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jeudi 24 octobre 2019

Communautés



Davydovo. Photo de Liéna
Retour à Davydovo hier, avec Katia et Liéna de Rostov, pour voir Yana, qui devait nous donner du matériel folklorique. Yana estime que nous devons chanter le folklore local et organiser des manifestations qui permettent de l’enraciner à nouveau dans la population, ce qu’elle essaie de faire pour sa part. Le village-communauté de Davydovo est largement « refolklorisé ». Les gens chantent et dansent pour les fêtes, et maintenant, les femmes se rassemblent une fois par semaine pour chanter, en tricotant ou cousant, et échanger des chansons ou les commenter ensemble.
Yana était très requise par son huitième enfant, une petite fille. Ensuite, des enfants de tous âges sont venus chanter et jouer de divers instruments, elle m’a demandé de faire une démonstration, seulement comme dit Vassia Ekhimovitch, qui a fabriqué ma deuxième vielle, avec laquelle je dois aller le voir en Carélie, je chante bien, mais je joue mal ! En fait, les  gens, ici, trouvent que je chante bien, mais quand je m’écoute, je n’en suis pas certaine.
Elle nous a donné les références d’un recueil publié de chansons de la région de Pereslavl. Quelques unes enregistrées encore au XIX° siècle, mais elles sont transcrites avec des notes de solfège, et il y a une certaine dose d’interprétation à effectuer, d’après ce que l’on sait du chant folklorique, pour redonner de la chair à ces squelettes. Les notes segmentent le continuum mystérieux du chant et de nombreuses nuances leur échappent. Elle nous a donné aussi un disque, et elle nous enverra des enregistrements par internet. Ayant écouté un chanson française traditionnelle que je lui ai chantée, elle m'a dit: "Si cela est une chanson ancienne traditionnelle, alors effectivement, notre folklore est resté beaucoup plus archaïque que le vôtre. La chanson est très jolie, mais c'est une romance, je dirais du XIX° , peut-être XVIII°...
- Je pense qu'elle peut remonter même au XVII°, mais que c'était probablement au départ  une chanson de cour. Je connais moins bien le folklore français que le folklore russe, mais j'ai entendu ou lu que beaucoup de nos chansons folkloriques sont dans ce cas. Cependant, j'ai entendu un enregistrement de chant de laboureur, et là, c'est la nuit des temps...
- Ah oui, bien sûr! Tout ce qui est lié à la terre est très ancien, partout!"
Le village est joli, il reste des maisons traditionnelles, une belle église. Une autre communauté m’a contactée, Romanov Khoutor, je pensais que ce n’était pas loin de Davydovo, mais c’est plutôt du côté de Toutaïev. J’observe que se créent ainsi beaucoup de communautés néopaysannes traditionnalistes, mais à la différence des expériences françaises, elles ne sont pas new age, bouddhistes, chamanistes ou tout ce qu’on veut de mélangé et d’exotique, ce que cherchent généralement ces gens, c’est la Russie, c'est l'héritage perdu. elles semblent toutes organisées autour d'une ou plusieurs fermes, avec un vocation particulière.
Je viens d’apprendre qu’un prêtre de Rostov, le père Alexandre nous convoquait demain pour faire connaissance, il envisage une exposition et un concert et m’avait déjà repérée sur facebook. Je ne m’attendais pas à repartir demain à Rostov, et ce qui me fatigue avec les Russes, c’est que rien n’est jamais prévu à l’avance. Ou l’on supprime au dernier moment une rencontre à laquelle on s’était préparé, ou au contraire, on vous annonce à ce même dernier moment qu’il faut foncer quelque part, cela me rappelle la joyeuse époque de l’ensemble 3D, avec Micha, Sérioja et Vadim… du temps des 3D, je travaillais et j’apprenais le jeudi qu’au lieu de me reposer le samedi, j’irais chanter quelque part avec eux dans n’importe quel état un programme que je ne connaissais pas. Maintenant, je ne travaille plus mais j’ai dix ou quinze ans de plus et je me fatigue beaucoup plus vite.



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