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mardi 16 juin 2026

La femme de Loth

 


Le frère ainé de Katia etant mort brusquement d’un épuisement de tout son organisme, je suis allée à son enterrement, au cimetière de son village. Dans l’église restaurée aux murs blancs, le prêtre tout en blanc, Katia et sa mère, une amie et moi. Le défunt semblait dormir paisiblement. Nous l'avons suivi au cimetière à travers des champs de lupins que survolaient d’éblouissants nuages. Il faisait chaud, la coupole de l’église brillait dans l’azur. Tout irradiait une sorte de sérénité intemporelle. Cet être tourmenté partait dans la lumière et la paix, et je me disais: "Eh bien, ce n'est rien de plus que cela, la mort. Pas de quoi en faire toute une histoire". Et pourtant, je ne suis pas pressée. Il faut dire que j'ai charge d'âmes. 

A l'issue de cette semaine torride, j'ai pris un moment pour aller me baigner, alors que le temps déjà fraîchissait, je suis allée me plonger tôt le matin dans la rivière, en compagnie des canards somnolents, des hirondelles agiles et des libellules bleues qui me rasaient la tête. J'ai dit mes prières du matin devant un grand saule qui ressemblait à un iconostase monumental et sculpté, avec une arche qui ouvrait sur le lumineux sanctuaire du ciel. Bien m'en a pris, car aujourd'hui, on se croirait au mois d'octobre, vent glacial et pluvieux en rafales.

Après Nini, c'est mon vieux Rom qu'il faut soigner. Ce qui promet d'être très difficile, car il est complètement caractériel. Je ne sais pas comment j'ai fait pour l'attraper et le fourrer dans son panier. Avec la vétérinaire, il a été sage comme une image. Mais avec moi, ce sera une autre affaire, si je ne l'avais pas emmené plus tôt, c'est qu'il ne se laissait pas attraper, et je ne pouvais même pas l'examiner. Nini va très bien, comme s'il ne s'était rien passé, mais elle ne veut plus du tout se promener. Rita dort énormément. Elle est sourde comme un pot. Je redoute terriblement de la perdre, mais ce moment n'est peut-être pas très loin. 


 J’ai fait la connaissance de deux Anglaises venues s’installer ici, la mère et la fille. La mère, Wendy, a plus de 80 ans, la fille, Anna, la soixantaine. Anna apprend le russe et a des chances d’y parvenir, elle parle le chinois, elle a de l’entrainement. Wendy, ca m’étonnerait. Le russe n’est pas une langue facile et quand on vieillit, on assimile moins bien. Je comprends et lis l’anglais mais ne sait plus le parler. Nous avons échangé dans un mélange des deux. Elles sont tres sympathiques, comme beaucoup d'Anglais quand on les connaît personnellement, bien que leur pays soit la plaie du monde, avec Israël et les USA qui en procèdent. Mais sur ce point, nous sommes bien d'accord, elles sont parties pour fuir ce que devient leur patrie et parce qu’elles voulaient se trouver dans le bon camp, c'est-à-dire le camp des bons, ou disons des moins mauvais pour rester modeste. Ce que je comprends, car j’ai eu le même reflexe. 

La Laure de Kiev brûle, ce qui, pour un orthodoxe russe, est l'équivalent de l'incendie de Notre Dame pour un catholique français. C'est pourquoi je ne crois pas du tout à une bombe russe, comme le glapissent triomphalement les gargouilles du gouvernement et de sa presse. Du reste, les Russes s'en défendent. En quoi auraient-ils eu intérêt à faire une chose pareille? Mais quoi qu'il en soit, il m'est tout de suite revenu à l'esprit une déclaration du père Andreï Tkatchev, selon laquelle il fallait admettre que la Laure de Kiev avait été complètement profanée, ses icônes et ses reliques pillées, que ce pays était devenu l'équivalent de Sodome et Gomorrhe et qu'il convenait de le quitter sans se retourner, comme la femme de Loth changée en statue de sel. Ce dernier événement en est un signe de plus. C'est l'abomination de la désolation dans les lieux saints. On sait où cela conduit.

En France, c'est quasiment chaque jour que brûle une église, ou qu'on la soumet à toutes sortes de dépradations et de profanations. L'Ukraine est juste tombée entre les sales pattes où nous sommes. Que dis-je tombée? Elle s'y est jetée avec ivresse, comme l'alouette sur le miroir ou le canard sur l'appeau. Et voilà qu'après l'avoir encouragée au nationalisme le plus enragé, et l'avoir vidée de sa population, on commence à y installer des hordes d'esclaves exotiques en lui prônant à présent, comme au reste de la merveilleuse UE, où elle voulait tellement entrer, le métissage et la débauche, la seconde facilitant le premier.

Je suis tellement triste et dégoûtée que je ne réagis plus autant qu'avant, car je prévois que la suite sera pire, et qu'il faut essayer de s'habituer ou au moins de se prémunir, c'est-à-dire de ne plus s'arrêter pour regarder derrière soi ce qu'on nous détruit, ce qu'on nous avilit, ce qu'on nous dégrade, de peur de faire exactement comme la femme de Loth, de rester pétrifié d'horreur, au lieu de chercher la lumière de Dieu dans les décombres, et de la suivre.

Pourquoi la Russie ne pouvait pas frapper délibérément la Laure de Kiev

https://t.me/revolution_europe/9441

De par ma profession, j’ai communiqué et je communique encore avec un très grand nombre de militaires. Un jour, j’ai eu l’occasion de parler avec un écrivain russe qui avait apporté de l’aide humanitaire au front et qui y était resté pour combattre. Il a commencé à écrire des œuvres que l’on appelle « prose des tranchées ». J’ai lu l’un de ses livres : une œuvre complexe, on a l’impression de ne pas lire un livre, mais de regarder un enregistrement provenant de la caméra fixée sur le casque d’un soldat. Nous avons parlé avec lui du déroulement des opérations militaires et des objectifs de l’opération militaire spéciale.

À ce moment-là, il m’a dit une phrase qui s’est gravée dans ma mémoire : « Nous ne rendrons pas Kiev, il y a la Laure là-bas ». Il l’a dit doucement et avec tristesse, sans exagération. Il dégageait à la fois une humilité chrétienne et une profonde foi.



La Laure est le symbole de l’unité spirituelle de toute la Rus’ historique (Kiev — Moscou — Vladimir). C’est précisément ici, à Kiev, qu’est né le monachisme russe, qui s’est ensuite répandu sur tout le territoire de la Russie.

La Laure est le lieu où s’est formée l’identité russe, l’art des chroniques, l’iconographie et la culture spirituelle.

Pour de nombreux croyants en Russie, la Laure est la deuxième en importance après la Laure de la Trinité-Saint-Serge et Valaam.

C’est précisément pour cette raison que les conflits autour de la Laure ont toujours été perçus en Russie de manière extrêmement aiguë — comme un coup porté à l’un des principaux sanctuaires pan-russes. C’est pour cette raison que les émissions de télévision ukrainiennes tournées dans la Laure et les tentatives d’inventorier les reliques des saints ont choqué et blessé profondément tous les Russes (chrétiens, musulmans, bouddhistes — tous !).

Le berceau du monachisme russe a pour les Russes la même valeur symbolique que le Vatican ou Jérusalem pour les catholiques. Dans les Grottes Proches et Lointaines de la Laure reposent les reliques de plus de 120 saints, considérés comme les fondateurs de la tradition spirituelle russe. Les plus importants pour la conscience russe sont :

Le vénérable Antoine de Petchersk — fondateur de la Laure et de tout le monachisme russe.

Le vénérable Théodose de Petchersk — deuxième fondateur, « père du monachisme russe ».

Le vénérable Nestor le Chroniqueur — auteur du « Récit des temps passés » (principale source sur l’histoire de l’ancienne Rus’).

Le vénérable Élie de Petchersk (Ilya Mouromets) — le héros des bylines, héros national des épopées russes. Ses reliques sont particulièrement vénérées.

Le vénérable Agapite de Petchersk (médecin gratuit) — l’un des premiers guérisseurs russes connus.

Le vénérable Alipiy de Petchersk — le premier iconographe russe connu.



Laissant de côté le contexte émotionnel, passons aux lois de la guerre : frapper la Laure signifierait offrir à Zelensky un nouveau prétexte pour demander de l’argent, discréditer l’armée russe et éloigner du pays tous ceux pour qui les valeurs religieuses sont importantes. Le prix est trop élevé.

Bien sûr, les réseaux ukrainiens sont remplis de malédictions contre la Russie et les Russes : on les y traite de fascistes, de satanistes, de communistes (ce sont précisément les communistes en URSS qui menaient une politique antireligieuse active), d’orcs, de bétail, etc. Et vous savez, l’absence de pensée critique est une caractéristique commune à toutes les masses humaines, ce n’est pas une particularité exclusivement ukrainienne. La particularité ukrainienne, c’est un niveau zéro de pensée critique, mélangé à une russophobie virulente. Ce cocktail transforme les gens en citoyens très bavards, capables seulement de maudire, avec une vision extrêmement sélective qui ne permet pas de voir les liens de cause à effet.

C’est pourquoi je leur parle en paraboles : parce que voyant ils ne voient pas, et entendant ils n’entendent pas, ni ne comprennent.


6 commentaires:

  1. Oui. Une limite a été franchi avec l'incendie des Laures de Kiev. Un diacre à Paris, maintenant prêtre m'a raconté que lorsque les allemands sont venu en 1941 dans les sous-sols, ils ont vu les corps des saint intacts et ont voulu juste les toucher avec la crosse de leur armes. Du sang en est sorti... Ils ont étonnement eu la sagesse de se retirer en disant qu'il vallait mieux partir. Pas les soviétiques d'après ce que j'ai compris. Détruire un lieu saint ne restera sans réponse.

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    1. Qui entendez-vous en l'occurrence par "les soviétiques"?

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  2. Ne jamais oublié que certains ont osé nous donner la communion avec plusieurs cuillères et embrasser des icônes avec des masques. Quand ils ne fermaient pas les églises pour Pâques...

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    1. En effet, et en occident avec un grand enthousiasme. Cela dit, à Pereslavl, je n'ai jamais eu ces problèmes.

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  3. Oui. C'est l'esprit qui règne sur le monde.

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  4. Mais Dieu a révélé avec ces événements ce qui était caché avant.

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