient trois chiens du genre de ma nouvelle compagne, tous issus d’un refuge. L’un d’eux était très joli cependant. Elles étaient ravies de me rencontrer. Ma chienne avait la trouille, elle est humble et recule quand on la caresse, visiblement elle était battue par son précédent propriétaire. Mais quand même, au deuxième abord, elle apprécie, et je la trouve plus détendue qu’à son arrivée. Je ne sais pas comment l’appeler. Je pensais à Monique, mais Katia est avec raison contre les noms chrétiens pour les animaux. Alors je ne sais pas. .



Fédia est toujours en vie. Avec ses camarades de tranchée, il a été gazé par les Ukrainiens, et il a refusé d’aller à l’hôpital, où l’envoyait son commandant avec des torrents de jurons. J’en profite pour préciser que les soldats russes ne mangent pas leurs camarades morts faute de vivres, et qu’ils ne torturent pas les prisonniers ukrainiens, alors qu’en face, la torture barbare des Russes est un fait établi depuis des années, avant l’intervention, c’étaient les milices séparatistes qui étaient victimes de ce genre de procédés, et je m’en souviens très bien. Mais en plus de la torture, tous ces gens et leurs complices occidentaux pratiquent à fond l'inversion accusatoire. 

J’ai vu une espèce de pécore soi-disant « spécialiste » disserter sur la Russie, et ce que Poutine a, d’après elle, dans la tête, et qu'elle sait mieux que lui-même. C’est absolument surréaliste tellement c’est à côté de la plaque de A à Z et même (ou surtout) quand elle remonte à l’histoire russe avant la révolution, c’est un ramassis de clichés, de mensonges purs et simples, en fait, elle brode sur ses fantasmes personnels, et ceux de son auditoire, comme cela, en roue libre, dans un univers parallèle. Mais ce n’est pas la peine d’essayer de remettre les pendules à l’heure, le public de ce genre de donzelle sait tout, comprend tout, on lui a expliqué les choses de cette manière et il n’en démordra pas. En fin de compte, c’est affreux pour les paysans et les gens encore normaux, mais la France a le gouvernement qu’elle mérite. Est-ce qu’Orgon ne méritait pas d’être ruiné par Tartuffe qui l’avait subjugué ? Il le méritait, le roi le sauve à la fin par l’effet de sa noble miséricorde et pour ne pas nous laisser sur une impression trop affreuse, mais le fait est que lorsque on s’entête à ce point dans les illusions on reçoit le prix de sa bêtise. C’est dommage pour les gens fort sympathiques de l’entourage de ce bourgeois, qui subissent les effets de ses égarements. Mais comme il est le chef de famille, il met tout le monde dans la merde. Les « couches supérieures » de notre société sont vis à vis de notre gouvernement dans la même position qu’Orgon avec Tartuffe. Ils font le malheur de notre peuple, mais leur tour viendra d’engranger le salaire de leur stupidité et de leur trahison, pendant que leurs Tartuffe s'envoleront à tire d'ailes..

Prononçant ses « voeux de Noël » de son horrible voix de corneille bourrée à la gnôle de contrebande, Zelenski a souhaité la mort de Poutine, sur fond de cierges allumés. Les commentaires font état du malaise des gens devant ces malédictions à l’occasion d’une fête particulièrement innocente et lumineuse, quelle que soit la façon dont on considère Poutine. Et cela pendant qu’un saint homme comme le métropolite Arséni est traîné malade devant un tribunal inique. Une Russe a écrit : «Ces malédictions le soir de Noël retomberont sur ses proches et nul ne pourra les racheter par des prières ». Elle ne l’écrit pas comme un souhait, mais comme un fait spirituel éprouvé.

En France aussi, les équivalents de Zelenski tombent en convulsions et dégagent des vapeurs méphitiques dès qu’ils entendent « joyeux Noël », et c’est pourquoi les gens normaux le clament à tous les échos en exhibant leurs crèches et leurs veillées autour du sapin. Or donc, et bien que je fête Noël seulement le 7 janvier, joyeux Noël, envers et contre tout. Je crois que les paysans français et ceux qui les soutiennent devraient ressortir les croix et les bannières.